Curieux que
l’Halloween, la fête des saints martyrs et
celle des morts se succèdent, l’une derrière l’autre, du
31 octobre au 2
novembre... Une fête païenne, héritée des
Celtes, qui visait à éloigner les
puissances des ténèbres, suivie de deux fêtes
religieuses consacrées aux saints
martyrs (1er novembre) et aux morts (2 novembre)...
En fait, l’Église catholique a déplacé la
fête des saints martyrs, autrefois
célébrée le 13 mai, pour mettre un terme aux rites
païens qui marquaient le
début de l’hiver. On espérait que les gens invoquent les
saints de l’Église
plutôt que le seigneur des morts, Samhain, pour que leurs morts
reposent en
paix.
La nuit de Samhain
Malgré
cela, l’Halloween a traversé les temps, depuis l’époque
préchrétienne,
et continue de marquer le passage à l’hiver. Les récoltes
terminées, les
animaux ramenés à l’étable, les puissances de la
nuit tentaient autrefois de
prendre possession de la terre. C’était, du moins, la croyance
populaire. Par
le feu et le bruit, on éloignait les esprits des morts, qui
cherchaient un
refuge ou un corps à habiter...
On croyait que cette nuit de « passage » était le
temps où le voile entre le
monde physique et le monde spirituel était le plus fin, le plus
aisément
franchissable.
Les légendes disent que les druides celtes allaient de maison en
maison pour
réclamer des offrandes au nom de Samhain, et, qu’en cas de
refus, ils
proféraient des menaces. C’est l’origine du trick ou treat.
Dans Internet, on lit aussi que Samhain convoquait les fantômes
des hommes
méchants, morts durant l’année. Ils revenaient hanter les
lieux où ils avaient
vécu et nuire à leur entourage, qui cherchait à
les apaiser avec des offrandes.
Les gens se déguisaient et portaient des masques pour effrayer
ces fantômes ou
pour ne pas être reconnus d’eux.
Ces légendes irlandaises ont longtemps survolé le
Québec francophone où, sous
la férule catholique, l’Halloween n’a pas été
célébrée jusqu’aux années 1960.
Mais on achetait des messes pour libérer les âmes du
purgatoire..., raconte
Jean Du Berger, ethnologue à la retraite. La montée de
l’Halloween, ici,
correspond à la perte du sacré et à la
désertion des églises dans les années
60, rappelle-t-il. Lui-même n’a pas fêté l’Halloween
dans sa jeunesse, mais ses
enfants, oui.
Le besoin de fêter
Au milieu du XXe siècle, les rites
nés des peurs anciennes sont devenus un
divertissement. L’Halloween joue un peu sur la peur, un peu sur
l’extraordinaire, un peu sur le surnaturel. Les choses se sont
inversées,
analyse Du Berger. « Ce sont des jeunes qui rient de ce qui
terrorisait
autrefois les adultes. Les bars diffusent des hurlements, on habille
les
squelettes de vêtements de mariés... »
Mais il reste toujours une petite peur dans l’âme humaine. Celle
qu’inspire la
deuxième dimension, celle qui se cache derrière le
réel, poursuit
l’ethnologue... « Et si la nuit, comme dans un film, les
personnages des
tableaux prenaient vie... »
Le frisson est toujours possible, du moins au ciné ou dans les
œuvres
fantastiques.
Les sorcières, les squelettes, les chats noirs, les hiboux
reviennent en force.
Les citrouilles rappellent les navets sculptées en forme de
tête de mort, à
l’intérieur desquels brûlait une bougie, dont les druides
se servaient pour
éclairer leur chemin de maison en maison.
Aujourd’hui, les jeunes parents guident leurs petits, la lampe de poche
à la
main, dans la tournée des bonbons, souligne l’ethnologue.
Ensuite, les ados
prennent la relève pour réclamer leur dû en
friandises, comme dans leur
enfance. Quant aux adultes, ils fêtent, déguisés,
dans les bars.
Le besoin de fêter ne meurt pas, conclut Jean Du Berger.
