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Pyepimanla
le Magazine Antillais
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Burqa
: l’avis des salafs
Nous
voilà donc une fois de plus dans « l’œil du
cyclone », au cœur de la
tempête médiatique et sociale. Les salafis, cette dangereuse secte de
l’islam,
sortie d’un autre temps, composée selon les
« experts » d’anciens
dealers de cité venus s’acheter une bonne conscience, de jeunes paumés
à la
recherche d’une identité, d’hommes en mal de masculinité, de femmes
battues et
soumises, de converties qui tentent de s’affirmer par une pratique
extrémiste…
la liste est longue et elle s’agrémente en fonction du domaine
« d’expertise » et de la visée. Mais telle est la Loi
universelle
d’Allah : « La
haine s’est manifestée dans leur bouche, mais ce que leur poitrine
cache est
pire encore. Voilà que Nous vous exposons les signes, si vous pouviez
raisonner !
» (Âl ‘Imrân, v.118) [Ici l’expert notera
l’utilisation de
l’argument du complot et de la victimisation]
Celui
qui regarde ce qui se dit dans les médias et les différentes
études des pseudo experts et promoteurs de la peur ne reconnaît pas ses
frères
et sœurs – mais peut être sommes-nous trop aveuglés par le pouvoir de
la
« secte ». Bien évidemment, il peut exister des
phénomènes
d’entraînement, d’imitation, et parfois même de contrainte, des gens en
recherche qui viennent à cette voie, d’autres qui veulent prouver des
choses à
leur personne ou aux autres, qui peut le nier ? Mais dire cela
des salafis
c’est mentir sur la quasi-totalité d’entre eux – et chacun peut
témoigner pour
lui-même et ceux qu’ils côtoient – qui ont choisi cette voie par
conviction et
y trouvent sérénité et équilibre. Et pour tous, Allah jugera de la
sincérité
des actes et de la démarche. « Si vous êtes
endurants et pieux,
leur ruse ne vous causera aucun mal. Allah connaît parfaitement tout ce
qu’ils
font. »
(Âl ‘Imrân, v.120) Oui, il en est ainsi, la ruse,
la médisance et le
mensonge n’ont fait que grossir les rangs des salafis, et une fois
encore il
faut espérer que cela ne fera que renforcer la conviction de ceux qui
sont sur
cette voie, et amènera d’autres à s’interroger et chercher la vérité.
« Cherchent-ils
à ruser ? Mais ce sont les mécréants qui sont
victimes de leur propre ruse. »
(At-Tûr,
v.42)
La
stigmatisation et le mensonge sont-ils les meilleurs moyens de lutter
contre la
propagation de la foi ? Rien n’est moins sûr, et ainsi lorsque
les
polythéistes de Quraysh ont voulu décrier le Prophète (salallahu
‘alayhi
wasalam), ils n’ont trouvé que le mensonge :
« Mais
ils disent : « Voilà plutôt un amas de
rêves ! Ou il l’a inventé ! Ou bien c’est plutôt un
poète. Qu’il nous
apporte donc un miracle comme les anciens
messagers ! » » (Al-Anbiyâ’, v.5). 40. « Ce
Coran est la parole d’un
illustre Messager. Ce n’est pas la parole d’un poète. Pourtant, vous
n’êtes que
très peu à y croire. Ce n’est pas non plus la parole d’un devin.
