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De
l’inutilité des médias d’informations
martiniquais

Nous sommes
là, assistant à un épisode de l’histoire de la Martinique, nous
voyons se dérouler devant nos yeux, même si nous ne sommes à
franchement parler
présents, mais nôtre esprit est taraudé par les évènements, car
l’histoire de
la Martinique est en marche, entre négociations, sitting devant la
préfecture
héritière du « gouvernorat » des temps de
la colonie, tout
comme le béké n’ayant pas réellement rompu avec sa propre genèse, la
foule fait
masse.
Nous
sommes dans l’attente, dans l’anxiété, nous sommes dans la complexité
des
sentiments, nous passons d’un état d’émotion à un autre en an ti
ziguine de
temps, de la fierté à se bomber le torse au découragement à nous plier
le dos.
L’histoire
est en marche - i ka kouwi - alors que d’honnêtes pères et
mères de famille font sissite devant la
préfecture, faisant
monter la pression sur le patronat et l‘Etat sarkoziste en défaille,
car qui
(salariés et fonctionnaires) ne voudrait pas de 354 euros en plus sur
sa fiche
de paye ?
Je
sais pour certains c’est juste le prix d’un repas au café Flore,
quoique à
côté de l’Ambassade américaine, près de la Cours des Comptes et le
Ministère de
la Justice, il y a un restaurant ou vous vous tétez le doigt tellement
c’est
bon, j’ai encore en bouche le goût du cochon de lait rôti sur lit… je
digresse
et m’égare, reprenons le fil de notre conversation.
Donc,
pendant que la foule hurlante : la matinik sé ta nou, pas ta yo, sous
le
regard méchant de la maréchaussée, qui par le passé tirait à
coup de
fusil ou de mitraillette sur les travailleurs de la canne demandant une
augmentation dès que le béké leur en donnait l’ordre, une bande de
casseurs
fait ce que le champ sémantique du substantif indique, il casse, pille,
vole,
vandalise, ect de toutes choses en rapport avec comment se
procurer ce
dont on n’a pas forcément besoin, mais pour être tendance, on a
absolument
besoin à moindre frais.
Les
casseurs issus de familles monoparentales et matrifocales,
dans la
misère et en manque d’ordinateur avec processeurs double cœur, d’écran
plasma,
de grosses cylindrées qui dans 2 ou 3 jours lors d’un contrôle routier
les
enverra devant le tribunal au mieux au
pire à la morgue,
cassaient les magasins, vandalisaient, affrontaient les gendarmes,
persuadés
qu’ils sont dans un jeu vidéo, et s’ils perdaient la partie, ils
n’auront qu’à
reloader et recommencer une nouvelle partie, ils brûlaient
les pneus,
enflammaient ici ou là, tout d’un coup la Martinique se mettait à
ressembler à
(je ne vais rien dire pour ne froisser personne).
On
est pris par l’histoire, on s’inquiète, il faut rassurer la
bourgeoise
qui habite au 7e étage d’une tour construite en défiscalisation
immobilière, (saloperie de loi qui fait de nous des étrangers
sur notre
propre territoire), qu’elle ne risque rien.
Déjà,
il faudrait monter sur le morne, pas du tout évident à pied, tant la
pente est raide, enjamber la grille au risque de se casser le cou, tant
qu’elle
est haute, puis fracturer la porte d’entrée digicodée, puis la seconde
porte
redigicodée, prendre l’ascenseur… impossible ! Sachant que tu
ne sais pas
sur qui tu vas tomber, aucun casseur n’est aussi couillon, même s’il na
pas
fait beaucoup d’école et passe ses journées sur un nuage de
fumée, la
bourgeoise peut dormir sur ses deux oreilles, je la rassure.
On
cherche l’information, savoir ce qui se passe, RFO est en grève rien à
espérer de ce côté, on me conseille RCI la radio qui donne des nouvelle
d’Europe 1, je mets RCI, il passe du bon konpa, tu patientes pour avoir
des
nouvelles, en savourant ces bons morceaux de konpa, lorsque l’animateur
prend
la parole c’est pour débiter anlo pwol initil, quid de la situation,
pas d’info
tout se passe bien, pas un mot des casseurs qui affrontent les
gendarmes, rien,
la Martinique est tranquille, le CMT peut promotionner la destination.
Woye
mi mwen an kolé, c’est par texto que je suis informé de la situation,
quelques-un(e)s ayant les oreilles longues donnent des infos de
premières
sources fiables tout et tout, les textos arrivent, je vais
voir sur le
net, pas mieux sauf un webmaster téméraire qui alimente son
site en
essayant de faire vivre en live (c’est le mot à la mode) les évènements
d’une
Martinique vivant son histoire sous couvre-feu non formulé.
Où
sont les journalistes pour informer la population de ce qui se passe,
n’est-ce pas leur rôle ?
Pani
ayen, pani pon moun pour faire son travail c’est Gilles Degras qui n’a
même pas sa carte de journaliste qui fait leur travail.
Franchement
les bougs zot ka rigolé, ils nous prennent pour des imbéciles ces
journalistes ou quoi ?
Il
faudrait que cette profession en Martinique se demande qu’elle est son
utilité ?
Entre
ceux qui se font rémunérer par des médias hexagonaux au titre de
correspondant qui désinforment au lieu d’informer, entre ceux qui se
mettent en
grève comme s’ils ne pouvaient pas le faire mais en assurant un service
minimum
d’information, entre ceux qui font l’autruche pour ne pas fâcher le
béké, car
ils auront besoin de son budget média, c’est une grande foutance de
gueule.
Mwen
pa la pwen,,ÿ ! Je
vais fouiller
mes bouquins de droit pour porter plainte contre cette profession
d’inutiles
pour défaut d’informations.
Ces
médias et ces inutiles ont manqué à tout leurs devoirs, ce
que nous
ne saurons accepter dans un pays qui se veut démocratique.
Evariste
Zephyrin
Ps
: on me textote à l’instant que le Collectif du 5 février a revu ses
prétentions à la baisse, il demande 250 € et le MEDEF en
propose 247 €,
nous sommes partis encore pour quelques jours de négociation.
Photos des émeutes reçu par le net, je vous avoue ne pas savoir qui en est l'auteur ! Emeutes à Fort de France, Martinique
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