Contre l'Halloween
Aux
États-Unis et en Europe (France, Suisse), des
groupes
de protestants évangéliques en ont contre la
célébration de l'Halloween. Ces
chrétiens se disent «Si on ne peut plus honorer Dieu et
fêter Noël dans les
écoles, pourquoi y célèbre-t-on le diable ?»
Selon eux,
l'Halloween est une fête aux antipodes de la Toussaint. D'un
côté la
mort est une fatalité tournée en dérision,
où les squelettes ont le dernier
mot. De l'autre, la mort est un passage vers un monde meilleur. Ils
n'aiment
pas le rappel des cultes païens et de la sorcellerie et
l'apprentissage de la
manipulation par des menaces (trick or treat). Certains réagissent en
déguisant leurs enfants en personnages bibliques, qui vont de
porte en porte
porter des biscuits faits maison et des versets bibliques.
Holybiz
Un ou deux jours avant
la Toussaint,
jour où les familles antillaises se retrouvent
dans les
cimetières afin de veiller et illuminer les tombes de leurs
défunts, certaines familles
font appel à des « djobeurs » pour
qu’ils enlèvent le « caca-bougie »,
lavent et nettoient leur sépulture. La
rémunération pour le service varie de
20 à 120 euros.
Dix tombes
dans la journée et ton porte-monnaie se lève
de joie !
Pratiques
funéraires des
Indo-Guadeloupéens.
Après l'abolition de l'esclavage, les négriers et
békés esclavagistes se retournèrent vers l'Asie
afin de puiser sur ce continent le bétail humain dont ils
avaient besoin pour rentabiliser leurs flottes et produire leur
sucre... Engagés, trompés ou volés sur les
trottoirs de Calcutta,
de Madras et d’ailleurs, aux Antilles, par convois les Indiens sontarrivés d’un autre océan
perpétuerl’abomination. Ils ont
apportésles épices, des
plantes, un art culinaire,
ils ont oublié leur histoire, leurs danses pour embrasser celle
des gens d’ici,
mais ont perpétuéleur
religionetleurs
pratiques funérairessur
le sol antillais quoique la crémation des corps ne fut
tolérée… [suite]
La mort dans
l'hindouisme
Comme
toute religion, l'hindouisme a fondé sa foi sur un rituel
funéraire particulier
et sur une croyance de la mort originale. L'hindou croit en une vie
après la
mort, le corps n'étant qu'une enveloppe matérielle
temporaire. Lorsque survient
le moment de quitter la vie, l'âme ou l’âtman, sort du
corps et peut enfin
atteindre la libération ou mokshâ [suite]
Pourquoi il
y a un "cimetière indien" à Saint-François ?
Beaucoup
de personnes s'imaginent que c'est
par esprit de séparatisme qu'un cimetière indien existe
à Saint-François.
En voici la
véritable raison, donnée par le St Franciscain Ernest
Pépin :
«Dans les
temps anciens, mais pas trop lointains, les Nègres se
plaignirent des coutumes
que pratiquaient les Indiens à l'égard de leurs morts.
Ils leur offraient des
repas le jour de la Toussaint et cela dérangeait les
Nègres déjà peu enclins à
aimer les Indiens. Pour eux, ce n'était ni plus ni moins qu'une
profanation du
cimetière. Une fois encore, des conflits opposant les uns et les
autres
allaient déchirer la commune. Peut-être même que le
sang allait couler, car on
ne joue pas avec le respect dû aux morts.
Un
grand propriétaire
indien offrit un terrain à ses frères de race pour leur
permettre de pratiquer
en toute quiétude leurs rites. Et depuis lors, il y avait le
cimetière des
Indiens et le cimetière des autres. Ceux-là même
qui supportaient ensemble les
tribulations de la vie prenaient des chemins différents
après leur mort ! »
Le vaudou
évoque
souvent magie noire et sorcellerie. Pour ses adeptes, c’est une
religion
complexe qui adore un Dieu unique à travers des symboles de la
nature. Un
groupe d’intellectuels togolais veut rendre au vaudouses lettres de
noblesse.