Pourtant, vous
n’êtes que très peu à vous en souvenir. C’est une révélation du
Seigneur de
l’univers. »
(Al-Hâqqah,
v.40-43). Ceci car cet
appel béni qu’est l’islam ne repose pas sur
un quelconque profit mondain ou enrichissement personnel, c’est un
appel
raisonné à prendre conscience de la réalité de cette vie et cheminer
vers le
Seigneur de l’univers. Celui qui présente l’islam n’attend rien de
celui à qui
il prêche, il ne l’appelle qu’à le rejoindre dans l’état de sérénité
dans
lequel il vit : « Si vous vous
détournez de moi, alors que je ne vous ai pas demandé de salaire,
(sachez que)
ma récompense n’incombe qu’à Allah. Et il m’a été ordonné d’être du
nombre des
soumis. » (Yûnus,
v.72) Pas de vente pyramidale,
pas d’impôts destinés à enrichir les puissants, pas de gourou, mais une
simple
conformation à la Loi d’Allah, le Seigneur de l’univers. Plus encore,
combien
sont nombreux ceux qui sont venus à la vérité parce qu’on leur a menti
au
départ. Combien d’entre nous avait des préjugés sur la voie des pieux
prédécesseurs, voire tout simplement sur l’islam, et s’est aperçu en
connaissant des musulmans sur cette voie que tout ce qu’on lui avait
dit
n’était que mensonges et insanités. Étrange secte que celle qui est
apparue sur
la plupart des zones peuplées par les musulmans, à toute époque depuis
l’avènement de l’islam, sans que leurs adeptes se soient rencontrés ou
concertés (bien que les « experts » les plus incultes
disent que la
voie des pieux prédécesseurs (as-salafiyyah) est
née dans les années
30. Nous les appelons à venir s’instruire et lire les articles à ce
sujet sur
le site). Étrange secte que celle qui n’appelle pas à s’attacher à une
personnalité mais à la vérité d’où qu’elle vienne, tant qu’elle reste
conforme
aux Textes. Étrange secte qui ne promet pas la félicité éternelle à ses
adeptes, n’en fait pas des élus, des êtres supérieurs, mais les appelle
à faire
de leur mieux pour plaire à Celui en qui ils croient jusqu’à leur
dernier
souffle, afin qu’Il leur fasse miséricorde : « Le plus noble d’entre vous, auprès
d’Allah, est le plus
pieux. Allah sait tout et Il est Clairvoyant. »
(Al-Hujurât,
v.13.)
Les
statistiques mentionnent globalement de 30 à 50 000
« salafistes » en France… S’ils savaient !
On pourrait leur
répondre par la parole du Prophète (salallahu ‘alayhi wasalam) :
« As-tu ouvert son cœur (pour savoir) ? »
Ceux qui
suivent la voie des pieux prédécesseurs ne sont pas seulement ceux qui
portent
le voile intégrale pour les femmes et une tunique pour les hommes.
Combien sont
nombreux ceux qui, à tout niveau de la société, de tout âge, dans les
institutions, les ministères, les grandes entreprises, à des postes
importants,
mais aussi des gens communs sont musulmans et savent que la voie des
prédécesseurs est la vérité et en témoignent, même si parfois pour de
multiples
raisons cet attachement ne s’extériorise pas encore. Qu’on le veuille
ou non,
c’est une réalité avec laquelle la société doit désormais composer. Il
n’y a
pas, et il n’y aura pas, d’exception religieuse française concernant
l’islam,
et il n’y a aucune raison que la France échappe à ce mouvement mondial
de
retour aux valeurs religieuses, que l’on constate avec force y compris
dans les
pays musulmans. Certains s’en réjouissent et y voient un retour vers de
vraies
valeurs que le temps, l’ignorance, la colonisation et
l’occidentalisation du
monde avaient progressivement éludées ; d’autres s’en mordent
les doigts
et meurent de rage face à ce qu’ils considèrent comme une régression et
une
atteinte aux valeurs qu’ils prônent. Qu’importe, Allah jugera entre
nous et Il
est le meilleur et le plus équitable des juges.
Le
simple fait – qui n’est qu’une coïncidence bien entendu – de nommer
cela
« l’affaire de la Burqa » dénote cette visée
malsaine. Burqa n’est
pas un mot français mais il renvoie dans l’imaginaire collectif à ce
que
« l’homme moderne » connaît de pire en terme de
barbarie, le Bolchevik
de notre temps, le monstre et mangeur d’enfants, le Taliban – terme qui
ne
renvoie lui aussi qu’aux fantasmes qu’on y a liés. La Burqa est donc ce
qui
dans l’imaginaire collectif renvoie à l’habit des femmes en
Afghanistan, et
donc à leur souffrance supposée ou effective. Le raccourci est donc
facile, et
c’est toujours la simplicité qui est recherchée : celle qui
porte la
« Burqa » est une femme en souffrance, humiliée, et
contrainte ;
et si elle est consentante, elle est extrémiste et endoctrinée. Bien
entendu,
on manque d’expliquer qu’en Afghanistan cet habit est antérieur à
l’islam, de
même qu’on manque d’expliquer la situation économique, sociale et
culturelle de
ces gens, leur organisation tribale ancestrale, les décennies de guerre
qu’ils
ont traversé, leur grande pauvreté économique, l’analphabétisme, et
d’autres
facteurs encore qui viennent mettre en lumière leurs coutumes et
pratiques
religieuses et sociales. Le terme Burqa’ est
dérivé du verbe Barqa’a
qui signifie voiler, cacher, et ainsi Burqa’
désigne un voile, un
rideau, et le vêtement par lequel les femmes voilent leur corps et leur
visage.
