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Commémoration du débarquement:
William
Dabney a reçu la Légion d'honneur
Par Idriss
Linge - 07/06/2009
De nombreux noirs américains
avaient participé, Nicolas
Sarkozy leur a fait honneur

© history.com Débarquement
Pour commémorer le 65e
anniversaire de cet
évènement historique, les cérémonies ont réuni en France, sur
invitation du
Président français, le Président américain Barack Obama, le Prince de
Galles et
le Premier ministre canadien Stephen Harper. Mais l’aspect qui a retenu
l’attention des communautés noires en général et de la communauté
afro-américaine en particulier a été la décoration par la France d’un
vétéran
noir américain qui a participé au débarquement allié en Normandie en
1944. Une
première reconnaissance officielle du rôle des Afro-Américains dans la
Deuxième
Guerre mondiale. L’acte n’est pas des moindre, surtout qu’il s'est
passé devant
un président américain aux origines noires.
William Dabney, qui a reçu la Légion
d'honneur, l'une des plus hautes
distinctions décernées par le gouvernement français, est le dernier
survivant
connu du 320e Bataillon de barrage antiaérien, presque entièrement
composé de
Noirs, qui avait combattu pendant cette étape cruciale de la Deuxième
Guerre
mondiale. Une commission de la Maison Blanche chargée de veiller à la
commémoration de la mémoire des soldats morts au combat soulignait
mercredi
dernier que c’était la première fois que le 320ème bataillon constitué
de
nombreux pilotes noirs verra reconnu leur sacrifice et de leur rôle
dans la
bataille de libération de la France face à l’Allemagne de Hitler. Trois
soldats
de ce Bataillon sont enterrés au cimetière militaire américain de
Colleville-sur-mer, qui surplombe la célèbre plage d’Omaha Beach, et où
reposent des milliers de militaires américains tombés au combat.
Les exploits et l’effort de guerre des soldats noir américains sont mal
connus
car il n’existe que très peu de travaux historiques ou d'œuvres
artistiques qui
évoquent leurs rôles dans le débarquement allié. La ségrégation raciale
dans
les forces armées américaines est restée en vigueur jusqu'en 1948.
Avant cette
date, les soldats noirs étaient enrôlés et servaient dans des unités
séparées. Elle
a continué officieusement bien longtemps encore. Pour le peu qu’on
sait, en
1941, le gouvernement Américain, sous la pression grandissante de
certains
lobbies, décide la création d'une unité composée de pilotes
afro-américains.
Installée à Tuskegee, en Alabama, ce centre de formation allait
permettre à
près d'un millier de jeunes américains noirs de réaliser un rêve
d'autant plus
difficile à atteindre que la politique ségrégationniste de l'époque
était
reléguée par une opinion publique foncièrement persuadée de
l'incapacité des
noirs en général à occuper des postes importants dans la société.
Ainsi, le but
initial de l’expérience est de prouver que les noirs ne sont pas
engagés parce
qu’ils ne sont bon qu’à animer les travaux champêtres.

© history.com Débarquement
Les aviateurs de Tuskegee
étaient de jeunes soldats qui,
déterminés à vivre leur passion et à devenir un exemple pour leurs
frères de
couleur, surmontèrent les difficultés et les préjugés à une époque où
beaucoup
de gens pensaient que les noirs étaient moins intelligents que les
blancs.
Venus de tous les états, ils étaient déterminés à défendre leur pays et
à
démontrer leur haut degré de patriotisme. Ceux qui possédaient les
capacités
physiques et mentales pour devenir pilotes, navigateurs ou bombardiers
furent
sélectionnés pour former la première promotion de cadets. Les autres
devaient
apprendre les différents métiers nécessaires au fonctionnement d'une
unité en
campagne depuis les mécaniciens aux armuriers en passant par les
différentes
postes administratifs. Se sont ainsi plus de 10 000 hommes qui au total
seront
recrutés dans le cadre de la mise sur pied d'une force aérienne
afro-américaine.
Si la volonté du président français de reconnaître l’effort de guerre
des noirs
américains dans le débarquement allié est bien vu des communautés
noires, cela
ne dissipe pas tout de même le sentiment de reproche fait à la France
pour la
non existence d’une journée de reconnaissance pour les soldats
africains tués
dans leurs efforts sur tous les fronts des deux grandes guerres,
surtout de la
deuxième guerre mondiale. De juin 1940 à mai 1945, 55.000 Algériens,
Marocains,
Tunisiens et combattants d'Afrique noire furent tués. 25.000 d'entre
eux
servaient dans les rangs de l'Armée d'Afrique. Mais en particulier, le
débarquement de Provence le 15 août 1944 avait permis d'ouvrir un
deuxième
front en France après le débarquement du 6 juin 1944 en Normandie.
Venus des
confins de l’Afrique profonde, plus de 2 000 000 soldats d’origines
africaines
ont trouvé la mort dans l’effort de guerre aux cotés d’une France que
beaucoup
considéraient comme leur patrie. Aujourd’hui ; peu sont des documents
historiques qui retracent les exploits et les victoires sur le terrain.
C’est
pourquoi de nombreuses associations militant pour la cause des anciens
combattants, pensent qu’il faudrait que la France délaisse son attitude
ingrate
pour œuvrer à une réelle commémoration de l’action des noirs d’Afrique
tués sur
le champ de bataille pour sauver cette dernière.
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