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Un temps qui s’affole.

 ruisseau en martinique
photo d'Evariste Zephyrin

Le 13 juillet 2007 nous avons eu beau temps, du soleil sur Paris, ce qui a permis à une partie de l’élite afro-antillaise de  s’afficher dans leurs plus beaux atours et de défiler  dans les jardins du Ministère de l’Outre-Mer lors de la Garden Party présidentielle. Mais depuis, le temps  s’évertue  à faire passer les météorologues pour des ânes, les prévisionnistes pour des moutons et fait   mentir tous les modèles climatiques élaborés depuis un siècle au moins. 

Le 15 de ce mois, sur la région parisienne,  il fait chaud, il pleut, il grêle, le soleil est en retrait, caché par les nuages, il tonne, il gronde et les éclairs zèbrent le ciel.

Dans nos îles antillaises, notamment sur la grande Terre en Guadeloupe, le temps  est la mi ta, w mi ta mwen. Il s’est mis à pleuvoir sur le Moule  le 14 juillet sans discontinuer, et ma maman (éleveuse de cabri  antillais empêchée, correspondante de Pyepimanla), m’informant des us et travers des Nègres ou des Indiens du cru, me disait : « les mares sont à sec, les arbres meurent, cette pluie est une bonne chose, mais elle est mal arrivée parce qu’hier j’assistais à un « bondié koulis » une cérémonie indienne, où ont été sacrifiés vingt cabris et trente-six poules.  La cérémonie  a débuté 6 h 30, la messe (indienne) s’est terminée à 12 heures et nous avons mangé vers 15 heures et la pli an tchou nou di maten jis ko swé ! »

Et ce matin   à 6 h 18 au moment où j’ai téléphoné à ma maman pour avoir de ses nouvelles, elle me signalait qu’elle s’apprêtait à partir  pour donner un coup de main au lavage des canaris ayant servi à faire cuire les 20 cabris et les 36 poules.

Voilà ma maman en pleine immersion ethnologique d’indianitude moulienne !

Notre Nouvelle correspondante, Claudia Jolie-Coeur  qui se trouve du côté du pont de la Gabarre  joint par téléphone disait : « ciel gris et nuageux pourtant le soleil essaye de percer, il fait frais pendant la nuit. »

riviere antillaise
photo d'Evariste Zephyrin

Et pour finir avec la Guadeloupe, je donne la parole à notre dernier correspondant archipélique de l’autre bout  : « Onde tropicale … les rivières – mais temps chaud. Nous venons de passer le week-end sous une petite onde  tropicale qui nous dérobe aussi un peu de lundi – petits orages, mini-averses… mais fraîcheur, et pluies très attendues pour la végétation après les dures chaleurs. Un temps pour faire du rangement et faire du home-kòkòlò...  »  Pa plis ki sa !

La Martinique n’est pas mieux lotie,  le temps est nuageux, les averses faibles et quelques belles éclaircies sont attendues. 

De  Gaëlle Linfide sise au Lamentin : « Dimanche s'est réveillé sous une pluie battante qui s'est étendue dans la journée sous la forme d'onde tropicale, la première de l'année 2007. Un temps à rester sous les draps, un temps à ne rien faire, un temps à tout faire.

Le ciel gris souris déversait ses eaux tempétueuses sur l'île, on entendait au loin le bruit sourd de l'orage qui grondait dans le Nord. Quand la pluie cessait la chaleur des temps derniers, emmagasinée dans la terre ressortait en vapeur étouffant l'air, une chaleur infernale sévissait. Puis la pluie se donnait à cœur joie (crépitant sur les vitres). » 

Notre correspondante foyalaise, indique «  du ciel gris lumineux, peu de pluie,  le temps est chaud, mais nous ne souffrons pas d’une chaleur écrasante, mais par contre l’étiage des rivières est bas, la Martinique  souffre d'un déficit en eau et les autorités gèrent la rareté, de nombreuses coupures  d’eau sur le département sont signalées ou à prévoir. »  Par ailleurs elle indique : «  une forte pollution visuelle à cause de panneaux publicitaires, qui affichent  des  « pub » pour les voitures et les alcools, à croire que la loi Evin ne s’applique pas en Martinique (discrètement cette loi a dû être amendée ou abrogée).  Je me suis rendue à 9 h  au Carrefour Dillon et j’ai remarqué un trou dans le rayon alcool. Donc j’ai repris la route et au Marin chez Annette (supermarché) je fus surpris de voir autant de jeunes acheter leurs bouteilles de rhum et les cannettes de bière, c’en n'est choquant… »

La Martinique est en manque d’eau alors la population se rabat massivement  sur le rhum et la bière, sans doute il fait trop chaud dans notre (temporaire ) petit paradis ( tout aussi temporaire) pour blancs.

Une population décérébrée et une jeunesse alcoolique, Mon Dieu mais où va-t’on ? 

Evariste Zephyrin ek an paket moun !

Une Garden Party

Le 13 juillet, il est de tradition que le Président de la République reçoive au ministère de l’Outre-Mer les personnalités ultra-marines, afro-antillaises et autres. C’est une cérémonie qui rassemble  un millier de personnes ou voire plus, et pour la première fois, c’est Nicolas Sarkozy qui honorait de sa présence  cette réception,  et gratifiait aux invités un discours de politique générale pour l’Outre-Mer, avant de les laisser se restaurer dans les nombreux buffets installés dans le jardin.

L’organisation reste la même, pratiquement inchangée depuis des années, de nombreux stands, des bars, des buffets et des spectacles. C’est un lieu où l’on échange les cartes et on prend des rendez-vous, de nombreux ministres, anciens ministres, députés, sénateurs, des personnalités intellectuelles, chefs d’entreprises, et quelques anonymes fonctionnaires de police ou pompiers afro-antilais  qui se voient récompenser d’une action méritante par une invitation.

