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Guadeloupe :
Yves Jégo tente de dénouer la crise

Magasins
et stations-service restent fermés, les hôtels ne parviennent plus à
assurer le
service. L'activité économique est en berne dans l'île et la facture de
la
grève s'alourdit chaque jour davantage.
Le
secrétaire d'État est arrivé hier à Pointe-à-Pitre pour trouver une
sortie de
crise au conflit qui dure depuis deux semaines.
EN MISSION sur l'île
« pour une durée
indéterminée ». Parti seulement hier, dix jours après qu'une
grève
générale eut commencé en Guadeloupe, le secrétaire d'État chargé de
l'Outre-Mer, Yves Jégo, est arrivé à Pointe-à-Pitre, avec la promesse
de n'en
partir qu'une fois la crise dénouée. Depuis deux semaines, en effet, un
double
mouvement social bloque tout ou partie de l'activité économique de
l'île.
Toutes les stations-service sont fermées depuis le 19 janvier,
leurs
gérants exigeant l'arrêt des nouvelles implantations, ce qui a entraîné
une
pénurie de carburant. S'y ajoute depuis le 20 janvier une
grève générale
pour protester contre « la vie chère ».
Hier, la venue du ministre
était attendue
avec impatience par de nombreux acteurs locaux. À commencer par les
présidents
PS des conseils régional et général, Victorin Lurel et Jacques Gillot,
qui se
sont déclarés samedi soir « satisfaits » de l'annonce
de son arrivée.
Ce qui n'a pas empêché, hier à Paris, le secrétaire général de la CFDT,
François Chérèque, de reprocher au gouvernement « une réaction
hypertardive ».
En Guadeloupe, l'exaspération
est forte.
Et la mission d'Yves Jégo délicate. Le secrétaire d'État devra relancer
les
négociations, au point mort depuis mercredi. Patronat et syndicats se
renvoient
la balle en s'accusant mutuellement de « jouer le
pourrissement ». Il
faut dire que les 146 revendications du Liyannaj kont pwofitasyon
(LKP), qui
regroupe la quasi-totalité des syndicats, partis politiques et
associations,
sont importantes. Le LKP exige notamment la
baisse des prix de tous
les produits de première nécessité, des impôts, des taxes, ainsi qu'une
réduction « immédiate » de 50 centimes du prix des
carburants. Le LKP
réclame une augmentation salariale de 200 euros et le gel des
loyers.
« Attentifs aux plus
démunis »
De leur côté, l'ensemble des
organisations
patronales de l'île (MEDEF, CGPME, confédérations locales et chambres
syndicales professionnelles) se sont officiellement regroupées dimanche
dans un
Mouvement des entrepreneurs de Guadeloupe (MEG), qui a adopté quinze
résolutions.
Hier, Jégo a promis d'ouvrir
des
négociations thème par thème dans un délai limite de quatre semaines.
« Il
est normal, dans un moment de grève, que l'on explique la politique et
que l'on
montre que le gouvernement est attentif aux plus démunis »,
a-t-il déclaré
sur Europe 1, hier à son arrivée. Le ministre s'est encore déclaré prêt
à se
donner « le temps qui faudra pour qu'on trouve des solutions,
même au-delà
de ce conflit, pour que toute la société guadeloupéenne reprenne le
moral,
reprenne confiance ».
Samedi, sur son blog, il
expliquait
qu'« il ne faut pas sous-estimer les craintes et les colères
exprimées
avec force par de nombreux compatriotes de Guadeloupe, qui souffrent de
ces
blocages et attendent, non seulement que l'État de droit soit respecté
mais
aussi que leurs revendications soient satisfaites ». Dans son
entourage,
on rappelle que le gouvernement avait déjà annoncé le versement d'une
prime de
200 euros à 60 000 foyers à faible revenu, en avril.
De leurs côtés,
la Région et le département avaient proposé, vendredi, une centaine de
propositions correspondant à une enveloppe de 54 millions
d'euros.
Rodolphe
Geisler
source
01/02/2009
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