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Edition spéciale du Magazine Pyepimanla  traitant du carnaval de par le monde.

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Février fête son diable

diable rougeFévrier, deuxième mois du calendrier  julien et grégorien, mais  jadis février  fut le dernier mois de l’année romaine. 

Le roi Numa vers 700 av-jc le consacra à un dieu dont nous avons perdu le souvenir « Februa ou Februus », divinité étrusque de la mort et de la purification, qui progressivement  fut assimilé à Dis Pater ou avec Pluton (Hadès) »,  deux noms pour un même dieu, quoique Dis Pater n’est pas un dieu grec naturalisé à Rome, mais une vieille divinité italienne  de la première génération des dieux. Son culte  fut associé à celui de Saturne à qui les Pélasges faisaient des sacrifices humains, Dis Pater recevant la tête des victimes.

Une chapelle lui était consacrée dans le temple de Saturne, se trouvant au pied du capitole. 


Hercule mit fin à ces sacrifices humains, substituant les têtes par des poupées pour Dis pater et Saturne eut droit à des torches. 

Les Romains pour leur part sacrifiait à Pluton des taureaux noirs et à Proserpine son épouse des génisses noires, de mémoire il me semble que dans des cas exceptionnels, les Romains pouvaient sacrifier des hommes aux dieux infernaux, notamment des esclaves noirs.

Dans la Légende des mois (1881), il est écrit que février ne porte pas le nom  du mois auquel il fut consacré, et selon l’auteur c’est à Neptune que ce mois fut dédié. 

En effet, le mois de février est un mois pluvieux et dans la Rome antique : « Tous les trois ans, à Corinthe, on célébrait en l'honneur de Neptune les jeux Isthmiques. »   Donc les Romains ont fait coïncider le culte de deux dieux  au cours de ce mois, toutefois le dieu étrusque Februa, avait un triple aspect, outre le fait d’être le dieu de la mort, le dieu de la purification, il était aussi le dieu (Febris) de la malaria (paludisme), ce qui le mettait en relation avec l’eau. Les Romains en adoptant les cultes, les rites des Etrusques et des Sabins les ont adaptés à leurs pratiques et à leurs Dieux.

L’auteur de la Légende des mois, relie l’origine de février à « februarius, du mot latin februare, qui signifie purifier. A cette époque de l'année avaient lieu, en effet, des fêtes publiques expiatoires appelées Fébruales. Ces fêtes, qui commençaient le 1er février et qui duraient huit jours, avaient été instituées en l'honneur des morts. » Plus précisément ce qui se rapportait aux expiations  était désigné sous le terme générique de « fébrua Quœamujue purgamenti causa »  et c’est en raison de ces fêtes expiatoires que le dernier mois de l’année romaine fut appelé fébrua rfus.

L’année primitive ne commençant qu’au mois de mars, avant de franchir la nouvelle année les Romains se débarrassaient des souillures des mois précédents par toute une série de rites expiatoires et de lustrations.

Dans mon enfance, j'ai le souvenir que mon père et ma mère quoique Martiniquais, procédaient de même, car dans la journée du 31 décembre, ils lavaient la maison, baignaient les enfants dans une eau mélangée avec des herbes… 

Le sens de cette cérémonie reste le même, seul la date a changé en ce qui concerne les lustrations.

C’est au mois de février  que l’on célébrait les « lupercales, la fêtes de morts que l’on purifiait les tombeaux par des sacrifices expiatoires. »  Les Romains sacrifiaient  à leurs dieux infernaux, et un certain nombre d’interdits pesait sur la population pendant  la durée des fêtes, notamment l’interdiction de se marier.

Ce mois de février est dédié aux dieux des Enfers, aux dieux des morts,  donc ce mois dû être funèbre, ce qui n’est pas le cas, c’est novembre qui dans bon nombre de contrées, de religions est le mois des morts, celui ou l’on rend hommage aux défunts ou on raille la mort.

Nous devons comprendre que février est le mois qui est consacré au dieu des Enfers, qui est le dieu des morts, et non  le dieu de  la mort elle-même.  Cette dernière est personnifiée par les Grecs à Thanatos et par  les Romains à Orcus, un vieux démon latin, à rapprocher de l’ogre de nos contes.

Les hommes que nous sommes, perpétuent des traditions anciennes dont nous ne savons pas que ce sont des rites religieux, des célébrations à des dieux anciens dont nous ne connaissons même plus les noms, mais que nous continuons de célébrer le culte sans le savoir.

En février nous hommageons  les dieux des Enfers, sans doute Neptune dans certaines pratiques et aussi  la déesse Juno Lanuvina[1].