Signalons la présence de Madame Alliot Marie et de son secrétaire d’Etat Christian Estrosi, bras dessus bras dessous, celle de Patrick Karam  isolé et en retrait, j’ai comme le sentiment qu’il devra batailler pour se faire sa place, car Christian Estrosi est en recherche de notoriété, il ne laissera personne lui faire de l’ombre.

garden-party-le- stand-de-la-martinique-au-ministere-de-l'outre-mer

Notons la présence du député Alfred Almont  et du sénateur-maire Serge Larcher  (apparenté socialiste) dont la politique d’urbanisme a favorisé l’implantation d’une population allogène, en passe de devenir majoritaire dans la commune du Diamant.

rama yade

Nous avons pu remarquer lors de cette garden party, la présence de la secrétaire d’état Rama Yade, très en beauté  et très entourée par des enfants  d’origine antillaise, qui visiblement en recherche de modèles de réussite, l’ont adopté et  plébiscité. Chacun voulant faire la photo avec elle. 

alliot Marie et Estrosi
almont
buffet
buffet
danseuse
danseuses
firmine richard
foule
valerie fousse
antillaise
partrick ollier et jean claude beaujour
pascal gentille

 texte et photos d'Evariste Zephyrin

Noir tu es, Nègre tu resteras !

plage-à-grand-anse-deshaies-guadeloupe«Dans tous les systèmes sociaux, il doit y avoir une classe pour faire les petits boulots et accomplir les corvées de l’existence. Autrement dit, une classe de faible niveau intellectuel et de petite qualification. Ce qu’on lui demande, c’est la vigueur, la docilité, la fidélité. Cette classe est indispensable, sinon vous n’auriez pas l’autre classe, celle qui conduit le progrès, la civilisation et le raffinement. […] Heureusement pour le Sud, il a trouvé cette race à portée de main… Nous les utilisons dans notre intérêt et les appelons esclaves.» James Henry Hammond : Sénateur de Caroline du Sud  vers 1820

Faisant écho à l’article intitulé : De la servilité de nous autres… où était fustigé le comportement d’une certaine élite afro-antillaise, martiniquaise et guadeloupéenne confondue dans la sottise. Une sottise que nous qualifierons d’inamissible, tant qu’elle est chevillée  au corps de ces individus, de cette élite afro-antillaise preste à embrasser  les vues des occidentaux, relayer leurs thèses et s’inscrire dans des problématiques extrinsèques ou adventives, et toujours taisante, absente ou incurieuse   dès lors qu’il s’agit des problématiques des personnes communes à eux-mêmes, des problématiques liées aux gens de leur race.

Et pourtant, il y aurait motifs à réagir et à agir, tant que les vexations, les humiliations, les discriminations sont fortes à l’encontre des Noirs, des Nègres, c’est à dire d’eux-mêmes.

Et pourtant, ces êtres en permanence connivent avec ceux qui les maintiennent en dépendance, les asservissent mentalement et les dominent économiquement. Incapable de pousser le cri ou de se lever contre les affronts de par leur inconséquence, leur alimentarisme ou leur lâcheté, ils perpétuent les inégalités de droits, ils contribuent à nos indignités.

Ils se prévalent d’un humanisme « flamboyant », ils sont « de ce monde », ils sont humains et tout ce qui attrait à cette humanité les traverse et les concerne. 

Toutefois, il est bon de rappeler à ces personnes serves : Ce n’est pas votre qualité humaine qui a  fait obstacle aux cours des siècles et qui pose problème aujourd’hui, mais bien votre couleur de peau. 

Tony Mardaye
photo de Jean S. Sahaï


Sale temps pour les Nègres

L’arbre de la colère : le sud des USA comme au pire moment de la ségrégation, il ne manque que les masques blancs et les croix brûlées, mais quoi qu’il en soit, même sans, le Nègre est crucifié.

Quand la justice américaine devient criminelle : On a comme l’impression que rien ne change pour les Noirs Américains. Je crois qu’il y en a un dans le lot qui a bénéficié de 90 jours de sursis.

Vérité et Justice pour Lamine Dieng : Il est mort le mois dernier lors d’une intervention policière.

Une femme noire enceinte molestée et frappée par des policiers à la Goutte d’Or, des adolescents noirs agressés en Allemagne. Un  jeune homme tué parce que basané  et ayant des manières efféminées

Volontaire ou involontaire ?

Le 6 juillet 2007, Frédéric Dumesnil, un jeune antillais de 28 ans est renversé par un bus de la RATP,  lui broyant la jambe et  dont le conducteur a pris fuite.

Le  chauffeur allègue qu’il a dû fuir car voyant se constituer un attroupement et se sentant menacé, signalons que dans sa fuite il a renversé une autre personne.

Frédéric Dumesnil  accuse ce chauffeur d’avoir tenté délibérément  de le renverser,  une version des faits que  « certains témoins »  ne corroborent pas.

Ce qui est confirmé dans cette affaire, c’est que les pompiers ont  mis quarante minutes avant d’arriver, aucune constatation  n’a été faite par la police rapidement sur les lieux, les témoins n’ont pas été entendus, aucune enquête diligentée et les services du Parquet n’ont pas été informés.

Face à ces lourdes défaillances une enquête a été ouverte par le Parquet de Bobigny.


Les enfants oubliés des prisons haïtiennes

 enfants-haitiens-qui-jouent

Garçons, filles, filles-mères... En Haïti, des dizaines d'enfants croupissent dans des prisons sordides, souvent depuis plusieurs années et sans espoir d'une libération prochaine.

Dans une prison pour mineurs à Port-au-Prince, ce sont 130 jeunes garçons qui se partagent quatre petites cellules normalement prévues pour héberger 26 personnes.

Derrière les barreaux, la bousculade est de rigueur lorsqu'il s'agit de trouver une place pour dormir dans des lits superposés sans couverture et aux matelas déchirés.

"Les conditions de détention sont difficiles, la prison est trop petite pour le nombre de détenus", reconnaît l'inspecteur Paul Colson Heurtelou, directeur du centre de détention des mineurs.

Ce qui devrait être un centre de réhabilitation et de rééducation est en fait un enfer pour des jeunes qui y passeront pour certains jusqu'à trois ou quatre ans.

"98% des jeunes détenus n'ont jamais été présentés à un juge, ils sont pour plusieurs d'entre eux, après plus de deux ans, toujours en détention préventive", se plaint Massimo Toschi, membre de l'Unité de la protection de l'enfance de l'ONU en Haïti. "C'est une violation de la loi haïtienne et des lois internationales qui interdisent d'incarcérer des mineurs", dénonce-t-il.

Comme pour les autres catégories de détenus, l'ONU critique la défaillance des systèmes étatiques (justice, police) qui provoque une surpopulation dans les centres de détention en Haïti.

Dans le cas des mineurs, la situation est "grave et inquiétante". Ces enfants vont passer des années en prison parfois pour avoir commis un simple petit délit. "Sans encadrement, ils peuvent se transformer en criminels", avertit un assistant.

