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La meilleure
thèse doctorale sur la Caraïbe

A
l’occasion du XXXIVème Congrès de l’Association des Études de la
Caraïbe, a été
remis, à Kingston, Jamaïque, le 4 juin dernier, le prix à la meilleure
thèse
doctorale sur la Caraïbe pour l’année 2008.
Ce
prix a été décerné à José Manuel Cruz Rodríguez, du Département de
Philologie
Française et Romane de l’Université de la Laguna, Iles Canaries.
La
thèse aborde le sujet de l’identité dans la Caraïbe et en Martinique en
particulier, à travers l’étude de deux romans de la canne et de deux
mouvements
littéraires martiniquais, avec le titre :
« Antillanité
et Créolité en Martinique : la construction de l’identité par
la
nomination et par les repères spatio-temporels dans les romans ‘La Case
du
commandeur’ d’Édouard Glissant et ‘Commandeur du sucre’ de Raphaël
Confiant ».
Cette
thèse, soutenue en mai 2008, à l’Université Paris XIII, avait reçu la
mention
« très honorable avec félicitation du jury ».
Dirigée
par le Professeur Patrick Charaudeau, la thèse consiste en une analyse
du
discours littéraire circonscrit aux paramètres identitaires de la
nomination
des personnages et son symbolisme, ainsi que les références à
« l’ici » et au « là-bas »
(Europe/Afrique/ailleurs) qui
déterminent, dans le tissu lexico-sémantique, les orientations du
discours
autour de l’identité dans les Caraïbes et en Martinique en particulier.
Du
point de vue théorique, trois enjeux, qui sont au coeur des recherches
en
sciences humaines et sociales (le rapport entre sciences du langage et
littérature, le rapport entre analyse quantitative et analyse
qualitative de
corpus langagiers, la question de l’identité) constituent le centre de
la
thèse.
Le
travail expose un vaste panorama sur la problématique de la littérature
antillaise (sans oublier le contexte latino-américain) pour montrer
l’apparition
de l’Antillanité et de la Créolité dans le cadre de l’ensemble
socioculturel et
historique de la culture de la canne à sucre.
Elle
réunit trois enjeux qui permettent de rapprocher les sciences du
langage à la
littérature, en abordant ce qui est littéraire avec des analyses et des
méthodes linguistiques, et en mettant en rapport les analyses
quantitatives
avec ce qui est qualitatif. Les résultats obtenus permettent de mettre
en
lumière une bonne partie de la problématique identitaire des Caraïbes.
Le
choix d’une étude contrastive, à l’intérieur de deux propositions
internes
formulées par ces écrivains représentatifs, a été à l’origine d’une
analyse qui
s’appuie sur l’outil informatique (SISAD) créé à l’Université de la
Laguna par
le Professeur Julio Brito Santana et ses étudiants de mastère, sur la
base
d’études effectuées par le Docteur Pedro Ureña Rib, maître de
conférence à
l’Université des Antilles et de la Guyane, en collaboration avec le
professeur
Cruz Rodríguez.
La
pratique, la méthodologie et l’outil informatique mis en oeuvre
pourraient
permettre dans de futurs travaux d’élaborer et d’établir « une
grammaire
de la littérature(s) de la Caraïbe » dans laquelle seraient
réunis des
imaginaires, des valeurs, des convergences et des divergences
culturelles,
sociales et historiques qui confèrent à la littérature et à
l’expression
artistique des Caraïbes leurs signes d’identité.
Sa
grande contribution aux études des Caraïbes obéit à la nouveauté de
mettre en
rapport et de relever les éléments fondamentaux de ces imaginaires
culturels
présents et qui interagissent dans l’ensemble des Caraïbes. Cette
recherche
conduit le professeur Cruz à poser une question fondamentale qui, à
elle seule,
constitue un des centres d’intérêt de cette thèse :
existe-t-il une littérature
antillaise ? Littérature postcoloniale, littérature
« en
souffrance », littérature d’Outre-mer…
Il
s’agit, d’après l’auteur, de la naissance d’une littérature
« authentiquement » antillaise à partir de l’ouvrage
Éloge de la
créolité (1989) après le « doudouisme » et la
Négritude césairienne.
L’auteur
de cette thèse n’oublie pas le contexte latino-américain, la recherche
d’une
identité entre « civilisation et barbarie », le
projet
« antillaniste » de Eugenio María de Hostos,
l’Indigénisme, le Créolisme,
le Modernisme, la Négritude et l’Antillanité, de celle de Glissant à la
Créolité de Confiant
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