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Pyepimanla
le Magazine Antillais
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Sondages:
l’opinion publique n’existe pas
L’affaire
OpinionWay met en lumière les théories de Pierre Bourdieu. Le
sociologue, en
son temps, n’a eu de cesse d’avertir que l’opinion publique n’existe
pas. Si ce
n’est dans les sondages, de surcroît, non représentatifs de la société.
Voilà
que le rapport de la Cour des comptes sur le budget 2008 de la
présidence de la
République, publié jeudi 16 juillet, épingle le "Politoscope, enquête grand
public omnibus
réalisée par l'institut OpinionWay, dont les résultats sont publiés
dans Le
Figaro et LCI",
qui aurait été facturé au cabinet de l’Elysée au prix faramineux de
392.288
euros.
L’affaire
OpinionWay c’est, d’une part, du pain béni pour le Parti Socialiste qui
s’est
empressé de l’instrumentaliser, et de l’autre, pour l’ensemble de
l’opposition
pavlovienne à Nicolas Sarkozy. Car, l’instrumentalisation de l’opinion,
en soi,
n’est pas un scoop. Et la connivence d’une certaine presse avec le
pouvoir, ne
date pas d’hier. La classe politique s’emballe: ça crie au loup, à tous
azimuts, pour railler l'institut de sondage OpinionWay, et au passage,
fustiger
deux rédactions réputées et connues pour leur rigueur (Le Figaro et
LCI).
OpinionWay:
un bouc émissaire de choix?
Pourquoi tant
d'hypocrisie? Le système est ainsi fait, il n'y a donc pas lieu de
parler de
manipulation de sondages. Puisque, la règle ne veut que les sondages
n’expriment que les contours d’une réalité au lieu de rendre compte de
la
complexité des contextes sociaux. Pour ce faire, interroger 1000
personnes
c’est dérisoire pour prétendre évaluer l’opinion publique. Pour qu’un
sondage soit
représentatif, il en faudrait 25.000 sondées.
Les instituts
de sondages sont, pour la plupart, détenus par les patrons de presse
qui sont
plus ou moins de mèche avec le pouvoir. Nous n’allons pas ici recenser
les
instituts de sondages qui appartiennent aux mêmes groupes de presse qui
publient leurs résultats. Un exemple notoire: L’IFOP (Institut français
de
l’opinion publique) n’est ni plus ni moins la propriété de Laurence
Parisot. La
présidente du MEDEF (syndicat des patrons de France) a sa vision de la
société
- pour le moins libre-échangiste - et, naturellement, se rapprocher du
pouvoir
et contrôler un organe de fabrication de l’opinion publique: c’est un
cas
d’école.
On se demande
pourquoi, soudainement, l’affaire OpinionWay retentit. Si la présidence
de la
République n’avait pas sommé la Cour de comptes d’évaluer ses dépenses
pour
l’année 2008 (une grande première depuis deux siècles), ce tollé
général
n’aurait pas eu lieu. Le président Sarkozy est tout sauf masochiste.
Manœuvre
politique?
Les
instituts de sondages: le vrai quatrième pouvoir?
Plus proche du
pouvoir et du monde économique, les instituts de sondages font figure
de spin
doctors. Ces conseillers en communication et en marketing chargés de
donner de
l’effet aux messages. Les sondeurs opèrent de la même façon que les
médias,
mais, avec plus d’efficacité. "La sélection des infos à
laquelle ils
procèdent, attirent l’attention du public sur certains termes plutôt
que
d’autres. Leur influence ne consiste donc pas à dire aux gens ce qu’ils
doivent
penser, mais ce à quoi ils doivent penser (…)" met en garde
Rémy
Rieffel sur les méthodes de désinformation et de propagande des médias.
Les instituts
de sondages agissent de la même sorte: un sondage, a fortiori non
représentatif, est biaisé d’avance. Les sujets choisis, les tournures
de
questions, les réponses à choix multiple proposées influencent
considérablement
les résultats.
Donc, à
l’instar des médias, les sondeurs "ont tendance à renforcer
les
convictions préexistants des récepteurs mais ils ont également la
capacité de
provoquer des déplacements de vote", souligne le sociologue
des
médias.
François
Bayrou: le dindon de la farce?
L’émission
"A Vous de juger", du jeudi 11 juin 2009, n’a fait que mettre en
lumière l’hégémonie des instituts de sondages dans l’échiquier
politique
hexagonal. Dorénavant, ils sont à considérer comme des hommes
politiques à part
entière.
Entendre
François Bayrou, au pied du mur, vociférer de la sorte n’est qu’un
révélateur
de l’impuissance des partis politiques mis à l’écart de la
bipolarisation
classique. Si les sondages n’ont pas fait perdre le président du MODEM,
aux
élections européennes, ils ont exacerbé l’écart de points entre le
leader du
centre et Daniel Cohn-Bendit, le patron d’Europe Ecologie.
PS: Je suis en
train de rédiger mon mémoire de fin d’études sur "La Fin du
journalisme?".
Par haly-jade,
Source
samedi 18
juillet 2009
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