De la même manière, le verbe Satara qui signifie
également couvrir
cacher, donne le terme Sitâr qui désigne le
voile, le rideau, et le
tissu par lequel les femmes voilent intégralement leur
visage ; ou encore
le verbe Hajaba qui signifie
dissimuler, occulter et donne le
terme Hijâb qui désigne
couramment le voile. Les termes sont
encore nombreux, comme le Niqâb ou Lithâm
qui désignent le
tissu par lequel les femmes voilent leur visage en laissant apparaître
les
yeux, ou encore Al-Jilbâb qui désigne la tunique
ample qui couvre
l’ensemble du corps. Ces termes sont employés différemment en fonction
des
régions et désignent des choses semblables ou différentes selon le cas.
Donc si
ces termes ont besoin d’être précisés selon le cadre d’usage, alors que
dire en
langue française ou leur simple translittération ne traduit que des
fantasmes
et conceptions prêtes à consommer concoctées par nos mandarins. La
seule chose
qui puisse faire sens dans l’esprit de qui n’a aucune connaissance de
l’islam
et de la langue arabe est « voile intégral ». En
France, les modèles
portés sont d’inspiration du Moyen Orient, d’Égypte, de Turquie ou du
Maghreb.
Ainsi, on trouve à la vente des Jilbabs
« saoudiens »,
« égyptiens », « algériens ».
Au
risque de froisser certains, le voile intégral est avant tout une
question
religieuse. Si on peut s’expliquer qu’une personne qui n’a rien à voir
avec
l’islam dise que le voile intégral n’est pas une question religieuse
mais de
dignité de la femme, on ne peut qu’être surpris de voir des musulmans
acquiescer, ajouter de l’eau au moulin, et comme bien souvent se
montrer plus
incisifs et nuisibles aux musulmans que leurs pires ennemis. Comment
une personne
se réclamant de l’islam peut elle dire que le voile intégral n’a rien à
voir
avec l’islam, alors que cela apparaît en toutes lettres (et non par
extrapolation) dans des propos authentiques du Prophète (salallahu
‘alayhi
wasalam) qui dit à titre d’exemple : « La
femme en état de
sacralisation (pendant le pèlerinage) ne doit ni se voiler le visage ni
porter
de gants. » (Al-Bukhârî). Ou encore ce que rapporte
‘Â’ishah lorsque lors
d’un voyage elle perdit la caravane et attendit sous un arbre qu’on
vienne la
chercher : « Alors que j’étais assise à ma place, le
sommeil m’a
gagné et je me suis endormie. Safwân Ibn Mu’attal
qui était à l’arrière
de l’armée arriva au lieu où je me trouvais. Il vit une forme humaine
endormie
et me reconnut car il m’avait vu avant l’obligation du voile. Je me
suis
réveillée alors qu’il m’appelait après m’avoir reconnue, et je mis mon
voile (Khimâr)
» et dans une version du hadith : « Je me suis
couvert le visage avec
mon Jilbâb » Les Textes
mentionnant le fait de couvrir son
visage sont nombreux et cela fait donc partie intégrante de l’islam. Ne
pouvant
nier l’évidence, certains ont faussement prétendu que cela était
spécifique aux
femmes du Prophète (salallahu ‘alayhi wasalam),
mais c’est un argument
fallacieux qui ne repose sur rien et qui est balayé par le simple
témoignage de
nombreuses épouses de Compagnons qui rapportent comme Asmâ’
Bint Abû
Bakr : « Nous couvrions nos visages devant les
hommes. » La
règle de base est que les Textes s’appliquent à tous les musulmans,
sauf si
exception est mentionnée dans le Texte, et plus simplement encore,
Asmâ’ n’est
pas une des épouses du Prophète (salallahu ‘alayhi wasalam)
et
lorsqu’elle dit : « nous » elle désigne
l’ensemble des femmes
des Compagnons.
