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Un
temps qui s’affole.

photo d'Evariste
Zephyrin
Le
13 juillet 2007 nous avons eu beau temps, du soleil sur Paris, ce qui a
permis à une
partie de l’élite afro-antillaise de s’afficher
dans leurs plus beaux atours et de
défiler dans les jardins du
Ministère de l’Outre-Mer
lors de la Garden Party présidentielle. Mais depuis, le temps s’évertue à
faire passer les
météorologues pour des ânes, les
prévisionnistes pour
des moutons et fait mentir tous les
modèles climatiques élaborés depuis un
siècle au moins.
Le
15 de ce mois, sur la région parisienne, il
fait chaud, il pleut, il grêle, le soleil
est en retrait, caché par
les nuages, il tonne, il gronde et les éclairs zèbrent le
ciel.
Dans
nos îles antillaises, notamment sur la grande Terre en
Guadeloupe, le
temps est la mi ta, w mi ta mwen. Il
s’est mis à pleuvoir sur le Moule le
14
juillet sans discontinuer, et ma maman (éleveuse de cabri antillais empêchée,
correspondante de
Pyepimanla), m’informant des us et travers des Nègres ou des
Indiens du cru, me
disait : « les mares sont à sec, les arbres meurent,
cette pluie est une
bonne chose, mais elle est mal arrivée parce qu’hier j’assistais
à un
« bondié koulis » une
cérémonie indienne, où ont été
sacrifiés vingt
cabris et trente-six poules. La cérémonie a débuté 6 h 30, la messe
(indienne) s’est terminée à 12 heures
et nous avons mangé vers 15 heures et la pli an tchou nou di
maten jis ko swé ! »
Et
ce matin à 6 h 18 au moment
où j’ai
téléphoné à ma maman pour avoir de ses
nouvelles, elle me signalait qu’elle
s’apprêtait à partir pour
donner un
coup de main au lavage des canaris ayant servi à faire cuire les
20 cabris et
les 36 poules.
Voilà
ma maman en pleine immersion ethnologique d’indianitude moulienne !
Notre
Nouvelle correspondante, Claudia Jolie-Coeur qui
se trouve du côté du pont de la
Gabarre joint par téléphone
disait : « ciel gris et nuageux pourtant le soleil essaye de
percer, il fait
frais pendant la nuit. »

photo d'Evariste
Zephyrin
Et
pour finir avec la Guadeloupe, je donne la parole à notre
dernier correspondant
archipélique de l’autre bout : « Onde tropicale
… les rivières –
mais temps chaud. Nous
venons de passer le week-end sous une petite onde tropicale
qui nous dérobe aussi un peu de lundi – petits orages,
mini-averses… mais fraîcheur, et pluies très attendues
pour la végétation après
les dures chaleurs. Un temps pour faire du rangement et faire du home-kòkòlò... » Pa plis ki sa !
La
Martinique n’est pas mieux lotie, le
temps est nuageux, les averses faibles et quelques belles
éclaircies sont
attendues.
De Gaëlle
Linfide sise au Lamentin :
« Dimanche s'est
réveillé sous une pluie
battante qui s'est étendue dans
la journée sous la forme d'onde tropicale, la première de
l'année 2007. Un
temps à rester sous les draps, un temps à ne rien faire,
un temps à tout faire.
Le
ciel gris souris déversait ses eaux tempétueuses sur
l'île, on entendait au
loin le bruit sourd de l'orage qui grondait dans le Nord. Quand la
pluie
cessait la chaleur des temps derniers, emmagasinée dans la terre
ressortait en
vapeur étouffant l'air, une chaleur infernale sévissait.
Puis la pluie se
donnait à cœur joie (crépitant sur les
vitres). »
Notre
correspondante foyalaise, indique « du
ciel gris lumineux, peu de pluie, le
temps est chaud, mais nous ne souffrons pas d’une chaleur
écrasante, mais par
contre l’étiage des rivières est bas, la Martinique
souffre d'un déficit en eau et les
autorités gèrent la rareté, de nombreuses
coupures
d’eau sur le département sont
signalées ou à prévoir. » Par
ailleurs elle indique : «
une forte pollution visuelle à cause de panneaux publicitaires,
qui affichent des « pub »
pour les voitures et
les alcools, à croire que la loi
Evin ne s’applique pas en Martinique (discrètement cette loi a
dû être amendée ou abrogée). Je
me suis rendue à 9 h au
Carrefour Dillon et j’ai remarqué un trou dans le rayon alcool.
Donc j’ai
repris la route et au Marin chez Annette (supermarché) je fus
surpris de voir
autant de jeunes acheter leurs bouteilles de rhum et les cannettes de
bière,
c’en n'est choquant… »
La
Martinique est en manque d’eau alors la population se rabat massivement sur le rhum et la bière, sans doute il
fait
trop chaud dans notre (temporaire ) petit paradis ( tout aussi
temporaire) pour
blancs.
Une
population décérébrée et une jeunesse
alcoolique, Mon Dieu mais où
va-t’on ?
Evariste Zephyrin ek an
paket moun !

Une Garden Party
Le 13 juillet, il est
de tradition que le Président
de la République reçoive au ministère de
l’Outre-Mer les personnalités
ultra-marines, afro-antillaises et autres. C’est une
cérémonie qui
rassemble un millier de personnes ou
voire plus, et pour la première fois, c’est Nicolas Sarkozy qui
honorait de sa
présence cette réception, et gratifiait aux invités un
discours de
politique générale pour l’Outre-Mer, avant de les
laisser se restaurer dans les
nombreux buffets installés dans le jardin.
L’organisation reste la
même, pratiquement
inchangée depuis des années, de nombreux stands, des
bars, des buffets et des
spectacles. C’est un lieu où l’on échange les cartes et
on prend des
rendez-vous, de nombreux ministres, anciens ministres,
députés, sénateurs, des
personnalités intellectuelles, chefs d’entreprises, et quelques
anonymes
fonctionnaires de police ou pompiers afro-antilais
qui se voient récompenser d’une action
méritante par une
invitation.
Signalons la
présence de Madame Alliot Marie et de
son secrétaire d’Etat Christian Estrosi, bras dessus bras
dessous, celle de
Patrick Karam isolé et en retrait, j’ai comme le
sentiment qu’il
devra batailler pour se faire sa place, car Christian Estrosi est en
recherche
de notoriété, il ne laissera personne lui faire de
l’ombre.

