Le
peuplement de l'Afrique australe
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: Skyvillain
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Ce territoire
aussi vaste que l'Europe occidentale reste, pourtant, assez mal connu.
En
général, on focalise intérêt de ces régions à la seule beauté de leurs
paysages, et on néglige, souvent, les populations locales qui leur
donnèrent
vie.
A la découverte
de l’Afrique australe.
Les premiers Européens qui
visitèrent la région du cap de Bonne-Espérance –
lors des grandes découvertes maritimes (XIVe-XVe siècles) - y
découvrirent des
populations différentes des Noirs africains qu'ils avaient l'habitude
de
côtoyer le long des rivages de l'Afrique occidentale.
Certains de ces indigènes
étaient éleveurs de bovins et de moutons à grosse
queue, notamment ceux que les Portugais rencontrèrent au début de 1488
dans la
baie de Mossel, à laquelle ils donnèrent le nom d'Angra dos Vaqueiros
ou baie
des Vachers.
Les rapports entre les
Portugais et ces vachers devinrent rapidement
conflictuels. Au début, les marins échangèrent avec eux des objets de
pacotille
contre du bétail, mais les incidents se multiplièrent et dégénérèrent
en
affrontements. Le plus grave se produisit en mars 1510 quand, de retour
d'Asie,
Francisco de Almeida, premier Vice-roi portugais des Indes, trouva la
mort avec
soixante-cinq de ses compagnons dans la région de la baie de la Table.
Les Portugais se détournèrent
alors de la pointe australe de l'Afrique, et ce
furent des voyageurs français qui donnèrent leur premier nom à ses
habitants, à
savoir celui de Hottentots. Venant de l'onomatopée hautitou qu'ils
psalmodiaient
durant leurs danses, cette appellation leur est longtemps demeurée
accolée. Or,
elle est non seulement floue mais encore réductrice, car elle englobe
deux
populations différentes, les San (anciennement nommés Bushmen), qui
étaient des
chasseurs-cueilleurs, et les Khoi ou Khoi-Khoi (les Hottentots), qui
étaient en
plus éleveurs.
Ceux que
rencontrèrent les Portugais puis les Français étaient des Khois
.
Similitude des
caractéristiques linguistiques et physiques.
Les populations des Sans et
des Khois appartiennent au même groupe
linguistique.
Leurs langues
ressemblent à des onomatopées. Cette originalité n'avait pas échappé
aux
premiers voyageurs portugais. C'est ainsi que Ludoviguo de Vartena,
compagnon
de Vasco de Gama, écrivit que les habitants de la région du Cap
«parlent tout à
la manière que les muletiers chassent les mulets au royaume de Naples
et en
Sicile.
Ils parlent
avec la langue dessous le palais».
Les peuplades des Sans
formaient un ensemble homogène en dépit de leur division
en une douzaine de groupes principaux, eux-mêmes divisés en
sous-groupes, et de
la diversité de leurs dialectes.
Physiquement,
ils sont différents des autres populations noires.
«Le crâne des Khoisans est gracile et même pédomorphe (c'est-à-dire
qu'il garde
des traits juvéniles), et de petites dimensions, avec un faible
dimorphisme.
Il est court,
large et pentagonal, avec des bosses frontales marquées et une face
proportionnellement réduite, de forme triangulaire. Ils possèdent (en
principe)
des particularités physiques telles que : peau jaunâtre et ridée,
cheveux en
«grains de poivre», yeux étroits et obliques, pommettes saillantes,
prognathisme peu marqué, lèvres minces, oreilles sans lobule, nez
concave avec
soudure des os propre, effacement de la ligne âpre du fémur,
stéatopygie,
membres, mains et pieds courts, hypertrophie des petites lèvres chez la
femme
et quelques fréquences génétiques.
utilisables
pour mesurer le degré de
métissage avec les Noirs.
Cet ensemble de
traits en font un extrême de la différenciation de l'espèce humaine.»
Des coutumes
différentes
Comme il a été dit plus haut, les tribus des Khoisans constituaient, en
fait,
deux populations que sont les Sans et les Khois (appelés aussi
Khois-Khois) qui
sont des Sans éleveurs.
Prédateurs absolus, les Sans
tiraient toutes leurs ressources du milieu
naturel.
La chasse et la
cueillette ne pouvant faire vivre des communautés aussi nombreuses,
chaque
groupe qui n'était composé que d'une vingtaine d'individus se déplaçait
sur des
territoires immenses au gré des migrations du gibier, de la maturation
des
tubercules, des graminées sauvages et de l'assèchement des marigots.
Les femmes, armées d'un bâton
à fouir alourdi par une pierre perforée (appelé
«kwé»), fouillaient le sol à la recherche de larves, d'insectes,
d'œufs, de
racines et de bulbes.
Les hommes, par
contre, chassaient à l'aide de petits arcs tirant des flèches
empoisonnées.
Passés maîtres
dans l'art d'approcher les animaux, ils en connaissaient toutes les
ruses.
Remarquables
artistes également, les Sans avaient laissé des milliers de peintures
sur les
parois rocheuses de l'Afrique australe.
Les plus
anciennes, identifiées en Namibie, ont été datées de 27 500 ans ; les
plus
récentes remontent au XIXe siècle.
Alors que les groupes de Sans
ne dépassaient habituellement pas le nombre
maximal de quelques dizaines d'individus, les Khois vivaient au
contraire en
habitats semi-groupés composés de huttes et de leurs enclos («kraals»)
accolés
les uns aux autres.
Plus grands que
les Sans, leurs cousins, les Khois ont totalement disparu et ne
subsistent plus
que des individus métissés.
Ce sont leurs
descendants qui constituent les quatre millions de métis sud-africains
dont
l'origine est à rechercher dans un ancien métissage qui s'est produit
au XVIIIe
siècle entre des colons hollandais et des femmes khois.
Les Sans, pour
leur part, ont survécu, même s'ils constituent, aujourd'hui, un peuple
en voie
de disparition.
Leur espace
est, en effet, en régression, et ils ne vivent plus que dans quelques
régions
reculées de Namibie, du Botswana et, peut-être, d'Angola.
Un peuple peu à
peu spolié de ses terres
Pourtant, avant l'arrivée des Noirs qui les éliminèrent ou les
repoussèrent,
ces peuplades occupaient toute l'Afrique australe.
Sous la
pression des nouveaux venus, les Noirs bantuphones, elles trouvèrent
refuge
dans le massif du Drakensberg ou dans les steppes désertiques du grand
Kalahari.
Cette lutte séculaire entre
les premiers occupants du sol et les migrants noirs
venus du nord est régulièrement figurée sur les parois peintes de
l'Afrique
australe. Évincés de leurs territoires de chasse, les «petits» se sont,
ainsi,
représentés, volant le bétail des «grands» armés de lances et de
boucliers.
Le mouvement de repli des
Khoisans fut accentué à partir du XVIIIe siècle quand
les Boers, colons hollandais, occupèrent l'espace et repoussèrent peu à
peu les
Sans qui s'en prenaient à leur bétail.
Il n'y eut pas à proprement
parler d’ethnocide, mais impossibilité pour les
Sans chasseurs de se maintenir parmi les exploitations boers.
Quant aux Khois
éleveurs, la transhumance vers le sud leur fut interdite.
Tous se replièrent, alors,
vers le nord et l'est mais, en 1713, une terrible
épidémie de variole s'abattit sur le comptoir du Cap et son
arrière-pays,
faisant des coupes sombres parmi les Khoisans.
R.
H.
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