Ceux
qui prétendent que c’est une pratique propre aux Wahhabites étrangère à
l’islam
font-ils semblant d’oublier les Textes ? Qu’ils reviennent aux
plus
anciens exégèses, comme celui de l’imam At-Tabarî,
en commentaire du
verset : « Dis également aux
croyantes de baisser leur regard, de préserver leur chasteté, et de ne
montrer
de leur parure que ce qui en paraît.
» (An-Nûr,
v.31) ou encore « Et si vous leur
demandez (aux musulmanes) quelque objet, demandez-le leur derrière un
voile,
c’est plus pur pour vos coeurs et le leur.
» (Al-Ahzâb,
v.53) et ils constateront que le fait de voiler son visage est
mentionné, comme
dans tous les exégèses des pieux prédécesseurs, bien avant l’existence
de
l’Arabie Saoudite. Que dire lorsque ce sont des
« représentants » de
l’islam qui affirment sans aucune honte que le voile intégral n’existe
pas en
islam ? Plus rationnellement, comment expliquer qu’une
pratique
« inconnue en islam » existe jusqu’à nos jours sous
différentes
formes sur toutes les terres d’islam ? À moins bien entendu de
dire que la
grand-mère du Maghreb qui porte son Hayik
ou son Lithâm
soit une wahhabite, de même en Turquie, en Inde… « Allah veut accueillir votre repentir.
Mais ceux qui suivent
les passions veulent que vous penchiez grandement (vers l’égarement).
» (An-Nisâ’,
v.27)
Nous
ne discutons pas ici le fait que couvrir le visage soit une obligation
ou non,
mais rappelons simplement que cela est présent depuis les débuts de
l’islam.
Plus encore, la question du fait de découvrir son visage n’est
pratiquement pas
présente dans les livres des pieux prédécesseurs, et elle n’a fait
l’objet
d’études spécifiques et conséquentes que depuis une centaine d’années.
Ainsi,
Al-Hâfidh Ibn Hajar (qui n’était
pas wahhabite puisque mort en
853H) dit dans Fath Al-Bârî,
son commentaire du Sahîh
Al-Bukhârî : « Que ce soit dans le passé
ou le présent, les
femmes n’ont cessé de voiler leurs visages aux étrangers. »
(9/235-236)
Abû Hâmid Al-Ghazâlî (qui n’était pas non plus
Wahhabite pour les mêmes
raisons) dit : « Au fil du temps, les hommes n’ont
cessé d’avoir le
visage découvert, et les femme de se couvrir le visage. » (Sharh
Ihyâ ‘ulûm ad-dîn, 6/159), et les paroles des imams de
l’islam en ce sens
sont nombreuses et forment une chaîne continue jusqu’à nos jours.
Puisqu’il
est établi que le voile intégral fait partie de la religion et que la
question
de son obligation fait débat, il appartient à tout un chacun
d’interroger en ce
sens, de chercher, d’étudier, et d’adopter l’avis qui lui semble le
plus en
conformité avec la vérité. Le voile, dans son ensemble, intégral ou
non, est
une question de foi, de conviction profonde, c’est pourquoi on est à
mille
lieues des théorisations farfelues des experts de tout bord. Pas de
soumission
à l’homme, de déni de soi, de jeu de masque ou je ne sais quoi. La
femme porte
le voile en soumission envers Celui en qui elle croit. Ce qui est
extraordinaire c’est qu’avant de porter le voile, intégral ou non, la
femme est
libre, belle, cultivée, intelligente, mais dès qu’elle fait le choix de
la foi,
elle devient cet être brimé, soumis, impotent, incapable de toute
réflexion,
incapable de prendre conscience de la « gravité » de
son acte, bien
entendu à son corps défendant puisqu’elle est sous l’influence
maléfique de son
mari, de son père, ou de coutumes barbares. Il faut défendre ses
femmes, même
contre leur gré : « Et Pharaon
dit : Laissez-moi tuer Moïse. Et qu’il invoque son
Seigneur ! Je
crains qu’il ne change votre religion ou qu’il ne fasse apparaître le
désordre
sur terre. » (Ghâfir,
v.26) De qui se moque-t-on ? Nous sommes dans un
pays où un enfant
peut, sur un simple coup de téléphone, demander de l’aide en cas de
maltraitance, où des femmes âgées et illettrées ont pu se libérer de
conjoints
violents, alors que dire de ces femmes et jeunes filles
instruites ? Pour
eux, la foi a ce pouvoir extraordinaire de faire sombrer instantanément
dans la
folie et l’impotence quiconque l’embrasse. Ainsi on ne peut plus parler
à ces
femmes endoctrinées, et plus encore il faut parler pour elles, dire
pour elles
la souffrance (supposée) dans laquelle elles vivent, leur opposer
systématiquement des « femmes libres » qui ont connu
« l’enfer
du voile ». Si une femme a le malheur de dire qu’elle se sent
bien dans
son voile, on lui rétorque qu’elle ne sait pas ce qu’elle dit et que
c’est une
honte pour elle face à toutes celles qui se battent dans le monde pour
s’en
libérer. Nous l’avons dit, le voile est avant tout une question de foi,
et en
France jusqu’à preuve du contraire (ou jusqu’à ce que cela change) on a
encore
le droit de choisir.
