Jours surréalistes

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Leis LITAMPHA Jours surréalistes...la
ville s'embrase le feu emporte
le vieux monde le feu purificateur d'âmes blessées torturées soumises
esclaves
le feu annonciateur... il me revient la parole du poète « mon
peuple
quand hors des jours étrangers germeras-tu une tête bien tienne sur tes
épaules
renouées et ta parole...le congé dépêché aux traîtres aux maîtres le
pain
restitué la terre lavée la terre donnée...quand donc cesseras-tu d'être
le
jouet sombre au carnaval des autres et dans les champs d'autrui
l'épouvantail
désuet ... demain à quand demain mon peuple la déroute mercenaire finie
la fête »...an
ban' profitè-vôlè nou kéye fouté yo dérô... révolution
tranquille? la
rue marche si calme si ordinaire presque bon enfant... mères
avec leur
bébé dans une poussette enfants de tous âges inconscients
que leurs
petites jambes si frêles marchent pour l'histoire marchent pour
demain...
femmes sages du temps de l'amiral robert femmes sages d'avoir
enfanté d'aujourd'hui... des
hommes aussi quelques zoreilles couples « domino »
chaque jour après
jour le peuple est en marche... défilés colorés bariolés bigarrés comme
seuls
nos cieux savent faire...grands et petits gros et maigres négresses et
chabines
« coolies » « chapécoolies »
mulâtresses africains blancs
et syriens avocats SDF enseignants et étudiants chômeurs
femmes-fauteuil-roulant femmes-sourdes-muettes hommes-chapeau-bakoua
hommes-casquette difous-fendant-les-rangs pressés semble-t-il vers une
destination qu'eux seuls connaissent... difous-figés-statues-de-cire...
ce « peuple
de mauvais sommeil rompu" ce "peuple d'abîmes remontés »
ce « peuple de cauchemars domptés » jour
après jour
grossit enfle s'éveille à la « rougeur de l'est au cœur de
balisier »
jour après jour se lave s'exorcise jour après jour « hors
des
jours étrangers » jour après jour marche et marche
encore vers la
liberté ...sé pou la viktwa i ka alé...
Yolène
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