Le directeur de la prison pour adolescents fait ce qu'il peut pour offrir à ses pensionnaires des heures de loisir. "J'organise un +camp d'été+ pour eux. Ils bénéficient de plus de temps de jeux, d'heures de formation à un petit métier: cordonnerie, ébénisterie ou couture", explique Paul Colson Heurtelou. "C'est la seule prison en Haïti où l'on mange trois fois par jour", ajoute-t-il.

"Nous sommes préoccupés par la situation des mineurs en prison et l'ONU est en train d'accorder une grande attention à la justice des mineurs. Il faut trouver des réponses", admet l'Unité de la protection de l'enfance de l'ONU en Haïti.

En attendant de connaître son sort, Berthomieux, 17 ans, incarcéré depuis deux ans, profite de l'accompagnement d'un assistant pour apprendre la couture. Aujourd'hui le garçon qui fréquentait l'école avant de se faire appréhender dans une affaire d'enlèvement peut confectionner ses propres vêtements. "Je couds aussi pour des policiers. Le chef du poste porte le pantalon que je lui ai confectionné", dit-il avec fierté, ciseaux à la main.

"Ils peuvent m'évaluer, ils verront que j'ai changé", fait-il valoir. Mais même si ses geôliers reconnaissent en lui un garçon très discipliné, ils ne pourront pas le libérer. "Seule la justice peut décider", souligne le directeur de la prison. (AFP - 15 07 07)

Lokal  - Bô kaÿ

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Photo d'Alain Magit

Elle le porte, elle porte  le n° 13

Diana Ramassamy, une jeune antillaise de 20 ans, belle comme tout ou jolie comme sa maman et intelligente comme son papa, originaire du Moule, de cette commune où on vole en plein jour les cabris de ma maman  a été le 13 juillet  dernier, élue Miss Sari Guadeloupe 2007.

La quatrième édition de cette élection s’est déroulée le vendredi 13 à l’hôtel Anchorage, à Saint-François (Guadeloupe), sous la présidence de Eustase Janky et a vu pour la première fois la participation  de candidates martiniquaises et trinidadiennes.

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photo de Jean S. Sahaï

Une compétition ouverte à tout le monde et à toutes les couleurs, et dans ce flot de jeunes femmes, négresses, chabines, koulis, batazindiennes et autres, c’est la candidate n°13, Diana Ramassamy plein de charme et d’élégance qui fut plébiscitée par le public et le jury. Il paraît qu’elle parle bien, mais vu qu’elle est titulaire d’une licence de droit et qu’elle se destine à faire carrière dans la justice, rien d’étonnant à  ce que cette jeune personne…

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photo de Jean S. Sahaï

Et pour finir, le titre de  Miss Sari Caraïbe 2007 est revenu à la Trinidadienne Eliana Chade.  

Trigonocéphale où te caches-tu ?

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Des battues ont été organisées par des scientifiques et des habitants, notamment au Morne Des Esses en Martinique  afin  de capturer des serpents fer de lance, dans l’optique de renouveler le stock d’antivenin.

Les services d’urgence se sont aperçus que l’antivenin utilisé a perdu de son efficacité, les victimes doivent recevoir des doses importantes afin de compenser la perte d’efficacité.

Ces serpents de la famille des crotalinae  mordent en moyenne un peu plus d’une quinzaine de personnes par an. Il en faudrait une vingtaine pour le renouvellement, au moment où j’écris seulement quatre serpents avaient été attrapés.

Tour des yoles

tour-des-yoles

D’ici peu (29 07 au 05 08) le tour des yoles rondes de la Martinique s’élancera. De belles affaires en perspective. Cette manifestion semble booster l’économie et remplir les caisses des sociétés de louage de catamarans. 1 800 euro la journée, équipage fourni pour 28 personnes.

Prologue

Ça y est le tour des yoles rondes a commencé, le départ a eu lieu le 29/07/07 à 10 h 30 à  Fort de France. Désormais le pays vit au rythme des trépidations des coursiers.

Les pronostics vont bon train,  qui gagnera, détrônera les deux yoles (Géant et Rosette) qui ne cessent  de remporter les tours depuis un paquet d'années.

J'ai pu mesurer tout le développement qu'il a autour du tour des yoles rondes, et cela a  pris une autre dimension avec le temps. De surcroît, le malecon offrait un cadre de rêve pour ce spectacle majeur, et spectacle il y eut dans cette baie des Flamands, et sur le malecon l'ambiance entre supporters et badauds était assez bon enfant, c'était sympa.

ED

Paraquat : les agissements  criminels de l'Etat  français et des Békés mis à nu !

regime-de-bananes-antillais-de-la-martiniquephoto de Coco B.

Ce terme ne dit probablement rien au Martiniquais (ou Guadeloupéen) moyen. Ni sans doute « R-Bix », le nom commercial de ce redoutable poison, utilisé comme herbicide dans les plantations bananières antillaises depuis des décennies et dont, le 10 juillet dernier, la Cour Européenne de Justice a interdit l’utilisation.  Suite de l’article  de Raphaël Confiant sur ce lien  « Paraquat » ?

Des normes pour un poison mortel « La Direction des Services Vétérinaires de la Martinique,  vient d’interdire à un pisciculteur de la commune du Saint-Esprit de vendre sa production à cause d’une trop forte pollution… » par  Raphaël Confiant

La putain de l’empereur

statue-de-josephine-a-la-savane-martinique
photo de Coco B.

La statue étêtée et maculée de l’impératrice Joséphine   n’est plus sur son socle à la Savane. Il paraît qu’elle est en restauration. Souhaitons que la municipalité  l’oublie dans ses réserves.

Cette statue n’a pas sa place dans ce parc, qu’il la relègue dans le musée qui porte son nom aux Trois-îlets.

De Fleming en Fleming

Albert Fleming après 24 ans  passé à la tête de l’île de Saint Martin  passe la main. Il fut le dernier maire car cette île est devenue une COM (collectivité d’outre-mer)  comme sa sœur l’île de Saint Barthélemy.

Désormais c’est Louis Constant Fleming élu par les 23 conseillers territoriaux qui préside à sa destinée.

T’as échappé au fouet mon gars!

Richard Antoine Lédée milite pour la réouverture ou la mise à disposition des chercheurs des archives du fond suédois de Saint-Barthélemy et à cette fin questionne et relance un certain nombre de responsables politiques de Saint-Barthélemy et de la Guadeloupe, ainsi que   Mme Christine Martinez de la Cellule des relations internationales de la Direction des Archives de France.

De tous ces gens sans doute excédés, lui adressent une fin de non-recevoir ou menacent  de traiter ses mails en tant que courrier indésirable.