À
la question : y a-t-il de plus en plus de femmes et de jeunes
filles
voilées, intégralement ou non ? La réponse est évidemment oui,
comme
partout dans le monde, et nous l’avons dit c’est se tromper que de
prétendre
qu’il puisse y avoir une exception française en cela. L’islam
transcende la
France, les pays et les époques. Si lorsque nos parents sont venus de
leurs
pays d’origine ont pouvait tabler sur une désislamisation rapide – ce
qui a été
le cas si on regarde le profil des premières générations issues de
l’immigration – c’était sans compter avec l’explosion des moyens de
communication qui ont permis d’entendre un autre son de voix que celui
de
Marianne et de Jules Ferry, une langue, des paroles, des idées qui ont
trouvé
résonance dans ces corps qui au fil du temps avaient perdu leur force
spirituelle. Les plus jeunes, eux, ont pu voir arriver des traductions
de plus
en plus nombreuses de livres traitant de l’islam, son Prophète, ses
piliers,
ses manières. Et là tout s’enchaîne, un cercle vertueux (pour d’autres
vicieux)
s’enclenche, les gens voyagent vers leur pays d’origine et vivent ce
renouveau
religieux, ils se rendent au pèlerinage de plus en plus nombreux, de
plus en
plus jeunes, ils constatent la pluriethnicité de l’islam, sa
profondeur, sa
richesse, et combien, ô combien, il est éloigné de cet islam
traditionnel, qui
est très vite devenu folklorique, importé par les premiers (et ils ne
sont
nullement blâmable en cela puisqu’ils ont apporté ce qu’ils avaient).
Cet islam
folklorique si cher à nos représentants et dirigeants, cet islam
façonné par
des siècles de colonisation et d’ignorance, cet islam qui place la loi
des
hommes au-dessus de la Loi d’Allah, cet « islam du
cœur » sans aucune
manifestation extérieure, cet islam souple, malléable,
« tolérant ».
Il paraît que la France est en majorité Malékite, comprenez qu’ils se
conforment aux coutumes du bled. Cela a-t-il un sens d’attribuer une
école de
jurisprudence à un pays qui ne dispose d’aucun juge et d’aucune
institution
pouvant statuer selon le rite malékite des cas qui se
présentent aux
musulmans ?
