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Un gouvernement qui respecte la parité

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De l’exacerbation des haines

gallo maxLe fait d’être une communauté de rien du tout, sans solidarité, une communauté qui ne compte pas, une communauté ouverte à toutes les manipulations et compromissions, fait que c’est sans vergonde que l’on nous humilie, nous écrase et nous méprise. Car la nomination de Max Gallo à l’Académie Française nous soufflette et nous recevons le camouflet, l’affront, l’offense en pleine face.

Ce négrophobe eut émis une réserve sur la Shoah, il eut été voué aux gémonies, diabolisé, écarté de tout, mais c’est impunément qu’il peut insulter les Noirs et se voir récompenser,  car nous sommes une communauté de rien du tout, sans solidarité, une communauté qui ne compte pas, une communauté ouverte à toutes les manipulations et compromissions.
 

Nous sommes le trou du cul de cette société et traités comme tel.

 Tony Mardaye


Le bastringue des arsouilles ou quand les andouilles musiquent, les crétins triomphent…

charzat et delanoeLes socialistes, à qui  les sondages promettent  une déculottée magistrale   lors de ces législatives, ne cessent de s’entre-dévorer et de se déchirer. Entre les trahisons, les reniements, les sauve-qui-peut pour raisons alimentaires,  les dirigeants qui vont à vau-vent et les troupes à vau-de-route, force est de constater que  le PS va à vau-l’eau, il est à la dérive.

Et je m’étonne, que  Ségolène Royal n’ait pas créé son propre parti politique. C’est une erreur. Si elle compte sur les éléphants, sur  ce troupeau d’opportunistes qui se voient tous à la place de la bégum, il est fort probable,   qu’elle  se retrouvera les fesses à l’air  en 2012.

Afin d’illustrer nos propos,  nous avons ce cas, celui de Michel Charzat, député-maire socialiste du XXe arrondissement de Paris, qui pour des raisons de parité et aussi,  permettre l’accès aux minorités à des places éligibles, a choisi la personne à qu’il voulait laisser son fauteuil. Mais voilà, le parti ne l’entendait pas ainsi, c’est à Mme Pau-Langevin à qui  fut dévolue  l’investiture de la XXI e circonscription de Paris, au grand dam de ce petit monsieur qui voyait sa pouliche occuper le box de départ.

N’acceptant pas la décision, il  fait  cavalier seul, et se présente contre l’avis de son parti, dont il est exclu depuis. Le candidat dissident, non content de jouer au renégat, le voilà qui s’amuse à détourner le site web de la candidate officielle de ce PS décoté, qui ne vaut plus une cacahuète depuis qu’un  certain Jospin à dit  aux Français qu’il ne pouvait pas faire grand chose contre les patrons. De favori, il s’est retrouvé tocard.

Revenons à notre magouilleur   de député maire, qui vient de se voir condamner « à un euro de dommage et intérêt et à 1.500 euros au titre de réparation, ainsi qu'aux dépens.  M. Charzat et son chargé de communication, Ahmed Meguini, auteur du détournement, étaient poursuivis par Mme Pau-Langevin pour avoir détourné son site internet, georgepaulangevin.com. Les internautes qui tapaient les termes "George Pau-Langevin" sur le moteur de recherche Google étaient directement conduits au site charzat-chikirou.fr, le site de campagne de M. Charzat et de sa suppléante, Sophia Chikirou. »

Il fut aussi poursuivi par Bertrand Delanoé pour « usage abusif de son image », tout est fait pour que les socialistes perdent la XXI e et que les Antillais,  la seule chance de voir siéger une (antillaise) des leurs (à part Claude Ribbe, qui est déjà élu !)


Evariste Zephyrin

En Guadeloupe, Lucette Michaux-Chevry mène son dernier combat politique

Elle a voulu me tuer, mais c'est moi qui vais la tuer !", peste l'une. "On m'a envoyé un corbillard, et il est reparti sans moi pour aller chercher quelqu'un d'autre", grince l'autre. En Guadeloupe, la mort n'est pas un sujet tabou. Elle fait partie de la vie. Lorsqu'on veut écarter un adversaire politique, on dit qu'on veut le "tuer". Et c'est bien un duel à mort qui s'est engagé entre les deux "dames" de la vie politique locale, Lucette Michaux-Chevry et Gabrielle Louis-Carabin.

lucette michaux-ChevryAgée de 78 ans, sénatrice UMP, Mme Michaux-Chevry se morfond dans un modeste bureau de la communauté de communes de Basse-Terre. Bien que première adjointe de la capitale administrative du département, elle a perdu sa délégation et son bureau à la mairie. Le maire qu'elle a contribué à faire élire, Guy Georges, la tient à distance. Tous les poulains qu'elle a fait entrer en politique s'éloignent d'elle. Le coup de grâce est venu de Gabrielle Louis-Carabin, députée sortante et maire (UMP) du Moule.

En octobre 2006, elle a créé une fédération locale de l'UMP. Jusqu'à présent, ce parti n'existait pas dans ce département d'outre-mer. C'était Objectif Guadeloupe, formation politique fondée par Mme Michaux-Chevry, qui encadrait la droite locale. Elégante et toujours alerte - "Je touche mes pieds du bout des doigts", fait-elle remarquer -, celle-ci s'apprête à livrer son dernier combat. "Je vais retourner sur la scène politique, annonce-t-elle. On m'a forcée à revenir..." Son objectif est de reconquérir la mairie de Basse-Terre, en 2008. D'ici là, elle fait tout ce qu'elle peut pour gêner Gabrielle Louis-Carabin. C'est ainsi qu'elle a désigné Blaise Aldo, maire de Sainte-Anne, comme candidat d'Objectif Guadeloupe contre la députée sortante dans la 2e circonscription. Une stratégie qui pourrait favoriser la gauche, représentée par le maire de Saint-François, Ernest Moutoussamy (Parti progressiste démocratique guadeloupéen). En Guadeloupe, la droite est devenue un champ de bataille.

"FIDÈLE À JACQUES CHIRAC"

Gabrielle Louis-CarabinDans cette vendetta sous les tropiques, Mme Louis-Carabin bénéficie d'un atout de poids : son soutien de la première heure à Nicolas Sarkozy. "Je suis peut-être le premier élu guadeloupéen à l'avoir soutenu. Lors de son investiture, le 15 janvier, Mme Michaux-Chevry n'était même pas présente." De son côté, la sénatrice ne cache pas sa tiédeur à l'égard du nouveau président de la République. "Je suis fidèle à Jacques Chirac. Je ne pouvais pas soutenir Nicolas Sarkozy tant que le président sortant n'avait pas annoncé officiellement qu'il n'était pas candidat."

Le lent déclin de Lucette Michaux-Chevry a commencé en 2003, lorsqu'elle a perdu le référendum sur la réforme des institutions locales. L'année suivante, le conseil régional lui échappait. Aujourd'hui, elle ne reconnaît qu'un seul adversaire à sa mesure : Victorin Lurel, le socialiste qui lui a ravi la région.

