Haïti-Vie chère :
les promesses du gouvernement, un poisson d’avril ? Un mois après
l'interpellation du chef du gouvernement par la Chambre des députés sur la
question de la cherté de la vie, le gouvernement n'a posé aucun geste concret
pour réduire le coût de la vie en Haïti.
Au
contraire, la vie est de plus en plus dure pour les pauvres gens. Le prix des
produits de première nécessité augmente de jour en jour sur le marché local.
Malgré tout, le gouvernement témoigne toujours d'une ferme volonté de ne pas
subventionner les produits importés. Ce qui, selon les responsables,
constituerait de facto une subvention accordée aux producteurs étrangers.
Le 28 février, et même
bien avant, un ensemble de mesures avaient été annoncées pour aider la
population à pallier à ce problème en attendant une solution définitive.
Manifestement, celle-ci n'est pas pour demain.
« En réalité, il n'y a
rien qui est fait, révèle le député François Lucas Sainvil. Nous avons eu une
réunion avec le chef du gouvernement ce matin et il a promis un rapport au
début du mois d'avril sur les enquêtes qu'a menées son équipe pendant le mois
de mars, question de savoir où faire quoi. » Cette réunion a eu lieu à
l'initiative de la coordination du Corps de parlementaires progressistes (CPP)
qui ont en majorité voté en faveur du maintien du gouvernement en place.
L'élu de Port-de-Paix à la
chambre basse dit constater la lenteur du gouvernement à mettre en place une
stratégie pour aider les Haïtiens à faire face au coût de la vie chaque jour
grandissant. « Je reviens de Port-de-Paix ce matin et le constat est alarmant.
Il n'y a que des pierres et du sable, je me demande de quoi se nourrit la
population ? C'est l'une des raisons pour lesquelles je me suis empressé ce
matin de rencontrer le gouvernement, explique-t-il, car en accordant le vote de
confiance, on n'a pas donné carte blanche à Jacques Edouard Alexis. C'est notre
devoir d'assurer le suivi. »
De son côté, le directeur
de Communication, des Relations de publiques et de presse de la primature, Abel
Descollines, a indiqué que le gouvernement est en train de finaliser le
programme d’action contre la cherté de la vie avec les parlementaires. « D'ici
avril, des actions concrètes seront réalisées », a-t-il affirmé.
Ce programme, qui n'a
toujours pas débuté, consistera en travaux à haute intensité de main d'œuvre.
On prévoit également accorder des crédits à faible taux d’intérêt, constituer
des banques d'implants agricoles et nettoyer les canaux d'irrigation; en plus
de voir à l'assainissement et à la distribution de paniers alimentaires dans
les zones les plus délicates sur le plan de l'insécurité alimentaire, dont
Bombardopolis.
Le député de Port-de-Paix
soutient que les fonds alloués à de telles activités sont déjà disponibles,
d'autant plus que c'est l'Etat qui doit les financer via le montant dédié aux
communes. « Tout ceci devrait commencer d'ici le 1e avril. Et ce n'est pas un
poisson d'avril ! »
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