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QUEL RAPPORT AVEC OBAMA ?

Félix Morisseau-Leroy a écrit dans « Dyakout » ce texte en créole d’Haïti. Nous vous proposons cette traduction en français afin que vous le retranscriviez dans le créole de votre choix.

Voilà comment ça s'est passé

Voilà comment ça s'est passé
Jésus-Christ devait mourir
Envers et contre-tout
Il fallait qu'il meure
Pilate a eu beau dire : ce
Caïphe-là a tellement insisté,
On a condamné l'homme
Il n'avait pas mangé depuis deux jours
Il tombait de faiblesse
Dans cette montée du Mont Olivier
Avec deux branches d'arbre sur le dos
Il tombait, se relevait
Pilate le regardait, il avait de la peine
Les soldats romains le regardaient
Alors vient à passer un nègre
Simon le Cyrénéen
Un nègre fort
A la Paul Robeson
vint à passer
Il regarde la scène comme les nègres savent regarder
Pilate sentit ce qu'il y avait dans le cœur de ce nègre
Il fit un signe aux soldats
Ils tombèrent sur Simon
A bras raccourcis
Et puis lui dirent : Prends la croix et porte-la
Simon prend la croix d'une seule main
Il l'a prise des mains du blanc
Il court avec
Il chante
Il se met à danser
Il danse, il chante
Il court, il monte plus haut
Laissant tout le monde loin derrière
Il revient, il danse, il chante
Il fait tournoyer la croix au-dessus de sa tête
Il envoie la croix en l'air
La rattrape
La passe entre ses jambes
L'envoie en l'air
La croix reste en l'air à danser
La foule crie : Miracle !
La croix redescend
Simon la reprend
Il danse tout son saoul
Avant de la remettre à Jésus.

Depuis lors, dès qu'une croix
Est trop dure,
Dès qu'une charge est trop lourde à porter
On appelle le nègre pour la porter
Alors nous dansons, nous chantons
Nous battons le tam-tam,
Nous jouons de la vaccine : nous avons le dos large.
Nous prenons la croix, nous prenons les fusils, les canons,
Aidant le blanc à porter,
Nous prenons les crimes, nous prenons les péchés,
Nous aidons tout le monde à porter.

Proposé par Hector Poullet


CINQUIÈME STATION - SIMON LE CYRÉNÉEN AIDE JÉSUS À PORTER SA CROIX

 Simon le Cyrénéen

Vers l'aride montagne où son heure l'attend Le divin Rédempteur s'avançait haletant.L'arbre lourd de la croix rudement équarrieOpprimait et blessait son épaule meurtrie ; Ses pieds nus hésitaient entre les durs caillouxDont souvent l'angle aigu déchirait ses genoux. Sans pitié, pour hâter sa démarche inégale,  Les soldats, le frappant de leur lance brutale, Le heurtaient du poitrail des chevaux écumeux ;

Et le peuple, plus lâche et plus féroce qu'eux,Insultant sa détresse et souillant son visage, Excitait contre Dieu leur colère sauvage !

Or, le voyant sans force et loin encor du but,
Ces insensés craignaient que le Sauveur mourût, Et qu'il leur enlevât une part de leur joie ! Comme des chiens lancés et hurlant sur la voie, Jaloux de prolonger le supplice trop prompt, Ou de multiplier la torture et l'affront,
Ils voulaient que du moins, avant l'heure suprême, Jésus endurât plus que la mort elle-même !

A cette heure, Simon revenait de son champ, Et du mont escarpé descendait le penchant. Du côté de Damas, secouant sa poussière, Il a franchi la porte aux deux piliers de pierre, Il entre ; et les clameurs et les hennissements L'environnent. Il voit, accablé de tourments,Frappé, poussé, raillé, tout assiégé de haine, Jésus qui, sous le faix mortel ploie et se traîne, Et sent naître en son cœur, tout surpris d'être ému, Une vague pitié pour cet homme inconnu ; Mais tandis qu'il hésite, au milieu du tumulte Un cavalier l'appelle avec des cris d'insulte : On le contraint d'aider le divin condamné ; Et le Cyrénéen obéit, étonné ,Et saisissant la Croix de sa main rude et forte, Il en prend une part, la soulève et l'emporte.

Simon ! toi qui prêtais ton épaule et tes bras Au Rédempteur du monde, et qui ne savais pas
A quelle tâche auguste, à quelle œuvre sublime.  Tu vins mêler ta force inculte et magnanime, Heureux es-tu, Simon, d'avoir jadis porté Ce céleste fardeau qui te sera compté ; Car nul ne peut toucher à la Croix éternelle Sans que Grâce ou Vertu s'éveille et sorte d'elle ! Et tes mains l'ont portée ! Heureux, heureux es-tu ! Mais si, venant en aide au Sauveur abattu, Ton cœur, comme tes bras, devançant la contrainte, Eût secouru ton Dieu librement et sans crainte, O Simon de Cyrène, ô pauvre laboureur, Plus heureux mille fois en face du Seigneur, Car il eût mesuré ta gloire à sa puissance Et ta béatitude à sa reconnaissance !

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