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Haïti-manifestations: colère et mécontentement et des masses populaires de la capitale

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Port-au-Prince à connu ce 8 avril une journée d’enfer. Des milliers de personnes ont manifesté dans les rues du centre-ville contre la vie chère et contre le gouvernement paralysant toutes les activités dans la capitale d’Haïti.

Pas de mort, mais on a dénombré de nombreux blessés et enregistré d’importants dégâts au deuxième jour des manifestations contre la hausse des prix des produits de premières nécessités à Port-au-Prince.

Il n’y a pas de bilan officiel, cependant selon des sources de l’hôpital général contactées par Haïti Press Network, plus de 20 personnes blessées ont été enregistrées par les services d’urgence de l’HUEH.

Trois journalistes ont été blessés par balles dont le photographe du journal le Matin Jean-Jacques Augiustin, reporter de l’Agence EFE et collaborateur de nombreux journaux dont Vues d’Haïti et Haïti Press Network. Il été touché d’une balle en caoutchouc au dos tirée par des soldats de la Minustah non loin du palais national.

A Pétion-ville devant le bureau de Haïti Press Network, le véhicule d’un journaliste italien a été endommagé par des manifestants qui ont brisé toutes les vitres. Des restaurants, des magasins et des stations d’essence ont été également saccagés, ont constaté des journalistes de HPN.

Le journal le Matin a été également attaqué. Un hôpital situé à côté a été envahi par des manifestants. Des patrouilles de la Minustah ont reçu des jets de pierre et les soldats ont riposté en tirant des gaz lacrymogènes.

D’autres personnes ont été blessées par balles dans le même quartier. Des manifestants ont lancé des pierres en direction des soldats de l’ONU qui ont tiré en m’air pour disperser les foules venues de plusieurs quartiers pour se rassembler sur la place du Champs de mars.

Des chars blindés de la Minustah ont été déployés aux abords du Palais national attaqué dans la matinée par des jeunes qui avaient tenté d’enfoncer les grilles d’entrée.

Dans les autres rues de nombreux établissements commerciaux ont été saccagé par des groupes de jeunes qui lançaient des slogans contre le président Préval et contre le Premier ministre Jeaques-Edouard Alexis.

Ils ont réclamé des mesures immédiates contre la hausse des prix des produits alimentaires ou le départ du chef de l’état qui n’a, selon eux, rien fait pour soulager la misère des couches les plus pauvres du pays.

« Nous avons voté pour vous, vous n’avez rien fait pour nous en retour », chantaient des manifestants qui ont condamné le mutisme du président René Préval et l’absence d’actions du gouvernement.

 


Haïti-Société: les manifestants à l’assaut du Palais national

La zone métropolitaine de Port-au-Prince a connu mardi une deuxième journée de protestation contre la vie chère. Les manifestants venant tous azimuts, ont pris pour cible le Palais présidentiel.

Les manifestants affirment que René Preval a, lors de sa récente visite dans le département du Centre, promis de participer à tous mouvements de revendication contre la cherté de la vie. Selon eux, il a fait montre de l’impuissance de son gouvernement face à ce phénomène, arguant qu’il ne peut faire des miracles.

Ce matin, des individus mécontents de la situation de la socio-économique du pays ont tenté de pénétrer la résidence officielle du Président. Ces derniers ont utilisé des chars artificiels fait de poubelles de la SMCRS pour défoncer la barrière principale du bâtiment où loge le chef d’Etat.

Ces derniers étaient sur le point de parvenir à leur objectif quand une troupe brésilienne de la Minustah est intervenue pour disperser la foule en faisant feu. Dans la foulée, un journaliste photographe du quotidien Le Matin et un cameraman de la chaîne hertzienne Canal 11 ont été atteints. Ils ont été transportés d’urgence à l’hôpital de l’Université d’Etat d’Haïti.

Selon le leader de la Fusion des socio démocrates, Micha Gaillard, les responsables gouvernementaux doivent prendre des mesures d’urgences pour contrecarrer cette dégradation accélérée de la situation et ramener le calme.

« Le président Preval doit s’adresser à la population dans les plus brefs délais pour éviter que les choses ne s’aggravent davantage » indique-t-il à HPN. Il invite également les forces civiques et morales du pays à prendre leur engagement en main face à la population tout en leur suggérant de mener pacifiquement leur mouvement de protestation.

Sur le plan économique, Micha Gaillard demande au chef du gouvernement de passer de la parole aux actes. « Il faut que le gouvernement pense à concrétiser les actions qui ont été annoncées depuis le 28 février » s’est-il plaint.

Très tôt ce mardi, les principales axes de Port-au-Prince ont été complètement bloqués. Les manifestants réclament à tort et à travers la baisse du prix des produits de première nécessité. D’autres, plus radicaux, exigent le départ de Jacques Edouard Alexis, lançant des invectives aux 63 députés qui ont voté pour son maintien le 28 février.

charlespeleg@yahoo.fr

 


Haïti-conjoncture : Plusieurs entreprises vandalisées au Champ de mars

Plusieurs entreprises au Champ de mars ont été touchées lors des manifestations du mardi 8 avril 2008. Des bureaux de la Air France, de la Sogebank ont été vandalisés; tandis que d’autres comme la BNC ont eu leurs vitres brisées.

La plupart de ces entreprises ont été attaquées à coup de pierres par des manifestants furieux contre la cherté de la vie l’absence de mesures gouvernementales face à la misère. Ces actes de pillage sont survenus après une tentative infructueuse de pénétrer dans l’enceinte du palais national « pour aller chercher le président » qui avait demandé à la population de passer le prendre lorsque celle-ci projette d’organiser des manifestations contre la cherté de la vie, ont rappelé des milliers de manifestants. La population a, de toute évidence, pris René Préval au mot puisque, dans la matinée du mardi, elle a assiégé le palais avec la ferme intention d’y pénétrer. Les manifestants ont exercé un forcing sur la fragile barrière du palais, s’aidant d’une benne à ordures pour la défoncer. Ils seraient venus au bout de leur tentative si la Minustah n’était pas intervenue en tirant des balles de caoutchouc et du gaz lacrymogène pour disperser la foule.

On a noté l’absence des policiers tenus à l’écart des interventions policières. Ces derniers seraient intervenus sur l’ordre du président qui leur aurait demandé de sécuriser le siège de la présidence contre cette attaque selon l’ONU. Concernant les entreprises vandalisées, le cas le plus grave est celui de la Air France dont le building a été lourdement saccagé. Du rez-de-chaussée au 2e étage, les vitres sont parties en éclat. Les pillards ont emporté tout ce qu’ils pouvaient : des portes, des passeports, des appareils ménagers, voire de l’argent. « Un manifestant avait mis la main sur un sac d’argent », raconte l’un des pillards. Tout près de la Air France, à l’Hôtel Le Plaza, une succursale de la Sogébank, a été aussi pillée. Des chaises, des portes, du matériel de bureau ont été volés. La Police nationale est intervenue pour empêcher qu’elle soit complètement mise à sac. La BNC au Champ de mars a aussi essuyé quelques jets de pierre qui ont laissé leur marque dans sa belle vitrine. Une voiture exposée devant la banque a été incendiée. Il faut noter qu’à part les entreprises au Champs de mars, à la rue Lamarre plusieurs autres ont été touchées notamment le ciné Capitol qui avait été attaqué lors des évènements de 2004. Jonel Juste

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