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La flambée des prix du riz inquiète les pays de la
région
Au Cambodge, aux Philippines et au Vietnam, la presse multiplie les
articles sur les risques de pénurie de cette céréale qui constitue l'aliment de
base de la population.
"C'est
la guerre du riz", s'émeut une commerçante de Phnom Penh, citée dans Cambodge Soir Hebdo. "Les plus pauvres meurent de
faim." Le kilo de riz a bondi de 1 300 à 2 000 riels (de 20 à 30 centimes
d'euros) en quelques semaines, et le gouvernement a débloqué d'urgence 200
tonnes des réserves de l'Etat, vendues au prix fixe de 1 800 riels le kilo.
De plus, les exportations sont interdites pendant deux mois. "Le royaume
exporte habituellement très peu de riz, mais lorsque la demande internationale
augmente, les pays étrangers viennent s'y ravitailler", relate
l'hebdomadaire cambodgien. Entouré par le Vietnam et la Thaïlande, les deux
premiers exportateurs mondiaux, le Cambodge voit souvent sa production partir
en fraude chez ses voisins. "Le trafic s'élève à plus de 1,5 million de
tonnes par an", note le journal.
Pour sa part, la présidente des Philippines, Gloria Arroyo, a demandé au
Vietnam de lui livrer 1,5 million de tonnes. "Une mesure exceptionnelle,
qui souligne l'inquiétude des autorités" face à une éventuelle pénurie,
remarque le quotidien Philippines Daily Inquirer. D'autant que, parallèlement
à cette requête, le ministre de l'Agriculture a recommandé à la population de
"réduire sa consommation d'un bol à un demi-bol par repas et par
personne".
"Si le pays connaît une pénurie, le gouvernement doit le dire franchement
au peuple et l'informer des mesures qu'il prend pour en atténuer les
effets", poursuit le journal. "Le riz, dont les Philippins consomment
32 000 tonnes par jour, est une denrée stratégique. Même le dictateur Ferdinand
Marcos l'avait compris. C'est pourquoi, lorsqu'une grave pénurie était survenue
pendant les années 1970, il avait fait livrer aux régions les plus gravement
touchées des cargaisons de riz par des convois de camions escortés par
l'armée."
"Les craintes d'une éventuelle pénurie de riz devraient inciter le
gouvernement à rationaliser la production et à accélérer la réforme agraire,
afin de permettre aux cultivateurs de disposer de davantage de terres pour
cultiver cette céréale", estime le journal de Manille.
Même au Vietnam, qui en vingt ans est passé du statut de pays importateur de
riz à celui de deuxième exportateur mondial, la question de la réduction des
surfaces disponibles pour cette culture interroge. "Le pays ne doit pas se
reposer sur ses lauriers," alerte le quotidien Thanh Nien. "Depuis huit ans, les surfaces
cultivées n'ont cessé de diminuer. "La production par habitant a elle
aussi diminué, passant de 441 kilos en 2004 à 421 en 2007, entre autres à cause
du fait que des riziculteurs se sont reconvertis dans l'élevage, une activité
plus rentable." Le quotidien liste une série de mesures destinées à inciter
les agriculteurs à ne pas abandonner cette culture essentielle.
Seule note positive dans ce concert d'articles alarmistes, la hausse des prix
sur les marchés mondiaux booste les ventes à l'exportation de la variété de riz
cultivée en terrasse à Ifugao et Kalinga, deux sites philippins classés au
patrimoine mondial. "Cela devrait encourager les jeunes agriculteurs à
retourner travailler sur les terrasses," ce qui est le meilleur moyen
d'entretenir ces sites en danger, conclut le Philippines Daily Inquirer.
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