Au
bout du petit matin, le morne au sabot inquiet et docile — son sang impaludé met en déroute
le soleil de ses pouls surchauffés (Aimé Césaire)
Bonjour mes ami(e)s, confrères et consœurs, les
Pyétons et Pyétonnes.
Je
vous soumets un communiqué de la Délégation interministériel à propos
de la première DREPACTION.
Une
de mes filles est atteinte de la drépanocytose, elle est porteuse des deux gènes et comme ils
disent, elle est à 100 %.
Des
chercheurs ont vu une corrélation entre « l’aire du
buffle » et la propagation de cette maladie, qui correspond à une
mutation génétique de l’hémoglobine. Quand on est porteur d’un seul gène,
l’individu se trouve protégé de la malaria, du paludisme, maladie tuant plus de
2 000 000 de personne par an dans le monde.
Mais
lorsque les parents, la mère et le père transmettent à l’enfant chacun leur
gène, ce qui protège les parents « tue » leur progéniture. C’est une
maladie qui cause d’atroces douleurs, une souffrance pour l’enfant et pour les
parents qui se sentent responsable d’avoir transmis à l’enfant ce fameux gène,
mais l’un des deux parents doit faire une croix sur sa vie professionnelle, car
il faut être en permanence avec l’enfant, l’adolescent voire même plus tard,
car la crise survint à n’importe quel moment.
Lorsque
ma fille est née, un ou deux mois après, elle était hospitalisée et c’est
à ce moment que les médecins nous ont parlé de cette maladie, nous demandant si
nous avions fait le test.
Nous
n’avions jamais entendu parler de la drépanocytose, nous fîmes le test,
nous étions hétérozygotes, porteur d’un seul gène. Les tests faits sur notre bébé
révélaient qu’elle était porteuse des deux gènes, et je me souviens du médecin
nous annonçant la nouvelle (ma compagne et moi) d’une voix banale,
détachée : - Votre fille a 6 mois à vivre !
Puis
rajoutait qu’il ne comprenait pas pourquoi ses collègues n’avaient pas fait le
test de dépistage !
On
reçoit le diagnostic comme un coup de poing, on reste sans voix, sans
réaction, on ne peut que s’asseoir, incapable de formuler quoi que ce soit, ma
compagne retient ses larmes, mais nous sommes défaits.
Puis,
quelques temps après, j’apprends qu’une loi, décret ou circulaire,
disons un acte obligeait les hôpitaux (médecins gynécologues) à faire un
test chez les femmes d’origine antillaise, africaine de l’ouest, indienne lors
du deuxième mois de la grossesse, ils prélèvent un « petit bout» du
placenta, qui est analysé afin de déterminer si le fœtus est porteur de la
maladie, si oui ils avortent.
Ils
avaient oublié de le faire, ils avaient oublié de faire l’examen.
Oui,
cela arrive l’homme est faillible, ma fille a 23 ans, elle est à 100 %
invalide, pas dans le sens où elle n’a pas l’usage de son corps, de ses
membres, elle est normale sauf qu’elle traîne une jambe, une des
séquelles due à crise aigue (embolie cérébrale) et tous les 15 jours ou tous
les mois, on la branche sur un appareil afin de lui changer le sang.
L’enfant
fera toutes les maladies possibles et existantes, l’enfant passera
6 mois de l’année à l’hôpital, pas n’importe lequel, pour ma fille ce fut
Necker, puis une fois adulte l’hôpital Henri Mondor de Créteil, il fut pas
toujours possible pour la mère de prendre un lit pour rester auprès de
l’enfant, alors tous les jours faire les 40 km en transport en commun
pour arriver à l’heure des visites et partir le plus tard possible.
Quand
le personnel soignant était compatissant il vous laissait dans la chambre
jusqu’à 22 h, d’autres vous rappelaient que l’heure des visites est terminée et
vous devez partir …
Lors
d’une conférence sur cette maladie, il y a quelques jours, j’ai
appris qu’il naissait en France chaque année 7 000 enfants atteints de la
drépanocytose.
Chaque
année, ils oublient 7 000 fois de faire le test de dépistage de la drépanocytose.
Je
vous laisse en tirer la conclusion !
C’est
la première maladie génétique en France, elle devance en nombre de malades
la myopathie et d’autres maladies génétiques bénéficiant des levées de
fonds grâce au Téléthon.
Bien
sûr, la drépanocytose n’a pas ces égards, pas d’émissions pour récolter
des fonds. C’est sans importance, d’ailleurs 97 % des gens ignorent que cette
maladie existe.
Heureusement
que les Etasuniens font de la recherche et développent des médicaments, ceux
qui ont permis à ma fille de fêter sa 23 eme année.
Sang-mêlé : Michel
Reinette / Jean-Pierre Krief -
La drépanocytose est une maladie génétique qui affecte le sang. L'un de
ses foyers forts de développement se situe aux Antilles...
Aujourd’hui,
il y a une DREPACTION, les artistes se sont mobilisées, les bénéfices récoltés
lors de ce concert seront reversés au Collectif « Ensemble contre la
Drépanocytose. »
J’ai
eu l’assurance verbale du Délégué interministériel à l’égalité des chances des
… P. Karam, qu’il en sera ainsi.
Je
vous demande de relayer cette information à tous vos contacts, afin que le
ZENITH soit plein le 13 juin à 20 h
Prenons
en charge nos problèmes, ceux qui peuvent y aller c’est 20 euros la place.
Pour
ceux qui le souhaitent ou on les moyens, la conjoncture est difficile
pour tout un chacun, ils peuvent adresser leur chèque à : Drepaction BP 10 000 75316 - Paris cedex 7
[1]Ladrépanocytoseest une
maladie due à une malformation génétique de l'hémoglobine. Dans l'hémoglobine
anormale (hémoglobine S), un acide aminé en remplace un autre (une valine
remplace l'acide glutamique en position 6 de la chaîne protéique). Cela
entraîne une anémie tandis que les globules rouges, normalement circulaires,
ont une forme en lame de faux. Cette malformation est léthale à l'état
homozygote (c'est-à-dire lorsque le gène S est présent à deux exemplaires), et
son maintien dans des populations humaines à l'état hétérozygote (un seul
exemplaire du gène S) est certainement le résultat d'un "avantage sélectif".
Ceci a été suggéré par les distributions géographiques en grande partie
superposables de la drépanocytose et du paludisme
à Plasmodium falciparum. L'hémoglobine S, en conférant une certaine
résistance (d'origine non immunitaire !) au paludisme à P. falciparum
chez les individus hétérozygotes, aurait été sélectionnée parce qu'elle donne
un avantage aux porteurs de la mutation. Source
Le
10, 22, 23, 27 Mai en mémoire des victimes de l’esclavage