Leur premier rival n’est plus le catholicisme, mais les sectes
protestantes qui
prolifèrent en Afrique noire : [Lire]
Festa
de Preto Velho
Pretos
Velhos ou les Vieux Noirs
Quelques
dieux de la mort
Nous
avons sommairement abordé quelques attraits de la religion
vaudoue, notamment à
travers les Gédés : les esprits de la mort en Haïti.
Toutefois,
toutes les civilisations ont eu un culte funéraire (et ont
adoréou craint les
divinités afférentes à ce culte mortuaire).
En
Egypte ancienne, le dieu des morts était nommé Inpou ou
Anepou, en grec Anubis,
ce dieu à la tête de
chacal est celui qui protégeait les défunts.
Anubis
est le fils de Nephtysla
« déesse de la
mort » et
d’Osiris, la protectrice d’un des vases canopes auprès de Neith,
Selkis et
Isis. Toutefois sa mère Nout, la déesse du ciel
était
aussi décrite comme une
déesse de la mort.
Dans
la religion grecque la mort n’est pas personnifiée, on met en
avant Thanatosce
dieu au cœur de
fer et aux entrailles d’airain qui avait fixé son séjour
dans les
tartares : « Les Grecs le représentaient
sous la figure d'un
enfant noir avec des pieds tordus, et caressé par la Nuit, sa
mère. »Son
frère jumeau était Hypnos il
personnifiait le sommeil.Les dieux
jumeaux de la mort ne sont pas sans rappelés Marassales jumeaux : « vivants et
morts sont investis
d’unpouvoir
surnaturel
qui fait d’eux des êtres
d’exception. Dans le panthéon
vaudou, une place privilégiée leurs est
réservée à côté des grands « mystères ».
D’aucuns prétendent même
que les MARASSAS sont les plus puissants
que les Loas.
Ils sont
invoqués et salués au début d’une
cérémonie, tout de suite après Legba. Dans certaines
régions, ils
ont la préséance sur cette divinité. »
Par
ailleurs, dans la mythologie grecque on retrouve les trois jugesdes enfers fils de Zeus : Rhadamanthe juge
les âmes
en provenance d’Afrique et d’Asie. Le fameux roi Minos
qui se
chargeait des morts accusés à tort et Éaquepréposé à
juger les âmes
provenant de l’Europe.
Dans la mythologie nordique c’est Hel ou Hela
déesse de la mort qui séjourne dans leNiflheim, elle règne sur les neuf
mondes infernaux.
Pour
les Aztèques, c’est Mictlantecuhtli : dieu de
l'au-delà, père de
Quetzalcòatl, représenté par un squelette aux
dents protubérantes, il règne sur
l’inframonde. Pour les Mayas leur dieu de la mort se nommaitAh
Puch.
Et
pour finir,un petit tour en Inde,
où
nous trouvons Kali
la
noire déesse de la destruction, mais est-ce la déesse de
la mort ? Je n’en
sais rien.
Dans
l’hindouisme celui qui est en charge de s’occuper des morts est Yama
le premier mortel,
il va
chercher ceux qui arrivent en fin de vie et rien ne doit le distraire
de sa
tâche.
Dans
le christianisme il n’y
a pas de dieu de la mort. Les bonnes
âmes
vont au paradis (ce qui correspond aux Champs
Elysées, séjour des âmes pures de
l’Hadès)et les âmes
pécheresses en Enfer. Les
Enfers sont gouvernés par Satan
(Lucifer, le diable).
Evariste Zephyrin
Cimetière essonnien
Noche
de muertos
Día de
los
Muertos
Jour des morts au Mexique
Au
Mexique, début novembre, la mort se pare de ses plus beaux
atours de fête. Une
ribambelle de squelettes envahit les rues, les maisons dans un joyeux
désordre.
