J’ai
bien reçu vos
légitimes contestations et j’apprécie le maintien de
votre vigilance. Je suis au regret de constater que s’illustrent
bruyamment les menaces dont je faisais état dans ma lettre du 9 mai 2005,
réparties en plusieurs parties de cette lettre et notamment dans
le paragraphe suivant :
«
En nous querellant
aujourd’hui, nous armons tous ceux qui veulent différer ou
contester ces acquis. Et nous aurions tort de sous estimer le test
auquel se livre le gouvernement en décidant de réserver
sa réponse au rapport du CPME. Comme nous serions coupables
de ne pas prendre au sérieux les coups de boutoir
déjà lancés contre la loi de 2001 par les
défenseurs de la loi du 23 février 2005 qui recommande
l’enseignement du « rôle positif de la France » dans
la colonisation. Et nous serions fautifs de manquer d’attention aux
intentions des auteurs d’ouvrages relativistes qui visent à
minimiser l’impact de
la traite européenne. Quelle triste ironie si, grâce
à l’article deux maintenu de haute lutte durant les
débats parlementaires, des thèses folkloriques, exotiques
ou révisionnistes pénétraient les écoles
parce que nous sommes plus
occupés à nous pourfendre qu’à participer à
la production de livres scolaires. » (p. 4)
Toutes réactions sont à
étudier et à mettre en œuvre. Y compris
éventuellement des suites judiciaires.
Christiane TAUBIRA
Aux bâtisseurs de la haine
En
ces temps prodromiques de
revendications communautaires, affluant des minorités ethniques
vivant en métropole, réclamant une meilleure prise en
compte de leurs spécificités et difficultés,
rompant ainsi avec la mutité et des années
d’invisibilité, il s'avère qu'en voulant avoir voix au
chapitre, elles amorcent une évolution
sociétale qui marquera à terme, la fin du
modèle social assimilationniste
français, tant l’échec de l’intégration des
Nègres
et des Arabes au sein de la République française est
patent.
Les
populations appartenant
à la minorité, dite pudiquement, « visible »,
furent tour à tour, au cours de l’histoire récente,
vues attribuer la paternité de tous les maux, dérives et
travers de la société française, dont le dernier
avatar de cette stigmatisation «
historico-politico-médiatique », fait des Antillais des
antisémites et la créolité une
idéologie porteuse de haine.
C’est ce qui
s’écrit et se dit !
Mais
leur quotidien est
différent de ce qu’arguent ces individus, parce que les Juifs et
Israël ne sont pas de leurs préoccupations, pris qu’ils
sont dans les lacs du racisme, de la discrimination, du
harcèlement moral, du
mal de vivre, de la frustration à être, de tous ces tracas
qui
incidentent leur devenir, dans ce pays supposé être le
leur.
A
contrario, ce que nous
constatons, c’est la volonté entêtante d’un groupe
de personnes influentes, appartenant pour le plus grand nombre
à une communauté déterminée,
manifester ouvertement leur désir de discréditer et
d’en découdre avec les populations d’origine africaine ou
antillaise, n’hésitant pas à reprendre l’argumentaire
raciste de l’extrême droite à leur compte,
pétitionnant en faveur d’un appel
à la haine raciale contre les Nègres, après
qu’ils eussent tenté de décréditer un homme
à partir de fausses allégations, de manipulations
médiatiques et de persécutions judiciaires.
Alors
la question que nous nous
posons c’est pourquoi, dans quel but et quels objectifs poursuivent ces
bâtisseurs de la haine ?
Leurs
raisons doivent être
nombreuses, dont certaines impénétrables à notre
logique. Mais, nous pouvons avancer l’hypothèse, que cette
communauté sociologique ne puisse fonctionner de manière
endogame, que si elle se sent menacée, donc ses
idéologues lui créent des ennemis afin de pouvoir mieux
la contrôler, éviter la dispersion
ou la désintégration du groupe. Nous pourrions trouver
d’autres raisons, notamment les thèses développées
par les rabbins ultra-orthodoxes, mais là n’est pas notre souci.
Toutefois,
ce mode
fonctionnement endogamique,
n’est pas exclusif à cette communauté, si nous nous
référons
à une étude sociologique que nous avons parcourue, il
apparaît
que les Noirs américains, à plus de 90 % se marient entre
eux.
Par ailleurs, au sein de la communauté afro-antillaise nous
percevons
des velléités de même nature, et des intentions de
plus
en plus affirmées d’une jeunesse politisée et
conscientisée
refusant les mariages mixtes, ayant une vision manichéenne du
monde
ou le noir s’oppose au blanc ou vice versa, ce qui influe que tout ce
qui
n’est eux, ne les ressemble pas est hostile ou pas digne
d’intérêt,
pour simplifier n’existe pas.