Notons la
présence du député Alfred Almont
et du sénateur-maire Serge Larcher (apparenté socialiste) dont la
politique
d’urbanisme a favorisé l’implantation d’une population
allogène, en passe de
devenir majoritaire dans la commune du Diamant.

Nous
avons pu remarquer lors de cette garden party, la présence de la
secrétaire
d’état Rama Yade, très en beauté
et
très entourée par des enfants d’origine
antillaise, qui visiblement en recherche de modèles de
réussite, l’ont adopté et plébiscité.
Chacun voulant faire la photo
avec elle.
texte
et photos d'Evariste
Zephyrin

Noir
tu es, Nègre tu resteras !
«Dans
tous les systèmes sociaux, il doit y avoir
une classe pour faire les petits boulots et accomplir les
corvées de
l’existence. Autrement dit, une classe de faible niveau intellectuel et
de
petite qualification. Ce qu’on lui demande, c’est la vigueur, la
docilité, la
fidélité. Cette classe est indispensable, sinon vous
n’auriez pas l’autre
classe, celle qui conduit le progrès, la civilisation et le
raffinement. […]
Heureusement pour le Sud, il a trouvé cette race à
portée de main… Nous les
utilisons dans notre intérêt et les appelons
esclaves.» James Henry Hammond :
Sénateur de Caroline du Sud vers
1820
Faisant
écho à l’article intitulé : De la
servilité de nous autres… où
était fustigé le comportement d’une certaine élite
afro-antillaise,
martiniquaise et guadeloupéenne confondue dans la sottise. Une
sottise que nous
qualifierons d’inamissible, tant qu’elle est chevillée au corps de ces individus, de cette
élite
afro-antillaise preste
à
embrasser les vues des occidentaux,
relayer leurs thèses et s’inscrire dans des
problématiques extrinsèques ou
adventives, et toujours taisante, absente ou incurieuse
dès lors qu’il s’agit des
problématiques
des personnes communes à eux-mêmes, des
problématiques liées aux gens de leur
race.
Et
pourtant, il y aurait motifs à réagir et à agir,
tant que les vexations, les
humiliations, les discriminations sont fortes à l’encontre des
Noirs, des
Nègres, c’est à dire d’eux-mêmes.
Et
pourtant, ces êtres en permanence
connivent avec ceux qui les maintiennent en dépendance, les
asservissent
mentalement et les dominent économiquement. Incapable de pousser
le cri ou de
se lever contre les affronts de par leur inconséquence, leur
alimentarisme ou
leur lâcheté, ils perpétuent les
inégalités de droits, ils contribuent à nos
indignités.
Ils se
prévalent d’un humanisme
« flamboyant », ils sont « de ce monde », ils sont
humains et tout ce qui
attrait à cette humanité les traverse et les concerne.
Toutefois, il est bon
de rappeler à ces personnes serves : Ce n’est pas votre
qualité humaine qui a fait obstacle aux cours des
siècles et qui pose problème aujourd’hui, mais
bien votre couleur de peau.
Tony Mardaye
photo
de
Jean S. Sahaï

Sale
temps pour les Nègres
L’arbre de la
colère :
le sud des USA comme au pire moment de la
ségrégation, il ne manque que les masques blancs et les
croix brûlées, mais
quoi qu’il en soit, même sans, le Nègre est
crucifié.
Quand
la justice américaine devient criminelle : On a comme l’impression
que rien ne change pour les
Noirs Américains. Je crois qu’il y en a un dans le lot qui a
bénéficié de 90
jours de sursis.
Vérité et Justice pour
Lamine Dieng :
Il est mort le
mois dernier lors d’une intervention policière.
Une
femme
noire enceinte
molestée et frappée par des policiers à la Goutte
d’Or, des adolescents
noirs
agressés en Allemagne. Un jeune
homme
tué parce que basané et
ayant des
manières efféminées…

Volontaire
ou
involontaire ?
Le 6
juillet 2007, Frédéric
Dumesnil, un jeune antillais de 28 ans est renversé par un bus
de la
RATP, lui broyant la jambe et dont
le conducteur a pris fuite.
Le chauffeur
allègue qu’il a dû fuir car
voyant se constituer un attroupement et se sentant menacé,
signalons que dans
sa fuite il a renversé une autre personne.
Frédéric Dumesnil
accuse ce chauffeur d’avoir tenté
délibérément de le
renverser, une version des faits que « certains
témoins » ne corroborent
pas.
Ce qui est confirmé dans cette
affaire, c’est que les pompiers ont mis
quarante minutes avant d’arriver, aucune constatation
n’a été faite par la police rapidement
sur les lieux, les témoins
n’ont pas été entendus, aucune enquête
diligentée et les services du Parquet
n’ont pas été informés.
Face
à ces lourdes
défaillances une enquête a été ouverte par
le Parquet de Bobigny.
Ecoutez
le témoignage de Frédéric.
Les enfants oubliés des prisons haïtiennes

