UE-AFRIQUE : l’inutile
lutte contre l’OMC
Plutôt
que de gâcher toute son énergie contre l’OMC ou contre les négociations
avec l’UE, l’Afrique gagnerait à mieux s’intégrer dans le jeu, explique
El Hadji A. Diouf, expert des politiques commerciales, basé à Genève
d’où il observe la naissance d’un nouvel ordre commercial, certes
complexe, mais moins injuste, moins déséquilibré que les rapports
unilatéraux avec les ex-colonisateurs, écrit-il, en résumé, dans le
livre qu’il vient de faire paraître, “L’Afrique et le droit à
la différence dans les négociations commerciales internationales : OMC,
APE, Intégration régionale».
La question cruciale est comment sortir notre
continent de la marginalité.
 photo d'Assr
El
Hadji A. Diouf est Directeur du Programme sur les Accords
de Partenariat Economique (APE) et le Régionalisme au Centre
International pour le commerce et le développement durable (ICTSD) basé
à Genève.
L’idée
centrale de son ouvrage « tourne autour de la
possibilité d’aménager, à l’OMC, un régime juridique spécial aux pays
africains, qui leur permette de faire face à leurs contraintes
économiques intérieures, avant de se lancer dans une libéralisation
intégrale. Cette exigence de flexibilités est aussi applicable aux
Accords de Partenariat Economique en négociations entre les pays
africains et l’Union Européenne, ainsi que dans les processus
d’intégration régionale sur le continent ».
M.
Diouf est d’accord pour estimer que l’Afrique rencontre encore
des difficultés à s’intégrer dans le système commercial mondial. «Le
constat est presque évident. Elle n’a pas su tirer profit des
importantes préférences commerciales accordées par l’Europe depuis le
milieu des années soixante dix. Et les flexibilités que lui offraient
le système du GATT n’étaient pas opérationnelles. Ses parts dans le
commerce mondial déclinent et les quatorze premières années de
fonctionnement de l’OMC restent mitigées pour elle. Les règles communes
applicables à tous les autres membres développés ne lui sont pas
adaptées du fait de ses difficultés économiques persistantes.
Les
règles spéciales constituées par le traitement spécial et
différencié sont le plus souvent cosmétiques, ne concernent que les
délais de transition et l’assistance technique et ne se focalisent pas
sur les questions de fond ».
Il
ne croit pas que miser sur une entrée en vigueur différée des
règles du commerce international favorisera la mise en œuvre de
réformes structurelles capables de changer les politiques et les
comportements commerciaux des pays africains. « Dans quelques années,
les règles communes leur seront appliquées sans qu’ils ne soient prêts
à une ouverture intégrale de leurs marchés ».
M. Diouf explique à medafrique.info le contexte commercial dans lequel
se débat aujourd’hui l’Afrique et d’abord sur les raisons de sa
marginalisation.
- Est-elle due au fait que ses
rapports,
commerciaux, avec le monde ont été bâtis sur l’unilatéralisme et la
relations avec l’ancien colonisateur?
Pour
les pays africains, le système commercial international se
confondait avec les régimes préférentiels non réciproques qui lui
étaient accordés. Dans la mesure où ce régime était dérogatoire et
était plus favorable que ce qui se négociait entre autres partenaires
commerciaux, les pays africains ne s’intéressaient pas vraiment aux
règles à vocation multilatérale qui ne pouvaient qu’éroder les
préférences commerciales déjà acquises.
C’est
pour cette raison qu’on peut dire qu’une grande part de la
réticence des pays africains à s’intégrer dans le GATT/OMC a trait au
passé colonial et à la profusion des monocultures sur le continent, à
la dépendance à l’égard des recettes tarifaires dans l’édification et
la gestion des États nations balbutiants, aux politiques de
substitution aux importations et à la crainte d’être les grands
perdants dans des conditions d’échanges commerciaux internationaux
régies par la non-discrimination.