Ce fait religieux, ces cérémonies célébrées dans l'antiquité sont bien antérieurs aux Etrusques, Sabins ou Romains. Cette adoration  des dieux infernaux en même temps que de la déesse de la purification et de la fécondité n’est pas sans rappeler  par certains aspects le culte rendu au dieu infernal : Osiris et son épouse Isis, à travers cette dualité de vie et de mort.



[1] Juno Lanuvina, déesse de la purification en même temps que de la fécondité, en était revêtues ; elle portait les surnoms de. februala, februalis ou februlis. Le jour principal des Lupercalia s'appelait februatus dies et concordait avec les nones de février'. Ovide appelle februa casta, expression qui, au témoignage de Varron, est d'origine sabellique, le mélange du sang égoutté de la queue du cheval d'Octobre [OCTOBER EQUCS] avec les cendres obtenues par la combustion des veaux mort-nés et de la paille de fèves, dans la cérémonie des FORDICIDIA, et qui servait ensuite pour les PARILLI3. Il n'existe d'ailleurs aucune trace d'un culte dont le dieu Februus ait été l'objet chez les Romains. J.-A. HILD.


La chandeleur ou la fête des lumières

torche

Le mois de février étant le mois de la purification, des  expiations et des lustrations, un mois rituellique,  plein de religiosité et d’ambiguïtés. Il le fut dans l’antiquité et l’est encore aujourd’hui. Nous avons une plus forte densité d’informations concernant les pratiques religieuses romaines et du coup, certains historiens paresse intellectuelle ou simplification à l’extrême,  sont tentés de leur en attribuer  la paternité de ces cultes et traditions. N’en doutons pas, bon nombre de rites et rituelles proviennent des Grecs, qui eux-mêmes les ont adoptés des Egyptiens qui eux l’ont pris d’une civilisation les ayant devancé, car certaines pratiques remontent au néolithique voire plus loin.

Enfin de compte, nous sommes dans une continuité,  nous n’avons pas réellement rompu avec les rites dits païens, ils perdurent sous une forme que nous qualifierons d’infuse.

chandellesLe 2 février, nous fêtons la Chandeleur dans le « monde chrétien » qui est la dernière fête de Noël, c’est ce jour dans certaines régions que l’on retire les crèches.  Elle  a pour origine les « parentalia romaines », une fête en l’honneur des morts. 

Les Romains honoraient Pluton  et les dieux infernaux en le veillant à l’aide de cierges et de chandelles. 

Cette fête est aussi attribuée au dieu Pan, ses adorateurs parcourant la ville  de nuit avec des flambeaux allumés.

En réalité,  Chandeleur est une fête grecque voire antérieure, c’est une fête des lumières, une célébration en souvenir de Proserpine épouse de Pluton le dieu des Enfers qui cherchait son époux avec des chandelles dans la noirceur infernale. 

Dégageons une symbolique de cette fable et gardons en mémoire que février est le mois des purifications, ce qui en ressort est que les Romains se libéraient des ténèbres de l'hiver, des péchés  de l’année écoulée en les livrant à un feu purificateur, une pratique qui perdure à travers le carnaval  lors de l'immolation de la figure carnavalesque (le Géant, Vaval)...

La Chandeleur,  la rondité d’une crêpe pour en appeler à la fécondité

crepe : On dit aussi que les crêpes, par leur forme ronde et dorée, rappellent le disque solaire, évoquant le retour du printemps après l'hiver sombre et froid.« Une vieille tradition paysanne nous dit que le 2 février est le jour où l'ours sort de son hibernation à la condition que la lune soit noire ou cachée par le mauvais temps. Si la lune est claire alors l'ours retourne dans sa tanière pour 40 autres jours.

L'objectif, le but du rituel magique de faire des crêpes est de favoriser la lune noire et l'arrivée du printemps et donc de la fécondité. Ainsi la lune est recrée; en fabriquant une pâte de couleur lunaire, la mettre dans un récipient de forme lunaire - ronde- et la faire noircir en la cuisant tout en ayant dans la poche ou dans la main gauche un symbole de fécondité. Il faut faire tourner la crêpe (donc l'image de la lune). La première crêpe ira sur l'armoire et y restera toute l'année. Si elle ne moisit pas alors la future récolte aussi sera préservée de la moisissure. » 


Le 6 février à Shingu-City, le festival du feu

fete du feu

La chandeleur : la fête des lumières, célébrée de nos jours le 2 février est une rémanence d'un passé religieux fort lointain, une permanence de la religion originelle dans nos mémoires, celle que pratiquaient les hommes,   avant la confusion des langues à Babel, car cette pratique n’est pas, comme nous  pouvons lire ici et ailleurs, un fait religieux judéo-chrétien ou gréco-romain.

