L'enquête sur la
flambée des prix alimentaires lancée par gouvernement
Le gouvernement a lancé mardi une enquête sur le terrain dans le cadre
de son opération "coup de poing" contre les hausses de prix des
produits alimentaires dans les grandes surfaces, le président Nicolas Sarkozy
promettant de "porter le fer là où ça fait mal".
La Direction générale de
la concurrence et de la consommation (DGCCRF) a débuté mardi son enquête dans
les centrales d'achat et dans les magasins des "six principales
enseignes" pour vérifier les prix d'achat et de vente de 20 produits alimentaires
courants, a annoncé une porte-parole.
L'enquête a été lancée à
l'initiative du Premier ministre, après une enquête de l'Institut national de
la consommation (INC). François Fillon a en revanche exclu mardi une baisse de
la TVA, estimant que ce n'était pas la bonne "réponse" pour
"augmenter le pouvoir d'achat des Français".
L'INC montre des hausses
de prix importantes entre novembre et janvier, jusqu'a 48%. Basée sur les sites
internet de cinq distributeurs (Carrefour, Auchan, Leclerc, Intermarché ou
Hyper U), elle corrobore une autre étude réalisée dans les magasins par le
cabinet indépendant Nielsen montrant que les prix du lait, des oeufs et des
pâtes ont grimpé de plus de 10% en janvier.
Des industriels et des
distributeurs ont récusé les calculs de l'institut. Le groupe laitier Senoble
l'a accusé de mener une "campagne de désinformation", tandis que
Fleury-Michon a affirmé que les relevés de prix publiés avaient été effectués
sur internet et non dans des supermarchés.
Le chef de l'Etat a promis
que le gouvernement allait "porter le fer là où ça fait mal" pour
tenter de remédier à la hausse des prix des denrées de base dans les grandes
surfaces, qu'il a jugée "pas normale".
"Il y a une autre
question dont je vais me saisir et qui n'est pas normale, c'est l'évolution des
prix, notamment dans les grandes surfaces. Ce n'est pas normal ce qui se
passe", a déclaré le chef de l'Etat.
"Je vois bien que le
prix des denrées alimentaires a augmenté. Je ne comprends pas, le prix qu'on
verse aux producteurs de porcs diminue et le prix du jambon explose", a
illustré Nicolas Sarkozy. De son côté, le ministre de l'Agriculture, Michel
Barnier, refuse qu'on "déclare coupables" les agriculteurs.
A deux semaines des
élections municipales, les propositions des partis politiques, syndicats et
patronat continuaient d'affluer mardi.
Le secrétaire national UMP
chargé de l'économie, Frédéric Lefebvre, a ainsi préconisé mardi un double
étiquetage "prix-évolution des prix en pourcentage" afin de
"mieux informer" les consommateurs sur leur pouvoir d'achat.
François Sauvadet,
président du groupe Nouveau Centre à l'Assemblée, devrait déposer "dans
les prochains jours" une proposition de résolution demandant la création
d'une commission d'enquête parlementaire sur les prix des produits
alimentaires.
Mais pour le syndicat
CFE-CGC, le gouvernement doit déjà faire appliquer les sanctions infligées aux
industriels pour entente illicite sur les prix s'il veut défendre les
consommateurs, plutôt que de faire des "effets de manche" dans la
grande distribution.
Le PCF a lui qualifié de "cinéma"
l'opération "coup de poing" annoncée par François Fillon, invitant le
gouvernement à apporter plutôt des réponses "utiles" comme "une
baisse immédiate de la TVA sur les produits de première nécessité.
Mychèle Daniau
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