Nouvelle
journée de tension en
Guadeloupe
L’annonce par
Nicolas Sarkozy d’un rendez-vous jeudi avec les élus de des
départements
d’Outre-mer n’a en rien entamé la détermination des manifestants.
La situation
n'en finit pas de s'enliser en Guadeloupe. Après une nouvelle journée
de fortes tensions lundi, la
nuit dernière a été agitée, avec des barrages routiers en feu et des
devantures
de magasins éventrées. Et ce mardi, la situation semble encore se
détériorer.
L’annonce par Nicolas Sarkozy
d’un rendez-vous jeudi avec
les élus de tous les départements d’Outre-mer -première initiative
directe du
chef de l’Etat dans la crise antillaise- n’a en rien entamé la
détermination
des manifestants.
L’aéroport de
Pointe-à-Pitre a été fermé pendant plusieurs heures ce matin, faute de
personnel suffisant pour assurer la sécurité. Sur les routes, de
nouveaux
barrages ont été érigés, un peu à la va-vite par des riverains
répondant à
l'appel du LKP. Lundi soir, lors d'un meeting, le porte-parole du LKP,
Elie Domota, a appelé au
«renforcement de la mobilisation» dans les jours qui viennent, «jusqu’à
la
satisfaction de nos légitimes revendications».
Résultat: la
nuit dernière a été particulièrement agitée sur l'île, les pompiers
sont
intervenus une soixantaine de fois au cours des dernières 24 heures.
Barrages
en feu à Pointe-à-Pitre, devantures de magasins éventrées, magasin de
fournitures de bateaux incendié, échauffourées entre groupes de jeunes
et
police et forces de l'ordre caillassées: les dégâts sont importants.
Un front uni
face à Sarkozy?
C'est en tout
cas la proposition de la sénatrice UMP Lucette Michaux-Chevry faite ce
mardi
aux élus d'outre-mer qui doivent être reçus à l'Elysée jeudi soir.
«Il faut
changer fondamentalement le fonctionnement de l’outre-mer: on ne peut
pas
continuer à gérer l’outre-mer comme si nous étions dans les colonies:
c’est
fini, c’est fini cette mentalité de paternaliste», a martelé l'ancienne
ministre.
Au sujet des
incidents et pillages survenus dans la nuit de lundi à mardi, elle a
estimé
qu’il y avait «une exaspération du fait que les négociations
n’ont pas
donné les résultats escomptés. Il y a une série d’erreurs qui ont été
commises
dans ce dossier dont on n’a pas mesuré, au départ, l’importance.»
«J’en
appelle au calme, nous avons tous commis des erreurs: le moment est
venu de se
rassembler et de faire des propositions», a ajouté l’élue.
Jégo appelle
au calme
Devant le Sénat
mardi, le secrétaire d’Etat Yves Jégo a tenu à rappeler les règles de
l’«état
de droit». «Nous sommes un état de droit, donc il y a des
règles, une
justice, il s’agit de faire un pari, qui est celui du dialogue (…) pour
que
nous évitions cette violence».
«Il faut aussi que chacun prenne ses responsabilités pour que
la situation
ne dégénère pas, il n y a pas de volonté d’agression, aucune volonté de
répression, simplement une volonté de permettre que les libertés
publiques, ne
serait-ce que la liberté de circuler, puissent se dérouler dans de
bonnes
conditions», a déclaré Yves Jégo.
Dans une tribune au Figaro
datée de mardi, Yves Jégo,
secrétaire d’Etat à l’Outre-mer, affirme que la politique du
gouvernement
vis-à-vis de la Guadeloupe «n’est pas d’acheter, comme ce
fut tant de fois
le cas auparavant, une illusoire paix provisoire.»
Bisbilles
politiques sur fond de crise
Le patron des
députés UMP Jean-François Copé et le secrétaire général du parti Xavier
Bertrand ont accusé mardi Olivier Besancenot, le leader du NPA, de
miser sur
une contagion en métropole de la crise en Guadeloupe.
«Il ne vous
a pas échappé que l’extrême gauche et M. Besancenot, dont le principal
objectif
est de multiplier partout l’agitation, si possible violente, est dans
cette
démarche de multiplier les appels de cette nature en métropole», a lâché Jean-François Copé
dans les couloirs de
l’Assemblée.
«On n’a pas
besoin de politique de gesticulation en ce moment», a-t-il ajouté. Olivier
Besancenot doit pour sa
part aller en Guadeloupe vendredi.
Les
compagnies aériennes acceptent le report des
vols
Les compagnies
aériennes qui desservent la Guadeloupe ont donné leur «accord de
principe» pour
autoriser le report des vols vers cette destination en proie à des
troubles
depuis plusieurs semaines, s'est félicité ce mardi le secrétaire d’Etat
chargé
du Tourisme, Hervé Novelli.
Les
voyagistes s’étaient déjà engagés à permettre des reports dans l’année
et il
était nécessaire que les transporteurs en fassent autant pour «que
la
chaîne (du voyage) ne soit pas déséquilibrée», a ajouté
Hervé Novelli, à
l'issue d'une réunion avec les tours-opérateurs, les agences de voyages
et les
compagnies aériennes.
Le secrétaire
d’Etat a redit sa préférence pour le report des voyages sur la même
destination
plutôt que le report sur d’autres destinations pour ne pas trop
«handicaper les
Antilles» françaises.
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