Une
autre hypothèse veut
que les raisons sont à rechercher à Durban (2001), qui a
vu
l’affrontement entre les ONG des pays du sud et Israël à
propos
de la question palestinienne. C’est lors de ce forum que le
sionisme
fut qualifié d’idéologie raciste au même titre que
le nazisme, et la guerre menée par les Israéliens
à l’encontre des palestiniens de génocide par les
délégations. Signalons que la question de la
reconnaissance de l'esclavage et de la
traite négrière par les pays colonisateurs et les
réparations afférentes à ce crime, furent
aussi débattues lors de cette conférence.
Quoi
qu’il en soit, d’aucuns
pensent que : « les stigmatisations communautaires qui
éclatent aujourd'hui (envers les Noirs et envers les
Arabes) semblent avoir pour origine cet événement
fondateur »
Ont-ils raison, ont-ils tort, peu importe !
De notre côté, nous remarquons que la vindicte des
sionistes a débuté contre la communauté
afro-antillaise lorsque Dieudonné a dénoncé
le traitement différencié des souffrances et
l’atrophie de la mémoire, dès lors qu’il s’agissait
du Nègre. Nul besoin de s’appesantir sur
ce sujet, car une presse schizophrénique, en a fait ses gros
titres pendant des mois et peu purent échapper à ce
battage médiatique et au lynchage de l’artiste.
Puis,
vint la déclaration
déposée au Parlement européen visant
à la reconnaissance de la traite négrière et de
l’esclavage en tant que crime contre l’humanité, ce qui a
renforcé leur hostilité et leur pugnacité.
Ces gens se sont déchaînés sur les médiums,
entre autres, le forum du Monde, en tentant de minimiser l’impact de la
traite négrière atlantique, faisant prévaloir le
rôle des Arabes dans la traite saharienne, qui par un
retournement sémantique devenait la «
traite arabe ». Quoique ce terme fût usité par le
passé, aujourd’hui, il est de manière
systématique. Sans doute, Ils leurs convenaient de
stigmatiser un peu plus cette population déjà
fortement discriminée, donc suivons leur exemple et ne parlons
plus de traite atlantique mais traite européenne, et ce de
manière systématique.
Il
va de soi, qu’ils n’ont eu de
cesse de tout mettre en oeuvre afin d’empêcher cette
reconnaissance, dont le point d’orgue fut atteint, lorsque le prix du
Sénat du livre d’histoire fut décerné
à Pêtre Grenouilleau, dont le livre qui n’est ni plus ni
moins, qu’une énième tentative de falsifier l’histoire de
la traite négrière.
A ce propos, le Parlement s’était déjà
illustré en adoptant la loi d u 23
février 2005, loi qui fait l’éloge de la
colonisation, ce qui laisse supposer que cette offensive en vue de la
réhabilitation de l’image de la France pour son rôle dans
la colonisation, dans
l’esclavage et la traite négrière, congrue à
une certaine élite politique.
Trêve
de digression,
revenons à notre sujet. Toutes les actions ont une raison,
et la
stigmatisation dont nous faisons l’objet n’y échappe pas.
Tout d’abord,
chacun d’entre nous doit comprendre que la
victimisation est un enjeu de pouvoir et d’argent.
Ensuite,
écorner leur
image de victime universelle en montrant qu’ils furent comme tous ceux
impliqués dans l’infâme trafic, le négoce du bois
d’ébène eux aussi des bourreaux, est une
vérité que beaucoup d’entre eux ne sont pas prêts
d’accepter. D’autant, qu’en cas de réparations, les armateurs
ainsi que les banquiers comme tout ceux qui ont tiré
profit de ce trafic d’êtres humains seront mis sous la
sellette.
Et
pour finir, il ne serait pas
sot de penser qu’afin de se prémunir, ils leur paraient
opportun, dès aujourd’hui de se défausser, de se
disculper de toutes responsabilités dans l’odieux commerce
d’êtres humains, dans
cette abomination que fut la traite européenne en
réécrivant l’histoire.
A
cette fin, notre
communauté fait l’objet d’une vaste manipulation, et nous
pensons qu’il n’est plus temps d’avoir d’égards vis-à-vis
de ces gens malintentionnés qui nous déchirent, ceux
là même ayant déclaré la guerre à
notre histoire, à notre couleur de peau : les
mélanophobes comme Raphaël Confiant aime à les
nommer.
Il
n’est plus de mise de
paraphraser Aimé
Césaire dans nos articles, ni de préciser
dans l’exorde : « le Nègre que je suis voudrait affirmer
qu’il se sent aussi Juif, bougnoule… » afin de ne les
préjudicier, car si nous vîmes dans ces individus des
frères de douleur, qu’une commune souffrance rassemblait,
manifestement ce n’est pas plus le cas aujourd’hui. Alors cessons
d’êtres des hommes féaux, membres d’une communauté
élusive, d’une communauté méprisée, soyons
incléments parce que ceux qui nous attaquent,
défendent une idéologie politique et s’ils se confondent
avec une communauté ethnique, tant pis, cette communauté
n’a qu’à se désolidariser d’avec ses idéologues,
car nous répondons à un homme, à un faiseur de
haine et non une communauté d’individus.
Mardaye Tony
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