La tradition ancestrales des amérindiens du Mexique se marie
avec la toussaint
catholique. On perpétue aussi la tradition initiée par
José Guadalupe Posada,
graveur et caricaturiste mexicain, fin XIXème, qui
représentait les postures du
mexicain dans tous les aspects de sa vie quotidienne, sous forme de
squelettes ; des squelettes vêtus et agissant comme des gens
normaux.
A
cette époque, les parents offrent à leurs enfants de
petites têtes de mort en
pâte d'amande ou en chocolat avec leur prénom dessus. On
rie avec la mort. On
confectionne un « pain des morts »
spécialement pour cette occasion,
avec des os stylisés au-dessus. On dresse des autels. On y
dispose des
offrandes sur un lit de pétales de cempasúchil, la fleur
des morts, entre le
jaune et l'orangé, seules couleurs que les défunts
parviennent à distinguer. On
place à côté des calaveras (les têtes
de morts), les photos des disparus
qu'on regrette, et des choses qu'ils affectionnaient, tabac, tequila,
tamales,
etc.
Des
pièces de théâtre de rue évoquent la mort,
des danses "aztèques" rendent
hommage aux ancêtres. Ici, la mort est une fête. Les
cimetières se couvrent de
bougies, et les familles y veillent leurs morts, en chantant des airs
enjoués,
en jouant de la musique, en plaisantant, en buvant à leur
mémoire… Je vous
invite à me suivre dans ce grand pays de culture et tradition
où l'espace d'une
semaine, la mort vient réveiller la vie et l'entraîne dans
une farandole de
rires et de couleurs éclatantes. Partagez ces moments avec moi
en découvrant
mes nouvelles photos sur monblog, et n'oubliez pas
de m'écrire pour me donner
votre avis.
Frédéric
Shanblanni dans les voiles
Je
batifole au frais
Senteur cumin et curcuma
Reflets au mur un soleil d'or
Pour couper cannes
au maxima
On
les mena au port
Torpeur de sieste sous le soc
Caramboler aux crans de l'aube
Du riz et pois concombre en daube
Pays
quand tu t'allumes
Nuages blancs gonflés à bloc
Au vent des mers chassant le sombre
Au dombré lourd des chaudeurs d'ombre
Benjoin j'allume
Le manger au frais
Les bœufs, la canne...
Parolier, descendant indien
Danse autour du mort
Tape,
bourre
Danse, tambour
Danse autour
Du mort
Au son du
ka
Au son du verre
De cette bouteille de rhum
Rires
mêlés,
Saluts et adieux
Familiaux, amicaux
Et
toujours le tambour
Et sa troupe de bougres
Bigarrée l’équipée éméchée
Temps,
contre temps,
Pulsations hypnotiques
Vince
Auclair
Morne à l’Eau, 16/VIII/06.
Joyeuse
Deepavali, joyeux
nouvel an indien à tous les Pyetons
Si les
Antillais sont étrangers à ses pratiques, nos amis
de la Réunion fêtent le Deepavali ou Diwali (le
Nouvel an
Indien), à partir du 6 novembre. Contrairement à la
fête
d'Halloween qui met en valeur
la laideur, l'obscurité et la peur, la fête de Deepavali
célèbre la victoire de
la Lumière sur les ténèbres, autour d'une histoire
dont la symbolique
victorieuse nous devient de plus en plus utile en ces temps
d'insanité tous
azimuts.
On ne peut que
regretter que nos nombreux concitoyens d'origine indienne
de Guadeloupe, Martinique, Guyane, et du 5è DOM... n'aient pas
saisi la portée
et la dimension de cette fête de leurs ancêtres qui fait
suite au Sambrani, et
ne fassent rien pour se la réapproprier en grand comme il se
doit, suivant
l'exemple de leurs frères réunionnais.
Joyeuse Deeepavali donc
à la Réunion,
le programme est riche, et se trouve sur le site Indes
Réunionnaises de notre
ami Philippe Pratx, ICI
Ce
qui construit l’être c’est l’enfance, un entrelacs d’espace, de
temps,d’émotions qui
détermine son appartenance au
monde. C’estdans l’enfance, bien plus
que dans l’adolescence, que l’homme bâtit ses fondations, qu’il
maçonne dans
une chapede souvenirs,l’édifiant, de laquelle il puisera tout au
long de son existence,son fermentet son devenir.