Garçons,
filles, filles-mères... En Haïti, des dizaines d'enfants
croupissent dans des
prisons sordides, souvent depuis plusieurs années et sans espoir
d'une
libération prochaine.
Dans
une prison pour mineurs à Port-au-Prince, ce sont 130 jeunes
garçons qui se
partagent quatre petites cellules normalement prévues pour
héberger 26
personnes.
Derrière
les barreaux, la bousculade est de rigueur lorsqu'il s'agit de trouver
une place
pour dormir dans des lits superposés sans couverture et aux
matelas déchirés.
"Les
conditions de détention sont difficiles, la prison est trop
petite pour le
nombre de détenus", reconnaît l'inspecteur Paul Colson
Heurtelou,
directeur du centre de détention des mineurs.
Ce
qui devrait être un centre de réhabilitation et de
rééducation est en fait un
enfer pour des jeunes qui y passeront pour certains jusqu'à
trois ou quatre
ans.
"98%
des jeunes détenus n'ont jamais été
présentés à un juge, ils sont pour
plusieurs d'entre eux, après plus de deux ans, toujours en
détention
préventive", se plaint Massimo Toschi, membre de l'Unité
de la protection
de l'enfance de l'ONU en Haïti. "C'est une violation de la loi
haïtienne
et des lois internationales qui interdisent d'incarcérer des
mineurs",
dénonce-t-il.
Comme
pour les autres catégories de détenus, l'ONU critique la
défaillance des
systèmes étatiques (justice, police) qui provoque une
surpopulation dans les
centres de détention en Haïti.
Dans
le cas des mineurs, la situation est "grave et inquiétante". Ces
enfants vont passer des années en prison parfois pour avoir
commis un simple
petit délit. "Sans encadrement, ils peuvent se transformer en
criminels", avertit un assistant.
Le
directeur de la prison pour adolescents fait ce qu'il peut pour offrir
à ses
pensionnaires des heures de loisir. "J'organise un +camp
d'été+ pour eux.
Ils bénéficient de plus de temps de jeux, d'heures de
formation à un petit
métier: cordonnerie, ébénisterie ou couture",
explique Paul Colson
Heurtelou. "C'est la seule prison en Haïti où l'on mange
trois fois par
jour", ajoute-t-il.
"Nous
sommes préoccupés par la situation des mineurs en prison
et l'ONU est en train
d'accorder une grande attention à la justice des mineurs. Il
faut trouver des
réponses", admet l'Unité de la protection de l'enfance de
l'ONU en Haïti.
En
attendant de connaître son sort, Berthomieux, 17 ans,
incarcéré depuis deux
ans, profite de l'accompagnement d'un assistant pour apprendre la
couture.
Aujourd'hui le garçon qui fréquentait l'école
avant de se faire appréhender
dans une affaire d'enlèvement peut confectionner ses propres
vêtements.
"Je couds aussi pour des policiers. Le chef du poste porte le pantalon
que
je lui ai confectionné", dit-il avec fierté, ciseaux
à la main.
"Ils peuvent
m'évaluer, ils verront que j'ai
changé", fait-il valoir. Mais même si ses geôliers
reconnaissent en lui un
garçon très discipliné, ils ne pourront pas le
libérer. "Seule la justice
peut décider", souligne le directeur de la prison. (AFP
- 15 07 07)
Lokal
- Bô kaÿ

Photo d'Alain Magit
|
Elle
le porte, elle porte le n° 13
Diana
Ramassamy, une jeune antillaise de 20 ans, belle comme tout ou jolie
comme sa
maman et intelligente comme son papa, originaire du Moule, de cette
commune où
on vole en plein jour les cabris de ma maman a
été le 13 juillet dernier,
élue
Miss Sari Guadeloupe 2007.
La
quatrième édition de cette élection s’est
déroulée le vendredi 13 à l’hôtel
Anchorage, à Saint-François (Guadeloupe), sous la
présidence de Eustase Janky
et a vu pour la première fois la participation
de candidates martiniquaises et trinidadiennes.

photo de Jean S. Sahaï
Une
compétition ouverte à tout le monde et à toutes
les couleurs, et dans ce flot
de jeunes femmes, négresses, chabines, koulis, batazindiennes et
autres, c’est
la candidate n°13, Diana Ramassamy plein de charme et
d’élégance qui fut plébiscitée
par le public et le jury. Il paraît qu’elle parle bien, mais vu
qu’elle est
titulaire d’une licence de droit et qu’elle se destine à faire
carrière dans la
justice, rien d’étonnant à ce
que cette
jeune personne…

photo de Jean S. Sahaï
Et
pour finir, le titre de Miss Sari
Caraïbe
2007 est revenu à la Trinidadienne Eliana Chade.
Trigonocéphale
où te
caches-tu ?
Des
battues ont été organisées par des scientifiques
et des habitants, notamment au
Morne Des Esses en Martinique afin de capturer des serpents fer de lance, dans
l’optique de renouveler le stock d’antivenin.
Les
services d’urgence se sont aperçus que l’antivenin
utilisé a perdu de son
efficacité, les victimes doivent recevoir des doses importantes
afin de
compenser la perte d’efficacité.
Ces
serpents de la famille des crotalinae mordent
en moyenne un peu plus d’une quinzaine
de personnes par an. Il
en faudrait une vingtaine pour le renouvellement, au moment où
j’écris
seulement quatre serpents avaient été attrapés.
Tour
des yoles