Cette
marginalisation tient aussi au fait que les pays africains
n’ont jamais eu aucune possibilité de participer à l’élaboration des
règles commerciales internationales. C’est de ce point de vue qu’on
peut parler d’un unilatéralisme concerté entre les deux grandes
puissances mondiales que sont les Etats Unis et les Communautés
Européennes. Tous les grands accords commerciaux ont résulté de
compromis bilatéraux de ces deux parties qui, lorsqu’elles s’entendent,
prennent en compte prioritairement leurs intérêts.
La marginalisation de l’Afrique ne prendra fin que quand elle pourra
inscrire ses préoccupations au top de l’agenda de l’OMC.
- La société civile se mobilise
contre les APE et
les gouvernements suivent désormais en émettant des protestations.
Recommanderiez-vous de les signer sous la forme actuelle ?
Il
me semble qu’il y a eu trois phases importantes dans le processus de
négociations des APE.
Une
première phase d’indifférence quasi générale – qui va de 2002 à
2004 environ - durant laquelle l’Europe et les pays africains ont
défini les modalités et le calendrier de négociation.
Ensuite,
une deuxième phase d’éveil de la société civile qui a
culminé avec le mouvement « Stop APE ». Les contestations visaient le
contenu des agendas de négociations avec le rejet d’accords commerciaux
sur des thèmes sensibles comme les marchés publics, l’investissement,
la concurrence, la propriété intellectuelle etc.
Il
s’agissait d’un rejet de principe de tout accord commercial non
réciproque entre deux partenaires aux forces économiques
déséquilibrées. Il me semble aussi, qu’inconsciemment, la société
civile avait peur d’une possible négociation à rebours, à l’image de ce
qui a été fait avec les accords de l’OMC quelques années auparavant. La
plupart des pays africains ne s’étaient rendu compte du méfait de
certains accords qu’après les avoir signés et au moment de les mettre
en œuvre.
La
troisième phase est celle que nous vivons présentement, marquée
par un consensus autour de la « nécessité » d’arriver à un accord
commercial avec le partenaire historique européen. On n’est plus dans
le rejet, mais dans la recherche d’un accord le plus équilibré et le
plus juste possible dans la prise en charge des intérêts des deux
parties.
De
ce point de vue, la rapide prise de conscience sur les effets
négatifs possibles des APE a au moins garanti un processus de
négociation plus dense, plus long et des efforts de l’élaboration
d’argumentaires techniques qui tiennent compte des intérêts des pays
africains.
Je
suis en phase avec cette dernière posture. Les APE ne sont pas
mauvais en soi. Mais il faut veiller à ce que les disparités
économiques soient juridiquement ajustées pour arriver à des accords
équilibrés. C’est ce que nous avons appelé l’inégalité juste qui
permettra au droit de proposer une dualité de règles justes, mais
différentes selon les catégories de développement des partenaires.
C’est toute la problématique de la prise en compte des questions de
développement dans les APE
- Mais les concessions faites dans
les négociations
sur les APE (l’abandon de la non réciprocité) ne risquent-elles pas
d’affaiblir les positions à Genève ?
Le
problème posé par la réciprocité dans les APE vient de la
difficulté d’interprétation de l’article XXIV du GATT/OMC qui a été mis
en place à un moment, en 1947, où les accords commerciaux régionaux
(ACR), entre pays développés et pays en développement, n’étaient pas
encore une réalité économique captée par le droit. Or ces nouveaux APE
auront une forme inédite. Ils seront des accords mixtes, conclus entre
des pays développés et des pays en développement.
Cet
article XXIV, qui régit les ACR, n’a rien prévu pour ce genre
d’ACR mixte. Il se pose alors le problème du régime juridique à lui
appliquer. Faut-il avaliser les interprétations classiques qui ne
prennent pas en compte les intérêts des pays en développement ? Comment
Faut-il appréhender ce vide juridique? Comment prendre en compte la
mixité des APE et prévoir des asymétries en faveur des pays africains?
La réciprocité doit elle dorénavant être la règle ?
Ces
questions ne sont pas résolues par les interprétations
classiques et les réponses données tendent à omettre les intérêts
particuliers des pays africains. J’ai proposé une interprétation
novatrice qui tourne autour de deux analyses. D’abord, que le seul
consensus dans l’interprétation de l’article XXIV est qu’il n’y pas de
consensus. Ensuite que si rien dans le droit dans la réglementation
n’autorise des flexibilités supplémentaires pour les pays africains,
rien ne l’interdit non plus. L’OMC étant une organisation fonctionnant
suivant le droit anglo-saxon dans lequel ce qui n’est pas expressément
interdit doit être considéré comme autorisé.
