La
paralysie se poursuit en Guadeloupe et en Martinique, appel à la grève
générale
à La Réunion

photo : Jarrycate
La
quasi-totalité des services publics et
commerces étaient toujours paralysés vendredi en Guadeloupe et en
Martinique,
tandis qu'un appel à la grève générale et à des manifestations a été
lancé pour
le 5 mars à la Réunion.
A
La Guadeloupe, la grève générale qui
paralyse l'île depuis le 20 janvier se poursuit et le collectif à
l'origine du
mouvement, Liyannaj kont pwofitasyon (LKP, Ensemble contre la
surexploitation),
appelle "de façon solennelle le Peuple Guadeloupéen à poursuivre et
amplifier la mobilisation".
Jeudi,
le collectif a suspendu les
négociations avec les médiateurs du gouvernement français. Le LKP, qui
rassemble 49 organisations, partis et syndicats, exige que l'Etat
s'engage dans
le pré-accord conclu la semaine dernière avec le patronat et les
collectivités
locales. Ce pré-accord prévoyait une augmentation de 200 euros pour les
salariés percevant jusqu'à 1,6 fois le SMIC, soit environ 45.000
personnes.
Mais le patronat demandait que ces mesures soient compensées par des
exonérations de charge consenties par l'Etat.
Or
François Fillon a adressé une fin de
non-recevoir aux demandes patronales d'allégements de charges. "L'Etat
ne saurait
à l'évidence se substituer aux partenaires sociaux dans les
responsabilités qui
leur reviennent", a considéré le Premier ministre.
Le
LKP, selon son porte-parole en
métropole Jocelyn Lapitre, ne reviendra pas à la table des négociations
s'il
n'y a pas signature de ce pré-accord.
"Nous
continuons la grève, et nous
appelons toujours les Guadeloupéens à manifester dans les rues.
Aujourd'hui ce
sont plus de 100.000 personnes qui descendent dans les rues et je crois
que
quand dans un pays de 460.000 habitants, 100.000 personnes descendent
dans les
rues, je crois qu'il faut en tenir compte", a de son côté déclaré sur
RTL
Elie Domota, porte-parole du LKP.
Commentant
par ailleurs l'annonce du
président Sarkozy de la mise en place d'un conseil interministériel de
l'Outre-mer, Elie Domota a jugé "dommage" qu'il ait fallu
"attendre 24 jours pour avoir une attention particulière du
gouvernement".
"On
attend de voir ce qu'ils vont
nous dire. Jusqu'à maintenant, on a vu le gouvernement prendre un
engagement
puis on entend dire M. Fillon dire qu'ils ne sont plus d'accord, donc
on ne
comprend pas ce qui se passe", a-t-il ajouté.
En
Martinique, où une grève générale est
observée depuis le 5 février, quelque 5.000 manifestants, selon les
chiffres de
la préfecture, ont défilé vendredi à Fort-de-France à l'appel du
"Collectif du 5 février". Ce mouvement regroupant plusieurs syndicats
dont la GGT-Martinique est mobilisé contre la vie chère et pour
l'amélioration
du pouvoir d'achat, l'augmentation des salaires et l'emploi. Les
manifestations
sont quotidiennes à Fort-de-France, et la plus importante jusqu'à
présent a
rassemblé 15.000 personnes lundi, selon les chiffres de la préfecture.
Le
collectif examinait vendredi les 39
propositions présentées la veille par le secrétaire d'Etat à
l'Outre-mer Yves
Jégo lors de son passage en Martinique. Ces propositions portent
notamment sur
une "baisse immédiate" des prix du carburant (moins huit centimes
d'euros pour l'essence et moins dix centimes pour le gazole) et le
versement
d'une "prime exceptionnelle de 200 euros, dès le mois d'avril, aux
50.000
foyers martiniquais" percevant "les plus bas revenus".
A
La Réunion, par ailleurs, un collectif
regroupant 25 syndicats dont la CGTR, partis de gauche dont le PS et
associations comme Agir contre le chômage appelle à une journée de
grève
générale et manifestations pour le 5 mars.
Le
collectif réclame en particulier une
augmentation de 200 euros nets sur les salaires, les minimas sociaux,
les
retraites et les bourses étudiantes. Il réclame également une baisse de
20% des
produits de consommation courante, un gel des loyers sociaux et une
baisse de
cinq euros sur la bouteille de gaz.
Invité
du journal de 20h vendredi sur
France 2, Yves Jégo a déploré un "climat de terreur, un climat de
pression" sur certains commerçants en Guadeloupe pour qu'ils ferment
leur
magasins. Peu de plaintes ont été enregistrées jusqu'à présent, parce
que
"les commerçants nous disent, 'vous savez, si on porte plainte, demain,
ils
viendront se venger. On ne peut pas rester dans une situation de cette
nature-là", on ne "peut pas accepter que des situations de droit ne
soient pas respectées", a-t-il dit.
L'Etat,
a expliqué M. Jego, va
"conforter les entreprises pour qu'elles puissent faire de bonnes
négociations salariales". Mais l'Etat "sera aussi un Etat de droit
qui fera respecter le droit et qui fera en sorte qu'en Guadeloupe,
comme
partout dans notre pays, on puisse circuler librement et qu'un
commerçant qui
veuille ouvrir sa boutique puisse le faire", a-t-il souligné.
AP
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