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Faire ses courses au mauvais endroit peut
coûter cher

Guirec
Gombert
Une nouvelle étude montre de gros écarts
de prix liés au manque de concurrence dans certaines zones.
Payer à l'année ses courses 230 euros plus
cher entre l'hyper Carrefour du 15ème et celui du 8ème arrondissement de
Marseille, c'est possible. Le premier, situé dans une zone non concurrentielle,
pratique en effet des tarifs 5.5% plus cher que dans le second, révèle ce matin
l'UFC-Que Choisir. En Gironde, les consommateurs vivant à Talence
économiseraient même 320 euros s'ils déménageaient dans la commune de
Port-Sainte-Foy-et-Pontchat (plus d'une heure de route), selon l'UFC. «En
moyenne nationale, un hypermarché situé dans une zone non concurrentielle sera
1.3% plus cher qu'un hypermarché du même groupe situé dans une zone
concurrentielle», explique l'UFC. Les écarts de «prix locaux» peuvent cependant
atteindre jusqu'à 20%. Ces derniers seraient d'ailleurs «sous estimé», le
«relevé ayant été effectué lors d'une période de prix bas, septembre 2007»,
poursuit l'association. Pour cette dernière, «il apparaît évident que les
distributeurs, notamment Carrefour et Auchan, adaptent leur politique de prix à
l'environnement concurrentiel local.» Une «stratégie payante» alors que
seulement 26.9% des 634 zones de chalandise étudiées sont concurrentielles.
Pour l'UFC, les restrictions législatives pour l'implantation des commerces
(loi Raffarin) expliquent cet état de fait.
Une domination qui nuit aux consommateurs
Récemment, les magazines Linéaires et LSA
publiaient leurs propres études sur le manque de concurrence dans la grande
distribution et les écarts de prix entre différentes villes. Il ressortait de
la première qu'Auchan et Carrefour raflaient 89 places sur le top 100 des
hypermarchés réalisant les meilleures ventes. Au niveau local, Carrefour domine
ainsi 41% du marché où il domine. LSA soulignait de son côté que les villes où
la concurrence est la plus forte sont également les moins chères. A Ajaccio, un
panier moyen coûte alors 114 euros contre 92 euros à Charleville-Mézières.
Nantes apparaît alors comme le bastion de la concurrence, avec trois enseignes
différentes : Système U, Intermarché et Leclerc. En pleine polémique sur le
pouvoir d'achat, le ministère des Finances confirmait que «sans concurrence
entre plusieurs enseignes, les prix augmentent au détriment du consommateur.»
Mardi 1er avril, une troisième étude du cabinet Asterop apportait encore de
l'eau au moulin, démontrant que dans les trois secteurs de l'alimentaire, du
sport et du meuble, dans 60% des «zones de vie des consommateurs», un acteur
est en position de leadersphip.
Le 30 avril dernier, la ministre de
l'Economie présentait les quatre volets de la loi de modernisation de
l'économie. Au programme notamment : fin des marges arrière et de la loi
Raffarin qui soumet à autorisation toute création de magasin d'une surface
supérieure à 300m2. Ces mesures devraient être adoptées fin juin. L'UFC va plus
loin et demande une plus forte libéralisation du secteur, mais pas n'importe
comment. «A terme, l'implantation des hypermarchés sera facilitée, explique
Edouard Barreiro de l'UFC. Seulement, si comme dans le Nord, 5 Carrefour et 3
Auchan sont déjà présents, il ne sert à rien d'accepter l'implantation de l'un
de ces acteurs. De même, nous ne voulons pas une urbanisation sauvage.»
L'association demande ainsi que le conseil de la concurrence contraigne les
groupes en position dominante à «se séparer ou à échanger certaines activités»
et «que la défense du petit commerce ne passe pas par des mesures de replis
improductives.»
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