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Pyepimanla
le Magazine Antillais
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Petit-Goâve : entre un passé
glorieux et
un futur incertain !
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Fort
Royal
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Environ
2 heures. C’est le temps qu’il faut, en voiture, depuis la capitale,
pour
atteindre Petit-Goâve. Ville coloniale et touristique fondée en 1663,
Petit-Goâve garde encore des vestiges et des sites qui renvoient à un
passé
glorieux.
La ville de Petit-Goâve, située à 65 kilomètres au sud de
Portau-Prince, est
avant tout une ville où les traditions, transmises oralement de
génération en
génération, sont fortes. Le tracé de la ville, les constructions
anciennes,
faites de briques ou de bois, renvoient inévitablement à son passé
colonial.
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Faustin 1er
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C’est
avec une rare fierté que les Petits-Goâviens parlent de leur cité qui a
donné
naissance au dernier empereur d’Haïti, Faustin Soulouque, couronné sous
le nom
de Faustin 1er. La ville héberge encore le mausolée de l’empereur et le
tombeau
de sa femme Adelina Soulouque, les vestiges de Calvaire, un édifice
daté du
temps de la colonie, l’Église catholique Saint Christophe qui
fonctionne
aujourd’hui encore après plus de trois siècles d’existence, le fort
Royal, le
fort du Littoral, le fort Garry…
À la rue Geffrard où pousse un tamarinier, la légende fait croire que
c’est sur
ce site que Dessalines, en provenance des Cayes et s’adressant au
colonel
Lamarre, aurait prononcé ces mots célèbres : «Après tout ce que je
viens de faire
dans le Sud, si les citoyens ne se soulèvent pas, c’est qu’ils ne sont
pas des
hommes. »
La fameuse phrase est ancrée dans l’imaginaire collectif des
PetitsGoâviens qui
le transmettent de père en fils. Le tamarinier, plus que tricentenaire
de
l’avis de certains résidents, est le lieu privilégié pour des
cérémonies
vaudou. « Une loa qui se manifeste sous la forme d’une jeune fille
habiterait
l’arbre », dit-on.
Présence étatique
En plus
de la mairie, la cité de Soulouque compte un Bureau régional des
impôts, un
centre hospitalier régional, l’Hôpital Notre-Dame, un commissariat de
police
secondé par deux sous-commissariats. On y remarque le Service national
d’eau
potable (Snep), un bureau de l’Électricité d’Haïti (ED’H), une
succursale de la
Banque nationale de crédit (BNC), un tribunal de paix situé dans le
quartier de
Vialet, un palais de Justice régional et plusieurs écoles publiques
primaires
et secondaires, un bureau de la Téléco et une bibliothèque municipale.
Fiche technique de la ville
Selon des informations fournies par le maire assesseur Emmanuella
Osselin, la
commune compte un peu plus de 167 000 habitants et sa superficie totale
est de
337,63 km2. Ville agricole, Petit-Goâve produit des vivres, du petit
mil, des
haricots et du maïs, mais sa spécialité reste le « dous-makòs ». Les
sites
naturels et historiques, comme cascades, sites balnéaires ou moulins à
canne, y
abondent.
Petit-Goâve compte 12 sections communales : Bino (1re), Delatte (2e),
Trou-Chouchou (3e), Fond Arabie (4e), Canari (5e), 6e, 7e, 8e et 8e
sections
des Platons, 9e et 10e des Palmes et, enfin, 11e et 12e sections des
Fourgues.
Chacune d’elle regorge de richesses écotouristiques. « Le coucher de
Soleil est
tout aussi admirable à Morne Tapion, au pied de Value situé à la
douzième
section communale de Petit-Goâve », se réjouit la mairesse Emmanuella
Osselin,
affirmant que la fraîcheur des 9e et 10e sections, limitrophes des
Nippes,
n’ont rien à envier à celle de Kenscoff.
La vie dans la ville
La ville organise chaque année plusieurs évènements, comme le carnaval
Dous-makòs, déroulé deux semaines avant celui de Port-auPrince, le
défilé «
rara » pendant la période pascale, la fête patronale Notre-Dame de
l’Assomption
le 15 août. Chacune des sections communales fête son saint patron au
cours de
l’année.
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Lucson plage
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La
commune recense, entre autres, une dizaine de stations de radio, dont
Écho 2000
où travaillait feu le journaliste Brignol Lindor, assassiné à coups de
hache et
de machette le 3 décembre 2001 par une organisation populaire proche de
Lavalas
dénommée « Dòmi nan bwa », une station de télévision, RSTV, deux
librairies, «
Tout ou rien » et «Librairie évangélique méthodiste », deux places
publiques,
une usine à glace, plusieurs magasins, des banques commerciales.
« Plusieurs clubs de nuit épicent la vie nocturne et font danser les
Petits-Goâviens
aux airs de Bossa Combo, Mass Compas, Tropicana ou Baricad Crew »,
informe Mme
Osselin. Les petites bourses se rendent dans des discos ou des
restaurants
dansants. Des « gaguères » abondent dans la commune, dont la plus
réputée est
la « Gaguère Germain ». Des clubs culturels et sportifs, des
associations
religieuses de femmes ou de jeunes peuplent également Petit-Goâve.
La ville ne connaît pas l’insécurité qui gangrène la capitale. « C’est
seulement lors d’un grand évènement, comme le défilé de rara, le
carnaval
dous-makòs, qu’on recense des cas isolés d’insécurité », se réjouit
l’administratrice communale.
Une difficile situation économique
Malgré toutes
ses richesses, la
ville de Petit-Goâve est aussi dans l’impasse économique qui empire de
jour en
jour dans le pays. Les cyclones Fay, Gustave, Hanna et Ike ont provoqué
la crue
des rivières Digue, Caïman, Curtis, Dlo-Piti et inondé la ville en août
et
septembre 2008. Cette situation a eu pour corollaire la
décapitalisation de la
population.
« Certaines personnes qui pouvaient auparavant manger à leur faim,
quémandent
aujourd’hui leur pain quotidien », déplore notre interlocutrice. Des
organisations non gouvernementales internationales, dont CHF et OIM,
interviennent dans les domaines de l’assainissement, l’adduction d’eau
potable,
la réhabilitation et la construction de centres scolaires, activités
qui créent
des emplois au profit de la population.
Des travaux d’assainissement, dont le curage des rivières responsables
de
l’inondation de Petit-Goâve en 2008, sont en cours d’exécution dans la
ville
qui compte déjà plusieurs kilomètres de route asphaltée. L’État
entreprend des
Projets à impact communal (Pic), dans les 11e et 12e sections, en
conservation
du sol ou correction des ravines.
N.B. Ce reportage a été réalisé grâce à la collaboration du magazine
créole Bon
nouvèl qui, dans sa rubrique « Konnen peyi w », prône le tourisme
local.
Par Ladenson Fleurival
Source: Le Matin
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