L’enfancese
dessine en une réitération de temps qui
s’imbrique etrevient. Une
répétitivité
de contingences, d’impositions, d’obligations,une
volonté illicite assujettie aux desiderataparentaux,dans
lesquels
je m’insérais, et j’inscrivais une permanence dans ce temps
coercitif,
s‘exténuantau fur et à
mesure que les
carêmesse succédait.
De tous les mois défilant
le long de l’année, l’enfant que j’étais abhorraitle mois de novembre. Aucune pétulance,
aucuneeffervescence dans les
réjouissances
commémoratives, que ce mois affecté porte ostensiblement
dans ses
jours. Tout étant convenu, Armistice,
célébration et grand-messe.
Dévots,
dévotes suscitent la prière, le recueillement et le
souvenir. Indévots, indévotes, athées
et croyants hommageaient et
rendaient foi à leurs devanciers. Ils
se pliaient aux habitudes, à la
coutume voulant qu’ils nettoient, fleurissent
et éclairent les tombes de leurs morts ce jour.
Chacun
s’incluait dans la continuité millénaire d’une
pratique remontant à la protohistoire de l’homme, en ce mois de
novembre ou les
morts semoncent les vivants.[suite]
Trabaud le
Cimetière des Pauvres à Fort de
France (Martinique)
Vers le milieu
du 19 e siècle, afin de mettre un frein au développement
anarchique de la ville de Fort
de
France, un nouveau quartier voit le jour : le Marais des
Misérables. Cette
extension de la ville se manifeste aussi par la création d’un
cimetière, celui
du Trabaud, pas très loin de la rivière madame, où
se
trouvait initialement le
carré militaire.
Les deux
photographies ont été prises depuis la rive
opposée de la rivière madameoù
jadis se situait l’îlet d’Obéro inclus
dans le quartier des Terres-Sainvilles à Fort de France.
De loin on
peut apercevoir le cimetière du Trabaud et ses petites
maisonnettes où reposent les
défunts, notamment les membres de ma famille. Paix à leur
âme !
A la
Stèle d'Abricot à Petit-Canal
Ah feu ces
êtres, défunts ancêtres, on les honore
Assez peu,
oubliés au profit des plus forts...
Ils souffrirent, et
plantèrent et coupèrent au sabre
Dans la canne et le
sucre et la terre et nos arbres.
Arrivèrent aux
îles bien armés de culture
Savaient danser,
chanter, prier et propitier,
Aimaient et
nourrissaient, respectaient la nature
Affrontèrent la
mer, plantèrent cocotiers...
Petit-Canal, travail,
amour, famille et culte,
Que vivent tes anciens
descendants des ancêtres!
Ces gardiens d'une
flamme qui brava l'insulte
Méritent les
honneurs, qu'on les fasse connaître,
Qu'on garde la
mémoire, qu'on inscrive la peine,
Souvenir, ô
Mère Inde, ô racines lointaines...
Parolier du
Dru Mot, Nov. 2007.
Des
Antillais ou plutôt des Indo-guadeloupéens devant la
tombe de H. Sidambaon. Photos
: Georges Kellaou, de l'association
Padma.
Préservation de l’héritage
indo-guadeloupéen.
Le 24 décembre 1854, le bateau
L’Aurélie arrivait en Guadeloupe
avec une cargaison de travailleurs engagés indiens
commandée par le Conseil
Général de la Guadeloupe, à la demande des colons
européens. [suite]
Cimetière
de
Pointe-à-Pitre
Photographie
de J.S.S
La mort et en particulier le rite des funérailles, Outre-mer
Outre-tombe rend compte des Antilles d'aujourd'hui, de leur
évolution et de la transmission des savoirs entre
générations antillaises avec un œil neuf [Voir]
La
toussaint et l’illumination... Des
documents sonores (RFO) cliquez sur les images pour écouter.
