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Pyepimanla
le Magazine Antillais
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Les
Alpes, une histoire de Grande Ecole

Photo : F. Palli
En regardant
les photos que
Francesca m’a adressées, représentant
les Alpes suisses, je ne suis pas seulement
confronté au majestueux ou
au grandiose du site, mais à des ressouvenances de ma professeure de
géographie,
plus exactement de
la mise en valeur
des milieux, je revois cette femme à l’allure quelque peu militaire
voire
austère, s’hommassant avec
une coupe à
la garçonne quoiqu’elle fut jolie et plaisante à regarder. Elle ne
semblait
prendre vie, que dans
l’amphithéâtre où
300 ou 400 étudiants prenaient place, une affluence qui au fil des
mois se tarissait des ¾ et
une trentaine au final sortait diplômés.
Ce n’était
pas réellement un
cours à mes yeux, mais
une détente, car
ma professeure répondait
à ma curiosité
et à ma volonté d’appréhender le monde à travers sa géographie et les
Alpes,
peut-être parce que la chaîne alpine traverse la France, peut-être
parce que
cette montagne la fascinait, elle en parlait comme une personne qui
était née
et avait toujours vécu dans ce milieu alpestre.
Aux dures
conditions de vie des
montagnards, le cours débutait par des considérations géologiques
expliquant la
formation de cette chaîne montagneuse relativement récente au regard du temps géologique et par
rapport aux Vosges,
aux Ardennes ou des Pyrénées, les
décrire n’a guère d’intérêts, on
trouve
les explications dans tous les dictionnaires ou sur Internet, mais tout ceci (théorie de la tectonique des plaques, formation des montagnes, théorie des vents, etc.) n’est le
plus souvent que des hypothèses de travail considérées comme vraies et non de
« vérités apodictiques. »
La beauté du milieu alpin se
déchiffrait cours
après cours, et tous ces mots jusqu’alors inconnus tels que l’ubac,
l’adret
me devenaient familiers ainsi que leur flore et leur faune.  Photo : F. Palli
Elle
s’étendait sur les
conifères tel le mélèze d’Europe seul conifère à
perdre ses
aiguilles en hiver, il tendrait à imiter les feuillus, l’arbre roussi
en
automne, et en hiver perd ses aiguilles comme le chêne ses feuilles,
afin de se
protéger des froidures hivernales. Elle s’attardait sur les qualités
mécaniques
et la dureté du bois, mais aussi de son biotope
car selon qu’il pousse
au
nord ou au sud, les
arbres qui
l’accompagnent ne sont pas les mêmes.
Le caractère
insistatif sur la
flore avait une finalité économique,
car le bois et les plantes participent pour une grande part dans
l’économie
montagnarde notamment par le bûcheronnage.
La montagne
je la connaissais,
un séjour dans les Alpes m’avait convaincu de ne plus remettre les
pieds, même
si le lieu offrait des panoramas superbes.
J’étais de la
mer et l’altitude
ne me convenait pas, je me sentais bien plus à l’aise dans les
Pyrénées, une
montagne aux rondités et aux rivières d’une eau limpide voire
cristalline
regorgeant de truites.
Après avoir
vu la formation de Alpes, elle nous parlait de son économie, de la vallée ou se situait les villages
composés de
maisons particulières, bien souvent la maison avait deux ou trois étages, le
rez-de-chaussée servant
d’étable pendant l’hiver, outre cette commodité protégeait les bovins du froid lors la saison
froide, la présence
des animaux réchauffait la maison.  Photo : F. Palli
Au cours de
cette période où les
montagnards étaient cantonnés à domicile, ils développaient un autre mode de vie, une
économie
différente prenait la relève, ils fabriquaient des ustensiles, des
jouets en bois,
des couteaux pour le compte des manufactures ce jusqu'au milieu du 20 e siècle.
Ce monde
était dur, et dans les
propos du professeure, il
y avait soit
une résignation, soit une héroïsation des montagnards d’alors. En effet, il fallait pouvoir vivre
dans de telles
conditions climatiques à ces époques, seule une rude constitution
physique le
leur permettait.
Puis venait
le printemps
annonçant la fonte des glaces, le dégel et la vie renaissait.
Les
températures s’élevaient, les habitants allaient enfin pouvoir sortir
au grand
air et s’affairer.
Les hommes et
les femmes
reprennent leurs activités, les bouviers amènent les bêtes à l’alpage,
les
autres s’occupent de leurs plantations, de leur culture céréalière,
même si les
sols sont peu propices à cette culture, les Celtes cultivaient dans les
Alpes
une variété de blé dit « blé de trois mois », en fait si on
connaissait
énormément de choses sur la faune et la flore alpine, on sait peu de
chose sur
les réalités des habitants avant le 19 e siècle.  Photo : F. Palli
Ce
milieu
bien qu’enclavé recelait
des potentialités hydrologiques, minières, forestières, avec cette
femme nous
apprenions à lire ce biotope, sa mise en valeur, la sociologie des
habitants et
aussi l’écologie du milieu, les différents plans de mise en valeur des
montagnes, entre autres par le développement des sports d'hiver.
Puis nous
passons au milieu
andin, un biotope
tellement différent
des Alpes.
Un cours qui
permettait de
voyager et de connaître. Ma professeure était comme ces personnes
servant de
guide aux touristes leur racontant la mémoire du lieu. Je l’ai eu comme professeure en troisième cycle en aménagement et urbanisme, je dois avouer que la dernière année
fut
totalement différente, je me souviens de cette conversation où je lui
posais
une question, et elle m’a répondu : vous n’êtes plus un élève,
mais un
économiste, vos propos font autorité !
Tony Mardaye
Versant d'une montagne
exposé au nord. Synon.
ombrée. La forêt occupe
l'ubac, le côté d'ombre [dans
les Alpes françaises]; elle le couvre d'un
merveilleux manteau de
verdure, avec le feuillage clair et gai du mélèze
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