D’ici peu (29 07 au 05
08) le tour des
yoles rondes de la Martinique s’élancera. De belles
affaires en perspective. Cette manifestion semble booster
l’économie et remplir les caisses des sociétés de
louage de catamarans. 1 800 euro la journée,
équipage
fourni pour 28 personnes.
Prologue
Ça y est le tour des yoles
rondes a commencé, le départ a eu
lieu le
29/07/07 à 10 h 30 à Fort de
France. Désormais le pays vit au
rythme des trépidations des coursiers.
Les pronostics vont bon train, qui gagnera,
détrônera les deux yoles (Géant
et Rosette) qui ne cessent de remporter les tours depuis un
paquet
d'années.
J'ai pu mesurer tout le
développement qu'il a autour du tour des yoles rondes,
et cela a pris une autre dimension avec
le temps. De surcroît, le malecon offrait un cadre de rêve
pour ce spectacle majeur, et spectacle il y eut dans cette
baie des Flamands, et sur le malecon l'ambiance entre supporters et
badauds
était assez bon enfant, c'était sympa.
ED
|
Paraquat
: les agissements criminels de l'Etat français et
des Békés mis à nu !
photo de Coco B.
Ce terme ne dit
probablement rien au Martiniquais (ou Guadeloupéen) moyen. Ni
sans doute
« R-Bix », le nom commercial de ce redoutable
poison, utilisé comme
herbicide dans les plantations bananières antillaises depuis des
décennies et
dont, le 10 juillet dernier, la Cour Européenne de Justice a
interdit
l’utilisation. Suite de l’article de
Raphaël Confiant
sur ce lien « Paraquat » ?
Des normes pour un
poison mortel « La
Direction des Services Vétérinaires de la Martinique, vient d’interdire à un pisciculteur de la
commune du Saint-Esprit de vendre sa production à cause d’une
trop forte pollution…
» par Raphaël Confiant
La
putain de l’empereur
photo
de
Coco B.
La statue étêtée et
maculée de l’impératrice Joséphine
n’est plus sur son
socle à la Savane. Il paraît
qu’elle est en restauration. Souhaitons que la municipalité l’oublie dans ses réserves.
Cette statue n’a pas sa
place dans ce parc, qu’il la relègue dans le musée qui
porte son nom aux Trois-îlets.
De Fleming en Fleming
Albert Fleming après 24
ans passé à la tête de
l’île de Saint
Martin passe la main. Il fut le dernier
maire car cette île est devenue une COM (collectivité
d’outre-mer) comme sa sœur l’île de
Saint Barthélemy.
Désormais c’est Louis Constant
Fleming élu par les 23 conseillers
territoriaux qui préside à sa destinée.
T’as
échappé au fouet mon gars!
Richard Antoine
Lédée milite pour la réouverture ou la
mise à disposition des chercheurs des archives du fond
suédois de
Saint-Barthélemy et à cette fin questionne et relance un
certain nombre de
responsables politiques de Saint-Barthélemy et de la Guadeloupe,
ainsi que Mme
Christine Martinez de la
Cellule des relations internationales de la Direction des Archives de
France.
De tous ces gens sans
doute excédés, lui adressent une fin
de non-recevoir ou menacent de traiter
ses mails en tant que courrier indésirable.
Toutefois, je souhaite vous livrer la réponse de
Bruno Magras président du conseil
territorial de la COM de
Saint-Barthélemy : « A force d'emmerder tout
le monde, vous aller
vous retrouver avec une plainte au cul
et là, vous aurez beau jeu de faire appel aux suédois et aux Indiens Caraïbes pour qu'ils
vous
viennent en aide. Capitainement
vôtre. »
Une telle
réponse me laisse croire que le cousinage a
tendance à produire des gens rudes et frustres.
Lire : La
longue agonie des archives
suédoise de Saint-Barthélemy
Les
temps changent les
générations passent !
Il
y a de cela peu, les Nègres antillais reconnaissants ne
voyaient que lui. Le 21 juillet, date de l’anniversaire de Victor Schoelcher, présenté comme
étant à l’origine
de l’abolition de l’esclavage dans les colonies en 1848, fut
célébré en Guadeloupe en l’absence remarquée
du public et des autorités.
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Au pied de la
montagne Pelée…
photo de
Gaëlle Linfide