Nous avons l’exemple : «  le 6 février de chaque année  les hommes habitant  la ville de  Shingu au Japon portent des torches allumées lors d’un parcours  éprouvant (une forme de pèlerinage) les amenant à un temple. »

Convenez qu'il y a une similitude entre la cérémonie des adorateurs romains du dieu de Pan, notamment leur parcours dans Rome en brandissant des flambeaux allumés avec ce qui se  passe à Shingu, et même peut-être aussi un rapport avec Saturne, le dieu ayant présidé à l'âge d'or de l'humanité,  quand ces hommes apportent leur torche dans un temple consacré.

N’est-ce pas la perduration du sacrifice offert à Saturne dans les temps archaïques où la victime humaine était substituée par une torche  ?

La figuration du Diable

le diableL’image du Diable est le fruit d’une lente construction qui s’est opérée au cours des siècles. Ce n’est que lors du concile de Tolède en 447,  qu’une description le fait correspondre à l’imaginaire païen. Dans leur vision, le Diable est : grand, noir, cornu, griffu, des oreilles d’âne, des yeux étincelants et il répand une odeur de souffre sur son passage. Ils parfont cette image en adjoignant  des détails anatomiques correspondant au dieu ithyphallique Pan, toison de bouc, pied fourchu…

Le Diable, bien que définit par les  cardinaux sous une forme repoussante et terrible, pouvait prendre apparence humaine et rien ne le distinguait d’un autre homme. Il se vêtait de noir ou de rouge, couleur des flammes de l’Enfer, et à ce propos,  la couleur rouge lui est associée.

La couleur rouge  symbolise la violence, le sang, les flammes,  l’agressivité,   la guerre, la lutte, l’individualisme, la sexualité, le pouvoir.  Cette couleur est ambivalente  symbolisant  aussi l’amour, la vie, la passion entre autres.

Et c’est naturellement (compte tenu du lieu géographique où l’homme serait apparu : Sumer), que l’arbre de la connaissance, dont la pomme corrompu l’Homme, entraînant sa chute, fut identifié à un grenadier. La pomme grenade est le fruit du Diable par excellence. Le nom même du fruit en français est ambivoque, il désigne à la fois un fruit aux immenses propriétés pharmaceutiques et une arme de destruction. A lire [Le fruit de l’arbre de la connaissance].

georges bushL’image du Diable est sans cesse en recréation, il cristallise nos peurs et nos angoisses,  prend la figure du vaincu à l’instar du Dieu Seth, qui un temps fut un dieu bienveillant, puis devint un dieu bifide, Seth-Horus (Hâpy) et finit par devenir Satan, un être maléfique aux cheveux roux, aux yeux rouges.

Aujourd’hui pour beaucoup la figure du Diable serait représentée par Georges Bush, celui qui sépare et divise les hommes. Le Diable est le séparateur.


Les textes de ce dossier Pyepimanla le magazine antillais d’informations spécial carnaval  sont dEvariste Zephyrin

diables rouges

Bienvenue sur Pyépimanla le Magazine Antillais d’Informations, nous vous souhaitons un bon carnaval et faites exploser votre joie
Février  le mois mis de côté

calendrier egyptienSi le premier calendrier romain, celui de Romulus ne comptait que trois cent quatre jours  ou trois cent cinq jour,  la civilisation égyptienne largement antérieure à  la civilisation romaine avait découpé l’année en 12 mois de 30 jours et tous les ans ajoutait cinq jours complémentaires, qui seront nommés les « épagomènes », un terme du bas latin emprunté au grec qui signifie « amener en plus ».

Ces jours épagomènes permettaient de faire coïncider leur calendrier avec l’année solaire. Toutefois, avant d’adopter le calendrier sumérien, les Egyptiens utilisaient un calendrier lunaire.

Les millénaires ont donc passé leur chemin et la mémoire des jours et des mois se sont perdus sur les accotements, et les Romains et leur civilisation  les ont « réinventées » ou redécouvertes.

Remarquons, avant que le roi Numa ne réintroduise janvier et février dans le calendrier de Romulus, les Romains ne comptaient  les jours de ces mois, entre autres février, le mois qui fermait l’année romaine.