In
mémorium
Alfred Largange
décédé il
y a peu, un jeune homme talentueux dont je prenais
plaisir à lire les articles. Le 8 décembre est
l'anniversaire de sa naissance un
site réuni tous ses écrits : Alfred
Largange.
La webmestre de
Potomitan Fancesca Palli a repris les
messages qu'il avait posté sur la liste de Kounta, qu’elle a
complété avec la
réalisation d’un dossier dédié à
Alfred avec un texte extrait d'un livre que José Le
Moigne.
Chair d'esclave
âme des dieux
Nous
pensons que s’intéresser au fait religieux c’est
s’intéresseravant tout aux
résistances d’un groupe
humain à une oppression, et dans cette optiquele
fait religieux se traduit par un colligement de survivances de
pensées et
d’actescongruant à lafixité d’une mémoire, qui sera
restituée
sous forme ritualiséepar des
ecclésiastiques dans le cadre du rite eucharistique (ou par
des
prêtres, pasteurs, imans, sorciers, chamans, druide,
bonzes,
gourous ou autres dignitaires religieuxdans
un cadre cérémoniel propre
à leur croyance),et ceci, afin
de lutter contre l’oubli et
d’offrir à l’oppressé, à la victime, à
l’hérétique, au sacrifié, à
l’immolé, au
martyr etau crucifié dont on
partage
un intérêt, une revanche posthume sur l’histoire et le
sort... [suite]
Agwe Aroyo
Représente
les profondeurs de l’océan, là où des
millions de Noirs arrachés à leur
terre ont péri lors de la grande déportation
transatlantique. Son
équivalent féminin est la déesse de
l’eau Lasirenn dont le pendant
masculin Yoruba serait Olokun et le féminin :Yemoja.
Une
lumière et une prière pour nos ancêtres dont
les restes gisent depuis des
siècles dans l’obscur des abysses
océanes.
L’esprit
Gede
Dans la
religion vodouenovembre est le mois
de « l’esprit Gédé » qui
représente à la fois la vie et la mort, et
qui donne lieu, notamment à Brooklyn ( New York - USA) le 5
novembre, à une célébration
par la communauté (antillaise) vodouisante haïtienne.
L’esprit de la mort et de la
résurrection
Le mois
de novembre en Haïti est le mois des Guédès (Gede
étant les loas de la mort), par
conséquent, novembre
est le mois des
morts. Il sera célébré partout en Haïti et
dans tous les lieux d’immigration
des antillais d’originehaïtienne. Ils
rendront
hommage à leurs défunts ou aux loas lors de nombreuses
cérémonies.
Il est écrit que
les lwa de la mort sont issus du
rite petro, ce sont des loas nés en Haïti dans un
contexte esclavagiste, ce qui
les rend imprévisibles, violents et dangereux, ils
relèvent de pratiques
dela magie noire.
Il
est aussi dit que les Guédès (Nibo, Fouillé,
Loraj, Ti-Malice, Plumage,
Bravo Guédé, Papa Guédé…), sont
à la base les membres d’une tribu
africaine du même nom, qui disparurententièrement
dans l’abomination
que fut l’esclavage des Noirs aux Amériques.
Mais
en Haïti, ils sont devenus les loas des morts et de la
sexualité. Ce sont des
déités bruyantes et grossières et lors de leurs
manifestations, ils
apparaissent en mangeant du verre, des piments crus et s’enduisent les
parties
sexuelles de piment et de rhum, étant déjà morts,
ils ne craignent rien. Ce
sont des dieux psychopompes, ils mènent l’âmedes morts vers une autre vie.
(Si je
parle des loas au présent c’est que dans la religion
vaudou, les dieux chevauchent
les hommes. En clair, ils se manifestent au travers de l’un de ceux
présent
lors de la cérémonie dont ils utilisent le corps.)
Du rite petro, les plus
redoutables sont les loas Baron,
dont le
Baron Samedi, loa des morts, il contrôle aussile passage entre le monde des vivants et celui des
morts, l’une de ces
hypostases se confond avec Legba celui qui est à la
croisée des chemins.