"C'est un guerrier !", déclare-t-elle avec une pointe d'admiration dans la voix. Elle attendait la même pugnacité de Laurent Bernier, conseiller régional, dont elle avait fait son dauphin en lui confiant la présidence d'Objectif Guadeloupe. "Il ne travaille pas, se lamente-t-elle. En politique, les places se prennent, elles ne se reçoivent pas."

Furieux de ne pas obtenir l'investiture de son propre parti pour les législatives, Laurent Bernier en a démissionné et a rejoint Gabrielle Louis-Carabin comme suppléant. "Mme Michaux-Chevry a fait mon apprentissage, admet-il. Mais j'en avais assez de recevoir sans cesse des critiques. Aujourd'hui, Lucette est finie."

Xavier Ternisien


Chlordécone : non, monsieur le préfet !


yves dassonvilleEnfin, le représentant de l’Etat en Martinique, à savoir M. Yves Dassonville s’exprime sur le scandale du chlordécone ! Près de 4 mois après la sortie (fin février dernier) de notre ouvrage Chronique d’un empoisonnement annoncé, il est complaisamment interviewé par un hebdomadaire de la place, lequel fait précéder ses propos d’interviews de quelques marchandes de légumes de Fort-de-France hâtivement rassemblées (sous l’impulsion des services de l’Etat, ce dont nous avons la preuve) dans une association appelée « Machann Foyal ». Nous ne nous appesantirons pas sur les déclarations visiblement téléguidées de ces travailleuses qui, pour leur malheur, se trouvent tout au bout de la chaîne de la production vivrière et maraîchère. Elles témoignent, entre les lignes, d’un désarroi bien réel dont profite, froidement, ceux qui se dissimulent derrière elles pour mieux les manipuler. Attitude à la fois honteuse et lâche de ces messieurs à cravate qui ne séjournent que deux ou trois ans dans notre pays et qui n’ont aucun scrupule à monter des Martiniquais contre d’autres Martiniquais. 

Après s’être donc tu pendant des mois et avoir refusé de recevoir il y  quinze jours l’ANC (Association NON au Chlordécone), dirigée par Georges-Emmanuel Germany, le préfet vient nous raconter que tout va bien dans le meilleur des mondes. Que nos terres ne sont pas polluées, ou très peu. Que les fruits et légumes qui sont vendus sur nos marchés sont dénuées de toute contamination. Et surtout que ceux qui agitent le spectre de l’empoisonnement au chlordécone cherchent à « créer une psychose dans la population », ce qui est, à l’entendre, « une attitude criminelle ». ON CROIT REVER ! Le préfet (et ses complaisants intervieweurs) ignoreraient-ils que tout ce que nous avons écrit dans notre ouvrage est basé sur de rapports scientifiques établis par les services de l’Etat eux-mêmes au cours des 30 dernières années. Pourtant, nous citons abondamment les rapports Snégaroff (1977), De Kermarrec (1979), Fagot-Mestre-Ballant (2002) et d’autres études de moindre importance.

Ce ne sont pas L. Boutrin et R. Confiant qui affirment que pendant 30 ans, on nous a servi une eau gorgée de Chlordécone : c’est Snégaroff, De Kermarrec et leurs confrères. Ce n’est pas L. Boutrin et R. Confiant qui ont analysé l’eau de la source « Bod Lanmè » à Basse-Pointe et qui y ont découvert un taux de chlordécone 44 fois supérieur à la norme autorisée. Ce ne sont pas L. Boutrin et R. Confiant qui ont trouvé qu’il y a du chlordécone dans le sang de 90% des femmes enceintes de Guadeloupe et de Martinique. Ce ne sont pas L. Boutrin et R. Confiant qui, en 1992, ont fait détruire, à Dunkerque, 2 tonnes de patates douces en provenance de la Martinique, mais les services sanitaires de ce port français, cela au motif que ces légumes étaient « empoisonnés », comme l’écrivit à l’époque le quotidien « LIBERATION ». Ce ne sont pas L. Boutrin et R. Confiant qui affirment que les taux de cancers, des maladies d’Alzheimer et de Parkinson sont en augmentation exponentielle dans nos pays, mais bien le centre de cancérologie de la Martinique etc…etc…On pourrait multiplier les exemples à l’envie. Répétons simplement, une fois pour toutes, que nous ne sommes ni des épidémiologistes ni des cancérologues ni des agronomes et que notre ouvrage est un ouvrage de compilation et surtout de recoupement d’informations prélevées à la fois dans des rapports établis par les services de l’Etat eux-mêmes, mais aussi dans les publications de l’ « American Cancer Institute ». Ces recoupements et déductions relèvent du journalisme d’investigation et normalement, notre ouvrage aurait dû avoir été écrit par des journalistes antillais, pas par nous ! Au lieu de se faire les porteurs de stylo ou de micro du représentant de l’Etat, ceux-ci auraient été mieux inspirés de se demander pourquoi aucun d’eu n’a eu l’idée (sinon le courage) d’écrire sur le sujet ou de faire un reportage un tant soit peu fouillé. Et s’ils manquent d’imagination, nous leur livrons un certains nombre de sujets qu’ils pourraient parfaitement traiter : le scandale du Crédit Martiniquais, la faillite douteuse d’Air Martinique, le scandale de la SEMAIR et bien d’autres. Si jamais, nos journalistes ne s’y coltinent pas, qu’ils sachent que nous avons déjà commencé à travailler sur ces différents sujets ! L’heure de l’impunité et du bla-bla-bla petit-bourgeois assimilationniste, de droite ou de gauche, est terminée à la Martinique.

Pour en revenir aux déclarations du préfet Dassonville, notons que dans sa volonté de dédouaner ses services, il nous fait dire ce que nous n’avons jamais dit ni écrit. Nous n’avons jamais dit que toutes les terres de la Martinique et de la Guadeloupe étaient polluées au chlordécone, mais bien 22.500 hectares en Martinique, ce qui est tout de même énorme quand on sait que notre potentiel agricole est évalué, au mieux, à 35.000 hectares. Ce que nous avons écrit, c’est que la cartographie des terres contaminées est largement incomplète et souvent fausse. Exemple : cet agriculteur du Prêcheur qui a acheté des terres anciennement plantées en bananes et qui se voit aujourd’hui interdit d’écouler ses productions maraîchères. L’homme est désormais au bord de la faillite. Et pour cause, Le Prêcheur ne figure pas sur la cartographie des terres contaminées diffusées par les services de l’Etat ! Ce que nous avons dit, c’est que ces mêmes services ont découvert dans l’eau de notre robinet un puissant pesticide, la Dieldrine, tout aussi dangereux que le chlodécone, alors même que ce produit n’a jamais obtenu d’A.M.M. (Autorisation de Mise sur le Marché) du Ministère français de l’Agriculture. Ce que nous avons proposé dans notre livre, c’est :

   . une cartographie sérieuse de toutes nos terres agricoles polluées

   . la mise en place d’un système de traçabilité de nos productions vivrières et maraîchères

   . l’indemnisation sans délai des moyens et petits agriculteurs qui se retrouvent avec des terres polluées

   . une enquête épidémiologique à vaste échelle tant en Martinique qu’en Guadeloupe

   . la création d’une commission d’enquête parlementaire, comme pour les affaires du sang contaminé, de la vache folle ou de l’amiante.

