IREHA Institut
de Recherche et d’Etudes de l’Histoire des Amériques – 53 rue Joseph
LAGOSILIERE – 97220 TRINITE – Email : ireha20002000@yahoo.fr
NOUS
EXIGEONS L’ABOLITION IMMEDIATE DU
STATUT JURIDIQUE D’AFFRANCHI
Nos
recherches nous ont permis de démontrer que si les Afro-descendants
sont et
demeurent dominés en MARTINIQUE par les Blancs Créoles, ce n’est pas le
fruit
du hasard, mais la conséquence d’un système institutionnel et juridique
que
nous qualifions de « créole », qui leur a été
habilement imposé par
l’Etat français, avec la complicité active des Blancs Créoles.
STATUT
D’AFFRANCHI = ASSIMILATION JURIDIQUE = DEPARTEMENT D’OUTRE-MER =
DEPARTEMENTALISATION
L’étude
approfondie de notre statut juridique actuel nous a permis ainsi de
constater
qu’effectivement, nous sommes toujours régis par un des statuts du Code
Noir, à
savoir le statut juridique d’affranchi,
qui est un des statuts du
système d’exploitation esclavagiste, qui n’a jamais été aboli, mais qui
nous
fut généralisé en 1848
et énoncé depuis sous différents synonymes (« assimilation
juridique », « département
français d’outre-mer » ou
encore « départementalisation »,
néologisme créé par A.
CESAIRE après qu’il a jugé l’appellation
« assimilation » trop
humiliante).
En
effet, sur le
plan du droit donc, il est ainsi édicté et appliqué que nous,
populations
colonisées, n'avons hérité qu’insignifiance de nos ancêtres tout
simplement
parce que ces derniers n'ont rien inventé d’intéressant, que leurs
mœurs, nos
mœurs, nos coutumes, notre Histoire sont sous-humains et ne sont donc
d'aucun
intérêt pour que le droit qui nous régit puisse en naître. Que les
institutions
scolaires, universitaires, les politiques ou le jurislateur qui nous
dirigent
n’ont que faire de cette dimension de notre humanité, de notre
intériorité, de
notre dimension culturelle, de notre sagesse. Bref, qu'ontologiquement,
nous
n'avions pas la possibilité d'exister sur le plan du droit en tant que personnes
humaines. Contrairement aux Blancs.
Et
pourtant, la
Règle de droit, n'est-elle pas d'abord l'expression juridique de
l'existence
d'une population humaine donnée ? En tous les cas, pas celle
qui nous
régit, puisqu'elle nous impose unilatéralement le statut d'affranchi, l'assimilation
juridique, niant ainsi notre égale humanité avec les Blancs.
NOS
ELUS DE
LA FIN DU 19e SIECLE ET DU DEBUT DU 20e
SIECLE LE
SAVAIENT MAIS NOUS L’ONT CACHE
Et
pour
Cause ! Nos
élus le savaient ! c’est pourquoi le
Conseil Général de la Martinique a adressé le 24 novembre
1874 une requête à l’Etat français qui, s’il en était besoin, permet de
bien
illustrer cette vérité :
« Considérant
que la qualité et les droits de citoyen français datent, pour les
habitants des
Antilles, de la fondation des colonies, que c’est le roi Louis xiii qui,
dans son édit de 1642,
concernant l’établissement de la Compagnie des îles d’Amérique, a voulu
et
ordonné : ‘‘Que les descendants des Français habitués aux
dites îles, et
même les sauvages convertis à la foi chrétienne, en faisant profession,
soient
censés et réputés naturels français, capables de toutes charges,
honneurs,
successions et donations, ainsi que les originaires et regnicoles, sans
être
tenus de prendre lettre de naturalité...’’
Que
loin
d’être abrogée à la reprise des colonies par le roi Louis xiv sur les
seigneurs, cette disposition
a été confirmée, octroyée aux affranchis par l’article 59 de l’Edit de
1685 […]
Considérant
donc qu’en accordant les droits politiques aux populations coloniales
en 1848
et en 1870, le gouvernement n’a fait que consacrer à
nouveau des droits acquis antérieurement et
remettre la
pyramide sur sa base suivant une parole célèbre reproduite dans la
pétition du
Sénat de 1865.
[..]
Que
cette
revendication a été renouvelée en 1865 par une pétition au Sénat signée
baron
de Lareinty, au nom de 1.717 habitants de la Martinique, et en mars
1871, une
commission de 45 membres de l’Assemblée Nationale […] :
‘‘Qu’il
y
aurait lieu de soustraire les colonies au régime exceptionnel et de les
faire
jouir des lois et de l’administration de la Mère-Patrie, en prenant
pour devise
de ce grand mouvement réparateur : assimilation politique des
colonies à
la Mère-Patrie.’’
Considérant
que cette devise est devenue celle de tous les bons citoyens, aux yeux
et dans
les convictions desquels l’assimilation est le meilleur moyen d’assurer
la paix
et la concorde entre les anciennes classes divisées de la société
coloniale ; de même que l’ordre, la conciliation et le progrès
que le chef
de la colonie nous déclarait hier être la voie dans laquelle entend
marcher
l’Administration, et la seule à laquelle s’attache la prospérité que
nous
désirons tous.
