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CERCLE FRANTZ FANON Fondateur Marcel MANVILLE
Sortir du « Jeu de
rôle »
« Le colon et le colonisé
sont de vieilles connaissances. Et de fait, le colon a raison quand il
dit « les » connaître. C’est le colon qui a
fait et qui continue
à faire le colonisé. Le colon tire sa vérité, c'est-à-dire ses biens,
du
système colonial. »
Frantz FANON (les Damnés de la Terre )
Les descendants de colons
venant d’Europe
se
considèrent comme les véritables organisateurs de la
société martiniquaise,
économiquement,
religieusement, politiquement, juridiquement, socialement.
Il
n’est pas inutile de rappeler que
notre univers martiniquais se constitue dans les plantations comme
matrices. Le
peuplement de notre île se fait au moyen de la traite des nègres, de
l’immigration indienne et chinoise et d’une infime minorité
d’européens. Les
premiers habitants de l’île ont été exterminés Quelques uns ont pu fuir.
C’est autour d’une unité
économique : l’habitation que se structurent les relations
sociales et les
rapports sociaux.
Les
relations sont celles construites par des humains
appartenant à
deux mondes
différents
L’Europe
et L’Afrique sur une terre étrangère : une île de l’Archipel
des
Antilles que les Européens appelleront la Martinique. Ils
vont donner un
nom aux choses et aux gens. Ils vont aussi définir un statut pour les
gens. Ils
sont les maîtres. Ils se donnent la possession de tout. Ils accaparent
les
terres, se les partagent selon
leurs
alliances et créent entre eux des codes de protection de leurs
personnes et de
leurs biens .Ils obtiendront tout, d’abord des royaumes dont
ils sont les
sujets et plus tard des démocraties
dont ils sont citoyens. Ainsi, tous
les Africains kidnappés, raflés,
embarqués dans des bateaux (dits négriers), vendus et achetés par eux,
vont être
baptisés, vont être re-nommés et
vont
avoir le statut d’esclave , donc seront totalement à leur merci .Un
ordre
esclavagiste se met en place. La tache du pouvoir central va consister
à
veiller à ce que cet ordre ne soit pas mis en cause
et pour cela il va concentrer ses efforts à
faire admettre à
l’esclave que son salut dépend de l’acceptation de sa condition dans
une
obéissance absolue aux maitres et aux blancs. L’esclave devra
comprendre et admettre
que les maitres sont nécessairement des blancs. Que les hommes blancs
ont été
crées pour dominer ceux qui n’ont pas la même nature qu’eux, notamment
les
hommes noirs Que les hommes noirs
portent en eux la tâche indélébile de la
malédiction .Que donc les
hommes noirs sont fait pour la servitude. Et c’est ainsi jusqu’à
aujourd’hui
dans les représentations.
« Il faut observer que tous
les nègres ont
été transportés aux colonies comme esclaves ,que l’esclavage a imprimé
une
tache ineffaçable sur toute leur postérité ,même sur ceux qui se
trouvent d’un
sang mêlé ; et que, par conséquent ,ceux qui en descendent ne
peuvent jamais
entrer dans la classe des Blancs »(Lettre
du Ministre au gouverneur de Cayenne, 13/10/1766—AN,colonies,B123,p42).
La juridique, sociale, économique,
religieuse
séparation raciale avait et a encore comme objectif la préservation de
la
pureté du colonisateur et de sa culture définissant le beau, le vrai,
le bien, et
par-dessus tout le pur donc
l’impur !
Aujourd’hui,
en Martinique, des hommes blancs,
leaders économiques, se réclament de ce monde, compartimenté, raciste,
inhumain.
Ils proclament ici
et maintenant la
pureté de la race blanche! Quelle injure,
quel mépris, quelle horreur !
Ils
mettent bien en lumière
qu’ils sont au milieu de nous, sans être avec nous, sans aucune
aspiration à
leur propre libération. C’est aussi cela l’aliénation. Triste image.
Complexe
de supériorité.
Sans
ambiguïté
ils
permettent de voir clairement que l’abolition de l’esclavage
n’a pas transformé les rapports sociaux. Ils se perçoivent comme les
maîtres du
destin de la Martinique et en cela d’ailleurs ils sont bien confortés
par le
gouvernement central.
Le
laisser-faire et le laisser-dire face
aux
oppressions les plus calculées faites aux hommes et femmes de
Martinique
s’inscrivent dans cette logique d’humiliation d’un peuple .C’est
insupportable.
Un documentaire
présenté sur une chaîne de télévision (CANAL+) montre
ce que le réalisateur appelle « Les derniers maîtres
de la
Martinique ». Les images et les paroles des descendants de
colons mettent
en évidence l’actualité toujours brutale de la domination d’une
minorité
puissante, influente et arrogante sur des hommes et des femmes en lutte
pour
leur survie.
Le
CERCLE FRANTZ FANON
souhaite que le visionnage de ce document aide à la compréhension
critique des
héritages à gérer et dans le contexte de la mobilisation actuelle
conforte
notre détermination collective à vouloir qu’une autre société se
construise. Des
femmes et des hommes proposent
de
sortir de ce monde clos. Ceux-là se réclament
de la communauté Martiniquaise en lutte pour
sa totale libération et
donc pour la suppression des rapports aliénants de soumission. Le
CERCLE FRANTZ
FANON est solidaire
de ces objectifs . Sont
déjà mis en lumière et le seront encore davantage les modes modernes
d’exploitation
de domination et d’intention de faire taire notre revendication à
construire
nous-mêmes avec notre génie propre, notre destin.
« Plus le peuple comprend, plus il devient
vigilant, plus il devient conscient qu’en définitive tout dépend de lui
et que
son salut réside dans sa cohésion dans la connaissance de ses intérêts
et de
l’identification de ses ennemis. »
Frantz
FANON (Les Damnés de la Terre )
Pour
le CERCLE FRANTZ
FANON
Victor PERMAL
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