C’est Jules César, quI lors de la réforme ou de l’imposition du calendrier julien, que février devint le deuxième mois de l’année : « et la raison paraît assez curieuse. Le nombre deux était considéré par les Romains comme un nombre néfaste, d'abord parce qu'il est pair, et que les nombres impairs seuls plaisent aux dieux : Numero deus impare gaudet ; et ensuite parce qu'il indique toutes sortes de présages funestes. On donna donc le second rang à février parce qu'il était consacré à Neptune en même temps qu'à Pluton, c'est-à-dire au dieu des enfers. C'est pour la même raison que les fêtes en l'honneur des mânes, les Fébruales, avaient lieu le deux du mois. »

Le mois de février était appréhendé  par les populations de manière  duale. Ce mois est ambivalent. 



« Mois de février, le plus petit et le plus diable. »

diable rouge

 Saisissons février sous l’angle des dictons, de cette sagesse populaire, qui ma foi est une forme d’agglutination de connaissances (empiriques) d’une population de paysans (donc d’illettrées dans ces époques reculées), se transmettant ainsi leurs savoirs et leurs expériences accumulés pendant des siècles voire des millénaires.

Choisissons quelques-uns,  afin de décrire la perception de cette paysannerie à propos de ce mois : « Février remplit les fossés, mars les vide » Ce mois est censé être pluvieux, très pluvieux, c’est pour cela qu’il était consacré à « Neptune », même si à l’origine (étymologiquement) il est dédié dans le passé comme dans le présent au dieu des Enfers tel que Pluton.

« Si février n'a ses bourrasques, tous les mois feront des frasques » et « Février qui donne neige, bel été nous pleige. »  Un autre dicton dit que : « Si février n'a ni pluie ni giboulées  Tous les mois de l'année seront ennuyés ».  Ce mois indiquait le temps à venir pour le reste de l’année, et à travers les dictons liés à février, nous remarquons qu’un mois de février sec et chaud était redouté, car annonciateur de mauvaises récoltes,  d’instabilité ou de calamités climatiques, et selon ces gens : «  Mieux vaut un renard au poulailler Qu'un homme en chemise en février... »  

La nature du mois de février leur permettait de se prémunir et d’ensiler, en fait de prévoir…

En lisant une centaine de ces dictons, je relève outre ce sus-mentionné que le mois de février   un mois où l’on échenillait les vergers, et surtout, c’est un mois où « les agneaux naissent plus beaux. Le mois de février est bon agnelier. »  Aujourd’hui encore les bergers font naître leurs agneaux en février.

Le reste des dictons était lié à la vigne, qu’il ne fallait surtout pas tailler pendant ce mois,  si on espérait vendanger à l’automne.

Et pour conclure cette discussion  un dicton fixe ce mois dans une inaltérabilité, sous forme d’une allitération toute poétique.

groseiller





- Jamais février n'a passé sans voir groseillier feuiller



De Proserpine à la Vierge Marie

vierge noireLe 2 février est pour les Chrétiens le jour de la « purification de la Vierge ». Il marque la célébration de la présentation du Christ au Temple, ce qui correspond aux relevailles

Il est écrit que Marie, femme juive se conformait à la loi de Moïse,  voulant que la mère se rende au Temple, présenter son fils nouveau-né 40 jours après sa naissance au Seigneur, leur dieu.

« Selon la loi juive de cette époque (Lévitique, XII), une mère qui accouche d'un garçon était considérée comme impure pendant 7 jours et devait ensuite attendre la purification de son sang pendant 33 jours (donc pas question de se rendre dans un lieu sacré durant cette période). Après la naissance d'une fille, les délais étaient plus longs: la mère était impure pendant 14 jours et la purification avait lieu au bout de 66 jours ! »

A cette occasion tout un rituel était opéré par les prêtres et pour les chrétiens, lors de l’office religieux des cierges étaient « allumés et  bénits ». Les Juifs outre leur cérémonie religieuse, à cette époque, sacrifiaient des tourterelles ou des pigeons. Cliquez sur  le lien relevailles pour plus de détails. 

Cette cérémonie (relevailles) était en vigueur dans la Grèce antique et au (Ve siècle) le Pape Gélase pour certains, pour d’autres c’est le Pape Vigile au (VIe siècle) qui institue cette cérémonie dans la chrétienté afin de remplacer la fête de Proserpine, célébrée par des courses aux flambeaux.

Au culte païen  un rite chrétien a été substitué …

L’Eglise a simplement substitué la Vierge Marie à Proserpine, les hommes  continuaient de brandir des torches lors des processions, dans les églises les chandelles bénies ont remplacé les torches. 

Des chandelles bénies sont allumées afin de contraindre le mauvais sort, repousser le Malin, s’attirer de bonnes grâces et de bonnes récoltes.  

Des chandelles bénies sont ramenées dans les foyers afin de les protéger contre la foudre et le feu.

De nos jours les cierges sont bénis pour se souvenir que Jésus est la lumière du monde.

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