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MONSIEUR
LETCHIMY OU EST LE NEGRE
DANS LE CENTRE VILLE ?

photo Coco B
Dans
ce qu'on appelle le centre ville de notre capitale
Foyal nous trouvons trois statues : deux qui représentent des
colons
esclavagistes békés Joséphine
de Beauharnais
et Desnambuc lesquels trônent sur la savane en voie de
disparition et la
troisième qui représente l'Indien GANDHI
père de la non violence qui lui siège à la Croix Mission lieu chargé
d'histoire
pour nous originaires des faubourgs populaires de ce centre ville.
Où est le nègre
dans ce centre ville ? Nulle part. Aucune
statue ne le représente.
Je suis une
grande admiratrice de GANDHI et tout comme vous
Mr LETCHIMI, et beaucoup de martiniquais, j'ai du sang indien qui coule
dans
mes veines.
Mais tout de
même, dans un pays comme le nôtre où ce sont
les descendants d'esclaves noirs qui constituent l'écrasante majorité
du
peuple, pourquoi avez-vous choisi une fois élu, de
représenter un
héros du peuple indien comme si cette communauté était avec
les békés les
seules du pays ?
Cela est
d'autant plus curieux que la petite minorité d'indiens
arrivée dans notre pays après l'abolition de l'esclavage, en raison du
racisme
des békés créoles qui voulaient marginaliser les nègres, s'est
finalement
dans sa grande majorité mélangée avec la population nègre en dépit de
la
division que voulaient créer entre elles les békés pour mieux asseoir
sa
domination.
Que vous le
vouliez ou non notre socle culturel est celui hérité
des descendants d'esclaves noirs originaires d'Afrique qui durant
plusieurs
siècles de servitude on ensemencé ce sol de leur sueur et de leur sang,
mais
aussi de leur esprit. Cela nous a d'ailleurs été très bien restitué par
le
chantre de la négritude, notre regretté Aimé CESAIRE.
Bien sûr cette
vérité n'exclut pas que notre peuple ait été
enrichi des apports de la culture indienne comme tout peuple au monde
est
enrichi par la culture des différentes communautés même minoritaires
qui la
composent.
Ainsi la France,
est certainement enrichie par l'apport des cultures
des communautés arabes, africaines, asiatiques installées chez elle,
mais elle
gardera toujours son substrat historique et culturel et n'érigera pas
de statut
représentant des hommes de ces communautés sauf si l'un d'entre eux
devait se
démarquer en France par une action salvatrice de la nation française.
Ce n'est pas le
cas de GANDHI. Ce grand homme même s'il est un
modèle pour la lutte anti colonialiste, ne s'est jamais
distingué dans
notre pays. Il a été grand par sa pensée et par sa lutte pour libérer
son pays
par la non violence, tout comme l'ont été MANDELA en Afrique
du Sud et
Martin LUTHER KING aux Etats-Unis.
L'universalisme
de la pensée de GANHDI ne justifie pas que dans un
pays comme le nôtre en train de se construire une identité sous fond
d'apartheid et de colonisation, on érige une statue à sa gloire quand
dans le
même temps on ne représente pas les vrais héros nègres ou
indiens du peuple martiniquais.
La statue de
GANDHI n'aurait-elle pas dû être érigée après qu'ait
été représentée dans notre capitale les héros de 1870
fusillés par le
pouvoir colonial pour s'être battus pour la dignité et la libération de
leur
peuple ?
A moins que,
Monsieur LETCHIMI, vous n'ayez décidé de vous
inspirer de la démarche de GANDHI pour libérer notre pays.
Mais alors
pourquoi n'en prenez vous pas le
chemin ? Puisqu'à l'inverse de la pensée de GANDHI,
vous
voulez, entre autre, restaurer la statue de l' esclavagiste
notoire, Joséphine de
Beauharnais, faisant
ainsi l'apologie d'un crime contre l'humanité démontrant à la
fois
votre soumission aux lois du colon et votre
collaboration avec le
pouvoir colonial et ses alliés la caste béké.
GANDHI, le
chantre de la non violence, n'était pas un
collaborateur du pouvoir colonial mais un homme qui avait choisi de
rester dans
le peuple pour l'aider à prendre conscience de l'illégitimité du
pouvoir
colonial et à le combattre par la désobéissance
civile. .
Il a vaincu à
main nu le colonisateur, mais il l'a vaincu en
désobéissant à toutes ses lois et en incitant son peuple à le faire.
Cette non
violence a d'ailleurs été vécue par le pouvoir colonial
comme la pire des violences, une violence beaucoup plus forte que les
bombes et
l'a amené à tuer des milliers d'hommes et de femmes
indiens qui se
sont donc sacrifiés pour la libération de leur pays.
Il parait que
vous envisageriez de faire une statue du nègre
fondamental et que pour ce faire vous consultez le peuple, peuple que
vous êtes
bien gardé de consulter, voire même d'informer, quand vous
avez décidé
par un beau matin d'ériger le buste de GANDHI à la Croix mission.
Quoiqu'il en
soit, j'espère que vous ne placerez pas le père
de notre nation entre l'esclavagiste Joséphine et le criminel de
DESNAMBUC et
que vous lui trouverez une place au moins aussi centrale que celle que
vous
avez attribuée à GANDHI que vous avez fort judicieusement placé hors
des ces
deux pestiférés.
C.
DUHAMEL
Le 14 février
2009
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