C’est dire qu’à nos yeux, la santé du peuple martiniquais est plus importante que les intérêts des Békés et la carrière des fonctionnaires métros qui prennent notre pays pour une colonie de vacances. Nous traiter de « criminels », comme le fait le préfet dans l’hebdomadaire en question est inadmissible dans la mesure même où, en tant que département français, nous aurions dû avoir droit, en bonne logique, à la même protection sanitaire que dans n’importe quel département de l’Hexagone. Exemple : il y a six mois, le préfet de l’Isère et les responsables du service des eaux de ce département ont été condamnés en justice parce qu’une enquête scientifique avait montré que l’eau distribuée aux consommateurs contenait…2 fois le taux de pesticides admis par la loi. Dans le même temps, en Martinique, aucune sanction n’est prise alors qu’on a, en certains endroits, 10 fois, 20 fois, 44 fois, le taux de chlordécone supposé inoffensif pour l’organisme humain !!! S’il y a donc un criminel en la matière, c’est bien l’Etat français et ses services déconcentrés qui, répétons-le, pendant 30 ans, ont caché à nos populations l’empoisonnement massif de nos terres, de nos rivières, de nos nappes phréatiques et de nos rivages. S’il y a des fossoyeurs de l’agriculture martiniquaise, ce sont ces Békés qui importent à tours de bras des agrumes et légumes qui, comme l’igname du Loiret, concurrencent sévèrement notre production locale et dont la traçabilité, comme le raisin d’Espagne (en fait, du raisin du Chili, frauduleusement « européanisé »), est plus que douteuse.

Oui, messieurs, vous nous avez délibérément empoisonnés, et l’heure est venue pour vous de rendre des comptes. Nous ne baisserons pas les bras devant vos attaques mensongères car il y va du devenir même de notre peuple, lequel, soit dit en passant, est tombé en-dessous du seuil de renouvellement normal d’une population ! Ce seuil, internationalement fixé à 2 enfants par femmes, est descendu à 1,8 en Martinique, en grande partie à cause de l’infertilité féminine et masculine provoquée par l’ingurgitation répétée d’eau, de fruits, de légumes et de poissons contaminés au chlordécone pendant 30 ans.

Oui, il s’agit bien d’un génocide ! Un génocide par empoisonnement qui vient renforcer le génocide par substitution dénoncé par Aimé Césaire dès la fin des années 70 du siècle dernier.

La vérité est en marche. Rien ne l’arrêtera.

 Louis Boutrin et Raphaël Confiant

L’enfer des Esclaves au paradis

Nous avions consacré un article à une forme d’esclavage contemporain, celui des coupeurs de cannes haïtiens en république dominicaine.  A lire   Esclaves d'Amérique et . Paysan presque  esclave, presque libre...

esclaves haitiens en republique dominicaine 

Une exposition est consacrée à cette infamie. En effet Celine Anaya Gautier (photographe) a passé six mois en république dominicaine : « Révoltée par la situation de ces Haïtiens à la merci des grands propriétaires dominicains, elle se bat pour mettre en lumière leur statut d’esclaves. (…) les clichés de son expositions à l’usine Spring Court (Paris 11e) résument leurs conditions de vie., de leur arrivée clandestine jusqu’aux mutilations punitives dont ils sont souvent victimes.

Des images fortes en émotion, où l’on perçoit le quotidien inhumain de la vie dans les bateys (campements). 
E Chamoreau.»

http://www.esclavesauparadis.org

L'industrieuse

S’il y a une question qui pose des difficultés à trouver une réponse, c’est bien celle ci : - Qu’est ce qui  détermine  l’attrait que nous avons pour autrui, qu’est-ce qui nous attire chez l’autre et nous donne l’envie de le rencontrer. En fait, quelles sont les déterminants qui nous poussent vers unetelle ou untel, et non vers celui ou  vers celle ? 

Cette question, un jour,  a été posée par tout un chacun, mais à ce jour, d’aucun n’a pu la solutionner. Certes, nous l’idéons,  nous rationalisons, invoquons des motivations sentimentales, de beauté, physiques, morales,  nous pouvons même engager des considérations chimiques, hormonales, des connivences    phéromonales, mais cette question est sans réponse, elle s’inscrit dans : « ces incompréhensibles phénomènes qui gouvernent nos vies. »  remarquons, c’est le principe fondamental, la pulsion d’éros, qui provoque la rencontre ou nous pousse vers l’objet  désiré ou entrevu. Mais cette pulsion ne s’ancre pas systématiquement  dans un désir de possession, ni dans un rapport amoureux, ni même dans un relation amicale.

Ces rencontres marquent et vous construisent des fois, parfois conditionnent  et orientent le restant de votre vie, pour l’homme de lettre que je suis, j’eus envie de tracer sur ma feuille ces moments qui m’ont laissé une émotion, cette  substance qui alimente ma plume et mes souvenirs. 

J’ai déjà retranscrit, du moins j’ai portrait Tony Polomack, l’homme à la flûte de bambou, je poursuis aujourd’hui  avec Sylvie Nonone. Ce sont des instantanés, une rencontre restituée, un moment magnifié.

Les petites mains

publicDescendant à peine de l’avion, deux heures après, me voilà assistant une conférence animée par Sabine Andrivon-Milton à propos  des 150 soldats oubliés de la grande guerre, à la bibliothèque Schoelcher, sis à Fort de France en Martinique.

La salle est remplie, les galonnés occupent le premier rang, faisant face à une table où les trois conférencières ont pris place. Nous patientons, la salle est trop petite, bien trop petite, retard est pris  et je remarque une femme, noire, mince, bâtie en longueur qui s’active, comme ces « petites mains » toujours en mouvement, sans à aucun moment se départir de son sourire. Elle est élégante. D’elle émane une certaine douceur, elle est comme un baume lénifiant dans cette salle surchauffée où les deux ventilateurs, d’une grande  inutilité, brassent du vent. Alors, je la regarde « s’escrimer » pallier aux carences organisationnelles, J’ai l’impression qu’elle glisse sur le parquet, qu’elle est vaporeuse comme ces « êtres angéliquement évanescents ».

Nous sommes à l’heure antillaise, je m’adapte, le retard grandit, les retardataires d’une heure continuent d’affluer, je patiente et je regarde cette femme, apportant une chaise là, écoutant par là, on a l’impression  que toute la machine repose sur elle.