Nous
entendons déjà les reproches : « Voyez ! Ils
prennent leur islam
extrémiste en Arabie qui est un pays Wahhabite. » Nous disons
que si
« la France est Malékite » l’Arabie Saoudite est elle
Hanbalite et
non Wahhabite qui n’est pas une école de jurisprudence, et si on
l’accuse
d’extrémisme et de littéralisme, on porte atteinte à une des quatre
écoles
juridiques les plus célèbres. Et rien dans les propos ou les actes de
cet imam,
n’est en contradiction avec les Textes et la compréhension des
premiers. Ceci
dit, oui les musulmans se tournent vers l’Arabie Saoudite qui est le
berceau de
l’islam, et le pays où la tradition religieuse et scientifique sunnite
est la
plus ancrée. Reprocherait-on à un catholique de se tourner vers le
Vatican ? Et nous l’avons déjà dit, nous prenons la vérité en
conformité
avec les Textes, où qu’elle se trouve, ainsi le musulman ne se prive
d’aucune
source de vérité, et avant tout dans les livres anciens, puis parmi les
contemporains, qu’ils soient en Arabie, au Koweït, au Yémen, en Égypte,
en
Jordanie, en Algérie, au Maroc… Que cela ne plaise pas à certains
musulmans qui
prônent une vision plus édulcorée (mais malheureusement moins conforme
aux
Textes) est une chose entendue, mais appartient-il à la France de
choisir la
vision de l’islam qui lui convient, tant que cela ne contrevient pas à
la loi,
à l’ordre et la sécurité publique ? Peut-on stigmatiser une
frange non
négligeable de la population et interdire par exemple l’accès au
territoire aux
prêcheurs salafis, comme cela est le cas depuis plusieurs années
maintenant ? Si la volonté est de freiner ou d’empêcher la
progression du
mouvement, force est de constater que cela est manqué et que c’est
l’inverse
qui se produit. Si la volonté est de contrôler ce qui se dit et
l’orientation
du mouvement, là encore c’est tout le contraire, car ceux qui ne
trouvent pas
chez eux de quoi satisfaire leur soif de connaissance voyagent
physiquement dans
tous les pays d’islam, et virtuellement sur le nombre impressionnant de
sites
consacrés à l’islam, si bien que chacun fait son chemin et est beaucoup
moins
contrôlable.
Autre
titre vendeur : « les salafistes sont en guerre
contre l’occident et
ses valeurs » L’occident n’est mentionné ni dans le Coran ni
dans la
Sunna, l’occident n’est pas non plus une entité éternelle aux valeurs
universelles, et plus encore, reste à exposer ces valeurs communes et
transcendantes. En France, la situation est encore plus compliquée,
puisqu’on
s’inscrit dans le cadre d’un État qui se dit laïque mais qui est en
fait athée,
en ce sens qu’il ne reconnaît pas l’existence de Dieu et s’organise de
manière
à ne pas permettre la cohabitation des religions. On pensait pourtant
en avoir
fini et avoir assez « bouffé de curés », mais l’essor
de l’islam a
réclamé de revoir la loi, et cela sera le cas aussi longtemps qu’on
n’aura pas
fermé toutes les portes à quelque expression religieuse que ce soit. Le
voile,
la barbe, (au même titre que la kipa, le turban, ou autre) sont une
expression
de la foi, une réponse visible (certains diront ostensible) à un ordre
divin.
Mais la loi dit : « si tu veux entrer dans le
sanctuaire (une
administration ou autre), renonce à tout signe de foi, sois comme tout
un
chacun – c'est-à-dire athée, du moins en apparence – si tu veux obtenir
quelque
chose. » ; « Ils sont
semblables au diable lorsqu’il dit à l’homme :
« Renie la
foi ! » Puis, lorsqu’il renie la foi, il lui
dit : « Je te
désavoue car je crains Allah, le Seigneur de l’univers. »
» (Al-Hashr, v.16) Cela a-t-il
un sens de demander à un
individu d’abandonner une chose qui est partie intégrante de sa foi
pour entrer
dans une administration ? Est-ce faire preuve de justice et de
raison, ou
est-ce une simple volonté d’humiliation et de rabaissement ?
Et il en est
ainsi de l’ensemble de la société façonnée par l’école athée de Jules
Ferry, on
ne supporte plus la différence, qu’elle quelle soit. Tous ceux qui
empruntent
le chemin de la foi peuvent témoigner de la manière dont les regards
changent,
dont les portes se ferment : « « Ô
Sâlih,
tu étais auparavant un espoir pour nous
» (Hûd,
v.62) Combien sont nombreux ceux qui parmi nous sont bardés de
diplômes,
auxquels on promettait un avenir brillant, et qui lorsqu’ils ont fait
le choix
de la foi, les portes se sont définitivement fermées, bien que leur
compétence
reste la même : « Ils aimeraient
vous voir mécréants, comme ils ont mécru : afin que vous soyez comme
eux !