Une
Douce tout en jeux d’eau

Juillet et les
vacances sont arrivés,
la Douce a pris ses quartiers d'été au bord de la mer. A cette occasion elle
farniente et paresse, un peu mais pas
trop car Douce est audacieuse, elle
aime l’action par-dessus tout. Alors elle s'adonne
régulièrement à des
jeux d’eau, à l'occasion de laquelle elle
pointe sa face mutine à la surface
de la mer où elle s'expose
fièrement au soleil à qui elle offre le privilège
de pouvoir la contempler, à
charge, qu’il la teinte d'un léger hâle
doré. Ensuite elle s'immerge
tout entière dans ces eaux claires et chaudes, d’où elle
tire une agréable
sensation d'être ainsi plongée dans ce liquide qui bouge continuellement et
ce va-et-vient la stimule et la titille dans ses recoins
intérieurs.
Elle se délecte ainsi de longues
minutes, puis c'est une Douce ruisselante
qui ressort de ses délices aquatiques.
Pyepimanla
le magazine antillais
vous invite à retrouver sur ces liens, les dernières
éditions : Spéciales
élections n°1, n
° 2, n° 3, n°4,
n°
5 n°
6 n°7 et l’édito
normal.
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Maryse Condé et son île à mer !
Et vient avec le temps, le
moment où nos priorités évoluent, car notre vie est à accomplir et
comme
une page blanche, elle est à remplir tant que nos jours ne sont
pas finis.
Certes l’adolescence a passé entre
mots
et douleur, la jeunesse trépassé, à peine eut le temps de se retourner, que surgit la
vieillesse, l’âge où l’on ressasse la fugacité de ce qui
s’en est
allée.
Et vient le temps, où
le grand âge entraîne la fragilité du
corps et de l’esprit, et comme l’enfant l’être appelle à
l’attention car il ne
saurait être oublié, désormais il dépend.
C’est la réflexion qui
m’est venue en écoutant l’interview accordée par Maryse
Condé à RFO. Elle voulait partir
en
rasant les murs, discrètement, furtivement, mais elle fut
rattrapée sur le pas
de la porte, eut droit à son
banquet.
Honneur lui fut rendu à force de tu, amicalité et sourire ont présidé l’hommage.
Et j’écoutais
une femme contuse, les yeux secs mais la
voix embue de larmes expliquer que des raisons de santé et
familiales
l’obligeait à quitter la Guadeloupe définitivement. Elle
est arrivée à un âge
où elle exprime l’envie d’être avec ses enfants et
petits-enfants, d’autant
qu’elle était empreinte d’un sentiment d’abandon et de solitude.
Désormais elle
vivra à New York là où foisonne le monde, à
Paris là où sont ses médecins,
la Tunisie là où sont ses enfants, entre autres.
Elle ajoutait avec une émotion
non feinte, que sur le plan humain la Guadeloupe fut
pour elle une
grande
déception, n’ayant jamais pu se rendre utile, n’étant
jamais sollicitée en rien et
pour rien, les instances culturelles ne sont pas montrées
intéressées.
Maryse Condé estime que la
Guadeloupe n’a pas gagné de sa présence, imputant ce fait
à son esprit critique
qui n’a pas convenu aux
« Guadeloupéens ».
Elle poursuit, disant
qu’elle ne laisse rien,
alors qu’elle a beaucoup pris, pas des gens, mais du pays
qui lui parlait, de la nature, du vent,
de la mer, de la montagne, une voix belle et puissante qu’elle a
enregistrée et
restituée.
Elle a pris peu des gens
de ce pays laminé, de ces gens décervelés par la
colonisation, qui se replient
sur les traditions, ayant peur de l’avenir,
infatués dans le
passé, refusant la nouveauté et la création.
C’est le portrait peu
amène qu’elle a dressé de son peuple
lorsque notre Grande Dame de
la
littérature antillaise faisait ses adieux à la terre qui
l’a vu
naître, avec des paroles acrimonieuses,
elle réglait ses comptes, du
moins ce fut ressenti ainsi, telle que, et d’aucuns s’empressaient de
clamer
que Maryse Condé conculquait et insultait la Guadeloupe, du
moins les
Guadeloupéens. Des
réactions
hypostasiant les propos de Maryse Condé leur donnant une
portée prégnante, en
dépit des atténuations et de toute la
déception que Maryse Condé manifestait au cours de
cet entretien.
Les Antillais sont en
permanence en butte aux
dénigrements.
Cette population soumise et dominée, est perpétuellement
insultée, je relève
deux exemples: «Quand je discute avec un grand nombre (
échantillon
représentatif de mes cons citoyens
martiniquais, je me dis que leur cerveau tourne autour du resto, coco,
ciné
(surtout pas d'auteurs). C'est en grande majorité des
crétins ( toutes
catégories "sociodermique" confondues) qui se croient
culturellement
évolués parce que leur île est plus riche ( en quoi
?) qu'Haïti.
Et pour finir, leur
définition de la culture c'est : accras, boudin, matoutou, zouk
et tout le
reste (yoles, bèlè, mazouk, biguine, créole,
carnaval), c'est de la tradition. » J’ai
relevé ces propos sur BMJ, ils sont en
date du 16.07. 2007, ce qui
vaut pour les Martiniquais vaut pour les Guadeloupéens.
Le deuxième exemple est
tiré du livre : Terreur noire à
la
Guadeloupe de Corneille Bazile, l’édition que j’ai en main date
de 1976, mais
je ne saurais dire si l’ouvrage a été écrit
à ce moment (1) : « Le
bonheur d’autrui est un spectacle qui dessèche et dévore
les habitants de la
Guadeloupe. La seule chose qui leur fait supporter leur vie
étroite, c’est le
sinistre plaisir d’arracher toute poésie à la vie de
leurs voisins. Et pour
cela ils emploient tous les moyens. En l’occurrence ils deviennent
professeur
de mal… On dirait qu’ils ressentent la plus grande jouissance à
faire le mal.
Ils rayonnent de joie quand ils ont désuni un ménage,
quand ils ont semé le mal
dans une famille, quand ils ont mis quelqu’un dans l’incapacité
de travailler,
enfin quand ils ont fait couler des larmes. Ils se nuisent avec
habilité et
avec finesse. »
Les paroles de Maryse Condé se
surajoutant à tellement d’autres de
même acabit, font
qu’elle se décrédite et nous salit. Non, pas elle pour
qui
« nous » avons une tendresse toute
particulière ! Ce n’était pas
à cette voix autorisée à darder son
« peuple », mais une voix à
témoigner et à porter son « peuple ».

photo
de
Jean S. Sahaï
Contrairement à ce qu’elle
dit, Maryse Condé a apporté beaucoup à la
Guadeloupe, à la Martinique, et pas
seulement à nous Antillais. Elle n’avait pas besoin d’être
en représentation
permanente, il suffisait qu’elle écrive.
Puis ceux qui
l’auront bloqué, qui sont-ils, des
êtres pénétrés de leur grandeur
éphémères qui tantôt redeviendront
des
êtres insignifiants, sitôt que, alors que madame Maryse
Condé, son œuvre
la perpétuera.
Nul besoin qu’elle
soit amère ou aigrie, qu’elle prenne
conscience de sa réelle dimension.
Je
témoigne à madame Maryse Condé toute ma
sympathie et lui accorde tout mon soutien dans l'épreuve
à laquelle elle doit faire face. Je lui souhaite un
prompt rétablissement.
(1) In
the~Corneille Bazile,
La Terreur iVoire & la Guadeloupe, Pointe-~-Pitre, 1925, p.
10. 496 (Information apportée par Jean Sahaï qui
répondait à mon interrogation concernant la date de la
première édition du livre de Corneille Bazile.
Tony
Mardaye

Une
Grande dame s’éloigne

En écoutant les
propos de Madame Maryse Condé lors de
l’interview du vendredi 13 juillet 2007, où elle
annonçait son départ de la
Guadeloupe, ma réaction a d’abord été la surprise,
surprise d’une telle
décision, puis elle explicitait ses propos,
précisant le souhait d’être
plus proche de sa famille et de s’occuper de sa santé. Toutefois
le
journaliste creuse son sujet et Maryse
Condé se
découvre, s’exprime, tout d’abord avec retenue et sagesse,
puis viennent
les mots : départ définitif de la Guadeloupe,
sentiment d’avoir été
inutile aux siens et à son île pendant
vingt-deux ans. Cependant,
elle ne renie pas les générosités que lui ont
dispensées la Guadeloupe mais
regrette le manque de considération de la part de ses
concitoyens.
Nul n’est prophète dans
son pays, ce proverbe dans ce cas prend toute son actualité.
Maryse Condé une
écrivaine antillaise reconnue mondialement, mais
méconnue des siens.
Ils n’ont pas su ou pas voulu bénéficier ou même
user de ses compétences ou de
ce qu’elle avait à offrir.
Selon elle, les
autorités de la Guadeloupe font beaucoup d’efforts
afin de
promotionner le tourisme mais négligent
totalement les potentialités intellectuelles et humaines
qui gisent en
Guadeloupe. Navrée de ce constat, elle préfère se
retirer.
J'avoue que cela s’avère
difficile d’entrer dans une phase de rejet, de se sentir inutile pour
son
peuple, parce que l'on n'est pas encensé ou reconnue comme on le souhaiterait. Parfois le sentiment
de rejet engendre
l'amertume, qui elle-même engendre la colère puis la
haine. Sa décision est
tout à fait légitime, mais ses propos offrent à
quelques mal-intentionnés des arguments de dénigrement de
nos îles.
La Guadeloupe et la
Martinique ne sont pas des paradis certes, ce sont des îles chaotiques ayant un
lourd passé traumatique et nous pensons qu’un homme ou une
femme digne se doit d'honorer et de respecter la terre l’ayant vu
grandir.
Espérons que la déception
de Madame Condé ne soit que passagère. Elle a
décidé de se retirer de la
Guadeloupe, elle fera le tour du monde, mais jamais n'oubliera la
beauté de son
île natale, terre de ses ancêtres, ne serait-ce un jour ou
lors de son dernier
jour.
Gaëlle
Linfide