Au
final, l’acceptation de la réciprocité intégrale pour les pays
africains, dans les APE, serait une erreur stratégique. Il y a aussi
des éléments de bon sens cette position. Et ce n’est pas par hasard que
l’Europe a d’ores et déjà offert une ouverture de son marché à 100%, en
sachant que les pays africains n’iront pas au delà de 80 %. C’est une
consécration empirique de la non-réciprocité dans les APE.
- L’Afrique n’a-t-elle pas eu le
tort de se présenter en groupes et non en bloc ?
L’approche
continentale est séduisante, mais elle devrait reposer
sur des pré-requis qui ne sont pas satisfaits pour le moment. Il l faut
au préalable que l’UA soit érigée en Union douanière ou en zone de
Libre Echange. En l’état, elle n’est l’une ni l’autre, mais plutôt une
superposition d’entités sous régionales qui elles, pour la plupart,
remplissent ces conditions légales et institutionnelles.
Une négociation qui respecterait le parallélisme des formes
institutionnelles ne pourrait prospérer que dans un cadre strict de
coopération au développement et non commercial.
L’écueil
pouvait être évité de deux manières. D’abord en n’avalisant
pas systématiquement les découpages régionaux proposés par l’UE (qui)
ne correspondent pas à des réalités économiques et commerciales
concrètes. Les régions APE ne sont circonscrites ni aux organisations
d’intégration existantes ni aux communautés économiques régionales
mises en place par l’UA.
Ensuite, et au-delà des incohérences du découpage régional, il faudra
favoriser des positions de négociations consensuelles sous la forme de
benchmarks et sous l’égide de l’UA. Cela aurait permis d’harmoniser les
positions sur au moins les questions cruciales des APE.
L’UA
s’y est essayée en 2008/2009 en proposant un modèle (template)
qui reste pertinent, mais qui est peut être arrivé à un moment où les
différentes régions étaient à des phases avancées de leurs négociations.
- La diversité de ’Afrique (PMA,
pays émergents,
etc.) s’ajoute aux intérêts contradictoires avec ceux d’autres PVD
(Inde, Chine, Brésil, etc.), quel TSD pour ce monde divers ?
Je
pense qu’en matière de TSD, le grand handicap des pays africains
est de souffrir d’une rivalité économique sourde entre pays développés
et pays en développement d’un niveau de compétitivité supérieur (les
pays émergents comme le Brésil, l’Inde ou la Chine). Les premiers
rechignent à accorder aux seconds des flexibilités qui les rendraient
économiquement plus viables et plus aptes à leur prendre des parts de
marchés.
La
catégorie des pays en développement étant d’un flou
indescriptible, la solution viendrait de leur différenciation sur la
base de critères socio-économiques objectifs et vérifiables. Les pays
en développement ne sont pas une catégorie juridique crédible à l’OMC,
et ne répondent plus à la réalité de l’époque du TSD balbutiant des
années soixante dix.
La
première différenciation au niveau du GATT résultait d’une
approche pragmatique qui constatait que les pays industrialisés
devaient accorder aux autres les possibilités de rattraper leur retard
économique. Je pense qu’il est arrivé le temps d’une deuxième
génération de différenciation qui épargne les extrêmes – pays
développés et PMA - pour formaliser les inégalités économiques entre
pays dits en développement. A cet égard, la jurisprudence de l’OMC a
soulevé des lueurs d’espoirs, en adoptant une interprétation originale
des conditions d’application de la clause NPF (Nation la Plus
Favorisée, ndlr), et en envisageant une différenciation entre pays en
développement. Je pense qu’il s’agit là d’une brèche pour l’Afrique qui
dispose de plusieurs spécificités sociale, politique et économique pour
justifier une application différenciée de préférences commerciales.
- Les Africains, pays ou régions,
ont-ils le choix ?