Sabine s’excuse du retard, puis la conférence débute, cette femme disparaît.  La conférence se termine, elle est oubliée.

public rareQuelques jours plus tard, à l’occasion d’une autre conférence, je la retrouve, elle a le micro en bouche, sa voix est assurée, calme sans exubérance ou timidité, elle est  chaude et chaleureuse, elle présente le  déroulé de la conférence. Peu de monde, le thème ne passionne pas, le sujet ne concerne pas les afro-antillais, le conférencier, par ailleurs avocat et africain, parle de pratiques autres, de pratiques exogènes. Il s’est trompé d’auditoire et de continent.

Finalement,  j’échange avec cette femme, sans doute lors du buffet, entre deux petits fours et un verre de jus de goyave, nous avons dû nous présenter, mais pour être franc je ne me souviens plus de la manière dont je l’ai abordé.

Rendez-vous fut pris, je souhaitais l’interviewer,  quelques jours plus tard, je la rencontre à son bureau : Sylvie Nonone, une jeune femme dans la trentaine, mère d’une petite fille de huit ans.

Je la questionne gentiment sur son parcours et j’apprends, qu’elle est titulaire d’un BTS de comptabilité, ayant travaillé dans le culturel, puis dans le tourisme avant de revenir s’installer en Martinique, où elle a dégoté un « petit emploi » à la bibliothèque Schoelcher, puis évolue, d’un petit service de documentation de CD room, elle propose la création d’un espace multimédia,  puis la création de la cyberbase. Je perçois à travers son regard, toute sa fierté, lorsqu’elle me dit, que sa « cyberbase » est la seule en France à être doublement labellisée.

cyberbase_matinique_fort de france

Passons les détails techniques, disons que cet espace offre un accès à l’informatique, un atelier d’initiation à l’internet, une heure de connexion et cinq impressions, le tout dans la gratuité et journalier. 

Cette gratuité fait bondir les gérants des cybercafés qui estiment que ces cyberbases leurs font une concurrence déloyale. Sylvie Nonone s’en défend, arguant que le public n’est pas le même, elle reçoit majoritairement des personnes âgées qui viennent s’initier au clavier, à l’internet, à la messagerie et au chat. 

Autrement, Sylvie a de nombreux projets qu’elle voudrait voir aboutir dans les prochaines années, faire en sorte que la cyberbase devienne un espace culturel multimédia et permette l’accès à une véritable culture numérique en Martinique.

Mise en confiance, nous discutâmes comme de vieux amis, et j’appris, par ailleurs,  que cette jeune femme est chargée des manifestations au sein de la bibliothèque Schoelcher, je lui demandais ce qu’elle gardait en mémoire et les personnages qui l’ont marqué, sans ambages   elle me répondit : le sociologue André Lucrèce, puis Marie Celie Agnan et Saint Eloi Rodney, qui à ses yeux furent de belles rencontres, lors de la Semaine Haïtienne…

Alors souhaitons à Sylvie Nonone de belles rencontres et disons lui bon vent.

Evariste Zephyrin

Un crépuscule antillais sur le bord de mer

le malecom fort de france martinique evariste zephyrin photographer

Bleu,  couleur symbolique du ciel. Un bleu s’épanouissant sous des cieux tropicaux, ceux des  terres rouges, des sols ferralitiques ou  des terres ferrugineuses, s’accordant  dans des tons oniriques, se  parant de subtiles teintes, allant du bleu lagon, bleu azur au bleu océan. Et le ciel  devient un nuancier de bleu, en ce jour n’ayant pas encore rendu son dernier souffle. 

Le soir n’est pas encore venu, il attend qu’un soleil retiré  disparaisse à l’ouest, le jour agonise.  Nous sommes entre-deux, dans l’attente,  dans l’intervalle, dans ce passage entre deux lumières, deux sonorités, deux émotions. C’est le crépuscule, un interstice créant sa propre intensité, générant une atmosphère propre à délier les humeurs, une phase où flamboie les déclarations et où les êtres, imperceptiblement se rapprochent et se touchent. 

Le soir patiente, la nuit viendra plus tard, la mer d’encre, bleu nuit, bleu tempête, la vague glisse,  l’air lisse,  la saison des cyclones  reviendra l’an prochain, la mer se déchaînera un autre jour, sur le quai les couples se forment, la lumière change.

L’image est irénique et le bleu pardonnant, apaisant les tensions, réconciliant les âmes, les Hommes sont en veine de confidences, le soir est là et j’eus aimé t’avoir en partage, parce que le bleu unit.

Evariste  Zephyrin

La douce te raconte son début de soirée....

 

De retour dans ses pénates après une dure journée d'intense labeur, la douce s'est adonnée à un moment de détente tout en eau.

Elle s'est plongée avec joie dans une eau claire et tiède aux senteurs de vanille.

Le clapotis de l'eau a fait frémir la douce jusque dans ses recoins intérieurs. Ces premiers émois n'ont même pas eu le temps de s'estomper, qu'un plaisir pénétrant venant de l'arrière a picoté la douce pour finalement la chambouler totalement.

Aussi la coquine pour ne pas être en reste,  s'est offerte a une perforation et à cet instant elle a alors ressenti l'extase d'un plaisir double.

Parolier remodèle son monde émotionnel en trois touches perlées :

Modaux

J'emprunte mots à France -
perdus les miens
en historiettes,
Mlettes.

Esclave enclave
prête-moi ta langue
pour dire un mot :
Chandelle

Candélabre d'émaux
vert miel vermeil
j'épanche un pot
un seau
D''émois.

Parolier du Dru Mot

Arpentant le temps et s'en repentant, Parolier se fait tôlier-ondulateur en son loisir.

Filousie

Dans le droit fil
Si c’est carré
Dans le dortoir
Du mordoré

Le monde est faux
Sans ce ciment
Cette vibrance
D’une heure au chaud

Je mord,  je meus,
Je prends le temps

Dehors, il pleut.

Parolier du Dru Mot


antillaisePyepimanla le magazine antillais vous invite à retrouver sur ces liens, les éditos : Spécial élection n°1,
n ° 2,  n° 3, n°4  et l’édito normal.