Toutefois, je  souhaite vous livrer la réponse de Bruno Magras président  du conseil territorial de la COM de Saint-Barthélemy : « A force d'emmerder tout le monde, vous aller vous retrouver avec une  plainte au cul et là, vous aurez beau jeu de faire appel aux suédois et   aux Indiens Caraïbes pour qu'ils vous viennent en aide.  Capitainement vôtre. »

Une telle réponse me laisse croire que le cousinage a tendance à produire des gens rudes et frustres.

Lire : La longue agonie des archives suédoise de Saint-Barthélemy

Les temps changent les générations passent !

Victor-Schoelcher

Il y a de cela peu, les Nègres antillais reconnaissants ne voyaient que lui. Le 21 juillet, date de l’anniversaire de  Victor Schoelcher, présenté comme étant à l’origine de l’abolition de l’esclavage dans les colonies en 1848,  fut célébré en Guadeloupe en l’absence  remarquée  du public et des autorités.

Au pied de la montagne Pelée…

montagne-pele

photo de Gaëlle Linfide



Une Douce tout en  jeux d’eau

jeune-femme-antillaise-tenant-ses-seins

Juillet et les vacances  sont arrivés,  la Douce a pris ses quartiers d'été  au bord de la mer. A cette occasion elle farniente et paresse,  un peu mais pas trop car Douce est audacieuse,  elle aime l’action par-dessus tout. Alors elle s'adonne régulièrement à des  jeux d’eau, à l'occasion  de laquelle  elle pointe sa face  mutine à la surface de la mer où elle s'expose fièrement au soleil à qui elle offre le privilège de pouvoir la contempler, à charge, qu’il la teinte d'un léger  hâle  doré. Ensuite elle s'immerge tout entière dans ces eaux claires et chaudes, d’où elle tire une agréable sensation d'être ainsi plongée dans ce liquide qui bouge  continuellement  et ce va-et-vient la stimule et la titille dans ses recoins intérieurs. Elle se délecte  ainsi de longues minutes, puis  c'est une Douce ruisselante qui ressort de ses délices aquatiques.



maison au lamentinPyepimanla le magazine antillais vous invite à retrouver sur ces liens, les dernières éditions : Spéciales élections n°1, n ° 2,  n° 3, n°4, n° 5  n° 6  n°7 et l’édito normal.

Maryse Condé  et son île à mer !

maryse condéEt vient avec le temps, le moment où nos priorités évoluent, car notre vie  est à accomplir  et comme une page blanche, elle est à remplir tant que nos jours ne sont pas finis. Certes l’adolescence  a passé entre mots et douleur, la jeunesse trépassé, à peine eut  le temps de se retourner, que surgit la vieillesse,  l’âge où  l’on ressasse la fugacité de ce qui s’en est allée.

Et vient le temps,  où le grand âge entraîne la fragilité du corps et de l’esprit, et comme l’enfant l’être appelle à l’attention car il ne saurait être oublié, désormais il dépend.

C’est la réflexion qui m’est venue en écoutant l’interview accordée par Maryse Condé à RFO. Elle voulait partir en rasant les murs, discrètement, furtivement, mais elle fut rattrapée sur le pas de la porte,   eut droit à son banquet. Honneur lui fut rendu à force de tu, amicalité et sourire  ont présidé l’hommage.

Et j’écoutais   une femme contuse, les yeux secs mais la voix embue de larmes expliquer que des raisons de santé et familiales l’obligeait à quitter la Guadeloupe définitivement. Elle est arrivée à un âge où elle exprime l’envie d’être avec ses enfants et petits-enfants, d’autant qu’elle était empreinte d’un sentiment d’abandon et de solitude. Désormais elle vivra à New York là où foisonne le monde, à Paris là où sont ses médecins, la Tunisie là où sont ses enfants, entre autres.

Elle ajoutait avec une émotion non feinte, que sur le plan humain la Guadeloupe fut pour elle une grande déception, n’ayant jamais pu se rendre utile, n’étant jamais sollicitée en rien et  pour rien, les instances culturelles ne sont pas montrées intéressées.

Maryse Condé estime que la Guadeloupe n’a pas gagné de sa présence, imputant ce fait à son esprit critique qui n’a pas convenu aux « Guadeloupéens ». 

Elle poursuit, disant  qu’elle ne laisse  rien, alors qu’elle a beaucoup pris, pas des gens, mais du pays qui lui parlait, de la nature,  du vent, de la mer, de la montagne, une voix belle et puissante qu’elle a enregistrée et restituée.

Elle a pris peu des gens de ce pays laminé, de ces gens décervelés par la colonisation,  qui se replient  sur les traditions, ayant peur de l’avenir, infatués dans le passé, refusant la nouveauté et la création.   

C’est le portrait peu amène qu’elle a dressé de son peuple  lorsque notre Grande Dame  de la littérature antillaise faisait ses adieux à la terre qui l’a vu naître, avec des paroles  acrimonieuses, elle réglait ses comptes, du moins ce fut ressenti ainsi, telle que, et d’aucuns s’empressaient de clamer que Maryse Condé conculquait et insultait la Guadeloupe, du moins les Guadeloupéens.   Des réactions hypostasiant les propos de Maryse Condé leur donnant une portée prégnante, en dépit des atténuations et de toute la déception  que Maryse Condé manifestait au cours de cet entretien.

Les Antillais sont en permanence en butte  aux dénigrements. Cette population soumise et dominée, est perpétuellement insultée, je relève deux exemples: «Quand je discute avec un grand nombre ( échantillon représentatif  de mes cons citoyens martiniquais, je me dis que leur cerveau tourne autour du resto, coco, ciné (surtout pas d'auteurs). C'est en grande majorité des crétins ( toutes catégories "sociodermique" confondues) qui se croient culturellement évolués parce que leur île est plus riche ( en quoi ?) qu'Haïti.

Et pour finir, leur définition de la culture c'est : accras, boudin, matoutou, zouk et tout le reste (yoles, bèlè, mazouk, biguine, créole, carnaval), c'est de la tradition. »  J’ai relevé ces propos sur BMJ, ils sont en date du 16.07. 2007, ce qui vaut pour les Martiniquais vaut pour les Guadeloupéens.

