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Pyepimanla
le Magazine Antillais
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Courants chauds » une exposition haïtiano-dominicaine trans-géographique
Le
vernissage de l’expo haïtiano-dominicaine, réunissant huit peintres des
deux
républiques voisines, s’est tenu le 10 juin à la galerie artistique du
Mupanah
(Musée du Panthéon National d’Haïti) dans un Port-au-Prince agité.
Hormis
deux absents (Paul Gardère, retenu aux Etats -Unis et Raquel
Paiewonsky, présente en Italie pour la Biennale de Venise) les six
autres
artistes (Sergine André, Edouard Duval -Carrié, Lionel Saint-Eloi,
Jorge
Pineda, Belkis Ramirez, Fernando Varela) ont participé à l’ouverture de
cette
exposition d’œuvres contemporaines inter- îliennes. Les peintres et
sculpteurs
mentionnés avaient accroché la veille au Mupanah 23 toiles et monté
presque
trois installations.
« J’ai été très
satisfaite le jour du vernissage malgré l’ambiance difficile de ce 10
juin », a
déclaré Mme Michèle Alfred, la commissaire de l’expo. « J’ai préparé
cette
exposition avec beaucoup d’enthousiasme. Il s’agit bien d’un échange
convivial
entre les artistes d’ici et ceux de la République dominicaine. Chaque
exposition constitue une nouvelle expérience. Celle-là m’a beaucoup
enrichie
par ce courant convivial.»
Pour bien
cerner le travail des artistes, le public peut disposer d’un très beau
catalogue en couleurs, introduit par une solide présentation de Michèle
Alfred
et suivi de différents textes critiques dont celui de Yolanda Wood, qui
précise
: « Et voilà l’énigme des turbulences tropicales ,la contradiction
entre le
calme et l’intensité, qui fait la puissance de tous les renversements
essentiels à la création artistique. Il ne s’agit pas d’un déterminisme
géographique, c’est plutôt une géo-poétique de notre existence
culturelle,
venue de l’incertitude et des questionnements face à l’oscillation du
sens et
des regards croisés entre le réel et l’imaginaire.»
L’art, on le
sait, dans son fondement, peut faire voler en éclats les codes, les
décodeurs,
les douanes, les étiquetages simplistes pour sous-tendre l’alchimie des
formes,
la musique des couleurs, la frayeur apprivoisée des matériaux de
récupération.
Les regardeurs
se sentent happés par l’inventivité propre, individuée de ces huit
artistes. A
chacun son degré post-moderne, à chacun son expérience des limites.
Les visiteurs
seront forcés d’entrer en complicité avec ces huit artistes, parvenus
pour
certains d’entre eux à bousculer le langage plastique et le climat de
la
psychologie des profondeurs en une série de résonances : formes
surprenantes,
grammaires de scribes, autoroutes métaphysiques, bref des courants
chauds,
sinon des clefs postmodernes de l’art contemporain.
Faite de
technicité, avec par endroits l’utilisation du procédé de mise en
abîme, cette
exposition se fait délit de formes et de couleurs engendrées dans
différents
supports…
Ouverte au
public jusqu’au 10 juillet, l’exposition « Courants chauds »,
constituée de
travaux de créateurs contemporains dominicains et haïtien attend son
public.
Dominique
Batraville
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