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Martinique : comment
les gendarmes ont
repris le contrôle

Après trois
nuits d'émeutes, la tension semble
retomberà Fort-de-France.
Un «TRM»,
camion Renault de la gendarmerie, barre l'une des voies d'entrée du
centre-ville. Il est 19 heures ce jeudi et la nuit a recouvert
Fort-de-France depuis près d'une heure. Il faut montrer patte blanche
pour y
pénétrer. «À vos risques et périls», prévient un gendarme, en référence
aux
violences de la veille. Mais ce soir-là, un silence pesant règne dans
les rues.
Les commerces sont tous fermés, ambiance ville fantôme. Tout au plus,
croise-t-on de petits groupes de jeunes. Apparemment pas belliqueux.
Juste un
peu moqueurs. Les «TRM» des cinq escadrons, de 70 hommes chacun, de
gendarmes
mobiles ont été déployés dans la cité antillaise et sa banlieue.
Peu avant
minuit, le préfet Ange Mancini effectue une visite du dispositif.
Ancien patron
du Raid, l'homme est respecté de tous. «Vous ne trouvez pas que j'ai
une gueule
d'ange ?», demande-t-il en jouant de son accent corse. Cette
nuit-là, en
tout cas, la situation est repassée sous le contrôle des forces de
l'ordre.
Outre les
escadrons des «mobiles», la police roule par voitures de deux dans les
rues
bleutées par les gyrophares. Pour autant, «Ange» refuse de parler de
couvre-feu. «J'ai juste demandé aux gens qui n'ont rien à faire dans la
rue le
soir de rester chez eux. Simple conseil de bon sens», dit-il.
«Six
ouvertures de feu»
La veille,
Fort-de-France avait en effet connu pour la troisième nuit consécutive
des
échauffourées d'une rare violence. Un déchaînement d'actes de
vandalisme qui a
surpris tout le monde. À commencer par les forces de l'ordre. Les
crises en
Martinique sont réputées être «moins dures» qu'en Guadeloupe. «Ces
événements
ont surpris tout le monde. On ne les a pas vus venir, en tout cas nous
n'avons
pas connu de précédents majeurs ces dernières années», reconnaît le
lieutenant-colonel Philippe Cholous.
Dans la nuit de
mercredi à jeudi, les gendarmes avaient «essuyé six ouvertures de feu».
Soit
vingt-deux coups de feu, essentiellement du calibre douze. Sans compter
les
cocktails Molotov. Voire des grenades à plâtre remplies de verre pillé.
«Ces jeunes
étaient là pour en découdre, ils cherchaient le contact», raconte
Cholous, qui
pense avoir eu «plus affaire à un phénomène de type banlieue, comme on
en
connaît en métropole, qu'à autre chose». Pour preuve, «ils en ont
adopté le
look», note-t-il. «Avec le mouvement social que connaît l'île depuis
quatre
semaines, la pression monte. Ces jeunes en ont profité, observe Ange
Mancini.
Mais ils n'ont pas pillé des magasins de première nécessité. Ils se
sont
concentrés sur les écrans plats…»
Rodolphe
Geisle
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