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Mars le pénitent

Le mois de mars n’a pas la
pétulance de janvier lorsqu’il ouvre l’an, ni l’exubérance de
février fêtant son diable. Mars peine à s’exalter et à se donner une
couleur, car si le blanc sied à janvier, le rouge à février, mars reste
à colorer.
D’aucuns diront
que le rouge sang habille mars, se fondant sur l’attribut du dieu de la
guerre, auquel ce mois est voué, donc mars aurait dû être un mois
tumultueux, un mois impétueux, un mois fougueux, car
jadis ce fut au mois de mars, que l’on reprenait les guerres arrêtées
pendant l’hiver ou l’automne, mais il faut croire, que la jeunesse y
allait sans enthousiasme, car sacrifiée sur les champs de
bataille.
Puis, mars c’est
un peu carême, le temps des vaches maigres, une période de privation.
Mars est pénitent, un mois sans
fruit, sans plante, la disette, mars s'ennuie en
attendant Pâques.
En France, je
l’aurai peinturé en bleu-gris et aux Antilles en jaune foncé.
Dans mon
souvenir, mars traînait en longueur, bien que l’astre solaire
monte au plus haut des cieux, donnant l’impression que la voûte céleste
se réhausse, que le monde s'ouvre, mars se complaisait dans la
petitesse et l'ennuyance, mars est terre à terre.
Mars voit fleurir les arbres
aux Antilles, et en ce mois, le quartier antillais de mon enfance
étalait sa monotonie dans une tempête de
lumière sous un soleil aiguisant ses couteaux.
Mars ralentissait
le pas et freinait l’entrain, mais
il est vrai que la lumière de mars aux Antilles est une belle lumière.
Evariste Zephyrin
A coup sûr, rien de neuf sous
le soleil antillais !
Ce
sont les élections en France comme aux Antilles, et à cette occasion on
voit
se multiplier entre
les candidats
les coups bas, les
coups de Jarnac, les
coups de poignard, une certaine bassesse et vilenie.
Certains
recevront un coup de pouce du destin et se seront portés à la tête de
la
municipalité, d’autres le coup de grâce et se retrouveront à ruminer
leur échec
ou leur ressentiment.
Le
PKLS appelle à l’abstention, en effet pourquoi voter dans nos îles en
panne de
développement, doter d’une industrie involuée, un euphémisme, pour ne
pas dire
inexistante ou insignifiante. Alors pourquoi voter pour des élus qui
sont
incapables de projeter la Martinique, la Guadeloupe et la Guyane dans
la
modernité et réaliser leur
développement économique ?
De
surcroît, dans le domaine du « tous pourris, tous
voleurs ! »,
nous avons des revenants qui après
avoir purgé leur peine de prison et d’inéligibilité, se lancent à la
reconquête de leur « commune »,
et nous mettons la main sur un
maire (Emile
Vernaudon, ancien député est accusé de détournements de fonds
et d'abus de biens sociaux pour un montant de 114 millions de francs
Pacifique
(près de 958.000 euros.)
qui du fond de sa cellule mène sa campagne électorale en vu
de conserver la
commune de Mahina, sur l'île de Tahiti.
Plus sérieusement, la situation des communes
des
« dom-tom » est
bien plus
fragile que celle de l’hexagone, elles sont bien plus endettées ou en
faillite,
et la raison serait le fort budget alloué aux dépenses de personnel. Ils ont dû agir face à la
montée du chômage
et de la précarité en créant des emplois, mais ceci a été fait au
détriment des
dépenses d’investissements.
Les maires ont quand même
contribué à un rôle de « buvard social », en
permettant de contenir
les courbes du chômage, et pour cela ont contribué à la formation d’une
fonction publique territoriale « pléthorique », qui
pèse aujourd’hui
sur leur développement.
Un autre particularisme
des communes de nos régions, c’est l’octroi de mer, une taxe indirecte
qui constitue
de 11 % à 48 % de leur recette fiscale, mais cette taxe frappe les
importations
et la production locale.
Alors dans ces conditions,
où la production locale est pénalisée, il est fort peu probable que
nous
verrons un jour la naissance d’une industrie dans nos îles, autres que
le
tourisme.
Allez voter, révolutionnez
votre vote en
donnant au maire sortant
deux coups de marteau sur la tête.
A carême ce
n’est plus le carême antillais !

