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Pyepimanla
le Magazine Antillais
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Les soldats
noirs des Etats-Unis, héros oubliés du 6 juin 1944
Dans
le cimetière américain de Colleville-sur-Mer (Calvados), les 9 387
morts sont
alignés au cordeau depuis 1956, respectant là une stricte égalité. Mais
régulièrement l'actualité vient sortir du rang telle ou telle tombe. La
croix
blanche de Theodore Roosevelt Jr, le fils du président américain, a dû
être
protégée des curieux par un enclos spécial. Plus récemment ont été
tirés de
l'anonymat Preston et Robert Niland, les deux frères qui ont inspiré le
film de
Steven Spielberg Il faut sauver le soldat Ryan.
Avec la visite
prévue le 6 juin de Barack Obama, à l'occasion du 65e
anniversaire
du Débarquement, les regards se sont tournés vers des acteurs jusque-là
ignorés
du jour J : les soldats noirs. Ils sont 143 à reposer au-dessus de la
plage
d'Omaha. Mi-amusé, mi-agacé, Daniel Neese, 55 ans, le responsable du
cimetière,
conduit depuis quelques jours les médias auprès de ces hôtes soudain
devenus
spéciaux. Une telle demande lui avait déjà été formulée une fois, en
septembre
2008, quand le cinéaste afro-américain Spike Lee était venu sur place.
Mille sept
cents libérateurs noirs étaient sur les plages de Normandie le 6 juin.
Ils
furent plusieurs dizaines de milliers les jours suivant à oeuvrer dans
les
services d'intendance, et bientôt dans les unités combattantes, leur
loyauté à
l'Amérique ayant été vérifiée au feu. Dans le "centre
d'interprétation" qui jouxte le cimetière militaire, vaste lieu ouvert
en
2007, leur présence est évoquée. Un panneau vante l'héroïsme du sergent
Waverly
Woodson, responsable de la pharmacie du 320e
bataillon de barrage
antiaérien, qui soigna durant cinq jours les blessés sur la plage
d'Omaha, avec
un éclat de mortier dans la jambe.
"Nous n'avons
pas attendu la visite de M. Spike Lee ou l'élection de Barack Obama
pour
prendre en compte les soldats afro-américains", assure M. Neese. Son
équipe d'historiens recense depuis plusieurs années l'origine des
soldats morts
en Normandie. Ce travail est facilité par la ségrégation qui régnait
alors dans
l'armée américaine, les régiments, mais aussi les mess, et jusqu'aux
poches de
sang étant séparés.
Reste que cet
intérêt historique pour les soldats noirs, qui colle peu ou prou à la
montée de
la communauté afro-américaine dans la vie publique outre-Atlantique,
est
récent. Hervé Morin, ministre français de la défense, a d'ailleurs
décoré pour
la première fois de la Légion d'honneur, vendredi, un de ces vétérans
noirs,
William Dabney, 84 ans, avec 48 autres anciens combattants américains,
britanniques et canadiens.
Cet homme était
sur la plage d'Omaha le 6 juin 1944 au sein du 320e
bataillon. Les
services consulaires l'ont débusqué dans sa retraite de Roanoke, en
Virginie.
"C'est tard, mais une reconnaissance est une reconnaissance", a
expliqué l'impétrant à l'AFP.
Benoît
Hopquin (Colleville, envoyé spécial) et Jean-Jacques Lerosier (à Caen)
Une
société allemande chargée de la logistique
La logistique
de l'organisation de la commémoration du 65e
anniversaire du
Débarquement a été confiée, par les autorités américaines, à une
société
allemande spécialisée dans les grands événements internationaux. Selon
le major
David Stewart, officier de coordination, cette entreprise s'occupe
également
des spectacles et des installations de l'armée en Irak. "Tout vient
d'Allemagne par camion", ajoute-t-il. Cette société a installé un
centre
de presse de 2 500 m², des hébergements pour 500 soldats américains
venus
d'Allemagne et même convoyé, par bus, 7 000 chaises depuis Caen. -
(Corresp.)
LE
MONDE | 06.06.09
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