Le deuxième exemple est tiré du livre : Terreur noire  à la Guadeloupe de Corneille Bazile, l’édition que j’ai en main date de 1976, mais je ne saurais dire si l’ouvrage a été écrit à ce moment (1) : « Le bonheur d’autrui est un spectacle qui dessèche et dévore les habitants de la Guadeloupe. La seule chose qui leur fait supporter leur vie étroite, c’est le sinistre plaisir d’arracher toute poésie à la vie de leurs voisins. Et pour cela ils emploient tous les moyens. En l’occurrence ils deviennent professeur de mal… On dirait qu’ils ressentent la plus grande jouissance à faire le mal. Ils rayonnent de joie quand ils ont désuni un ménage, quand ils ont semé le mal dans une famille, quand ils ont mis quelqu’un dans l’incapacité de travailler, enfin quand ils ont fait couler des larmes. Ils se nuisent avec habilité et avec finesse. »

Les paroles de Maryse Condé se surajoutant  à tellement d’autres de même acabit, font qu’elle se décrédite et nous salit. Non, pas elle pour qui « nous » avons une tendresse toute particulière ! Ce n’était pas à cette voix autorisée à darder son « peuple », mais une voix à témoigner et à porter son « peuple ».

grand-anse - deshaies - le marigot - guadeloupe
photo de Jean S. Sahaï

Contrairement à ce qu’elle dit, Maryse Condé a apporté beaucoup à la Guadeloupe, à la Martinique, et pas seulement à nous Antillais. Elle n’avait pas besoin d’être en représentation permanente, il suffisait qu’elle écrive.

Puis ceux  qui l’auront bloqué, qui sont-ils, des êtres pénétrés de leur grandeur éphémères qui tantôt  redeviendront des êtres insignifiants, sitôt que, alors que madame Maryse Condé,  son œuvre  la perpétuera.

Nul besoin  qu’elle soit amère ou aigrie, qu’elle prenne conscience de sa réelle dimension.

Je témoigne à madame Maryse Condé toute ma sympathie  et lui accorde tout mon soutien dans l'épreuve à laquelle elle doit faire face.  Je lui souhaite un  prompt rétablissement.

(1)  In the~Corneille Bazile, La Terreur iVoire & la Guadeloupe,  Pointe-~-Pitre, 1925, p. 10. 496  (Information apportée par Jean Sahaï qui répondait à mon interrogation concernant la date de la première édition du  livre de Corneille Bazile.

Tony Mardaye

Une Grande dame s’éloigne

exil- adieu- antillaise- guadeloupe - martinique

En écoutant les propos de Madame Maryse Condé lors de l’interview du vendredi 13 juillet 2007, où elle annonçait son départ de la Guadeloupe, ma réaction a d’abord été la surprise, surprise d’une telle décision, puis  elle explicitait ses propos, précisant le souhait d’être plus proche de sa famille et de s’occuper de sa santé. Toutefois le journaliste   creuse son sujet  et  Maryse Condé se découvre, s’exprime, tout d’abord avec retenue  et sagesse, puis viennent les mots : départ définitif de la Guadeloupe, sentiment d’avoir été inutile  aux siens et à son île  pendant vingt-deux ans. Cependant, elle ne renie pas les générosités que lui ont dispensées la Guadeloupe mais regrette le manque de considération  de la part de ses concitoyens.

Nul n’est prophète dans son pays, ce proverbe dans ce cas prend toute son actualité. Maryse Condé une écrivaine antillaise reconnue mondialement, mais méconnue  des siens. Ils n’ont pas su ou pas voulu bénéficier ou même user de ses compétences ou de ce qu’elle avait à offrir.

Selon elle, les  autorités de la Guadeloupe font  beaucoup  d’efforts afin de promotionner le  tourisme  mais  négligent  totalement  les potentialités intellectuelles et humaines qui gisent en Guadeloupe. Navrée de ce constat, elle préfère se retirer.

J'avoue que cela s’avère difficile d’entrer dans une phase de rejet, de se sentir inutile pour son peuple, parce que l'on n'est pas encensé ou reconnue  comme on le souhaiterait. Parfois le sentiment de rejet engendre l'amertume, qui elle-même engendre la colère puis la haine. Sa décision est tout à fait légitime, mais ses propos offrent à quelques mal-intentionnés des arguments de dénigrement de nos îles. 

La Guadeloupe et la Martinique ne sont pas des paradis certes, ce sont des îles  chaotiques ayant  un lourd passé traumatique et nous pensons qu’un homme ou une femme digne se doit d'honorer et de respecter la terre l’ayant vu grandir.

Espérons que la déception de Madame Condé ne soit que passagère.  Elle a décidé de se retirer de la Guadeloupe, elle fera le tour du monde, mais jamais n'oubliera la beauté de son île natale, terre de ses ancêtres, ne serait-ce un jour ou lors de son dernier jour.

Gaëlle Linfide

Vivre sans les Etats Unis


Le 26 juillet 2007, L’Ambassade de la République bolivarienne du Venezuela  et le CercleHugo chavez bolivarien de Paris présentait un documentaire d’Angel Palacios : La señal es de todos. Ce film est visible au bout de ce lien.
 

Fin avril, nous apprenions sur les médias nationaux qu'au Venezuela le gouvernement de Hugo Chavez muselait la seule chaîne d'opposition en lui interdisant d'émettre.

Sous nos latitudes nordiques ou assimilées, la nouvelle a fait grand bruit tant nous sommes attachés, par principe, à la pluralité de l'information. Mais savons-nous réellement de quoi il s'agit ou nous contentons-nous de répéter que nous sommes informés puisqu'on nous le dit ?

Mais, parlons de RCTV (Radio Caracas Televisión) puisque c'est d'elle dont il est question.
 
Il suffirait d'une ligne pour dire que, la concession arrivant à son terme, l'état du Venezuela a décidé, comme c'est son droit national et international, de ne pas la renouveler.

En 1987, le gouvernement du président de Jaime Lusinchi (du parti Acción Democrática) décide de réguler le système d’obtention des concessions hertziennes pour les télévisons et radio nationales. Le nouveau règlement, paru dans la gazette officielle n°33.726 du 27 mai 1987, stipule dans son article 1 : « Les concessions pour la transmission et l’exploitation de chaînes de télévisions et fréquences de radio seront délivrées pour une période de 20 ans » et précise dans son article 4 : « Les concessions qui ont été délivrées avant la date du présent décret seront considérées valides par les termes établis dans l’article 1 ». (1). Le calcul est vite fait 1987 + 20 = 2007. Ça devrait être la fin de l'histoire.
 
En France, au Mexique, en Angleterre et même aux États-Unis, des télévisions ont perdu leur concession sans que ces pays n'aient subi les foudres des médias internationaux.

Alors qu'est-ce qui gêne autant ?
 
