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amnesty internationaleLa situation des femmes est préoccupante en Haïti, selon Amnesty International

En nette progression, les 110 cas de viols sur les mineures enregistrés par les organisations de droit de la femme en 2008 sont très en deçà de la réalité, peut-on lire dans ce rapport publié le jeudi 28 mai.

Les autorités n’avaient pris aucune mesure, ni loi spécifique pour protéger la gente féminine et les victimes font face à la discrimination quand elles réclament justice et réparation. Amnesty International dénonce, non seulement l’absence de la volonté politique, mais aussi l’inefficacité de la justice pénale et les préjugés d’une grande partie de la société.

Les enfants ne seraient pas dans une situation enviable : 500 000 en âge d’aller à l’école ne fréquentaient aucun établissement scolaire. Des dizaines sont morts de faim après le passage des cyclones. Les mineurs auteurs d’infractions sont souvent jugés par d’autres tribunaux que ceux pour enfants. Pire, ils sont placés dans les mêmes cellules que les adultes. Il n’est fait état nulle part des enfants en domesticité dans le rapport.

L’organisation a aussi relaté que des milliers d’Haïtiens, dont des femmes et des enfants, ont été victimes de traite d’êtres humains vers la République dominicaine au cours de l’année, sans qu’une loi n’ait été votée contre ce phénomène ou que des trafiquants aient été recherchés.

Côté santé, ce n’est pas mieux ! Malgré des efforts pour améliorer les conditions d’accouchement, les femmes peuvent difficilement se payer des soins obstétriques, car ceux-ci coûtent trop cher.

Les trousses de prophylaxie antirétrovirale, en cas de viol, n’étaient disponibles qu’à Port-au-Prince. L’accès à une eau salubre et à des réseaux d’assainissement fait défaut à 40 % de la population.

Le secteur de la justice n’a pas été oublié. Les conditions de détentions sont déplorables, des représentants de la loi ont outrepassé leur pouvoir, l’impunité reste et demeure. La police, dont les actes de violences auraient diminué, a fait des arrestations arbitraires un procédé normal.

Par ailleurs, dans le chapitre consacré à la République dominicaine, le rapport fait état de ce qui n’est un secret pour personne, de la discrimination dont sont victimes, là-bas, les Haïtiens et les Dominicains d’origine haïtienne. 6 000 Haïtiens avaient été expulsés, pour la plupart arbitrairement, du pays au cours des six premiers mois de l’année 2008. Suite à des meurtres de Dominicains attribués à des Haïtiens, des agressions en bande contre des ceux-ci ont été signalées à maintes reprises.

Le cas d’Haïti n’est pas le seul. Avec ce nouveau rapport, Amnesty International dit révéler un monde où l’insécurité et les discriminations systématiques entravent les progrès du droit. Il affirme avoir ajouté sa voix à celles qui dénoncent les injustices et les inégalités et revendiquent un avenir où tous les êtres humains seront libres et égaux, en dignité et en droits.

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