Hausse des prix: les Sénégalais doivent consommer leur production
DAKAR - Les Sénégalais
doivent consommer ce qu'ils produisent pour éviter de continuer de subir la
hausse répétée des prix des produits de base, comme le riz et le lait et le
blé, dont la plupart sont importés, a déclaré mercredi le ministre sénégalais
chargé du commerce.
"Nous sommes le seul
pays au monde qui consomme ce qu'il ne produit pas. Il faut sortir de ce modèle
de consommation extraverti", a dit Abdourahim Agne, également ministre de
l'Aménagement du territoire et de la coopération décentralisée, au cours d'une
conférence de presse.
Selon M. Agne, le Sénégal
doit prendre "des mesures structurelles qui règlent définitivement le
problème pour (atteindre) l'autosuffisance alimentaire et ne plus dépendre de
l'extérieur".
Quelque 800.000 tonnes de
riz sont débarquées annuellement au Sénégal, en provenance principalement de
Thaïlande, pour faire face à une consommation nationale estimée à 770.000
tonnes, alors que la production nationale est de l'ordre de 130.000 tonnes.
Le blé, destiné à la
production de pain, n'est pas produit dans le pays.
Plusieurs produits de base
comme le riz, le lait, le pain et l'huile ont connu récemment des hausses des
prix dénoncées par les associations de consommateurs qui ont notamment dénoncé
l'"inaction" du gouvernement.
M. Agne a annoncé un
programme d'investissements agricoles visant à atteindre une production locale
de riz d'un million de tonnes en 2015, en plus de mesures pour valoriser la
production locale de lait et d'oignons.
"Le gouvernement a
renoncé à des recettes fiscales pour subventionner des produits destinés à la
consommation populaire. De 2006 à aujourd'hui, le soutien de l'Etat (s'est
situé à à plus de 61 milliards de FCFA - 93 millions d'euros). Ces mesures de
suspension (de droits de douane) n'ont pas vocation à être définitives parce
que nous avons des
moyens limités", a
ajouté M. Agne.
Les autorités sénégalaises
avaient pris en août 2007 des mesures de suspension des droits de douane sur
certains produits comme le riz et le lait.
Selon les observateurs,
les effets escomptés de ces mesures n'ont pas été obtenus à cause notamment des
réticences des détaillants à appliquer les marges indiquées par les autorités.
Pour protester contre la
"cherté de la vie" et la hausse des prix des denrées de base,
l'Association des consommateurs du Sénégal (Ascosen), une des principales au
Sénégal, a prévu d'organiser une manifestation le 30 mars à Dakar, avait
indiqué le 18 mars son président, Momar Ndao.
L'Ascosen, qui revendique 28.000 membres, souhaite
associer dans sa démarche "les syndicats, la société civile, les partis
politiques et tous les Sénégalais qui se sentent malmenés par la hausse des
prix", avait précisé M. Ndao. |