Il ne s'agit pas de télévision, encore moins de dictature ou même d'informations diverses puisque 78% des bandes radio et TV sont aux mains du privé et passablement anti-Chavez.

La réalité est qu'il s'agit de déstabiliser, voire de faire tomber un gouvernement qui contourne les États-Unis (2), qui souhaite réaliser l'intégration latino-américaine comme l'avait imaginé Bolívar, un gouvernement qui s'est réapproprié ses richesses, en particulier le pétrole. Pétrole qu'il échange plutôt qu'il ne le vend à des pays comme Cuba (Fidel Castro) ) ou La Colombie (Evo Morales), et tente même de le faire aux États-Unis (3). On comprend que cela ne peut pas plaire !

Que faire ? L'assassinat, comme cela a été essayé contre Castro ? Peut-être pas puisqu'il vient à peine d'être mis dans le domaine public des documents qui prouvent cet essai raté. Mais en même temps, machiavélisme oblige, c'est aussi une façon de se protéger au cas où, puisque selon l'agence de presse Novosti, "Le républicain Paul Craig Roberts, ancien sous-secrétaire aux Finances de l'administration Reagan .. a mis en garde contre l'administration Bush qui selon lui prépare quelque chose, afin d'effrayer le pays et réunir la population autour des républicains."(4)
 
J.E.L.
 
 La señal es de todos

Un documentaire de Angel Palacios
Une production Panafilms- ANMCLA - Couleur -Venezuela (VO stf)
  
(1) Eclairage sur le traitement médiatique du cas RCTV et des nationalisations...
     Livre blanc sur RCTV
(2) Hugo Chavez se retire du FMI et de la Banque mondiale
(3) Comment le Venezuela maintient le chauffage dans les foyers du Massachussetts 
(4) George Bush serait prêt à décréter l'état d'urgence
(5) Venezuela : L’assassinat d'Hugo Chavez, par Greg Palast.

Eva et Serena, beautés diverselles …

Tous les goûts sont dans la nature, dit-on. Sauf que nos goûts sont fort peu naturels depuis que nous avons repoussé la nature hors de notre vie quotidienne pour la parquer dans des « espaces verts », sinistres enclaves où tentent de survivre palmiers royaux solitaires, asphyxiés par nos gaz d’échappement, et massifs de bougainvillées ou d’allamandas étiques. Aujourd’hui, nos goûts sont façonnés par les médias, journaux, radios et surtout télévision et Internet et « façonnés » semble même être un euphémisme puisqu’en réalité, il conviendrait mieux de dire « formatés ».

eva longoriaTémoin nos goûts en matière d’esthétique. D’esthétique féminine surtout. Pendant des lustres, Hollywood aidant, nous avons fantasmé sur les beautés occidentales : Jane Mansfield ou Rita Hayworth, pour les Anglo-saxonnes ; Gina Lollobrigida ou Sophia Loren, pour les Latines. C’était à l’époque de l’âge d’or du cinéma, quand les salles obscures étaient vraiment plongées dans le noir et que le spectateur avait vraiment les yeux rivés à l’écran (et pas sur son portable, à consulter discrètement ses SMS). C’étaient les années 50-60. Le mitan du siècle qui vient de s’écouler. Une éternité donc. Si l’esthétique euro-américaine régnait sans partage (peau blanche, yeux bleus ou verts,cheveux lisses), étrangement les canons de beauté
 
s’agissant du corps féminin lui-même, de sa forme, étaient un peu partout les mêmes. Par exemple, en pays créole, était vantée la « femme en formes » justement ou la « fanm kosto », chose qu’on peut traduire par « pulpeux », « galbé » ou « bien en chair », la minceur nous étant une notion inconnue et la maigreur quelque chose que nous honnissions. Si bien qu’au niveau du corps, il n’y avait guère de différence entre Hayworth, Lollobrigida d’un côté et de l’autre nos câpresses créoles, nos « mulatas » sud-américaines ou nos « fatma » arabes.

Nous partagions tous, d’un bout à l’autre de la planète, le goût d’un corps féminin situé à l’exact opposé du corps masculin. Comme disait mon grand-père, qui n’avait jamais quitté sa campagne du Vauclin :

« Une femme, c’est rond. Un homme, c’est plat. »

Et puis, au tournant des années 70-80, une sorte de révolution s’est produite en Occident quant à la perception du corps féminin et à la norme de beauté liée à celui-ci : la minceur est devenu un « must ». Sauf que, pour ma part, j’ai toujours éprouvé la plus grande difficulté à comprendre ce qui, pour un Occidental, distingue « minceur » et « maigreur ». Quand on me montre une femme « mince », je ne vois, le plus souvent (mais peut-être ai-je besoin de consulter un ophtalmo) qu’une maigrichonne. De plus, la fameuse minceur semble être quelque chose de bien peu naturel (tiens-tiens ! on en revient à Dame Nature) puisqu’elle ne peut être obtenue qu’à coups de régimes drastiques, de coupe-faims ou d’exercices physiques éprouvants. La lutte pour les droits des femmes a été remplacée, chez beaucoup, par la lutte pour le ventre plat et contre la culotte de cheval. A l’inverse, la rondeur semble être dans l’ordre des choses puisqu’il n’y a aucun effort à faire pour l’obtenir.

serena williams« Il faut souffrir pour être belle », dit-on. Ah bon ? Tout dépend de ce que l’on appelle « belle », les amis. Si être belle, c’est être plate comme une morue séchée, avoir des seins microscopiques ou un arrière-train en forme d’assiette, alors là, d’accord. En Côte d’Ivoire, fort heureusement, il existe deux concours de « miss » : l’un, calqué sur les critères occidentaux modernes (« minceur » exigée) ; l’autre sur les critères africains traditionnels (« rondeur » obligée). Aux Antilles, nous gagnerions à imiter nos cousins de l’autre côté de l’Atlantique puisque, mimétisme aidant, tous nos concours de beauté sont alignés sur la norme franco-occidentale. Encore que les hommes occidentaux sont en fait de fieffés hypocrites, eux qui disent tout bas que s’ils aiment parader au bras d’une femme mince, ils préfèrent de beaucoup une femme ronde dans leur lit. Mon grand-père, qui avait un humour tranchant, avait coutume de régler le problème d’une phrase :

« Ola ou ja wè an manawa ki meg ? » (Où avez-vous déjà vu une prostituée maigre ?)