Des législatives en demi-teintes…



(Présentation des prncipaux candiadts antillais pour les législatives se déroulant en Martinique)

serge letchimy etCatherine CONCONNE

Serge Letchimy et Catherine Conconne

La télévision, l’Internet et l’interdiction d’afficher en dehors des panneaux électoraux ont tué la magie électorale d’antan. Finis les grands meetings populaires au cours desquels un Césaire ou un Marie-Jeanne rassemblaient des milliers de gens, subjugués qu’ils étaient par le verbe français du premier et le verbe créole du second ! Finis les compétitions de collage d’affiches entre candidats, quand la règle principale du jeu consistait à coller le portrait de son champion sur celui de l’adversaire ! Finis les révélations croustillantes sur untel ou untel, les bons mots et les jeux de mots « mortels » (comme le fameux « Mad Max » du même Césaire, adressé à Max Elysée, du haut du balcon de l’ancienne mairie de Fort-de-France) ! Du coup, la fin du folklore électoral pouvait laisser penser que le niveau de la campagne électorale s’élèverait puisque désormais, le petit écran interdit tout dérapage et toute attaque ad hominem. Il n’en est hélas rien ! Les professions de foi de nos chers candidats sont vides comme des cocos secs, hormis celles de deux ou trois d’entre eux. Leurs interviews convenues au possible et les débats qui les opposent, médiocres, pour ne pas dire plus.

Aussi ne perdrons-nous pas notre temps à analyser les discours de ces messieurs-dames. Nous nous contenterons d’épingler un certain nombre de comportements et de prises de positions lamentables

Serge LETCHIMY est candidat PPM dans le centre. Et c’est le moment que trouve la municipalité dont il est le premier édile pour distribuer 2.000 titres de propriété aux habitants de Trénelle ! Outre que ce n’est pas très élégant en pleine campagne électorale, ces titres de propriété sont aussi de véritables permis d’inhumer car toutes les études scientifiques démontrent que le Morne de Trénelle s’effondrera en cas de tremblement de terre de force 5. A la préfecture, 20.000 housses attendent déjà pour ramasser les infortunés Trénelliens !


Catherine CONCONNE est candidate dans le Nord-Caraïbe sous les couleurs du PPM lequel a mis sa machine électorale à son service parce qu’ALMONT, le fainéant, est prenable. Sauf que la dame n’a jamais émis une seule idée digne de ce nom au cours de ses différentes interventions et prestations radiophoniques ou télévisées. Le degré zéro de la politique ! Aurons-nous une deuxième MICHEAUX-CHEVRY, en moins cultivée et moins classe ? C’est, hélas, ce que prédit un sondage d’OPEN-SOFT SYSTEM. Pauvre Martinique !...

guy lordinot

Guy LORDINOT est candidat dans le Nord-Atlantique. Le « député-chlordécone » déclare à qui veut l’entendre qu’il n’est en rien responsable de la demande de prorogation dudit poison qu’il avait demandée et obtenue lorsqu’il siégeait au Palais Bourbon. C’est pas moi, affirme-t-il, c’est la faute des agriculteurs qui m’ont demandé de déposer cette demande de prorogation. Mais il y a pire que cette attitude infantile : LORDINOT déclare que l’actuelle mobilisation autour de l’empoisonnement au chlordécone n’est qu’une manœuvre de promoteurs immobiliers qui veulent s’emparer des terres à banane ! L. Boutrin et R. Confiant ainsi que l’ANC (Association Non au Chlordécone) de G-E. GERMANY ne seraient donc que les chevaux de Troie de sombres capitalistes qui, en secret, préparent la bétonisation des terres agricoles du Nord de la Martinique. Grotesque. Grotesque et indécent !...

Alfred MARIE-JEANNE

Alfred MARIE-JEANNE et Daniel MARIE-SAINTE, interrogés par Patrick Chesneaux sur ATV sur la question de savoir si la Martinique est en train de vivre « un génocide par substitution », ont bravement éludé la question. Drôle d’attitude pour des patriotes et des indépendantistes ! Calcul électoral ? Lâcheté ? Allez savoir ! Pourtant, n’importe quel Martiniquais peut constater que jour après jour, notre pays est envahi et que la caldochisation est en marche. Il est vrai que la veille, toujours sur ATV, à la même question, Serge LETCHIMY avait, lui aussi, botté en touche alors que l’expression « génocide par substitution » est une invention de son idole et président d’honneur du PPM, Aimé CESAIRE en personne !!!

Alfred ALMONT

Alfred ALMONT sera candidat à sa réelection dans la circonscription dans le Nord-Caraïbe. Ses troupes labourent sans merci le terrain avec comme principal argument que le maire de Schoelcher s’est battu pour le développement économique de la Martinique. Hélas ! ALMONT n’est intervenu que…4 fois en 5 ans, oui, quatre fois, à l’Assemblée Nationale alors que la moyenne des interventions des députés des DOM est de 22. Et son argument selon lequel, il n’aurait pas besoin d’intervenir puisqu’il est membre de la majorité UMP tomba à plat : Mme CARABIN, UMP-Guadeloupe est intervenue 26 fois et un député UMP de la Réunion…131 fois. ALMONT est donc un roi fainéant !

Philippe EDMOND-MARIETTE

Philippe EDMOND-MARIETTE est candidat à sa réélection dans le Centre. A l’entendre son « ami » LETCHIMY lui avait promis de ne pas se présenter. Or, le maire de Fort-de-France a trahi sa parole, ce qui n’est pas bien. Sniff-Sniff ! On croirait se trouver dans la cour de récréation d’une école primaire.


Louis BOUTRIN

Louis BOUTRIN de « BATIR LE PAYS MARTINIQUE » est candidat dans le Nord-Caraïbe. Il est l’un des rares, avec Francis CAROLE du PALIMA, à avoir un programme sérieux et chacun connaît ses combats pour le transport maritime ou pour le chlordécone. Mais l’homme semble bien seul. Comme si son parti, lamentino-centré au possible, l’avait largué. Pire : le député EDMOND-MARIETTE de « BATIR » comme BOUTRIN a installé sa permanence à Terres-Sainvilles, sur le territoire de la circonscription de BOUTRIN donc, mais dans ladite permanence, on ne trouve que des affiches et des professions de foi d’EDMOND-MARIETTE ! Comique. Comique et triste…

Garcin Malsa

Garcin MALSA, président du MODEMAS, n’est pas candidat, mais son parti s’est fendu d’un communiqué dans lequel il déclare soutenir les candidats du MIM et du PALIMA, chose somme toute logique, mais aussi, dans la circonscription du Nord-Caraïbe, un certain…Claude CAYOL, candidat du RDM, le parti de Claude LISE, président du Conseil général. Le RDM, rappelons-le, est une dissidence du PPM. ON croit rêver ! Le MODEMAS décerne un brevet de nationalisme à l’ancien footballeur du Club Colonial ! Quand la politicaillerie vient souiller le combat nationaliste, on est en droit de se demander où est la morale de l’affaire. Simple : MALSA soutient la politique de Claude LISE au Conseil général. Bravo ! Comme ça, la commune de Saint-Anne aura ses ronds-points et ses trottoirs refaits à neuf. Lamentable…

claude cayolClaude CAYOL justement est candidat dans le Nord-Caraïbe. Il n’y a rien à dire sur lui dans la mesure où l’homme confond allègrement, dans sa profession de foi, les rôles de maire ou de conseiller général avec le rôle d’un député. Ignorance ? Machiavélisme ? Allez savoir !...Heureusement que l’ex-brillant avant-centre des « Noirs et Blancs » n’a aucune chance d’être élu !

