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Pyepimanla
le Magazine Antillais
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Du
caoutchouc rouge au coltan du sang : La RDC victime de la prédation
capitaliste
occidentale
Kinshasa,
30/05/2009 / Politique
Pour répondre
à la demande
croissante des pneus pour l’automobile sur le marché mondial, 5 à 8
millions
des Congolais furent décimés dans les plantations d’hévéas. Après le
caoutchouc
rouge, le coltan du sang a décimé plus de 5 millions de morts.
Depuis le début du capitalisme
en Europe aux
XVème siècle, l’Afrique en général et le Congo en particulier
sont
victimes de ce nouveau système d’exploitation. Après la traite
négrière, qui
déporta plus de 300 millions d’Africaines et Africains vers l’Amérique
sans
oublier de millions de morts inconnues durant la traversée de l’océan
Atlantique, vint la colonisation au 18ème siècle. Le Congo paya un prix
très
lourd : le « caoutchouc rouge ». En effet, avec la demande croissante
des pneus
pour l’automobile sur le marché mondial, 5 à 8 millions des Congolais
furent
décimés. Certains qui ont eu la chance de rester en vie se retrouvèrent
avec
des mains coupées. Dans la troisième révolution du capitalisme, celle
de la
finance, des télécommunications et de l’informatique, le Congo paie
encore le
prix fort , après le caoutchouc rouge : le « coltan du sang ».
Plus de 5 millions de morts pour que les multinationales anglo-saxonnes
contrôlent 80 % de réserves de coltan indispensable à l’industrie
aéronautique,
aérospatiale, de la Défense et pour la fabrication de composantes
électroniques.
Comme du temps de la traite négrière durant lequel les capitalistes
européens
utilisèrent les africains pour faire la chasse aux esclaves noirs et
les vendre
en Amériques, les multinationales anglo-saxonnes utilisent aujourd’hui
de
nouveaux Etats africains pour mettre la main sur les richesses
naturelles de la
République démocratique du Congo.
Etats négriers de temps modernes
Sous prétexte de revendiquer leur nationalité, des tutsi congolais dits
banyarwanda et trois Etats voisins africains, en l’occurrence
l’Ouganda, le
Rwanda et le Burundi, ont été armés par les puissances extérieures et
les
multinationales anglo-saxonnes pour attaquer la République du Zaïre de
Mobutu
en 1996. Au cours de l’avancée des troupes rwandaises, burundaises et
ougandaises, les multinationales signent des contrats de concessions
minières
avec la rébellion AFDL dirigée par Laurent-Désiré Kabila.
L’enjeu était de taille: contrôler tout l’est du Congo qui regorge des
minerais
stratégiques. La RDC regorge plus de 75 % des réserves mondiales de
coltan,
plus du tiers des réserves mondiales de cobalt, 10 % de réserves
mondiales de
cuivre… Elle sera bientôt classée parmi les grands producteurs du
pétrole.
Curieusement, tous ces minerais stratégiques se trouvent à l’Est du
pays d’où
la guerre d’agression est partie. Il se dégage deux objectifs aux yeux
des
parrains de la guerre : soit arriver à ce que le Rwanda deviennent
incontournable économiquement ; soit balkaniser la RDC pour créer un
autre Etat
appelé Congo oriental comme beaucoup d’auteurs occidentaux commencent à
le
signaler dans leurs littératures.
Ainsi, la RDC se retrouve au centre des enjeux géostratégiques et
économiques.
Et pour arriver à contrôler l’Afrique centrale, il faut évincer la
France de
l’Afrique centrale d’une part et barrer la route à la Chine, puissance
économique émergeante d’autre part.
Cependant, l’installation du régime de l’AFDL à Kinshasa le 17 mai 1997
va se
dérouler sur fond de contestations de la part de la population de la
capitale
congolaise. La lune de miel entre le régime Kabila et ses parrains ne
va pas
durer longtemps.
Se rendant compte que son pays est pillé de fond en comble par les
multinationales, le Rwanda, l’Ouganda, le Burundi et tous les maffieux
du monde
entier, Laurent-Désiré Kabila va tenter de se libérer de la tutelle de
ses
parrains. Le 2 août 1998, le Rwanda et l’Ouganda attaquent la RDC et
créent des
mouvements rebelles. La rébellion soutenue par le Rwanda s’installe
dans les
Kivu et celle soutenue par l’Ouganda s’installe dans la province
Orientale.
Bénéficiant des soutiens de grandes compagnies pétrolières et minières
anglo-saxonnes, l’Ouganda et le Rwanda vont contraindre la République
démocratique du Congo à céder aux exigences de ces deux pays. Malgré
tous les
accords signés sous pressions des puissances occidentales, le Rwanda et
l’Ouganda vont s’installer durablement dans l’Est du pays.
Sous protection des militaires rwandais et ougandais qui ne sont jamais
partis
de la RDC, les multinationales pétrolières et minières occidentales
continuent
à piller. Ils ont trouvé une méthode simple pour rester au Congo :
brassage et
mixage des éléments ex-rebelles en vue de l’intégration dans l’armée
nationale
soutenue par les Nations unies (Monuc). Le mixage et le brassage ont
permis aux
militaires rwandais et ougandais, inscrits sur les listes CNDP, de
porter les
uniformes des Forces Armées congolaises afin de contrôler les zones
minières et
pétrolières.
Malgré les différents rapports des experts de l’Onu sur le pillage des
richesses
naturelles de la RDC publiés en 2001, 2002, 2003, 2005 et 2008, les
capitalistes occidentaux restent indifférents non seulement aux
conséquences de
ces pillages, mais aussi face aux 5 millions de morts engendrés par
cette
guerre des mines.
Par ailleurs, le Rwanda de Paul Kagame et l’Ouganda de Yoweri Museveni
sont
présentés comme des victimes alors que la RDC est le bourreau. Et pour
cela,
les lobbies occidentaux et leurs Think Tanks sont actifs à Londres, à
Washington et à Bruxelles pour défendre l’occupation par des Ougandais
et des
Rwandais de la RDC.
En tout état de cause, tout est mis en place pour que le Congo ne
puisse pas
devenir un Etat moderne capable de se doter d’une armée nationale afin
de
recouvrer ses territoires occupés et pillés.
(TN/Ern./GW/Yes)
Freddy Mulumba
Kabuayi/Le
Potentiel
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