Dès
son
arrivée à Fort-de-France,Sarkozy affiche sa volonté d'apaisement
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AFP, publié le 26/06/2009 à 08:08 - mis à jour le 26/06/2009 à 08:10
FORT-DE-FRANCE
- Quatre mois après les émeutes contre la vie chère, Nicolas Sarkozy a
affiché
jeudi, au premier jour de sa visite à la Martinique et à la Guadeloupe,
sa
volonté "d'apaiser les choses" et "d'apporter une réponse"
au malaise social qui persiste dans les deux îles.

AFP/Patrice
Coppee
Sarkozy
à son arrivée à Fort-de-France le 25 juin 2009
Sitôt posé le
pied à Fort-de-France, le chef de l'Etat a manifesté sa volonté de
tourner la
page de la crise de l'hiver et a invité tous les acteurs locaux à
participer à
la consultation des états généraux de l'outre-mer, y compris ceux qui
les
boudent, comme le collectif guadeloupéen LKP.
"Il
faut qu'on change, je suis persuadé que le statu quo n'est pas possible",
a-t-il lancé devant la presse, "il faut absolument trouver
une
solution, apaiser les choses et apporter une réponse à la fois à la
demande
d'égalité et d'identité. Je vais m'y consacrer pendant ces deux jours".
Premier signe
adressé aux Antillais, Nicolas Sarkozy a voulu "réparer une
injustice"
en rendant le premier hommage de la République aux Antillais qui ont
rallié la
France libre pendant la Seconde guerre mondiale.
"A
l'heure où certains ont pu douter, dans un contexte de crise, de la
force du
lien qui nous unit, j'ai voulu rappeler aujourd'hui ce que pouvait
avoir de
concret le fait de vivre un destin commun", a-t-il déclaré
avant de
décorer quatorze de ces "dissidents". "Notre
histoire est partagée, nos sangs mêlés, c'est un sentiment que nul ne
pourra
jamais briser".
Après une
visite en coup de vent de deux entreprises locales de boulangerie,
Nicolas
Sarkozy a répété son message lors d'une séance des états généraux,
lancés par
le gouvernement en avril pour "bâtir un modèle refondé de
relations
entre les Antilles et la métropole".
"Je
sais très bien l'inquiétude de certains d'entre vous",
a-t-il lancé
devant plusieurs centaines de personnes, "mais je me suis mis
un défi
en tant que chef de l'Etat, c'est qu'on réussisse".

Le
préfet Nicolas Desforges (g) et Elie Domota (c) signent l'accord pour
la fin de
la grève en Guadeloupe, le 4 mars 2009
Après les
affrontements de l'hiver, le chef de l'Etat a joué les rassembleurs. "Il
va falloir qu'on apprenne à se comprendre, à s'écouter. On a mieux à
faire que
de s'affronter", a estimé Nicolas Sarkozy, "la
question
antillaise est trop importante pour qu'on en fasse un question
partisane. Si on
veut réussir, on aura besoin de tout le monde".
Dans la foulée,
il a fustigé ceux qui ont fait le choix de refuser la main tendue par
l'Etat.
"Je dis à tous ceux qui ne participent pas à cet exercice
démocratique, eh bien ils ont bien tort", a jugé le
président. "Comme
c'est facile de refuser de participer, comme c'est beaucoup plus
courageux de
participer !", s'est-il exclamé.
Un coup de
griffe au LKP et à son emblématique porte-parole Elie Domota, qui boude
les
états généraux et a déjà proclamé leur "échec total".
Nicolas Sarkozy ne devrait pas croiser vendredi en Guadeloupe M.
Domota, dont
la semaine de "mobilisation générale" ne rencontre
qu'un faible
écho.
Comme le chef
de l'Etat l'a encore rappelé jeudi, le gouvernement ne tirera les
premières
conclusions des états généraux qu'en octobre, lors d'un premier conseil
interministériel de l'outre-mer.

AFP/Archives
Cartes
et fiches de présentation de la Guadeloupe et la Martinique
Avant de
rallier Pointe-à-Pitre, le président doit évoquer dès vendredi la
question
sensible du futur statut des îles françaises des Antilles, notamment
pour
répondre aux élus de Martinique qui souhaitent reporter les régionales
de 2010
afin d'organiser un éventuel référendum sur l'autonomie.
"On ne
peut pas gérer un département au coeur de la Caraïbe comme un
département dans
la métropole, c'est une évidence", a estimé Nicolas Sarkozy,
avant de
promettre aux Martiniquais que "sous une forme que nous
déterminerons,
je vous demanderai votre opinion".
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