Chantal MAIGNAN,Chantal MAIGNAN, inconnue au bataillon des personnalités et des militants politiques martiniquais, est propulsée candidate de l’UMP dans le Centre. Le programme de la dame se résume à « Votez pour moi car la Martinique ne doit pas se trouver dans l’opposition puisque le président de la république appartient à la majorité ! ». Un peu court comme argument et d’une démagogie indigne d’une enseignante d’université. MAIGNAN, erreur de casting ?

Raymond OCCOLIER

Raymond OCCOLIER, maire du Vauclin, est candidat PS dans le Sud. Ce socialiste plus-assimilationiste-que-moi-tu meurs, n’a qu’un programme et un seul : faire accéder sa petite personne jusqu’aux bancs dorés du Palais Bourbon. Un tel acharnement est si comique qu’il en devient presque sympathique.

André LESUEUR est candidat UMP dans le Sud. Le maire de Rivière-Salée a déjà goûté aux fastes de l’Assemblée nationale et il a très envie d’y goûter à nouveau. Sauf que personne n’a retenu une seule intervention ou action concrète de sa part lorsqu’il était député. Le vide intégral. Sidéral même…

Anicet TURINAY est candidat des « Forces Martiniquaises de Progrès (Droite) dans le Nord-Atlantique. Rien à dire : même topo que pour André LESUEUR.

Yan MONTPLAISIR est candidat-UMP dans le Nord-Atlantique. L’homme, au demeurant sympathique, est le plus fervent sarkozyen de la Martinique (à égalité avec LESUEUR). A l’entendre, le locataire de l’Elysée détiendrait les clés du sauvetage économique de la Martinique !!! Pourquoi, dans ce cas, ne pas faire élire SARKO député d’une Martinique dans laquelle il n’y aurait plus qu’une seule et unique circonscription ? Tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes. Risible…

Il y aurait beaucoup à dire sur les autres (petits) candidats. La place nous manque. Toujours est-il qu’une fois de plus, nous sommes obligés de nous demander si ceux qui, comme le PKLS, demandent au peuple martiniquais de s’abstenir, n’auraient finalement pas raison.


Jean-Laurent Alcide

Safia Otokoré (PS), une coureuse de fond "parachutée" à Trappes

safia otokorePar la course de fond, elle s'est arrachée des bidonvilles de Djibouti, pour devenir une élue de la République : Safia Otokoré, 38 ans, assume son parachutage à Trappes par le PS, dans une des seules circonscriptions des Yvelines gagnables par la gauche aux législatives.

"Je suis une femme, Noire, et le parti avait besoin de mon profil pour les circonscriptions qui ont appartenu à la gauche", explique sans ambage l'ancienne vice-présidente du conseil régional de Bourgogne.

Vive et gracile, Safia Otokoré affiche un tempérament de feu : "Bien sûr, j'ai été parachutée mais vous croyez que Ségolène connaissait le terroir quand elle a atterri en Poitou-Charentes ?"

Après sa désignation en juillet 2006 pour la 11e circonscription des Yvelines, elle s'installe avec ses deux garçons à Elancourt et laisse derrière elle la Bourgogne, son mari footballeur professionnel et une réputation de "rentre-dedans" à l'équipe municipale d'Auxerre dont elle s'est fait exclure en 2004.

Dans cette circonscription qui a donné 53% de ses voix à Ségolène Royal, son arrivée fait grincer pas mal de dents. Notamment celles de Guy Malandain, maire PS de Trappes, ancien député de la circonscription, qui a maintenu sa candidature, arguant de 25 ans de présence sur le terrain.

"Cet accueil ne m'effraie pas : je suis une sportive et jusqu'au dernier souffle je me battrai", dit-elle, sûre de sa victoire contre l'UMP sortant Jean-Michel Fourgous.

Née de parents réfugiés somaliens, quatrième d'une fratrie de dix, Safia Otokoré apprend très vite à ruser pour échapper au destin que la Somalie, "pays des femmes cousues", réserve au sexe faible.

Par l'école et par l'athlétisme, - adolescente, elle devient championne de course de fond - elle "achète sa liberté", franchit les frontières africaines et découvre le Sénégal et la Côte d'Ivoire où elle rencontre son futur mari qui rejoint l'AJ Auxerre.

"Ma vie m'a apporté une conscience très aigüe des valeurs françaises : la liberté d'expression, l'égalité entre les sexes, l'importance de l'école républicaine".

"Très à l'aise" à Trappes où 70 nationalités se côtoient et où 18% de la population est au chômage, elle se présente comme la "candidate des pauvres" et fait campagne "dans l'espoir de combattre toutes les inégalités par lesquelles elle a pû elle-même passer". Mais "pour changer le monde, il faut le pouvoir", soutient-elle.


Trente six chandelles

chandelles

Officiellement, RAS à Sarcelles « 2007, un siège fidèle pour le séduisant social démocrate » concluent avec une rare objectivité les deux publicistes Patrick Lafrage et Brice Soccol dans leur encyclopédie 577 députés à élire, que la plupart de leurs confrères se contentent de recopier comme de bons écoliers. À en croire certains journalistes, les jeux seraient donc faits dans la VIIIe circonscription du Val d’Oise. On connaît déjà les résultats, donc pas la peine d’aller voter. Circulez ! La réalité est un peu différente. À deux reprises, DSK a été plus que secoué par une inconnue. Elle se présentait sous les couleurs de l’UDF qui, à cette époque, recueillait dans les 5 %. Cela n’a pas empêché ladite candidate de réaliser en 2002 un score de 17 % au premier tour, laissant loin derrière elle la candidate UMP majorité présidentielle et de mettre la grosse bête en ballottage. La raison ? La candidate en question était originaire de la Martinique et les Antillais, dans la circonscription, représentent 20 % de l’électorat : plus de 5000 voix ! Si l’on y ajoute les Afro-Français, on est à 40 %. Si les Maghrébins se mettent de la partie pour aider les «cousins», là c’est la totale. La révolte de ses « nègres » et de ses «bougnoules » (25 % de chômeurs) pour l’éléphant, c’est le recyclage direct au cirque ou au zoo. On comprend, dans ces conditions, que le SSD (le « séduisant social démocrate ») se fasse du souci et double, paraît-il, ses rations de Prozak. Car si les Antillais et les Afro-Français de Sarcelles, de Garges et de Villiers le Bel, au lieu d’aller zouker ou de voter comme des gogos pour un milliardaire qui les méprise, ne se trompent pas de bulletin dimanche 10 juin, il risque d’y avoir pas mal d’agitation dans les hautes sphères en fin de soirée… D’autant que Ségo n’a peut être pas pardonné d’avoir été soutenue par l’ex futur Premier ministre comme la corde soutient le pendu. Aurai-je la cruauté de rappeler que, lors des primaires, les socialistes de la circonscription (on ne parle même pas du département) ont largement choisi Ségo, ce qui dit assez la popularité du monsieur qui est obligé de recruter des colleurs dans le département d'à côté. Bien évidemment, Jumbo jet set et ses amis journalistes préféreraient certainement avoir Sylvie Noachovitch au deuxième tour plutôt que le tombeur de Napoléon qui passe pour beaucoup moins sympa avec ses adversaires. La candide candidate UMP aux beaux yeux myosotis recrutée chez Julien Courbet promet à ses électeurs, elle qui a grandi dans les beaux quartiers du Val d’Oise, de leur faire profiter de « son expérience télévisuelle ». Tout un programme. Il faut se rappeler que la dame s’était déjà présentée dans la circonscription voisine (moins pourvue en bronzés) où elle avait péniblement recueilli 7 % des suffrages sous le labelle UDF. Cinq ans plus tard : hop ! On change de casaque et en chevauchant Sarko, cette fois, on espère passer le poteau.