Photo Jean
Sahaï
Une vue
magnifique de Pointe à Pitre, une photographie qui
saisit à la fois toute la magnificence du site
et sa fragilité, une
situation
de plaine, une lagune à la jointure des deux terres,
la Grande et la Basse-Terre.
La ville
semble être écrasée par
les massifs montagneux de la Basse-Terre que nous voyons au
loin et par cet amoncellement de nuages dans un
ciel bas, menaçant de déverser son trop plein
d’humidité sur la
ville.
A la saison du
carême, l’une des deux saisons prévalant
aux Antilles avec
l’hivernage, le temps
est supposé sec et ensoleillé. C’est la période la plus chaude de
l’année, mais
le dérèglement climatique, entraîne à ce qu’il fasse relativement
frais, il pleut
souvent et les alizés sont soutenus.
Pâques
Les articles du magazine antillais Pyepimanla
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Les hommes racicés en sept groupes
génétiques
Selon une étude parue dans le
magazine Nature et reprise par le magazine le Point : Un
sujet vieux comme le monde qui suscite bien des débats ! La
race ou les races ?
En effet, les travaux des
généticiens ayant étudié 650 000 nucléotides chez 938 individus
appartenant à 51 ethnies,
ont conclu à l’existence de
« sept groupes biologiques parmi les hommes : les
Africains subsahariens, les Européens, les habitants du Moyen-Orient,
les Asiatiques de l'Est, les Asiatiques de l'Ouest, les Océaniens et
les Indiens d'Amérique. »
Toutefois, l’étude montre que
les : « 6 milliards d'humains possèdent un
génome à 99,9 % identique. » Ce qui influe que
l’homme appartient à une même espèce, nous avons tous le même ancêtre
commun provenant
il y a 60 000 d’Afrique.
C’est cette filiation qui explique
la mémoire partagée de l’humanité, mémoire que nous traquons au fil des
mois notamment par la comparaison de différentes mythologies, qui pour
beaucoup ne sont que la
rationalisation du monde par des populations primitives, c’est leur
manière de se représenter le monde, et pour d’autres, c’est une
transmission de connaissance, de leur histoire ou de l’histoire de
l’humanité.
Pour
revenir à l’étude, on pourrait le considérer comme une avancée, mais
nous avons l’impression que l’on redécouvre le fil à couper le beurre,
car cette étude ne vient que confirmer les travaux du généticien Bryan
Sykes qui date de quelques
années : « s’était fait remarquer
pour sa première enquête, "Les
7 filles d’Eve", qui montrait qu’en analysant l’ADN des
mitochondries (qui ne viennent que de nos mères), on prouvait que tous
les humains actuels descendent de sept femmes, elles-mêmes descendantes
d’une seule Africaine d’il y a 200 000 ans. Une étude comparable a été
menée en analysant un fragment de l’ADN du chromosome Y (qui
caractérise les mâles et ne peut venir que des pères).
Résultat : une autre arborescence remontant aussi en Afrique.
Mais beaucoup plus récente : moins de 50 000 ans.
Pourquoi ? »
Donc nous avons 7 groupes
humains, comme les 7 filles de l’Eve primitive, sept
groupes génétiques en
qui interagissent
par voie de métissage, ce qui
conduit à ce que les races soient en perpétuelle renégociation.
Et
pour finir, compte tenu de la jeunesse de l’homme, on peut légitiment
se demander si l’homme est le fruit d’une évolution ou d’une création,
une création qui expliquerait le bond
« civilisationnel » qui s’est opéré sur une si courte
période ?
Encore un sujet qui fait
débat !
Patrice
van Eersel
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Mars
jadis le premier
Mars, premier mois de l’année
romaine du calendrier de Romulus qui comportait dix mois. Ce
calendrier n’était ni lunaire ni
solaire, il fut connu sous le nom de calendrier martial.
Romulus choisit cette période
comme étant celle de l’ouverture de l’an, car c’est le moment où la
nature renaît où les graines confiées à terre germent,
c’est le retour du soleil qu’annonce le
printemps, il le baptisa du nom du dieu Mars dont il se prétendait issu.
En 700 av J-c, le roi Numa
réforma le calendrier de Romulus en ajouta le mois de janvier et celui
de février et mars se retrouva le troisième mois de l’année.
Toutefois, en France, jusqu’au
milieu du XVI e siècle, on continua
à faire débuter l’année au mois de
mars, le samedi saint, après la bénédiction du cierge pascal.
C’est
Charles IX qui par décret royal fit que l’année commença le 1er
janvier.
Mars
l’imprévisible