Vivre sans les Etats Unis
Le 26 juillet 2007, L’Ambassade de la République bolivarienne du
Venezuela et le Cercle bolivarien de Paris présentait un documentaire
d’Angel Palacios : La señal es de todos. Ce film est visible au
bout de ce lien.
Fin avril, nous apprenions sur les
médias nationaux qu'au Venezuela le gouvernement de Hugo Chavez
muselait la seule chaîne d'opposition en lui interdisant
d'émettre.
Sous nos latitudes nordiques ou
assimilées, la nouvelle a fait grand bruit tant nous sommes
attachés, par principe, à la pluralité de
l'information. Mais savons-nous réellement de quoi il s'agit ou
nous contentons-nous de répéter que nous sommes
informés puisqu'on nous le dit ?
Mais, parlons de RCTV (Radio Caracas
Televisión) puisque c'est d'elle dont il est question.
Il suffirait d'une ligne pour dire que, la
concession arrivant à son terme, l'état du Venezuela a
décidé, comme c'est son droit national et international,
de ne pas la renouveler.
En 1987, le gouvernement du président
de Jaime Lusinchi (du parti Acción Democrática) décide de réguler
le système d’obtention des concessions hertziennes pour les
télévisons et radio nationales. Le nouveau
règlement, paru dans la gazette officielle n°33.726 du 27
mai 1987, stipule dans son article 1 : « Les
concessions pour la transmission et l’exploitation de chaînes de
télévisions et fréquences de radio seront
délivrées pour une période de 20 ans »
et précise dans son article 4 : « Les
concessions qui ont été délivrées avant la
date du présent décret seront considérées
valides par les termes établis dans l’article 1 ».
(1). Le calcul est vite fait 1987 + 20 = 2007. Ça devrait
être la fin de l'histoire.
En France, au Mexique, en Angleterre et
même aux États-Unis, des télévisions ont
perdu leur concession sans que ces pays n'aient subi les foudres des
médias internationaux.
Alors qu'est-ce qui gêne autant ?
Il ne s'agit pas de
télévision, encore moins de dictature ou même
d'informations diverses puisque 78% des bandes radio et TV sont aux
mains du privé et passablement anti-Chavez.
La réalité est qu'il s'agit de
déstabiliser, voire de faire tomber un gouvernement qui
contourne les États-Unis (2), qui souhaite réaliser
l'intégration latino-américaine comme l'avait
imaginé Bolívar, un gouvernement qui s'est
réapproprié ses richesses, en particulier le
pétrole. Pétrole qu'il échange plutôt qu'il
ne le vend à des pays comme Cuba (Fidel Castro) ) ou La Colombie
(Evo Morales), et tente même de le faire aux États-Unis
(3). On comprend que cela ne peut pas plaire !
Que faire ? L'assassinat, comme cela a
été essayé contre Castro ? Peut-être pas
puisqu'il vient à peine d'être mis dans le domaine public
des documents qui prouvent cet essai raté. Mais en même
temps, machiavélisme oblige, c'est aussi une façon de se
protéger au cas où, puisque selon l'agence de presse Novosti, "Le républicain Paul
Craig Roberts, ancien sous-secrétaire aux Finances de
l'administration Reagan .. a mis en garde contre l'administration Bush
qui selon lui prépare quelque chose, afin d'effrayer le pays et
réunir la population autour des républicains."(4)
J.E.L.
La señal es de todos
Un documentaire de Angel Palacios
Une production Panafilms- ANMCLA - Couleur
-Venezuela (VO stf)
(1)
Eclairage
sur le traitement médiatique du cas RCTV et des
nationalisations...
Livre
blanc sur RCTV
(2) Hugo Chavez se
retire du FMI et de la Banque mondiale
(3) Comment le Venezuela maintient le chauffage
dans les foyers du Massachussetts
(4) George Bush
serait prêt à décréter l'état
d'urgence
(5) Venezuela
: L’assassinat d'Hugo Chavez, par Greg Palast.