Et il avait raison le bougre, lui qui n’avait jamais voyagé nulle part. Quel que soit le pays où l’on voyage, quel que soit le quartier chaud que l’on visite à Saint-Domingue, en Thaïlande ou à Terres-Sainvilles, il saute aux yeux que ce pour quoi un homme est prêt à payer, ce n’est certainement pas la minceur.

Au contraire ! Conclusion : nous sommes, nous les hommes, finalement, tous des hypocrites. Nous feignions d’admirer Eva Longoria, cette créature minuscule, nous faisons semblant d’envier Tony Parker, mais au fond de nous-mêmes, nous savons bien que si l’on nous jetait sur une île déserte avec comme seule compagne féminine soit Eva Longoria soit Serena Williams, la tenniswoman noire américaine, nous n’hésiterions pas une seule seconde à choisir Serena. Allez, un peu de franchise, les gars ! Bon-bon, je sais, la société n’est pas une ile déserte, nous sommes constamment sous le regard des autres, entourés par les autres, donc forcément, nous sommes quelque part contraint de nous afficher avec des « minces ». Il faudrait d’ailleurs se demander si cette folie de minceur qui a frappé l’Occident à compter des années 70-80 ne provient pas tout simplement des créateurs de mode, presque tous homosexuels et qui, comme tels, éprouvent de la défiance envers ce que l’on pourrait appeler « les signes extérieurs de féminité » (comme on dit « les signes extérieurs de richesse »).

Car ce sont eux qui ont inventé cette abomination qu’est le vêtement « unisex » comme si la poitrine d’un homme était identique à celle d’une femme ! Ce sont eux qui emploient des mannequins anorexiques. De fait, à force de minceur, artificiellement obtenue, le corps d’une femme finit par ressembler à celui d’un homme.

Lequel d’entre nos écrivains aura assez de courage pour rédiger un « éloge des femmes rondes » ? Et par « rondes », nous n’entendons absolument pas obèses comme veulent nous le faire croire les fanatiques de la minceur. Nous distinguons parfaitement une femme ronde (Tina Turner, Serena Williams etc.) d’une femme obèse, l’obésité étant, d’ailleurs, une forme de maladie. Mon grand-père, qui était un vieux cochon, disait :

« Ki manniè ou pé janbé an fanm ki pa ni bas-karé ? » (Comment chevaucher une femme qui n’a pas de culotte de cheval ?)

Eh oui, sans doute faudra-t-il écrire aussi un « Eloge de la culotte de cheval »…

Jean-Laurent Alcide

Réponse de la dulcinée à l’amoureux Polydor
 Mont-St-Denis, Près St Pierre le 4 septembre 1894

  Mon cher Ti  Popo,

henri guedonC’est avec mon cœur palpitant de  joie que je mets ma main à ma plume pour répondre à votre lettre polissone que j’ai reçu avant-zhier. En l’ouvrant  mon cœur a fait dibi dap bap !… Et toute la journée, j’étais sauté contente comme un ti zortolan en terre brulé, comme en ti cabrite assou carriè…

C’est la première fois de ma vie qu’un jeune farraud avec son beau manière de « cabioleur » me dit « Mademoiselle, je vous aime », pour moi répondit : codin-ne pon-ne » Oui, codin-ne pon-ne Mussieu je vous aime, …

Je t’aimerai plus que le cochon aime corossol, plus que le mabouilla  aime faitaille caille, plus que le coco  de mon œil, plus que les lacets de mes souliers, plus que les concombres de mon jardin, plus que les mangoustes aiment les petits poulets, plus que les serpents aiment les rats, plus que les molocoyes aiment les cacas poules, plus que les coulis aiment le « colbou ».Tu seras l'escalier de mon coeur, la miel de mon âme, le ballon colby*  de mes amours.

Je suis très jalouse. Je m'attacherai à toi comme une liane vanille à un pied pois-doux, comme un ti-bois en dedans un frozen, comme une lélé dans un calalou ; enfin, je serai pendue derrière toi, tout partout, comme un saucisson chez Virgile Vincent, comme man Philippy derrière M. Philippy.

Vous dit que vous avez beaucoup de choses : terre, légumes, fleurs, chuval dos mabria, etc… chaines, anneaux : mais moi, je n'ai rien. Je n'ai qu'une seule fortune à t'offrir ; la chadèque de mon verger .. Mais j'aime l'argent, car c'est un bon léguime.

J'ai aussi comme fortune ma jolie figure guiole épais que ma mère m'a cadaucé et mon bel corps un peu « tôtillé » que mon papa m'a moulé, avec deux gros talons « massilili ». Quand je baigne à la source et je laisse tomber ma robe en pagne, je ris en regardant mon image « reflécté » dans l'eau pure, mon joli corps rond et potelé, mes deux bouleversants superbes qui vous feront bien du plaisir, mes bras qui ressemblent à ceux de la Vénus d'Emilo, que je roulerai autour de ton corps comme un collier carcan, tandis que je mettrai sur ton cou mes deux mignons talons pour te caresser.

Tu fais bien, cher Ti Popo, de m’épouser, car en m’épousant vous épouserez aussi mes six sœurs fainéantes comme poux, ma vieille mère aveugle et impotente, mon vieux papa « abada » une mère chienne avec douze petits, une mère coche et sa famille nombreuse

Cher Ti Popo, pas la peine de m’écrire encore… Je suis déjà à vous comme la sardine est à l’huile, comme la gouyave est au zandoli, comme la pomme cannelle est au sicrier.

Car entendu. Je vous aime, vous m’aimez. Je te prends, tu me prends. Venez je vous attends. Si Musieu le  Maire est absent, vous foutrez votre sacré bras dans mon sacré bras-bras et nous nous marierons « derrière la porte  »de la mairie. Tant pis si les mauvaises langues disent : « Avant la pluie tombé ja ni laboue. »

Ta doudou, bien-aimée chérie,

Madivine

* L’anglais Colby fut le premier à s’élever dans les airs , en 1886 à Saint-Pierre (Martinique) grâce à un ballon. Une biguine résuma cet exploit.



L'Anse Michel

anse michel plage situé a sainte anne en martinique

photo de Gaëlle Linfide

L’Anse Michel est l’une de ces plages  antillaises : sable blanc, eaux claires  sur une mer turquoise, peu profonde protégée par une barrière de corail.

Cette plage se  trouve dans le  sud de la Martinique, dans la commune de Sainte-Anne. Elle  se localise sur la côte sud atlantique, ce qui l’expose aux vents soutenus, les alizés océaniques soufflent, font bouger  le stipe et danser la couronne des cocotiers, les arbres sont malmenés, ils se ploient, se couchent mais  résistent.

