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La
Toussaint est passée ainsi que la saison des chrysanthèmes et les
tombes ont retrouvé leur solitude dans la grisaille automnale. Puis le
11 novembre et ses grandes-messes est venu, ainsi que l'époussètement
des armoires ou les bricoles, les médailles sont ressorties, comme
l'ancêtre héroïque attifé de l'aura prestigieuse d'avoir payé l'impôt
du sang à la nation.
Aux trépassés, la nation reconnaissante... Je ris quand je pense aux tirailleurs sénégalais, mais compassons-nous au culte laïcisé du dépôt de gerbe aux Monuments aux Morts. Alors, je me compassionne en songeant à ces millions de jeunes hommes, assassinés à l'aube de leur vie, pour permettre l'émergence de la bourgeoisie oppressante et mondialisée.
Novembre, mois mortuaire préposé au funèbre, voit la nature mourir, s'endormir doucement, malgré le forcissement des vents froids et rageurs. L'entour se teinte d'une lumière roussâtre, d'une lumière dorée, tout est roussi, la magie des couleurs s'atténue, les dernières feuilles se décrochent des branches, les arbres se défeuillent, le bouleau est nu, ses ramilles lui donnent un aspect lugubre, blafarde dans le matin. Le chêne porte le gui, la plante hiémale est en fleurs, ses fruits blancs se confondant à l’œil, avec les petits oignons blancs, patientent, ils porteront chance aux amoureux. L'automne agonise en novembre, des rais de soleil transpercent parfois le ciel, la froideur brumale s'éveille, ce mois s'en va vers le souvenir. Evariste Zephyrin
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Novembre
le mois en décomposition
Interroger
le passé afin de comprendre le présent,
car plus nous nous y intéressons plus nous découvrons que l’humanité
s’inscrit
dans une continuité de pratiques, en fait, elle ne cesse de célébrer ou
de
commémorer des actes sociologiques ou religieux d’un passé remontant à
son
aube, au début de l’humanité, à l’instar de la fête des morts où les
hommes
éclairent les tombes de leurs défunts, un acte initialement fait pour
commémorer les hommes morts lors du déluge, dont la bible et autres
livres ou
croyances attestent la réalité. Le mois de novembre est ce mois dans l’année
où la
ressouvenance des morts est célébrée. On peut lire ici ou ailleurs que novembre
« vient
du latin november (de novem, neuf) car il était le neuvième mois de
l’ancien
calendrier romain de Romulus, deviendra le onzième mois de l’année lors
de la
réforme du calendrier entrepris par le Roi Numa. »
Une alternative s’offre quant à
l’étymologie de
novembre, en relation avec les substantifs : «novensides
ou
novensiles » terme obscur, peut-être le nom du dieu ou des
dieux
auxquels ce mois fut consacré.
Par ailleurs, le mois de novembre correspond
dans le
calendrier égyptien au mois de ? Je
mets ce point d’interrogation, car selon
l’ouvrage le nom du mois
indiqué n’est pas le même, il diffère du tout au tout, toutefois
plusieurs
occurrences laissent penser que le mois de choiak
du 17 octobre au 15 novembre et tybi du 16 novembre au 15 décembre,
pourrait
correspondre. La dominante choiak est proche de la nôtre, notamment par la
référence à la mort, associé à l’ouverture de la tombe d’Osiris, en
effet une
fête lugubre (recherche d’Osiris) avait lieu pendant quatre jours, le
18 du
mois de novembre en l’honneur du deuil de la déesse Isis, de son mari
et frère
Osiris tué par Typhon. Les Egyptiens avaient
une fête des morts semblable
à la notre, mais elle avait lieu en janvier la fête de l’Ouag[1],
des glorifications, fumigations
et un banquet funéraire offert aux morts. Quant aux Romains, au
cours de ce mois de novembre
plusieurs fêtes étaient célébrées, je retiens les Brumales ou les fêtes
des
jours d’hiver et celle ayant lieu le 27 novembre consistant à des
sacrifices
mortuaires aux mânes des Gaulois et des Grecs qu’ils avaient enterrés
vifs, à
Rome, dans le Marché aux Bœufs. |
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