» (An-Nisâ,
v.89) Tant que l’on reste dans le cadre de
l’islam folklorique, à la limite cela ne pose pas problème, et c’est
même
sympathique et signe de grande ouverture d’esprit :
« J’ai un
musulman dans mon équipe très pratiquant : il ne mange pas de
porc et ne
boit pas une goutte d’alcool ! » Mais si ce musulman
ou cette
musulmane a le malheur de ne pas s’en tenir à cela, à chercher plus en
avant ce
que lui inspire sa foi comme valeurs qui ne sont pas forcément celles
qui étaient
les siennes, alors il faut peu de temps pour voir tomber les sanctions,
l’ambiance tourner vinaigre, et les appels à laisser la place libre se
faire de
plus en plus pressant. Et bien entendu on est tout de suite taxé
d’extrémisme
puisque d’autres musulmans folkloriques sont tout à fait cool et
semblent ne
connaître aucune interdiction ou prescription religieuse. Sachant cela,
comment
peut-on affirmer que les salafis vivent de façon sectaire, recluse,
alors
qu’ils n’ont pas choisi mais subi cette situation. Faut-il rester les
bras
croisés ou chercher à survivre en intégrant un modèle économique
communautaire
si c’est là la seule solution ? Combien ne demandent qu’à
être,
conformément à leurs qualifications, enseignants, ingénieurs,
comptables,
plutôt que de travailler dans une sandwicherie ou faire les
marchés ? Mais
on ne leur laisse aucune alternative : la religion ou le
travail.
On
entend souvent dire : « À Rome, vivons comme les
romains » pour
signifier qu’il faut se conformer aux coutumes du pays, et beaucoup
disent : « Moi quand je vais dans un pays musulman je
me plie aux
coutumes. » Il n’y a qu’à traverser la Méditerranée pour
constater la
totale fausseté de cette affirmation : l’occidental est le
plus impoli et
le plus pervers des hôtes. C’est aussi mal connaître la manière dont
vivent les
expatriés dans les pays musulmans, dire qu’ils vivent « à la
française » est un euphémisme et on ne leur connaît pas
d’interdits, quels
qu’ils soient. Mais malgré tout, ils ne sont pas ennuyés, et les gens
se
montrent bienveillants et accueillants avec eux. Pourquoi donc
l’inverse
serait-il impossible ? Pourquoi ne peut-on pas vivre
normalement en France
en vivant différemment ? En s’habillant
différemment ? En pensant
différemment ? Si on peut travailler dans ces pays, et aussi
dans certains
pays d’occident, avec une barbe et un voile, pourquoi cela reste si
difficile
en France ? Pourquoi ne peut-on pas respecter les valeurs de
tout un
chacun, tant qu’elles ne portent pas atteinte aux libertés
d’autrui ? Si
tel doit être le cas pour les étrangers venus en France, alors que dire
de
l’immense majorité qui sont français ?
Les
salafis ne sont pas en guerre contre la France, et ils ne sont pas là
non plus
pour profiter du système comme cela est parfois dit ou sous-entendu.
Personne
ne renie qu’il y a de bonnes choses en France, dont nous avons tous
profité par
l’effort collectif que nos parents et nous avons produit au même titre
que tous
les citoyens. On ne peut tirer un trait sur toute une enfance, une
scolarité et
une vie en France, et ce n’est nullement l’objectif. On peut faire ce
qu’on
veut, on reste marqué par des comportements collectifs et individuels,
des
modes de réflexion, des valeurs et beaucoup d’autres choses qui
constituent la
personnalité de tout un chacun. Mais cela ne signifie pas que ces
valeurs
soient universelles et éternelles, et qu’on ne peut à un moment de sa
vie en
changer au gré des évolutions. Ainsi la conception même de la vie peut
changer,
de même que celle de la religion, de la famille, de la pudeur, du
travail, des
relations à autrui, des relations entre hommes et femmes. Adopter ces
nouvelles
valeurs ne doit pas faire de moi un citoyen de seconde zone, ce qui est
malheureusement le cas actuellement. Le discours hypocrite consiste à
se voir
répondre : « Vous êtes libre de penser, dire, faire
ce que vous
voulez. » Certes, mais si on fait ce choix, on est exclu de
toute sphère
de travail et de socialisation. On n’exige de personne d’adhérer à
l’ensemble
des « valeurs de la France » (qui restent à définir),
alors pourquoi
ferait-on exception pour les musulmans ?
