Haïti
parmi les pays comptant des victimes civiles de conflits armés
Une étude du CICR
dans laquelle notre pays rejoint l’Afghanistan, la RDC, le Libéria, le
Liban et
la Colombie qui ont vécu des années de guerre aux conséquences
humanitaires
incalculables
Haïti fait partie de huit pays
où la guerre et la
violence armée ont fait de nombreuses victimes civiles ces dernières
années,
selon les conclusions d’une étude mondiale que le Comité international
de la
Croix-Rouge (CICR) vient de rendre publique à Genève.
Intitulée "Notre
monde : perspectives du
terrain", l’enquête souligne que ces situations de conflit ont eu de
graves conséquences physiques et psychologiques, mais aussi ont été à
l’origine
de catastrophes humanitaires allant du déplacement massif de
populations à la
dispersion des familles en passant par l’impossibilité d’accès aux
produits de
première nécessité.
Plus de 4.000 personnes
interrogées ont apporté des
témoignages troublants sur leurs expériences individuelles, besoins,
inquiétudes, attentes et frustrations. Outre Haïti, ces éléments ont
été
répertoriés dans huit pays ayant été pour la plupart en
guerre :
Afghanistan, Colombie, République démocratique du Congo, Géorgie,
Liban,
Libéria et Philippines.
56% des sondés révèlent avoir
dû abandonner leurs
résidences pour fuir les combats tandis qu’environ 50% affirment avoir
perdu
tout contact avec au moins un proche parent. Les hostilités ont
également privé
une personne sur cinq de leurs sources de revenus.
Tout en affirmant n’avoir pas
été personnellement
ou directement touchées, 66% des personnes disent ressentir les effets
des
conflits. En Haïti, ce sentiment est quasi-général avec 98%, devant le
Liban,
le Libéria et l’Afghanistan, 96% chacun.
Concernant la perte de leurs
revenus provoquée par
la violence les ayant touchées directement, les personnes victimes en
Haïti
(40%) figurent parmi les plus nombreuses derrière l’Afghanistan (60%)
et le
Liban (51%).
Enfin, l’intégrité physique
des victimes, elle est
généralement peu épargnée. Dans les huit pays, 18% des personnes
interrogées
indiquent avoir été blessées au cours des combats. De plus, 17% ont
subi des
sévices corporels et 32% de graves humiliations.
La CICR souligne par ailleurs
les graves
difficultés d’accès aux services auxquelles ont été confrontées les
personnes
directement touchées par la violence armée en Afghanistan et en Haïti.
Plus de
la moitié d’entre elles ont été privées d’eau, d’électricité et de
soins de
santé.
« Cette recherche a
un aspect novateur dans la
mesure où elle nous donne un aperçu plus complet de la manière dont les
victimes de conflits armés et de violence sont généralement
touchées »,
relève Pierre Krähenbühl, directeur des opérations du CICR.
« Ces chiffres
représentent des millions de personnes qui luttent pour subvenir aux
besoins de
leurs enfants, qui ont été contraintes de fuir leurs villages sous la
menace,
ou qui vivent dans la peur permanente qu’un être cher soit tué, attaqué
ou
disparaisse. C’est très préoccupant », a fait remarquer le
responsable.
Pour sa part, Charlotte
Lindsey, directrice
adjointe de la communication au CICR et chargée de la supervision de
l’enquête,
a ajouté « en s’entretenant avec un grand nombre de personnes,
et en
écoutant attentivement ce qu’elles ont à dire, nous pouvons saisir ce
qu’elles
vivent réellement. Cela nous permettra d’améliorer notre approche et
d’aider
ces personnes ainsi que d’autres personnes vulnérables ».
Réalisé par l’institut
français de sondage Ipsos,
le rapport du Comité International de la Croix-Rouge a été publié à
l’occasion
du 150e anniversaire, le 24 juin, de la bataille de Solférino, point de
départ
de la naissance du CICR, du Mouvement international de la Croix-Rouge
et du
Croissant-Rouge et des Conventions de Genève . En 1859, cette bataille
entre
les troupes alliées franco-sardes et les soldats autrichiens avaient
fait 38
000 morts et blessés à Solferino, dans le nord de l’Italie.
source
lundi
29 juin 2009,
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