Eva et Serena,
beautés diverselles …
Tous les goûts sont dans
la nature, dit-on. Sauf que nos goûts sont fort peu naturels
depuis que nous
avons repoussé la nature hors de notre vie quotidienne pour la
parquer dans des
« espaces verts », sinistres enclaves où
tentent de survivre palmiers
royaux solitaires, asphyxiés par nos gaz d’échappement,
et massifs de
bougainvillées ou d’allamandas étiques. Aujourd’hui, nos
goûts sont façonnés
par les médias, journaux, radios et surtout
télévision et Internet et
« façonnés » semble même
être un euphémisme puisqu’en réalité, il
conviendrait mieux de dire « formatés ».
Témoin nos goûts en
matière d’esthétique. D’esthétique féminine
surtout. Pendant des lustres,
Hollywood aidant, nous avons fantasmé sur les beautés
occidentales : Jane
Mansfield ou Rita Hayworth, pour les Anglo-saxonnes ; Gina
Lollobrigida ou
Sophia Loren, pour les Latines. C’était à l’époque
de l’âge d’or du cinéma,
quand les salles obscures étaient vraiment plongées dans
le noir et que le
spectateur avait vraiment les yeux rivés à l’écran
(et pas sur son portable, à
consulter discrètement ses SMS). C’étaient les
années 50-60. Le mitan du siècle
qui vient de s’écouler. Une éternité donc. Si
l’esthétique euro-américaine régnait
sans partage (peau blanche, yeux bleus ou verts,cheveux lisses),
étrangement
les canons de beauté
s’agissant
du corps féminin lui-même, de sa forme, étaient
un peu partout les mêmes. Par exemple, en pays créole,
était vantée la
« femme en formes » justement ou la
« fanm kosto », chose
qu’on peut traduire par « pulpeux »,
« galbé » ou
« bien en chair », la minceur nous étant
une notion inconnue et la
maigreur quelque chose que nous honnissions. Si bien qu’au niveau du
corps, il
n’y avait guère de différence entre Hayworth,
Lollobrigida d’un côté et de
l’autre nos câpresses créoles, nos
« mulatas » sud-américaines ou nos
« fatma » arabes.
Nous partagions tous, d’un
bout à l’autre de la planète, le goût d’un corps
féminin situé à l’exact opposé
du corps masculin. Comme disait mon grand-père, qui n’avait
jamais quitté sa
campagne du Vauclin :
« Une femme, c’est
rond. Un homme, c’est plat. »
Et puis, au tournant des
années 70-80, une sorte de révolution s’est produite en
Occident quant à la
perception du corps féminin et à la norme de
beauté liée à celui-ci : la
minceur est devenu un « must ». Sauf que, pour ma
part, j’ai toujours
éprouvé la plus grande difficulté à
comprendre ce qui, pour un Occidental,
distingue « minceur » et
« maigreur ». Quand on me montre
une femme « mince », je ne vois, le plus souvent
(mais peut-être
ai-je besoin de consulter un ophtalmo) qu’une maigrichonne. De plus, la
fameuse
minceur semble être quelque chose de bien peu naturel
(tiens-tiens ! on en
revient à Dame Nature) puisqu’elle ne peut être obtenue
qu’à coups de régimes
drastiques, de coupe-faims ou d’exercices physiques éprouvants.
La lutte pour
les droits des femmes a été remplacée, chez
beaucoup, par la lutte pour le
ventre plat et contre la culotte de cheval. A l’inverse, la rondeur
semble être
dans l’ordre des choses puisqu’il n’y a aucun effort à faire
pour l’obtenir.
« Il
faut souffrir
pour être belle », dit-on. Ah bon ? Tout
dépend de ce que l’on
appelle « belle », les amis. Si être belle,
c’est être plate comme
une morue séchée, avoir des seins microscopiques ou un
arrière-train en forme
d’assiette, alors là, d’accord. En Côte d’Ivoire, fort
heureusement, il existe
deux concours de « miss » : l’un,
calqué sur les critères
occidentaux modernes (« minceur »
exigée) ; l’autre sur les
critères africains traditionnels
(« rondeur » obligée). Aux Antilles,
nous gagnerions à imiter nos cousins de l’autre
côté de l’Atlantique puisque,
mimétisme aidant, tous nos concours de beauté sont
alignés sur la norme
franco-occidentale. Encore que les hommes occidentaux sont en fait de
fieffés
hypocrites, eux qui disent tout bas que s’ils aiment parader au bras
d’une
femme mince, ils préfèrent de beaucoup une femme ronde
dans leur lit. Mon
grand-père, qui avait un humour tranchant, avait coutume de
régler le problème
d’une phrase :
« Ola ou ja
wè an manawa ki meg ? » (Où avez-vous déjà
vu une prostituée maigre ?)
Et il avait raison le
bougre, lui qui n’avait jamais voyagé nulle part. Quel que soit
le pays où l’on
voyage, quel que soit le quartier chaud que l’on visite à
Saint-Domingue, en
Thaïlande ou à Terres-Sainvilles, il saute aux yeux que ce
pour quoi un homme
est prêt à payer, ce n’est certainement pas la minceur.
Au contraire !
Conclusion : nous sommes, nous les hommes, finalement, tous des
hypocrites. Nous feignions d’admirer Eva Longoria, cette
créature minuscule,
nous faisons semblant d’envier Tony Parker, mais au fond de
nous-mêmes, nous
savons bien que si l’on nous jetait sur une île déserte
avec comme seule
compagne féminine soit Eva Longoria soit Serena Williams, la
tenniswoman noire
américaine, nous n’hésiterions pas une seule seconde
à choisir Serena. Allez,
un peu de franchise, les gars ! Bon-bon, je sais, la
société n’est pas une
ile déserte, nous sommes constamment sous le regard des autres,
entourés par
les autres, donc forcément, nous sommes quelque part contraint
de nous afficher
avec des « minces ». Il faudrait d’ailleurs se
demander si cette
folie de minceur qui a frappé l’Occident à compter des
années 70-80 ne provient
pas tout simplement des créateurs de mode, presque tous
homosexuels et qui,
comme tels, éprouvent de la défiance envers ce que l’on
pourrait appeler
« les signes extérieurs de
féminité » (comme on dit « les
signes
extérieurs de richesse »).
Car ce sont eux qui ont
inventé cette abomination qu’est le vêtement
« unisex » comme si la
poitrine d’un homme était identique à celle d’une
femme ! Ce sont eux qui
emploient des mannequins anorexiques. De fait, à force de
minceur,
artificiellement obtenue, le corps d’une femme finit par ressembler
à celui
d’un homme.
Lequel
d’entre nos écrivains aura assez de courage pour rédiger
un « éloge des
femmes rondes » ? Et par
« rondes », nous n’entendons
absolument pas obèses comme veulent nous le faire croire les
fanatiques de la
minceur. Nous distinguons parfaitement une femme ronde (Tina Turner,
Serena
Williams etc.) d’une femme obèse, l’obésité
étant, d’ailleurs, une forme de
maladie. Mon grand-père, qui était un vieux cochon,
disait :
« Ki manniè ou
pé
janbé an fanm ki pa ni bas-karé ? »
(Comment chevaucher une femme
qui n’a pas de culotte de cheval ?)
Eh oui, sans doute
faudra-t-il écrire aussi un « Eloge de la culotte de
cheval »…
Jean-Laurent
Alcide

