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A la saint Médard,

roses

Un dicton dit s’il pleut à la saint Médard, il pleut 40 jours plus tard. Il a plu à la saint Médard et depuis il pleut tous les jours sans discontinuer, de surcroît  le tapotement ou le clapotement sur la fenêtre m’indiquait, il y a peu, qu’il grêlait et crachinait à la fois. 

Le temps est l’orage, les éclairs zèbrent le ciel,  il tonne d’une rare intensité. C’est terrible ces éclairs et ce tonnerre  qui secouent les bâtiments donnant l’impression que la foudre n'est tombée pas bien  loin, mais le plus souvent ce sont des averses, qui par intermittence grisaillent et ternissent  le ciel. 

Le temps est morose,  un  gratuit titrait : L’automne est là !  En me déplaçant, je bute sur un parapluie retourné, puis un deuxième, venant comme pour confirmer que l’automne est bien présent.

On échappe à la bruine mais il pleuvine le plus souvent,  une alternance  de froidure  et de chaleur, dans le bus la climatisation arrive à peine  à nous éviter les suées, mais une heure plus tard  on grelotte, les plus avisés ont prévu  châle, foulard, manteaux ou veste dans leur sac.

L’usage des notebooks, des ordinateurs, de lecteurs vidéos portables, le fait que les magasins d’alimentation ne délivrent plus de sacs en  plastiques gratuitement, contribuent à ce que tout un chacun ait le nécessaire pour ensacher ses provisions ou pour porter  le matériel électroniques entré dans notre quotidienneté.

On est désarçonné par ce temps, cette pluie, ce manque de lumière, puis les oiseaux se font rares,  les pigeons nichent dans les lieux publics couverts, il n’est pas rare  de voir des moineaux volés dans l’hypermarché  où je fais mes courses.

Ce qui est étonnant c’est le silence, lorsqu’il ne vente pas, le bruissement des peupliers je ne les entends plus de ma chambre,   ni les chants des oiseaux que je ne saurai nommés, mélodieux le plus souvent, mais une espèce émet un cri, je ne peux dire un chant, non une stridulation  insistante et perçante particulièrement énervante.

En me rendant sur Paris j’aperçois sur  le lac, au moins une dizaine de cygnes suivis de leurs poussins,  c’est inhabituel généralement  c’est sur la seine ou dans ses méandres qu’on les trouvent,  le lac est comme tapissé d’oiseaux blancs, il est dommage que je ne puisse photographier la scène.

Avec l’abondance d’eau, les a-côtés des rails sont envahis par la végétation, elle couvre même les murs tagués  le long des  voies, plus d’une fois je m’étais dit qu’il fallait que je  photographie ces  dessins urbains, c’est de l’art, maintenant il est trop tard, quoique…

mq-evry les pyramides mq-evry les pyramides mq-evry les pyramides

J’arrive à ma gare de destination, il fait sombre, la nuit c’est à peine écartée, les odeurs de croissanterie envahissent la gare, mais en allant à la gare routière, 300 mètre la sépare de la gare ferroviaire, un artisan pâtissier vend des produits de qualité, goûteux, du fait-maison à moindre coût.  

C’est jour de marché, les petites rues bordant la mairie sont achalandées, une placière municipale met de l’ordre, car les étals des commerçants  débordent sur la rue rendant toute circulation impossible. Je prends place dans le bus encore 30 minutes  de trajet, la RN7 comme à son habitude est embouteillée, les gens sont tristes, je prends un malin plaisir à lire les femmes,  il y a celle dont tout indique qu’elles  ne se sont pas douchées, celles au maquillage  surfait, celles qui s"enlaidissent par un laisser-aller, les voilées, et enfin celles aux formes attrayantes, les fesses rebondies, elles savent l’effet qu’elles ont sur les hommes, souvent joueuses, se mettent à leur avantage et nous jouons du regard.

Il est plaisant de voir de belles personnes, c’est comme une belle respiration, une grande inspiration.

Les plus hardies prennent place à mes côtés font en sorte que nous nous respirons. On se penche imperceptiblement vers l’autre, offrant son cou, des fois elles repoussent leur cheveux afin d’être mieux senties, parfois on se frôle, de la distance personnelle, laisse place à une distance intime, les corps sont l’un sur l’autre, une proximité que l’affluence matineuse permet, un jeu sans mot, sans échange de carte, sans lendemain, le plus souvent, mais tant qu’on joue, on a une montée adrénaline, on se sent vivre, plus intensément.

On se sépare en s’offrant un sourire, j’ose quelques fois les saluer de vives voix, mais il arrive que ce soit la femme qui me fasse du rentre dedans, cela me met toujours mal à l’aise, un trait de mon caractère, je ne supporte pas me sentir obligé, ni commandé, je ne réagis pas en principe, mais comme toute règle à ses exceptions, il y a des femmes qui prennent  les devants et vous acculent, de celles qui l’ont fait,  je n’ai pas eu à me plaindre.

Me voilà égotiste, je suis à mon rendez-vous. Les sourires fusent, les bonjours M., les poignées de mains aussi, « une » me hèle de l’étage…

Ce qui avait à faire a été fait, 4 h 30 se sont écoulées, plus détendu, je  me pose, je regarde autour de moi et voir la vie se dérouler, les jeunes à la sortie du collège se turbulant, des lolitas  s’essayant à des jeux d’adulte, des provocateurs en les regardant je les appréhende.

Il est 13 h 45, il fait sombre, il pleuvine, je me couvre et me dirige à l’arrêt du bus à 300 ou 400 m, en face une société construit un ensemble immobilier, de mon côté des terres agricoles préemptées  ou expropriées vouées à être urbanisées.

Les abords sont fleuris,  un délicieux mélange de fleurs sauvages et de fleurs plantées, des soucis jaunes, des silènes alba, des pâquerettes jaunes, se mêlent avec des chardons, des liserons blancs, des ombellifères, est-ce de la ciguë ou des carottes sauvages, quant aux  coquelicots, ils colonisent la terre mise à nu.

Le bus arrive, il fait chaud, la climatisation fonctionne, une jeune prend place à côté de moi, elle porte son corps les miens, sa cuisse sur la mienne, ses jambes sur les miens, elle le fait naturellement,  il n’y a ni a pas de jeu, ni autres idées, elle discute avec un garçon, son copain ou un prétendant mais l’un comme l’autre, son corps a pris de la distance, si c’est son petit ami, l’histoire arrive à son terme, si c’est un prétendant, la réponse sera non.

J’ai eu la chance d’aborder la proxémie quoique ce fut une initiation, j’ai quand même retenu l’essentiel et enrichi  cet essentiel.

Elle est chaude, son corps sur le mien m’est agréable, c’est reposant et apaisant. Le bus nous dépose devant la gare ferroviaire, généralement les chauffeurs font leur terminus à 300 m, ce que je trouve stupide car ils doivent passer devant la gare pour faire le demi-tour.

lampadaire lampadaire lampadaire

J’arrive sur le quai toutes les  lumières sont allumées, il est 13 h 38 nous sommes à la fin du mois de juin, il pleut, je ne sais plus s’il fait chaud ou s’il fait froid, je fais quelques photos, cela me semble insolite, certes il fait sombre, le ciel est gris, il pleuvine mais de là à tout allumer me laisse dubitatif, ils doivent tester le réseau ou un bug informatique, je suis fatigué, encore une heure ou deux car je souhaite faire une série de photos, le temps n’est pas propice, mais il y a des jours que j’attends que le soleil me revienne.

 Evariste Zephyrin