Le Baron
Samedi est à l’origine du « Nouveau
Monde »
(je suppose que cela veut dire, qu’il estcelui
qui concrétise la rupture de l’esclave
haïtien avec le monde
africain, dans la mesure que son panthéon divin prend un
caractère vernaculaire,
il enracine l’esclave dans sa nouvelle terre.)
Le Baron Samedi
revêt d’autres incarnations, dont le Baron
des Cimetières, le Baron La Croix, le Baron Kriminel et il est
le père ou le
maître des Gedes, des esprits macabres et grivois. Il se trouve
à l’entrée
« des cimetières et se met sur le passage des
morts vers la Guinée »
Une croyance née durant l’esclavage
« antillais » voulait que
l’esprit desmorts retourne en
Guinée,
croyance qui légitima de nombreux suicides car vu comme une
échappatoire à
l’asservissement.
Le Baron Samedi est
aussi une divinité phallique et celle de
la libido, ilsymbolise les
excès de
la sexualité, il mène « une danse
Langoureuse, la banda » qui
imite le coït.
Les attributsse
rattachantsa divinité sont le
chapeau
haut-de-forme, les lunettes de soleil,le
crane, la croix noire, la couleur noire et le
violet, le miroir, les
piments rouges macérés dans du rhum.
Dans les rituels il
tient : « une
bouteille de sa boisson préférée: du rhum brut
dans lequel ont longuement
macéré vingt et un piments "rouges". De temps à
autre, Baron Samedi
avale une rasade de ce breuvage de feu et tend sa bouteille aux
fidèles qui ont
intérêt à refuser poliment. »
Le baron
Samedi a pour épouse Maman Brigitte (Brijit), une
loa de la mort préposée à la protection des
cimetières et des pierres tombales marquées d’une croix,
et comme son époux son langage est
obscène. C'est une
tricheuse,une moqueuse, une
déité ayant des mauvaises
manières et mauvais esprit.
Cette loa du
« Nouveau Monde » a des aspects religieux
à la fois africains (Orisha
Oya) et du christianisme(St Brigid ou
sainte Brigitte), c’est aussi la loa de l’argent, elle influe sur les
pratiques
de la magie noire.
Elle
est symbolisée par le poulet noir, la couleur noire et le violet.
Evariste Zephyrin
Banda Filozofi Gede
Le banda estla danse des Guédé (celle des
loas de la
mort) elle a un caractère érotique, elle imite l’acte
sexuel par de violents
déhanchements et des postures lascives. Le battement des
percussions de la Nation
Gédé à pour but que
les danseurs perdent conscience d'eux et se retrouvent investis par le
loa qui se mouvraet agira à
travers leur corps.
Noche de muertos
Le Nuit des morts, au Mexique
(dans l’Etat du Michoacan) représente une
célébration de nature religieuse destinée
à honorer les défunts et défier la
mort, elle a lieu du 1erau
2 novembre. La Nuit des morts a un
caractère régional, contrairement à la
« Dia de los Muertos »
célébrée dans l’ensemble du Mexique.
Guédé
aime l’argent...
Des
documents sonores (RFO) cliquez sur les images pour écouter
Legba
Les Antillais
(Martinique et Guadeloupe) bien
souvent se sont coupés de ces mythologies et cultes, c'est
l'occasion pour eux, à
travers ce numéro de toucher du doigt des réalités
qui ne dussent pas leur être
étrangères.
Legba est l’un
des plus importants
dieux du panthéon Yorouba du sud du Bénin et de
manière plus générale
du golf du Bénin. Son histoire tient en deux grandes
légendes, que vous
pourrez lire sur celien,
mais
a lireicil’explication
« théologique » du
pourquoi : la femme à son sexe placé entre les
cuisses.
Par ailleurs, ce dieu
ithyphallique au sexe hypertrophié et cornu n’est
pas sans rappeler : Pan, Priape ou Silène.