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SÉNÉGAL •
Rassemblons nos forces pour entrer dans la modernité !
Le
prix du riz importé ne cesse d'augmenter et provoque des émeutes. Mais, plutôt
que de se lamenter, les Sénégalais doivent enfin se prendre en main et produire
eux-mêmes les produits de première nécessité. Le quotidien Le Soleil ose
reprendre les thèmes abordés par Sarkozy dans son discours tant décrié de
Dakar.
C'est devenu une banalité
et une tautologie que d'évoquer avec colère la dégradation du niveau de vie de
nos citoyens consécutive à la hausse que subissent aujourd'hui les coûts
combinés du baril de pétrole, celui des transports maritimes et celui des
denrées de première nécessité comme le riz et le blé.
C'est le monde, dans sa totalité, qui subit des bouleversements démographiques
et sociaux auxquels les experts ne s'attendaient pas. Depuis le 11 septembre
2001 qui, décidément, est devenu une date magique, les conflits au Moyen-Orient
et la lutte menée contre les terroristes islamistes d'Al-Qaida en Afghanistan
ont tant et si bien absorbé l'attention des grandes nations, singulièrement les
nations productrices de lait, de sucre et surtout de riz – la céréale des
pauvres – que le bond vertigineux du prix de ces spéculations les a surpris.
Depuis le temps (dès le XIXe siècle) que le Sénégal subit le règne tyrannique
du riz, qu'ont fait nos dirigeants pour briser cette réalité et rompre cette
dépendance ? Des investissements très importants ont été consentis dans la
vallée du fleuve Sénégal, où 750 000 hectares de terres irrigables
appartiennent au Sénégal. Mais qu'ont fait et imaginé nos dirigeants pour les mettre
à profit en cultivant, précisément, le riz qui nous coûte si cher aujourd'hui
et qui constitue notre alimentation ? Ce sont 600 000 à 7 000 000 tonnes de
cette céréale au prix faramineux de plusieurs milliards de nos francs arrachés
difficilement bon an mal an à un budget national qui a d'autres secteurs
stratégiques où s'investir.
A cette interrogation angoissée, le peuple sénégalais a préféré répondre en
s'agrippant à ses lubies que sont le "riz de Siam", le "riz du
Cambodge" et toujours le "riz de Thaïlande". Tant
d'obscurantisme et d'attachement à des habitudes surannées qui nous viennent du
XIXe siècle laisse pantois et rêveur.
L'opinion africaine dite intellectuelle s'est mobilisée contre le discours de
Dakar du président Nicolas Sarkozy considéré comme étant raciste, méprisant et
humiliant. Et pourtant il ne faisait que nous rappeler , sans doute d'une
manière brutale et maladroite, qu'il était temps que nous sortions de la
préhistoire pour entrer dans l'histoire contemporaine d'un monde qui est fait
d'imagination, de techniques, de sciences, au lieu de nous complaire dans la
médiocrité actuelle de nos choix.
Il nous faut sortir de notre logique fataliste, fondée sur un ancrage
intellectuel, philosophique et culturel dans un passé plusieurs fois centenaire
alors que le siècle qui frappe à notre porte exige notre entrée dans l'histoire
contemporaine. Cette option implique le progrès dans tous les domaines de
l'action. Progrès scientifique, progrès technique, progrès philosophique et
ouverture à un monde où l'imagination toujours en mouvement impose le progrès,
la créativité, le renouvellement et la modernité dans tous les domaines.
Alors, cessons nos marches sans doute prévues et acceptées par la Constitution,
et investissons nos forces, notre imagination créatrice et nos moyens sur
l'objectif qui aujourd'hui devrait être le seul objectif qui vaille pour
obtenir et réaliser le salut public.
Bara DIOUF
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