pyepimanla


Pyepimanla le Magazine Antillais

Actualités    
Archives
Forum  
Liens 
Annuaire
Boutique 
Contact




En Guadeloupe, l'économie reste destabilisée

port louis en gudeloupe

Photo de F. Palli

Investissements stoppés, 6.000 licenciements depuis mars, les 44 jours de grève générale de l'hiver contre la "pwofitasyon" ont laissé des traces durables en Guadeloupe.

Plus de trois mois après et malgré la fin des blocages, les affaires tournent toujours au ralenti et les liquidations se succèdent au tribunal de commerce. Elles ne sont pas toujours liées uniquement aux effets de la longue grève démarrée en janvier, mais aussi à des difficultés financières et la crise mondiale.

Le collectif LKP (Lyannaj kont pwofitasyon, Ensemble contre la surexploitation) accuse le patronat de profiter de la situation pour éliminer les canards boiteux (6.000 licenciements entre mars et mai) et aller investir ailleurs.

Les patrons, mis en accusation au plus fort de la crise par Yves Jégo, alors secrétaire d'Etat à l'Outre-mer, font profil bas, quand ils ne mettent pas la clé sous la porte. Beaucoup ont laissé partir femme et enfants (on évoque 800 départs).

"Ce qui nous tue, c'est l'incertitude", assure un chef d'entreprise sous couvert d'anonymat, qui a échappé jusqu'à aujourd'hui à la liquidation, mais n'imagine plus investir un euro dans le développement de son entreprise. Les banques ont mis ses dossiers de crédits d'investissement dans les tiroirs en attendant un mieux.

Chez lui, une partie des salariés ont connu une période de chômage partiel et personne n'a pas encore licencié.

La crise est "terrible", juge Colette Koury, présidente de la Chambre de commerce et d'industrie de Pointe-à-Pitre, qui s'est crue abandonnée par le pouvoir politique face aux revendications syndicales. "On avait l'impression que tout était orchestré pour se débarrasser de nous. On n'y comprenait rien. Il y a eu réellement un flottement", juge-t-elle aujourd'hui.

"On vivote en attendant qu'on nous donne des assurances sur l'avenir institutionnel de ce pays", résume Mme Koury, qui a suivi avec beaucoup d'attente l'arrivée de Nicolas Sarkozy jeudi en Martinique.

"Il semble, d'après ce que j'ai vu, entendu, qu'il y a eu la mise en avant d'un attachement de la France pour ses départements d'outre-mer qui va à l'encontre de ce qu'on avait ressenti il y a quelques semaines, il y a quelques mois", se réjouit-elle.

"J'attends du chef de l'Etat qu'il nous rassure. Qu'il nous dise une bonne fois pour toutes ce qui va se passer", ajoute-t-elle. Et aussi "qu'on interroge le peuple, qu'il dise ce qu'il veut..."

C'est en large partie l'objectif des Etats généraux, qui doivent se conclure localement début juillet. Après une synthèse à la rentrée, le gouvernement annoncera les conclusions qu'il en tire et les mesures qu'il entend mettre en oeuvre lors d'un conseil interministériel en octobre. 

AP