Malheureusement, si l’on en croit ce que disent les milliers d’humbles électeurs que je croise chaque jour dans des lieux aussi infréquentables que les gares et les marchés, le scénario le plus probable est un peu différent. Avec Ribbe au second tour, le joli cœur de Neuilly risque de voir trente six chandelles. C’est le cas de le dire.
 

Claude Ribbe

Les candidats de la diversité en proie à des débuts difficiles

george pau langevin


Elle est devenue la femme - noire - à abattre pour une partie de ses amis, au PS. La candidature de George Pau-Langevin, avocate d'origine guadeloupéenne en charge de la délégation générale à l'outre-mer au cabinet de Bertrand Delanoë, à Paris, dans la 21e circonscription, donne lieu à un duel fratricide entre elle et Michel Charzat. Le maire PS du 20e arrondissement, député de la circonscription pendant vingt ans, se représente en dissident, quitte à s'être vu exclure du PS, le 23 mai. La bataille pourrait faire perdre la gauche dans un fief où Mme Pau-Langevin était pourtant, au départ, assurée de l'emporter.

Suivant la procédure prévue par le PS pour promouvoir des candidats issus des minorités, cette élue du 20e a été investie, en juillet 2006, par le bureau national du parti, sans vote de la section locale. M. Charzat conteste du coup sa "légitimité" et dénonce "un coup de force pour imposer une proche de M. Delanoë, sans consultation des militants". Elle a été désignée "au nom du quota ethnique", écrit-il dans un de ses tracts. "Je me présente pour combattre la dérive communautariste du PS", affirme l'actuel député. "C'est la première fois, en trente ans de militantisme au PS, réplique Mme Pau-Langevin, que je me fais cartonner pour la couleur de ma peau et en plus par un camarade de parti".

Pour défendre cette fidèle militante jospiniste contre le fabiusien Charzat, Bertrand Delanoë ne ménage pas sa peine. La candidature de "George est le symbole de notre volonté de vivre dans une République laïque où toutes les identités sont indispensables", a-t-il répété, mardi 5 juin, en présence de François Hollande et de Pierre Mauroy, venus prêter main-forte à la candidate officielle, dans un préau de l'arrondissement. Le lendemain c'était au tour de Dominique Strauss-Kahn de conjurer M. Charzat de retirer sa candidature. Celui-ci s'obstine et mobilise Paul Quilès et Michel Charasse, venus lui témoigner leur soutien sur le terrain. Le PS a obtenu la condamnation devant la justice de M. Charzat pour avoir détourné le blog de Mme Pau-Langevin. Un accrochage violent a eu lieu entre militants PS des deux camps, en marge de la visite de Ségolène Royal, le 2 juin. "La question de la représentation des diversités est une question complexe sur laquelle il ne faut pas que le PS se plante", assurait Mme Pau-Langevin le 26 mai. La mise en garde n'aura pas suffi.

A l'UMP aussi, la question sème le trouble et déjoue les scénarios ficelés d'avance. Alors que pour la première fois, l'UMP présente "trois candidats de la diversité", au nom de la "discrimination positive", idée prônée par Nicolas Sarkozy, ceux-ci se démarquent des slogans de leur parti et pour mieux séduire une partie de l'électorat de gauche.

"L'assignation communautaire dans les partis m'ennuie", soupire Jeannette Bougrab, candidate UMP dans le 18e arrondissement. "Vouloir promouvoir systématiquement des candidats issus des minorités dispense de mener des politiques d'investissements massifs pour lutter contre les inégalités", affirme cette fille de harki, juriste de 33 ans, maître de conférence à la Sorbonne qui revendique "un droit à l'indifférence" quand elle se voit rappeler ses origines.

Candidate UMP dans la 10e circonscription, Lynda Asmani, jeune femme d'origine berbère, se définit d'abord comme "une militante des droits de l'homme, fille d'ouvrier de chez Peugeot et petite-fille de mineur de fond" avant de se présenter comme "candidate de la diversité". Un profil qui lui vaut "de rencontrer tous les jours, assure-t-elle, des gens qui ont voté Ségolène et qui voteront" pour elle. Investi dans la 6e circonscription, Jean-Claude Beaujour rend hommage au "volontarisme" de M. Sarkozy. Mais cet avocat né en Guadeloupe remarque que son parti, l'UMP, n'a désigné aucun "candidat de la diversité" dans des circonscriptions gagnables, à Paris.

Béatrice Jérôme


Esclavage d’aujourd’hui et d’hier

godwin okpara

Une nouvelle sous la rubrique  des faits divers  émerge de l’actualité, attire mon attention et prend une connotation toute particulière, en ce mois de mai où l’on commémore l’abolition de l’esclavage en France. Il nous ait donnés de lire que l’ancien joueur du PSG, Godwin Okpara, a comparu devant la cour d’assise des Yvelines parce qu’il est accusé « d’esclavage ».

Le footballeur, originaire du Nigeria, ainsi que sa femme et sa belle-mère ont été poursuivis pour  « viols » et « viols avec torture et barbarie ».

En 2007, en France de tels faits paraissent aberrants et pourtant ils sont bien réels. Les accusés avaient acheté en 2001, une jeune nigériane de 13 ans, en vue de l’adopter officieusement. La jeune adolescente a été en fait l’esclave de sa  famille adoptive. Elle a vécu dans des conditions inhumaines, couchait à même le sol et comme si cela  n’était pas suffisant, durant 2 ans (de 2003 à 2005) elle a été l’objet sexuel de Godwin Okpara. La femme et la belle-mère d’Okpara, quant à elles auraient non seulement facilité les viols, mais aussi pratiqué des sévices sexuels à l’encontre de la jeune fille.

La jeune adolescente,  qui grâce à son adoption, devait être  promise à un meilleur avenir, que si elle avait grandi sur sa terre  natale, a été réduite à la  double condition d’esclave et d’esclave sexuelle.