Réponse de la
dulcinée à l’amoureux Polydor
Mont-St-Denis, Près St Pierre le 4
septembre 1894
Mon cher Ti Popo,
C’est
avec mon cœur
palpitant de joie que je mets ma main
à
ma plume pour répondre à votre lettre polissone que j’ai
reçu avant-zhier. En
l’ouvrant mon cœur a fait dibi dap
bap !… Et toute la journée, j’étais sauté
contente comme un ti
zortolan en terre brulé, comme en ti cabrite assou
carriè…
C’est la première fois de
ma vie qu’un jeune farraud avec son beau manière de
« cabioleur » me
dit « Mademoiselle, je vous aime », pour moi
répondit : codin-ne
pon-ne » Oui, codin-ne pon-ne Mussieu je vous aime, …
Je t’aimerai plus que le
cochon aime corossol, plus que le mabouilla aime
faitaille caille, plus que le coco de mon
œil, plus que les lacets de mes souliers,
plus que les concombres
de mon jardin, plus que les mangoustes aiment les petits poulets, plus
que les
serpents aiment les rats, plus que les molocoyes aiment les cacas
poules, plus
que les coulis aiment le « colbou ».Tu seras
l'escalier de mon coeur,
la miel de mon âme, le ballon colby* de mes amours.
Je suis très jalouse. Je
m'attacherai à toi comme une liane vanille à un pied
pois-doux, comme un
ti-bois en dedans un frozen, comme une lélé dans un
calalou ; enfin, je
serai pendue derrière toi, tout partout, comme un saucisson chez
Virgile
Vincent, comme man Philippy derrière M. Philippy.
Vous dit que vous avez
beaucoup de choses : terre, légumes, fleurs, chuval dos
mabria, etc…
chaines, anneaux : mais moi, je n'ai rien. Je n'ai qu'une seule
fortune à
t'offrir ; la chadèque de mon verger .. Mais j'aime
l'argent, car c'est un
bon léguime.
J'ai aussi comme fortune
ma jolie figure guiole épais que ma mère m'a
cadaucé et mon bel corps un peu
« tôtillé » que mon papa m'a
moulé, avec deux gros talons
« massilili ». Quand je baigne à la source
et je laisse tomber ma
robe en pagne, je ris en regardant mon image
« reflécté » dans l'eau
pure, mon joli corps rond et potelé, mes deux bouleversants
superbes qui vous
feront bien du plaisir, mes bras qui ressemblent à ceux de la
Vénus d'Emilo,
que je roulerai autour de ton corps comme un collier carcan, tandis que
je
mettrai sur ton cou mes deux mignons talons pour te caresser.
Tu fais bien, cher Ti
Popo, de m’épouser, car en m’épousant vous
épouserez aussi mes six sœurs
fainéantes comme poux, ma vieille mère aveugle et
impotente, mon vieux papa
« abada » une mère chienne avec douze
petits, une mère coche et sa
famille nombreuse
Cher Ti Popo, pas la peine
de m’écrire encore… Je suis déjà à vous
comme la sardine est à l’huile,
comme la gouyave est au zandoli, comme la pomme cannelle est au sicrier.
Car entendu. Je vous aime,
vous m’aimez. Je te prends, tu me prends. Venez je vous attends. Si
Musieu le Maire est absent, vous
foutrez votre sacré bras dans mon sacré
bras-bras et nous nous marierons « derrière la
porte »de la mairie. Tant pis si
les mauvaises langues disent : « Avant la pluie
tombé ja ni laboue. »
Ta doudou, bien-aimée
chérie,
Madivine
*
L’anglais Colby fut le premier à s’élever dans les
airs , en 1886 à Saint-Pierre (Martinique) grâce
à un ballon. Une biguine
résuma cet exploit.

L'Anse Michel

photo de
Gaëlle Linfide
L’Anse Michel est l’une de
ces plages antillaises : sable blanc,
eaux claires sur une mer turquoise, peu
profonde protégée par une barrière de corail.
Cette plage se trouve
dans le sud de la Martinique, dans la
commune de Sainte-Anne. Elle se localise sur la côte
sud atlantique, ce qui
l’expose aux vents soutenus, les alizés océaniques
soufflent, font bouger le stipe et danser
la couronne des cocotiers, les arbres sont malmenés, ils se
ploient, se couchent mais résistent.
L'Anse Michel est l'un des
domaines
privilégiés des véliplanchistes.
Très belle
végétation tout autour qui offre une
zone ombragée très agréable. Que vous ayez envie
de glisser sur les vagues ou
de vous reposer au soleil, vous trouverez tout à portée
de main. Ambiance
locale et familiale le week-end.
L'age
Parait qu’il faut. Je dois vivre mon age,
synonyme de sexe à volonté
jusqu'au sevrage,
jouer à attraper cette queue, de
lion en cage,
en vérifiant si couille il y a,
prétexte du courage.
Vous voulez que je vous
dise, j'ai
la rage,
flots de promesses d'orgasme à
contre courant, nage,
une fois il entra sans frapper un
vrai carnage,
tu demandes il donne, elle demande
tu partages.
Ecarte les cuisses et
remporte la
fille facile suffrage,
libre accès, prends ton temps,
pénis embouteillage,
sélective mais rapide, érotique
carambolage,
qu'importe assieds toi dessus telle
une fille bien sage.
Contracte, fais
l'aller-retour et
mets le chauffage.
entraînement intensif avant
l'olympique mariage,
si un jour t'as du mal à tourner
cette foutue page,
tu n'auras qu'a te dire que
c'était de ton age.
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