Émet
le
vœu : que les lois constitutionnelles attendues,
particulièrement la loi
électorale, comprennent les colonies comme terres françaises, parties
intégrantes de la République, soumises à la même loi constitutionnelle,
admise
définitivement à la jouissance des lois et de l’Administration
française [2] ».
Le
7 décembre 1882,
ce même Conseil Général persiste : « Considérant
que la
Martinique qui est française depuis plus de deux siècles, qui jouit
depuis 1870
des mêmes droits politiques que la métropole, se trouve dans les
meilleures
conditions possibles pour être assimilée complètement avec la
mère-patrie.
Considérant
qu’il importe de faire disparaître les différences humiliantes qui
existent
entre la colonie et un département français. […]Renouvelle en
l’accentuant le
vœu qu’il a émis le 24 novembre 1874 et demande que la Martinique soit
constituée le plus tôt possible en département français [3] ».
Or,
bien que les élus locaux, comme
il est ainsi démontré, avaient l’habitude de faire régulièrement
référence au
Code Noir et au statut d’affranchi comme étant l’ordre juridique qui
nous
régente effectivement et dont ils demandaient l’application pleine et
entière ; bien qu’ils savaient et reconnaissaient parfaitement
et sans
aucune sorte d’ambiguïté que le statut d’affranchi est le même que
celui de
l’« assimilation » et de « département
français » dans leur
territoire, nous assisterons pourtant, à un moment donné, durant la
première
moitié du 20ème siècle, à une subtile
disparition de la catégorie
« affranchi » dans l’énoncé officiel tant de nos élus
que de celui de
l’Etat Français.
Pourquoi
est intervenue une telle
cachotterie des élus Martiniquais ? ont-ils voulu ainsi nous
illusionner ? au profit de qui ? ou encore, est-ce
parce qu’ils ont
ressenti l’imposition d’un tel statut comme étant trop humiliante et
ont souhaité
dès lors nous épargner l’effet d’une telle prise de
conscience ? En tout
les cas, ils nous ont caché cette vérité !
L’ASSIMILATION
JURIDIQUE EST INCONSTITUTIONNELLE
EN
CONSEQUENCE
exigeons
l’abolition du statut d’affranchi et sa substitution par le statut de
personne
juridique humaine.
Contacts
téléphoniques :
0696 92 72 14 -- O696 35 57 45 --
0696 39 77 20
--
0696 45 68 50
Email : mo_dominiq@hotmail.com ; diop972@yahoo.fr ; msm31@wanadoo.fr
PROPOSITIONS
POUR UN SYSTEME EDUCATIF REMANIE
Nous avons
observé ces dernières années une recentralisation de tous les pouvoirs en
France « métropolitaine » (banques, direction des Télécommunications,
impôts, EDF etc).
Le système
éducatif est soumis aux mêmes principe. Le recrutement systématique d’un
personnel de direction blanc dans toutes les administrations de la MARTINIQUE
et dans l’école en est la démonstration.
Le
gouvernement est passé à une étape supérieure : éradiquer toute
spécificité culturelle à la racine par une politique d’assimilation sauvage.
L’université
en MARTINIQUE n’est pas ouverte sur la connaissance globale et totale. Les
filières existantes ne permettent pas de former la jeunesse de telle sorte
qu’elle rentre en possession des théories sociales, économiques, philosophiques
développées dans les autres universités.
L’université
doit se donner les moyens de former une élite capable de réinvestir ses
compétences et son savoir pour le développement de la MARTINIQUE. L’université
devrait être tournée vers son environnement immédiat (CARAÏBE, AMERIQUE).
D’ORES ET
DEJA, NOUS EXIGEONS EN MATIERE D’EDUCATION ET DE FORMATION :
· Une ouverture urgente de chaires en Sciences Sociales
(sociologie, psychologie, anthropologie, philosophie). Nos sociétés ayant été
construites sur des théories racistes et déshumanisantes, la vision de
nous-même est erronée et doit être déconstruite afin de mieux défendre notre
pleine humanité.
· Une impérative coopération entre les universités de la CARAÏBE
et l’UAG,) dans le but de confronter, partager des compétences, des approches
plurielles (sociales, économiques,
etc…), d’améliorer la communication (plurilinguisme) et de profiter de leurs
expertises.
· Une nécessaire reconnaissance et validation des formations acquises
dans les universités Caribéennes.
· La création d’une chaire en sociologie, philosophie et langues
et cultures africaines.
· Une urgente création d’outils pédagogiques accessibles à tous
qui passe par la création d’une édition universitaire permettant de diffuser et
vulgariser le savoir.
· Il faut élaborer des structures pour mettre en synergie toutes
les recherches qui sont faites au sein de l’UAG, pour leur plus grande
diffusion dans un cadre non académique (tables rondes, ateliers d’expression,
entretien avec les chercheurs).
· La création d’un centre d’étude Afro-caribéen-américain doté
d’un observatoire constitué notamment de membres issus d’associations ayant
oeuvré à la connaissance des civilisations africaines.
Contacts
téléphoniques : 0696 92 72 14
-- O696 35 57 45 --
0696 39 77 20 -- 0696 45 68 50
|