On
a toujours le choix de négocier ou de ne pas négocier. Mais à
partir du moment où les feuilles de route ont été agrées entre les deux
parties, il y a eu comme une obligation de négocier mais qui n’induit
pas une obligation d’arriver à des accords.
L’intégration
de la dimension développement dans les APE est assez
inédite. Elle associe le commerce et le développement dans une
configuration différente de celle des Conventions de Lomé dans
lesquelles l’aide restait unilatérale et volontaire. Elle deviendrait
un élément obligatoire d’un accord de commerce et ne dépendrait plus
d’une volonté unilatérale.
Il
est même impropre de parler d’aide. Il s’agit d’un programme de
développement à incorporer dans les APE. En vérité, tant que les pays
africains acceptaient les accords commerciaux sans se soucier de la
prise en compte de leur propre intérêt, l’aide au développement
opérait, pour l’occident, comme un geste de bonne conscience
compensatoire.
L’éveil
commercial des pays africains dans les négociations
commerciales internationales a changé la donne. Les niveaux régional et
multilatéral de ces négociations sont fortement imbriqués et ne donnent
plus à l’Europe la garantie de concessions commerciales automatiques.
Dès lors, l’aide compensatoire est devenue un argument subtil de
négociation, subrepticement brandie à chaque fois que les pays
africains ont tardé à rallier les positions attendus d’eux, favorisant
ainsi la prise en otage de la coopération au développement par le
commerce. L’aide est unilatérale, volontaire et situationnelle. Le
commerce est plus contractuel, plus normatif et s’inscrit dans un
régime systémique articulé autour des principes de l’OMC.
Logiquement,
la dimension développement pourra différer les effets
économiques néfastes des APE. Elle ouvre un délai supplémentaire
d’ajustement qui pourrait permettre aux pays africains d’être plus
compétitifs avant de se lancer dans une libéralisation intégrale.
- Echapper à l’unilatéralisme pour
se retrouver
sous le régime des règles, complexes, de l’OMC et, qui, vous
l’affirmez, sont injustes et déséquilibrées ?
Contrairement
à ce qu’on pourrait penser, je trouve que le système
multilatéral offre plus de garanties et de protections que les accords
bilatéraux. Le système à au moins le mérite de proposer un ordre
perfectible à travers une œuvre commune de règlementations concertées,
quoique imparfaites. Il permet aussi d’extirper les pays vulnérables de
l’inégalité de principe qui gouverne les relations strictement
bilatérales qui sont de plus en plus, du moins en partie, un transfert
vers un terrain bilatéral plus malléable, des mandats prohibés à l’OMC.
Les grands pays commerciaux finissent toujours par obtenir par la voie
bilatérale ce qu’ils n’ont pas pu obtenir par la voie multilatérale.
Il
reste que le système de l’OMC est complexe avec des règles
parfois déséquilibrées. Mais l’un des avantages de l’OMC est de
proposer un flux continu de négociations qui peuvent permettre de
changer la situation en vigueur. Malheureusement, la longueur du cycle
de Doha montre que les changements ne sont pas aussi simples qu’on
pourrait le penser. Mais mieux vaut être dans le système et espérer le
changer qu’en dehors.
- Alors que les sociétés civiles se
mobilisent contre l’OMC vous plaidez pour que l’Afrique s’y implique
davantage ?
Certains
détracteurs de l’OMC qui plaident pour les pays en
développement jubilent quand les négociations sont dans l’impasse, mais
c’est oublier que le statu quo, dans presque tous les accords, est en
défaveur des pays en développement. Ils ont donc intérêt à ce que les
choses bougent pour que les règles puissent être corrigées.
Il
ne sert à rien d’être pour ou contre l’OMC et le système qui est
construit autour. C’est déjà un fait qui n’a pas besoin d’approbation.
Il faut travailler à pouvoir tirer son épingle du jeu. Il faut
s’impliquer activement dans le processus, comprendre les enjeux,
élaborer des stratégies de négociations et un argumentaire technique à
l’appui de ses intérêts commerciaux.
Dans
le contexte actuel, les pays africains ne doivent pas avoir de
complexe à demander un TSD (Traitement spécial et différencié). Ce
n’est une charité. La différenciation est nécessaire pour tenir compte
de leur existence récente et de la structure de leurs économies.
