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Pyepimanla
le Magazine Antillais
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Intervention
d’Alfred Marie-Jeanne, Président du
Conseil Régional de Martinique
Congrès des élus - 18 Juin 2009
Hôtel du Département
Monsieur le Président du Congrès
Messieurs les Parlementaires
Chers collègues
Mesdames et Messieurs,
En ligne avec
notre premier rendez-vous du 18 Décembre 2008,
nous voilà de nouveau réunis aujourd’hui, pour compléter la démarche,
que de
concert, le Président du Conseil Général, Claude Lise et moi-même,
avons
initiée.
Lors
de la première partie du Congrès, nous avons
retenu que notre pays devait être désormais géré par une
Collectivité
Unique, cassant définitivement avec le système bicéphale actuel.
C’était le
point relatif à l’organisation administrative.
Nous
avons retenu que pour faire Peuple, il fallait
s’inscrire dans une Circonscription Unique. C’était le point relatif au
mode de
scrutin.
Nous
avons également retenu que la définition des textes et
des règlements ne devait plus dépendre du seul ressort de
l’Etat. C’était
le point relatif au régime législatif.
C’est
sur ces bases concrètes, que les membres de la
Commission chargée de réfléchir à l’identification des compétences, ont
participé à cet exercice, quel que soit par ailleurs, leur
positionnement
idéologique.
Il
n’est donc point concevable de se déjuger, en remettant
en cause ce qui a été majoritairement admis.
De
plus, notre pays a été secoué par une crise sociale qui a
remis en lumière de nombreux dysfonctionnements, au point que le
Président de
la République lui-même, envisage la fin du système actuel.
Cette
deuxième partie du Congrès arrive donc à propos pour
discuter d’une nouvelle architecture politique, considérée désormais
par tous,
comme incontournable.
De manière très claire, les Martiniquais réclament que les
solutions apportées aux
questions de l’éducation, du logement, du foncier, de la
santé, de la culture … bref, tout ce qui constitue leur quotidien,
soient en
phase avec leurs préoccupations.
La réflexion sur ces questions fondamentales doit
légitimement s’inscrire dans le cadre du processus de l’Evolution
institutionnelle engagée.
Il est en effet temps, que ces politiques ne soient plus
arrêtées par le seul pouvoir central, et plaquées de manière
systématique, sans
tenir compte de nos réalités.
C’est pourquoi l’Evolution vers l’article 74 nous met en
Responsabilité de gérer nos propres affaires dans des domaines
spécifiques
définis par nous-mêmes.
Et je cite cet article qui précise que « Les
Collectivités d’Outre-Mer régies par le présent article ont un statut
qui tient
compte des intérêts propres de chacune d’elle au sein de la
République »
N’est-ce pas là, la garantie constitutionnelle
souhaitée ?
Forts de tout cela, notre réflexion ne doit pas se limiter à
une simple agrégation des compétences des deux Collectivités actuelles.
Elle
doit s’élargir à la définition d’instruments indispensables au service
de notre
projet défini dans le cadre du Schéma Martiniquais de Développement et
de
l’Agenda 21.
Rappelons que pour remettre l’Homme et la Femme au cœur du
développement, il nous faut avoir la main sur les outils phares que
constituent la politique de l’éducation, la politique de
l’emploi, la
politique culturelle et sportive.
De même, pour valoriser notre potentiel naturel, nous devons
avoir Autorité sur les questions relatives au droit domanial et
foncier, au
droit minier, à la gestion du sol et du sous-sol martiniquais, à
l’exploitation
du domaine maritime et à la maîtrise de la Zone Economique Exclusive.
De même encore, pour mieux aménager durablement notre
Territoire, réclamons le droit de mettre en œuvre une politique de
transport,
une politique énergétique, une politique environnementale en lien
direct avec
nos atouts.
Toutes ces compétences devant être mises en œuvre de manière
cohérente et régulée par une Assemblée Unique.
Le caractère démocratique du processus de l’Evolution
Institutionnelle que nous avons lancé est incontestable. Ce processus
est
constitué de
plusieurs
maillons. Jugez-en
vous-mêmes.
Premier maillon, la Commission Spécifique, qui a élaboré le texte
aujourd’hui
en discussion, est représentative de l’échiquier politique martiniquais.
Deuxième maillon, ce Congrès qui décidera, je le sais, de mettre la
Martinique
sur le chemin de l’Autonomie, est constitué d’élus possédant tous la
légitimité
populaire.
Troisième maillon, et non le moindre, le Peuple Martiniquais, qui
décidera, en
dernier ressort, de confirmer la démarche entamée.
Le Congrès propose, le Peuple dispose.
Aussi, je voudrais d’ores et déjà le mettre en garde sur les
peurs abusivement entretenues. Pa kité pèsonn mété piès zagriyen an tèt
zot
Ne contentons-nous pas d’une simple réformette.
Le Gouvernement lui-même, prenant conscience de la gravité
de la situation, a consenti à ouvrir une période de consultations que
nous
devons mettre à profit. Plaçons nous donc en posture de force de
proposition,
plutôt qu’en situation d’apoda, ou encore en position
d’esquive et
d’abandon.
Chers collègues, mesdames et messieurs, après plus de
cinquante ans, de rendez-vous différés en rendez-vous
différés, l’heure
de nous-mêmes ne sonnera-t-il donc jamais ?
Jeudi, 18
Juin 2009
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