Descendants
de sans
papiers exclus du droit à la nationalité dominicaine, selon une
décision
parlementaire.
Stratégie de
réduction du jus soli dans la nouvelle architecture
constitutionnelle dominicaine
Les descendants de
sans papiers, [notamment des
Haïtiens], n’auront pas droit à la nationalité dominicaine, approuve le
Parlement de la république voisine dans le cadre d’un projet de réforme
de la
constitution dont a pris connaissance l’agence en ligne AlterPresse.
Les
débats en République Dominicaine, autour de l’article 16 du projet de
Réforme
Constitutionnelle se référant à la nationalité dominicaine, semblent
trouver
une issue, du moins dans cette première étape de révision par le
Parlement de
la nouvelle Charte proposée par l’Exécutif.
L’Assemblée,
« qui révise » le nouveau Projet de Réforme
Constitutionnelle, soumis
en septembre 2008 au Parlement dominicain par l’administration du
président
Leonel Fernández Reyna, vient de donner, dans la soirée du mardi 26 mai
2009,
un vote favorable (166 pour et 27 contre) à l’article 16 de la Nouvelle
Constitution du pays voisin.
« Qui
sont dominicains et dominicaines ? », selon l’article
16 récemment
approuvé par le Parlement
Les
deux premiers alinéas de l’article 16 ne posaient pas problème, à
savoir :
« sont dominicains et dominicaines les enfants nés de pères et
de mères
dominicaines (alinéa a), ceux et celles qui jouissent déjà de la
nationalité
avant l’entrée en vigueur de la présente constitution (alinéa
b) ».
Mais
l’alinéa c du même article 16 vient d’être aussi approuvé, en dépit du
fait
d’avoir été contesté par les parlementaires considérés comme modérés
sur la
question de la nationalité dominicaine, notamment ceux et celles du
Parti
Révolutionnaire Dominicain (PRD).
Cet
alinéa-polémique stipule que « sont dominicaines et
dominicains ceux qui
sont nés sur le territoire national, à l’exception de ceux qui sont
fils
d’étrangers membres de légations diplomatiques et consulaires ou
d’étrangers
qui se trouvent en transit ou qui résident illégalement sur le
territoire
dominicain. »
Par
la suite, un paragraphe précise : « est considéré
comme en transit
tout étranger défini comme tel dans les lois dominicaines ».
Cependant,
ce qui appelle le plus l’attention, c’est que l’Assemblée vient
d’éliminer
l’alinéa d, inclus dans le projet présidentiel de Réforme
constitutionnelle,
qui ajoutait que « sont dominicains et dominicaines ceux qui
sont nés sur
le territoire national de pères étrangers si la législation de leur
pays
d’origine ne leur attribue aucune nationalité ».
Cet
alinéa prévoyait d’octroyer la nationalité dominicaine aux enfants nés
de pères
étrangers pour éviter les cas d’apatridie, si condamnés par les
organismes
internationaux de droits humains.
Les
autres alinéas d, e, f et g de l’article 16 étendent la possibilité
d’acquérir
la nationalité dominicaine aux « enfants nés à l’étranger de
père ou mère
dominicain », à ceux et celles « qui se marient à un
dominicain ou
une dominicaine », aux « descendants directs de
dominicains résidant
à l’extérieur » et aux « naturalisés ».
Deux
grands courants en conflit : le PRD et les Réformistes
L’alinéa
c de l’article 16 avait généré, durant ces dernières semaines, beaucoup
de
débats au Parlement dominicain, sans qu’il ait été possible pour les
parlementaires d’arriver à une issue. Une Commission spéciale a été
formée au
Parlement, le 7 mai 2009, pour réviser en profondeur l’article en
question.
Ensuite,
le président dominicain Leonel Fernández, initiateur du projet de
réforme
constitutionnelle, et le leader du PRD, Vargas Maldonado, ont dû
conclure, le
14 mai 2009, un pacte politique sur la question.
Dans
ce pacte, les deux plus grands leaders du pays voisin se sont engagés à
« impulser une modification au régime de la nationalité en
vigueur pour
consacrer un nouvel ordre qui soumet l’attribution de la nationalité
sur la
base d’une combinaison entre le jus sanguini et le jus soli ».
D’autre
part, le courant ultra nationaliste dominicain ne s’est pas fait
attendre.
Dans
un rapport, présenté au Parlement le même mardi 26 mai 2009, les
parlementaires
faisant partie de ce courant, généralement appelés « les
réformistes », soutenaient qu’« avec l’invasion
pacifique des étrangers
illégaux que vit la République Dominicaine, on pourra se sauver
seulement par
l’établissement du droit du sang comme concept unique, en plus de la
naturalisation pour obtenir la nationalité ».
Ce
rapport a été immédiatement rejeté par l’Assemblée des parlementaires
(172 voix
contre, 20 pour).
La
tendance prédominante des autorités dominicaines : réduire le
jus soli
Cette
première victoire, en faveur de l’article 16 du nouveau projet de
réforme
constitutionnelle, accuse une tendance prédominante en République
Dominicaine,
où les 3 pouvoirs, exécutif, législatif et judiciaire, veulent
continuer à
adopter le jus sanguini comme principal mode d’acquisition de la
nationalité
dominicaine, tout en réduisant le jus soli.
Le
refus d’octroyer la nationalité dominicaine, aux descendants des
migrants
irréguliers, fait partie de cette stratégie de réduction du jus soli
dans la
nouvelle architecture constitutionnelle dominicaine, en dépit de
l’opposition
des organisations de défense des droits humains (voir notre
article : Réforme
Constitutionnelle en Rép. Dominicaine : Les implications pour
Haïti).
L’image
d’Haïti, comme un État en faillite, et celle des migrants haïtiens,
comme des
envahisseurs pacifiques de la République Dominicaine, sont souvent
utilisées
par des secteurs officiels et surtout ultra nationalistes pour
justifier la
réduction du jus soli, ainsi que les multiples violations de droits
humains,
des abus et même des atrocités dont les Haïtiens et leurs descendants
sont
souvent victimes dans le pays voisin.
Wooldy
Edson Louidor
source
samedi 30 mai
2009
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