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le Magazine Antillais
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Outre-mer :
Marie-Luce Penchard tourne la page Jégo

photo Jean Largitte
Marie-Luce Penchard,
secrétaire d'État chargée de l'Outre-Mer,
à son arrivée pour un séminaire à Matignon le 28 juin dernier.
La nouvelle
secrétaire d'État a présenté lundi ses chantiers prioritaires.
Le dossier
rouge qu'elle porte sous le bras porte l'inscription Urgent . Mais elle
n'aura
finalement pas à l'ouvrir. Trois semaines après sa prise de fonction au
secrétariat d'État à l'Outre-Mer, Marie-Luce Penchard a réussi lundi
après-midi
son premier grand oral devant la presse. Sans langue de bois, le ton
apaisé,
elle répond aux questions, souvent très techniques. Sans fiches. Sans
avoir à
consulter du regard un conseiller.
Elle-même
ancienne conseillère chargée de l'outre-mer auprès du président de la
République depuis 2007, fille de la sénatrice guadeloupéenne et
ancienne
ministre Lucette Michaux-Chevry, Marie-Luce Penchard apparaît en bonne
connaisseuse du périmètre qu'il lui a été alloué au gouvernement. Les
dossiers,
parfois sensibles, comme l'après-crise
antillaise, ne lui
sont pas étrangers. Mais «c'est la sagesse», dit-elle, qui a exigé
d'elle
qu'elle se laisse du temps avant de rencontrer la presse. C'est
maintenant
fait.
Sa nomination
au gouvernement ? Elle dit l'avoir «appris quelques heures
avant». «Je ne
m'y attendais pas», jure-t-elle. Mais lucide du poids que ses origines
antillaises font peser sur ses épaules, Marie-Luce Penchard sait
qu'elle sera
attendue au tournant. C'est la première fois qu'un Ultramarin est nommé
à ce
poste. «Cette nomination n'est pas seulement la mienne. C'est celle de
tous les
Ultramarins. Je sais que je n'ai pas le droit de décevoir»,
reconnaît-elle.
Proximité
Marie-Luce
Penchard arrive pourtant sur un terrain glissant. Yves Jego laisse
derrière lui
un certain nombre de dossiers sensibles. Lundi, donc, elle s'est dit
déterminée
à promouvoir «la nouvelle relation de l'outre-mer à la métropole»
voulue par
Nicolas Sarkozy. Parmi les dossiers en cours, les carburants aux
Antilles : Je souhaite une solution sereine et
dépassionnée.
L'outre-mer n'a pas besoin de nouvelles tensions sociales, mais de
trouver des
solutions constructives.» Sur les états généraux lancés cet hiver,
«chacun doit
saisir cette opportunité (…). Il ne s'agit pas de calquer un modèle
uniforme de
l'outre-mer.»
Bref, «la
démarche qui sera la mienne sera une démarche d'écoute et de
proximité». Trop
tôt donc pour s'avancer sur le calendrier de l'évolution statutaire
annoncée de
la Martinique. Marie-Luce Penchard entend d'abord consulter. En
revanche, elle
répond déjà aux associations domiennes qui avaient demandé à ce que les
Martiniquais vivant en métropole puissent prendre part à la
consultation sur
leur île. «La Constitution ne le permet pas», tranche-t-elle.
La ministre,
qui assure assister à «chaque Conseil des ministres», affirme vouloir
faire de
son secrétariat d'État «un ministère ouvert aux autres ministères». Par
exemple
travailler en étroite relation avec Jean-Louis Borloo sur les questions
de
développement durable. Notamment au sujet du Grenelle de la mer. Quant
à son
ministre de tutelle, Brice Hortefeux, elle assure qu'elle «adaptera son
rythme
au sien».
Après un
accueil plutôt froid de la part du délégué interministériel chargé des
Ultramarins de métropole, Patrick Karam, le jour de la passation de
pouvoir
avec Yves Jégo, Marie-Luce Penchard assure que tout est réglé entre
eux. Lundi
soir, pour sa première garden-party qui a traditionnellement lieu le
13 juillet, elle a accueilli ses collègues Brice Hortefeux,
Éric Besson,
Henri de Raincourt et Christian Estrosi.
Rodolphe Geisler
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