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Pyepimanla
le Magazine Antillais
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Reprise
en vue, mais sans créations d’emplois
Malgré des signes d’amélioration
économique, le
chômage continue d’augmenter aux Etats-Unis et pourrait coûter cher aux
démocrates.
Même
si la récession semble
s’atténuer, le taux de chômage devrait continuer d’augmenter et
franchir la
barre des 10 % d’ici un an. Ces prévisions laissent craindre une
croissance
ralentie et une hausse de la pauvreté, brouillant un peu plus le
message
d’optimisme du gouvernement Obama. La persistance d’un taux de chômage
important jusqu’aux élections de mi-mandat de novembre 2010 et au-delà
pourrait
poser un sérieux problème au président et aux parlementaires
démocrates, déjà
accusés de dilapider les fonds publics. Si la tendance ne s’inverse
pas, le
gouvernement sera privé de son principal argument pour justifier ses
dépenses,
c’est-à-dire la promesse de créer des emplois et d’améliorer les
perspectives
des travailleurs.
Barack Obama a jusqu’ici défendu sa politique économique – dont un plan
de
relance de 787 milliards de dollars, ainsi que des investissements
record dans
les secteurs de la santé, des énergies renouvelables, de l’éducation et
de la
formation professionnelle – comme un ensemble de mesures nécessaires
afin de
stabiliser l’économie et de créer des emplois. La Maison-Blanche
continue de
recommander la patience, même si de nombreux spécialistes estiment que
le taux
de chômage devrait dépasser les 10 % en 2010 et qu’il faudra encore
plusieurs
années avant qu’il ne revienne à son niveau d’avant la récession
(environ 5 %).
Selon les experts, la hausse du nombre de sans-emplois devrait grever
le budget
de l’Etat, s’accompagner d’une augmentation de la pauvreté infantile et
faire
grimper le taux de chômage des populations noires et latino-américaines
jusqu’à
20 %.
“Je trouve cela sidérant que les gens ne s’inquiètent pas de ce qui
reste à
venir”, déclare Lawrence Mishel, président de l’Institut de politique
économique, un think tank. “Nous avons affaire à un taux de chômage
structurel
qui va causer d’énormes dégâts dans bien des communautés.” Depuis le
début de
la récession, en décembre 2007, l’économie américaine a perdu près de
5,7 millions
d’emplois. Ces derniers mois, la hausse du chômage a nettement ralenti,
les
marchés sont repartis à la hausse et le niveau de la consommation a
augmenté,
laissant entrevoir l’espoir d’une reprise. Mais 345 000 emplois ont
tout de
même été détruits le mois dernier.
D’autres facteurs viennent assombrir le tableau. Le chômage est resté à
un haut
niveau plusieurs années après la fin des deux dernières récessions, en
1991 et
2001. Les entreprises mettent de plus en plus de temps à réembaucher de
la
main-d’œuvre et le progrès technologique leur permet d’être plus
productives
avec moins d’employés. Si tous les travailleurs sont concernés par la
récession, les secteurs industriels et du bâtiment sont les plus
durement
touchés, affectant particulièrement les ouvriers peu qualifiés et les
immigrés.
Or, ces catégories de population peineront davantage à retrouver du
travail. En
outre, l’actuelle récession, consécutive à l’implosion du marché
immobilier, a
entraîné un quasi-effondrement du secteur financier et de l’industrie
automobile. Malgré l’intervention de l’Etat, bon nombre des emplois
supprimés
dans ces secteurs ne seront pas recréés.
Enfin, l’importance du taux de chômage ne présage rien de bon pour la
consommation des ménages, laquelle représente près de 70 % de
l’activité
économique américaine.
“Le taux de chômage n’a pas atteint son pic, cela va durer encore
longtemps,
prophétise Mishel. Le débat politique semble suggérer que la récession
est
derrière nous, mais nous devons encore discuter des moyens de sortir
véritablement de la crise, c’est-à-dire de recréer des emplois.”
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