La révélation médiatique de ce crime, nous rappelle que l’esclavage moderne perdure encore et ce aussi dans les sociétés occidentales.

Par ailleurs, le fait que les inculpés soient d’origine nigériane   met en exergue la relation historique, ambiguë que les Africains ont avec l’esclavage.

L’Afrique en la matière cumule à la fois le statut de victime et de coupable. Elle est  à l’époque moderne, la victime de l’asservissement par les Etats coloniaux européens, d’un grand nombre de  ses forces vives.

Elle est aussi coupable  d’avoir collaboré à l’approvisionnement en esclaves des négriers occidentaux.

Cette relation des Africains avec l’esclavage n’est pas simple pour les Africains d’aujourd’hui.

Car  à l’heure où l’on parle de réparations pour ce  crime contre l’humanité, qu’est l’esclavage, la position des pays africains est délicate et les opposants à toute idée de dédommagements n’hésitent pas à brandir cette ambiguïté, pour se dédouaner de toutes responsabilités.

Le Président actuel de la République française, qui figure parmi les opposants, a  jugé du temps où il était en campagne présidentielle, qu’il est temps pour la communauté noire  « d’arrêter de larmoyer sur le passé ».

Or, au XIX e siècle, les colons esclavagistes ont bel et bien reçu des indemnisations, en  compensation de  la perte de leurs esclaves au moment de l’abolition. Les anciens esclaves devenus libres pour leur part  n’ont rien reçu, ni même leurs descendants pour les préjudices subis par cette  mise en esclavage.

Concernant un autre crime contre l’humanité, les victimes de la Shoah ont été dédommagées pour l’infamie dont elles  furent victimes.

Alors, pourquoi en France il y a-t-il une telle différence de traitement dans les tragédies humaines ?

Pourquoi certains « méritent » le qualificatif de victimes et d’autres se voient affublés de la dénomination de « pleurnichards » ?

Serait-ce une question pigmentaire ?

Toutefois, la mise en accusation de l’ex défenseur du PSG et de sa famille, qui peut apparaître à première vue comme une stigmatisation envers les "commutés noires",  par ailleurs ouvre vers d"autres perspectives.

En effet le procès s’est clos par  la condamnation à 13. années de prison ferme pour Godwin Okpara, de 15 années pour son épouse et de 5 ans pour sa belle-mère.

La conclusion judiciaire  de cette histoire, n’est ni plus ni moins qu’un rappel au bon sens, à savoir que si l’esclavage moderne individuel est condamnable en 2007, il n’y aucunes raisons légitimes pour que l’esclavage de masse d’hier soit jugé plus moral aujourd’hui. 

Emmanuelle Deschè

Marigot de Saint Martin, vue des hauteurs du Fort

marigot de saint martin
photo : Jean Sahaï

Saint-Martin, l'île du Nord de la Guadeloupe, et jusqu'ici sa  « dépendance » pour la partie française - aussi européenne que   l'autre, hollandaise...

Saint-Martin commence une nouvelle vie, avec un nouveau statut qui se met en place avec douleur et joie d'enfantement. Statut qui   permettra  une automnomie de décision renforcée, un nouveau souffle, une   nouvelle dynamique. Il fallait le souhaiter, car Saint-Martin,   comme Saint-Barthélémy, mais pour  d'autres raisons aussi, a sa propre spécificité qui la distingue   largement de la Guadeloupe dite "continentale" : prédominance du   parler anglais, tourisme  d'une autre envergure, plus professionnel, plus accueillant, plus   équipé au niveau haut de gamme... et donc capable d'accommoder sans   décevoir une  clientèle huppée et prospère, en quête de dépaysement, d'enjoiement  et de dé-stressing sans les aléas mesquins qui navrent le tourisme  en Guadeloupe  papillonne.

 Mais à quel prix se fera cette nouvelle autonomie de décision à   Saint-Martin partie française? L'île est occupée par une majorité   de non-natifs, qui y  développent un commerce intense, et à qui le statut de zone franche  rapporte d'immenses bénéfices bien axés car non-taxés :   restaurateurs, hôteliers, et commerçants en tous genre... Par ailleurs une immigration   galopante en a fait une île cosmopolite et multilingue, mordorée à   souhait et riche de tous les babils : anglais, américain, hollandais, créoles divers,  italien, hindi, tamoul, etc.

marigot_saint martin_haut du fort

photo : Jean Sahaï

Pour avoir une première idée de Marigot, capitale de la "French  Part", faites l'ascension facile qui conduit au Fort, lieu  historique, témoin des batailles entre Anglais, Français , Hollandais et autres flibustiers pour la possession de  l'île. De là-haut, vous verrez Marigot, ses grouillants ports et ses   marinas, les mornes qui l'entourent, le trafic maritime et routier... Mais aussi sa végétation quoique ratiboisée, et vous aimerez son climat si attirant lorsqu'ailleurs  hivers sévissent, même si là-haut un grain de pluie doit vous saluer.

Puis vous redescendrez pour votre séjou,r qui vous fera vite oublier  les premières vues d'en haut, mitigeantes, il faut le dire. Car, pour un farniente, vous en aurez un cool, à St Martin.

J.S. Sahaï

Les Grenadines, Saint-Vincent, un enfant

saint vincent un enfant photo aux grenadines

Un Antillais à une Antillaise...

In mémorium…

Une voix sonore, un rire étincelant
Une haute silhouette debout dans le vent
Comme un hêtre planté quoique chancelant
Une femme au long court qui s’esquive
Recule et disparaît pour toujours.
 

Et son chant soudain  s’éteint
Et son sourire soudain s’efface.

Evariste Zephyrin



Un Antillais à une Antillaise...

Jeux hellènes sur l’avers…

Le verre est sur la table
Le ver est dans le fruit
Le vert est mis
L’envers du décor
Devers le mois
Et envers toi

Je muserai sur les revers de ton âme
J’irai vers ton
cœur
 nous jouerons  aux jeux hellènes.

Evariste Zephyrin

Un peu de kompa love, écoutons les ballades de Jackito

L’héroïne de ce clip vidéo ressemble trait pour trait à mon grand amour de jeunesse, elle arbore le même sourire, fait montre d’une même fragilité.

Et mon cœur s’émeut en la regardant et je la revoie dans mes bras. Oh mon Dieu !  Laisse moi,  « sur ses lèvres déposer des bouquets de printemps. » et à ses oreilles des tombereaux de regrets.

Un dimanche soir à la nuit antillaise

Une reprise de Cabrel : je l’aime à mourir.

Il a rencontré la fille le jour même de son anniversaire, elle est belle, exceptionnelle, émotionnelle et il l’aime à mourir.

Je te dis que c’est trop beau pour être vrai.

Mwen souwaité pou manman,w dacô
Mwen souwaité pou papa,w dacô. »





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