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La situation des femmes est préoccupante en
Haïti, selon Amnesty
International
Posté le 29 mai 2009
En nette progression, les
110 cas de viols sur les mineures enregistrés par les organisations de
droit de
la femme en 2008 sont très en deçà de la réalité, peut-on lire dans ce
rapport
publié le jeudi 28 mai.
Les
autorités
n’avaient pris aucune mesure, ni loi spécifique pour protéger la gente
féminine
et les victimes font face à la discrimination quand elles réclament
justice et
réparation. Amnesty International dénonce, non seulement l’absence de
la
volonté politique, mais aussi l’inefficacité de la justice pénale et
les
préjugés d’une grande partie de la société.
Les enfants ne seraient pas
dans une
situation enviable : 500 000 en âge d’aller à l’école ne fréquentaient
aucun
établissement scolaire. Des dizaines sont morts de faim après le
passage des
cyclones. Les mineurs auteurs d’infractions sont souvent jugés par
d’autres
tribunaux que ceux pour enfants. Pire, ils sont placés dans les mêmes
cellules
que les adultes. Il n’est fait état nulle part des enfants en
domesticité dans
le rapport.
L’organisation a aussi relaté
que des
milliers d’Haïtiens, dont des femmes et des enfants, ont été victimes
de traite
d’êtres humains vers la République dominicaine au cours de l’année,
sans qu’une
loi n’ait été votée contre ce phénomène ou que des trafiquants aient
été
recherchés.
Côté santé, ce n’est pas mieux
! Malgré
des efforts pour améliorer les conditions d’accouchement, les femmes
peuvent
difficilement se payer des soins obstétriques, car ceux-ci coûtent trop
cher.
Les trousses de prophylaxie
antirétrovirale, en cas de viol, n’étaient disponibles qu’à
Port-au-Prince.
L’accès à une eau salubre et à des réseaux d’assainissement fait défaut
à 40 %
de la population.
Le secteur de la justice n’a
pas été
oublié. Les conditions de détentions sont déplorables, des
représentants de la
loi ont outrepassé leur pouvoir, l’impunité reste et demeure. La
police, dont
les actes de violences auraient diminué, a fait des arrestations
arbitraires un
procédé normal.
Par ailleurs, dans le chapitre
consacré à
la République dominicaine, le rapport fait état de ce qui n’est un
secret pour
personne, de la discrimination dont sont victimes, là-bas, les Haïtiens
et les
Dominicains d’origine haïtienne. 6 000 Haïtiens avaient été expulsés,
pour la
plupart arbitrairement, du pays au cours des six premiers mois de
l’année 2008.
Suite à des meurtres de Dominicains attribués à des Haïtiens, des
agressions en
bande contre des ceux-ci ont été signalées à maintes reprises.
Le cas d’Haïti n’est pas le
seul. Avec ce
nouveau rapport, Amnesty International dit révéler un monde où
l’insécurité et
les discriminations systématiques entravent les progrès du droit. Il
affirme
avoir ajouté sa voix à celles qui dénoncent les injustices et les
inégalités et
revendiquent un avenir où tous les êtres humains seront libres et
égaux, en
dignité et en droits.
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