Les dictons nés de l’observation des paysans
d’autrefois, nous disent que « Mars qui rit malgré
les averses
prépare en secret le printemps ». En effet,
ce mois à la météo changeante annonce
les beaux jours, mais son
caractère : « Mars venteux, avril
rosineux, mai poudreux
font riche laboureux. », indique s’il sera favorable ou non
aux
paysans : « Neige de mars vaut blé en sacs
- Mars venteux,
verger pommeux. » A la lecture des dictons pour le
mois mars, ce que
le paysan d’autrefois, au mois de mars redoutait, il me semble que
c’était la
pluie : « Pluie de mars grandit
l’herbette et souvent annonce
disette – ou - Mars pluvieux, an disetteux.
» De nos jours,
tout cela n’a plus
d’importance, le réchauffement climatique fait que le temps n’est plus
ce qu’il
était, tant qu’en France qu’aux Antilles où ma mère retirée dans la
commune du
Moule, m’indique, qu’il fait frais, qu’il fait sombre et qu’il pleut en
plein Carême.
« Y
aller pour des prunes »
Sans aller
jusqu’à Damas tels les croisés, aux abords de la maison, j’aperçois dans toute la grisaille du
mois de mars, qui
ces temps-ci, est froid, de
rares fois
ensoleillé, parfois pluvieux, à des
points donnés comme des jaillissements de blancheur dans un paysage
vert dru. La
nature nous gratifie de pétillements neigeux, comme un buissonnement
nivéal,
mais ce ne sont que des pruniers en fleurs.

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Souvenirs de mars

Lors
d'un embouteillage au début du mois mars, mes yeux
se détournent du
tracé autoroutier francilien, mon regard se fait papillonneur passant
d'une
chose à l'autre, sans que rien ne retienne vraiment mon attention, jusqu'à ce,
que mon
regard s'accroche sur l'arborescence urbaine pour qu’enfin, je
m’aperçoive
que certains arbres se départent de leur allure dépouillée, délaissant
la
nudité sèche de leur branchage, pour
se
refeuiller et par endroits arborer une nouvelle
efflorescence, timides
prémisses printanier, signe de l’hiver qui se retire peu à
peu.
Un
vent glacial et violent vient balayer d'un revers de main mes
évagations, et je me plonge dans des
souvenirs îliens se rapportant au mois
de mars, dont le cours se déroulait sous les cieux antillais,
qui à cette
époque de l'année, exposait son ciel dans une teinte azurée des plus
soutenue,
et cela dès le début du jour, qui s'ouvrait sur une
fraîcheur dès plus délectable.
On voyait mars
égrenant ses jours, et au fur à mesure que les jours
passaient, la
fraîcheur matinale s’esquivait laissant
place à une forte chaleur,
qui à
mi-journée donnait le sentiment d’être dans une fournaise. Une intense
luminosité zénithale éclairait la vie,
faisait luire la verdure, jaunissant les
herbes et effeuillant les
arbres, puis cette lumière foisonnante déclinait
au couchant en s’habillant de ses rais
rougeoyants.
Aujourd’hui,
je constate que j’ai rarement pris le temps d'apprécier la beauté si
particulière de la nature en ce mois de mars, j’étais plus ennuyée par
la morne
inactivité festive inhérente au carême chrétien.
Je
maudissais mon île si catholique, si pratiquante qui après s'être
adonnée à la
frénésie carnavalesque se claquemurait dans une latence, dans
un sérieux
de mœurs où toute fête est formellement proscrite. Il m'arrivait même
d'envier
l'île sœur de la
Guadeloupe, que je
jugeais chanceuse d'avoir au moins une pause, la mi-carême supposée
rendre plus
supportable cette période de restriction.
Et oui, prime jeunesse et
lucidité ne vont pas forcément de pair en d'autres termes
: « lè où
jenn ou sote ! », lorsque tu es jeune tu es
sot !
Emmanuelle Deschè
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