L'Anse Michel est l'un des domaines privilégiés des véliplanchistes.

Très belle végétation tout autour qui offre une zone ombragée très agréable. Que vous ayez envie de glisser sur les vagues ou de vous reposer au soleil, vous trouverez tout à portée de main. Ambiance locale et familiale le week-end.


L'age

Parait qu’il  faut. Je dois vivre mon age,
synonyme de sexe à volonté jusqu'au sevrage,
jouer à attraper cette queue, de lion en cage,
en vérifiant si couille il y a, prétexte du courage.

Vous voulez que je vous dise, j'ai la rage,
flots de promesses d'orgasme à contre courant, nage,
une fois il entra sans frapper un vrai carnage,
tu demandes il donne, elle demande tu partages.

Ecarte les cuisses et remporte la fille facile suffrage,
libre accès, prends ton temps, pénis embouteillage,
sélective mais rapide, érotique carambolage,
qu'importe assieds toi dessus telle une fille bien sage.

Contracte, fais l'aller-retour et mets le chauffage.
entraînement intensif avant l'olympique mariage,
si un jour t'as du mal à tourner cette foutue page,
tu n'auras qu'a te dire que c'était de ton age.

C'est pas un peu du foutage,
de gueulage???

Claudia Jolie-Coeur

Bouge ton dawa pour une zen attitude !

Les mythologues  méconnaissent l’origine du culte du phallus, l’Inde, la Phénicie, Éthiopie, la Chaldée ou l’Égypte, ils n’en savent rien, mais toutes ces contrées et bien d’autres ont édifié un culte à la fécondité (culte solaire) et lors des célébrations (Bacchanales, libérales, dionysiaques, Pamylies, etc.) tous les dévoiements, les débauches, les excès et débordements  se produisaient.  

Et je trouve des similitudes entre les danseuses de dancehall ou de raga avec les antiques ménades, cette presque nudité, la recherche de l’extase, la danse  orgiaque on aurait pu penser que le dancehall et le raga  sont  la reviviscence    d’un culte païen. 

Le bougé particulier de cette danse renvoie  le regardant à l’acte sexuel et l’officiante à son sexe. La danseuse n’est plus qu'un vagin ou une paire de fesses qui se trémousse, elle appelle à être remplie. C’est une danse lascive et jouissive, un hymne à la fécondité.

La vidéo qui vous est offerte, de par le talent de la danseuse Keiva the diva, ramène cette danse sexualisée à une danse tout simplement.

 


L'Ansiedad de Viktor Lazlo

On a beau dire mais nous ressentons les mots et les émotions qu’ils véhiculent et ce n’est pas tant le support qui importe ou la langue.

Que nous soyons dans l’oralité  ou la scripturalité, les mots nous font sens. Nous  les chargeons ou les matérialisons de nos variabilités et de nos invariants, les triturons et nous en ressortons des subjectivités, alors le mot  devient pensée, puis idée  et enfin des émotions qui nous talent, nous abêtissent, nous confortent, nous égayent, nous détruisent ou nous tuent.

En écoutant cette chanson, bien ne parlant pas espagnol, je savais  ce qu’elle racontait, elle me parlait.  Le professeur d’espagnol a traduit l'anxiété:

«Peut-être que tu es en train de pleurer en te souvenant de moi.
Que tu étreins mon portrait avec frénésie.
Jusqu’à ton oreille arrive la mélodie sauvage.
Et l’écho de la peine d’être sans toi. »



Invitation au concertsaint-georges

Mardi 31 juillet 2007  20:30
Eglise Saint-Germain
94120 Fontenay-sous-Bois

Concert

Saint-Georges : symphonies et concertos
Puccini  Sibelius Britten
Podprocky  Anderson  Khatchatourian
 
Orchestre Musica Iuvenalis

De Slovaquie (plusieurs fois vainqueur du concours des jeunes orchestres européens de Neerpelt) Sous la direction deIgor Dohovic, chef de l'orchestre national de l'Opéra de Slovaquie
 
Entrée gratuite

Ce concert vous est proposé par l'association Le Concert de Monsieur de Saint-Georges et la Société d'histoire 94120 Saint-Georges et Dalayrac de Fontenay-sous-Bois, dans le cadre du Festival des Eurochestries.


Bord de mer : Deux yoles sur une plage de Sainte-Rose en Guadeloupe

sainte-rose-guadeloupe- le-bord-de-mer
photo de Jean S. Sahaï

Que dire, de ces "yoles"? Ici c'est assez loin du campus de Fouille-Yole, qui fait nous avons plutôt deux canots travailleurs de pêcheurs sainte-rosiens qui se lèvent plus que très tôt, qui fait que quand tu arrives après ton bon dormir ils ont déjà garé leurs embarcations après une pêche de plus, qui fait le poisson est déjà dispatché vers les foyers, les marchés et les congélateurs maison !

Sainte-Rose est une ville en plein développement, administrée jadis par Sire Bajazet, fonctionnaire du Rectorat, suivi ces temps-ci par M. Richard Yacou, proviseur de Lycée.

Sainte-Rose est enceinte, car la ville ne cesse de se développer, les promoteurs investissent ses jolis bords de mer, ex. Vinty-Plage, qui fait la population augmente dans cette ancienne bourgade rendue proche de la Pointe par un réseau routier moderne, avec le pont de la rivière Boucan, passage idéal à barrer chaque fois les grévistes qui re-réclament la préservation de la rivière des déchets de distillage.

Les baigneurs amoureux de farniente-près-mer essaiment sur Cluny et autres coins du littoral. Mais il y a aussi les sections de campagne, et la montagne avec sa source chaude de Sofaïa, dont le vivial bassin ancien a été remplacé par... une douche, sous laquelle les curistes se font bénir à la va-vite, pendant que la queue leu-leu les zieute.

Et il y a l'usine en ruines, le fonds est remplacé par un gentillet restaurant-hôtel. Mais la sainteté se désuète, qui fait il n'y a pas plus de roseraies à Sainte-Rose que de goyaveraies à Goyave !

JS.S.


Je me revendique créole du monde...

De retour du festival créole de Menton, Rodolf Etienne, écrivain-journaliste, coordinateur Caraïbe de l’organisation internationale des peuples créoles, a tenu à nous présenter quelques-unes de ses conclusions concernant la notion de pan-créolité. Selon lui, l’une des nouvelles identités à conquérir pour les peuples créoles du monde. Rencontre !


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