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Congrès des élus de Martinique

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Voilà comment on transforme une légitime aspiration de simplification administrative sur un petit territoire en le lancement d’un processus auquel le plus grand nombre n’adhère pas.

Le congrès des élus de la Martinique qui s’est tenu ce dernier jeudi est l’exemple d’entourloupes qui font perdre tout crédit à la parole politique.

La première est de faire croire que pour obtenir une assemblée unique, il faut obligatoirement changer de statut législatif. Si tel était le cas, il aurait fallu changer la constitution pour créer l’intercommunalité tel qu’elle existe à la Cacem, à l’Espace Sud ou encore à la Communauté du nord de la Martinique. Car, dans ces cas, aussi, c’est bien de transferts de compétence qu’il s’est agit. Des communes, jusque là dans des approches séparées, ont décidé, après discussion de transférer à une nouvelle entité le soin d’organiser les parties sur lesquelles elles étaient moins efficaces seules.

Deuxième entourloupe : beaucoup de compétences réclamées peuvent faire l’objet d’habilitation dans le contexte législatif dans lequel nous sommes. Par exemple, le conseil régional de Guadeloupe est, depuis le 6 mai dernier, habilité à légiférer et dire la norme en matière d’énergie et de formation professionnelle et ce, dans le cadre de l’article 73 alinéa 3. Biensûr, avoir un drapeau ou un hymne national ne peut sans doute pas faire parti du lot.

Troisième entourloupe : celle d’inscrire dans les textes qui régiraient ce territoire le principe de l’exclusion de l’Autre. Comme qualifier autrement les points 4, 5 et 13 entre autres du rapport présentant les compétences demandées par la nouvelle assemblée régie par l’article 74 ?

Ces alinéas voudraient désormais obliger celui ou celle qui voudrait s’installer, acheter ou exercer une profession en Martinique de devoir justifier d’un temps de présence dans l’île, et gare à ceux qui partent trop longtemps !

Que penser d’un tel dispositif alors que tous les habitants de la Martinique sont arrivé à un moment où à un autre sur cette terre, que personne n’a une lignée historique ici, et qu’au fil des siècles, nous sommes devenus un peuple profondément métis ?

Non, décidément, tout cela n’est pas très digne Messieurs les élus !

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