Leur
demander une ouverture intégrale de leur marché revient à leur
dénier toute politique industrielle ou agricole d’abord orientée vers
la satisfaction des besoins primaires au niveau local. Je suis pour une
Afrique digne et debout, mais je plaide pour le TSD qui n’est pas
l’équivalent de la discrimination positive qu’on peut trouver dans
d’autres domaines.
- Commerce ou développement ? Y
a-t-il une priorité entre l’un et l’autre ?
Toutes
les politiques publiques élaborées par les pays africains
doivent d’abord s’orienter vers la recherche du développement. Le
commerce en est un outil parmi tant d’autres. Mais c’est un outil
important. L’ordre économique international doit tenir compte de
l’interdépendance entre tous les problèmes, politiques économiques,
énergétiques, agricoles etc. Pour s’ouvrir au monde, il faut d’abord
consolider les acquis intérieurs à travers des politiques sectorielles
cohérentes. Le système commercial offre d’ailleurs certains outils de
protection, pour ne pas dire de protectionnisme, aux PMA. Il y a les
mesures de sauvegardes, la faculté de ne pas ouvrir son marché dans
certaines conditions etc. Mais ces outils ne sont pas toujours utilisés
à bon escient.
Au-delà
des mesures de défense commerciales, les pays africains
comprennent mieux les enjeux d’un accès effectif au marché. Ils
utilisent de plus en plus l’OMC pour promouvoir des stratégies d’accès
aux marchés qui favorisent leurs exportations vers le reste du monde.
L’Initiative sectorielle sur le coton lancée par le Bénin, le Burkina
Faso, le Mali et le Tchad en est une parfaite illustration. Ces
évolutions expliquent l’intérêt accru suscité par la participation des
pays africains au système commercial multilatéral sous l’angle du droit
et des politiques de l’OMC. Même si le dossier du coton cité n’a pas
encore connu un aboutissement heureux pour ses initiateurs.
- Observateur de la politique
africaine à Genève
comme à Bruxelles, estimez-vous que l’Afrique a une capacité de
négociations assez forte ?
La
situation est bien meilleure que celle d’il y a quelques années.
Il ne faut pas oublier que l’Afrique n’a pas été très active durant la
période du GATT et que l’OMC est encore une organisation toute récente.
Les ressources humaines n’étaient donc pas préparées à faire face à ces
dossiers d’une complexité certaine. Avec d’autres organisations, nous
avons, à ICTSD, essayé de jouer notre partition dans le processus de
renforcement des capacités des pays africains dans les négociations
commerciales en organisant des Dialogues sur tous les thèmes de
négociations et en commissionnant des études techniques qui facilitent
la compréhension des enjeux et l’élaboration de positions conséquentes.
Dans
le processus actuel des APE, nous sommes présents dans les
différentes instances concernées pour évaluer les accords intérimaires
signés et aider à bâtir les argumentaires techniques pour la suite. Et
les progrès en termes de capacités sautent aux yeux. Il y a encore
quelques années, quand j’organisais une conférence en Afrique, mon
casse tête principal était de trouver des experts sur le continent pour
présenter des communications. Il fallait toujours recourir à
l’expertise extérieure. Ce problème sera bientôt derrière nous.
Avec
la collaboration de toutes les organisations travaillant sur le
commerce, les ressources humaines du continent commencent à atteindre
une masse critique avec l’éclosion d’expert dans tous les domaines. On
peut d’ailleurs constater aisément, que dans certaines régions en tout
cas, les APE sont mieux négociés que les accords de l’OMC. C’est un
saut qualitatif important.
Partout sur le continent, on voit maintenant des Masters universitaires
dédiées aux négociations commerciales. C’est un pari sur l’avenir qui
donnera des résultats satisfaisants. Le fait aussi d’avoir vécu une
expérience comme celle du dossier coton a été un excellent exemple
empirique de renforcement des capacités. Nous apprenons tous de nos
erreurs pour préparer l’avenir. Et cela, l’Afrique l’a définitivement
compris.
Propos
recueillis par : Fathi
B’Chir
Source
Bruxelles (17/07/2009)
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