Dire
qu’il doit y avoir un islam de France et non l’islam en France, que
l’islam est
incompatible avec la République et autres grandes déclarations de ce
genre, en
plus de ne recouvrir aucune réalité, ne font qu’augmenter les
incompréhensions
et les tensions. Il faut être pragmatique. Les musulmans, bon gré mal
gré,
vivent depuis toujours sous les régimes des pays où ils se trouvent, et
en tant
que citoyens de ce pays ou sujets de ce royaume, ils demandent qu’on
leur
accorde pleinement leurs droits. Si aucune loi n’est au-dessus de la
Loi
d’Allah, il est des choses qui sont possible en certains lieux et pas
ailleurs,
et le musulman se conforme à la loi du pays où il se trouve tant que
cette loi ne
l’amène pas à désobéir à Allah. Donnons un exemple pour que les choses
soient
claires. Un musulman dont la femme porte un voile intégral fait le
choix, et
personne ne l’y oblige, de se marier civilement. Arrivés à la mairie,
la femme
refuse, d’elle-même ou sur demande de son mari, de se dévoiler devant
l’officier d’état civil. Incompréhensible. Ils font d’eux-mêmes le
choix de se
marier civilement, donc de se présenter devant un officier d’état civil
qui
doit s’assurer de l’identité des personnes qu’il marie, quelles
qu’elles
soient, musulmanes, chrétiennes, athées. La loi est claire et elle
s’applique à
tous. Et plus encore, la règle s’applique de la même façon dans les
pays
musulmans, ainsi Abû Bakr Ibn Al-‘Arabî Al-Mâlikî dit : « La
femme doit
être cachée, que ce soit son corps ou sa voix, et il n’est permis de
dévoiler
cela qu’en cas de nécessité ou de besoin, comme pour s’assurer de son
identité
ou en cas de maladie qui touche son corps. » (Ahkâm
Al-Qur’ân :
3/616) Et c’est exactement ce qui se passe dans les pays
musulmans, et on
imagine mal quelqu’un faire scandale pour cela. De la même manière,
certains
refusent parfois que des médecins hommes auscultent leur femme, ce qui
est
compréhensible lorsqu’on a le choix, mais alors pourquoi amener son
épouse dans
un hôpital où la règle est connue et qu’on ne peut choisir le sexe, la
religion
ou toute autre chose du personnel soignant. De deux choses
l’une : soit on
possède un autre moyen de soigner son épouse en toute conformité avec
ses
convictions religieuses qui sont légitimes, soit on compose avec le
système
existant, et puisqu’on ne peut soigner soi-même, on s’en remet au
médecin, même
si c’est un homme, et c’est le cas partout dans le monde, même dans les
lieux
saints de l’islam, et tous ceux qui sont déjà entrés dans un hôpital
peuvent en
témoigner. Lorsqu’on interrogea Shaykh Muqbil sur cette question (comme
cela
apparaît dans Ghârat ul-Ashritah)
il répondit avec une grande
sagesse en disant qu’il ne fallait pas être excessivement strict sur
ces
questions, et que si on n’avait pas d’autre alternative, il n’y avait
aucun mal
à ce que la femme soit auscultée par un homme, et il ajouta avec
beaucoup de
clairvoyance que si cette maladie touchait ce frère, il irait se faire
soigner
n’importe où pour faire disparaître ce mal, que le docteur soit
musulman ou
non, homme ou femme. Il est vrai qu’on n’a pas entendu parler de cas
inverses
où un musulman aurait refusé les soins prodigués par une femme…
Une
fois encore, il faut faire preuve de pragmatisme, c’est pourquoi nous
appelons
nos frères et sœurs à être au fait de leur religion, afin de savoir ce
qui leur
est permis et ce qui ne l’est pas. « Ô
vous les croyants ! Cherchez secours dans la patience et la prière, car
Allah
est avec les patients. » (Al-Baqarah,
v.153) Tenez-vous
en fermement aux prescriptions d’Allah et ne transgressez pas. Demandez
qu’on
vous accorde vos droits, défendez votre religion et votre honneur dans
le cadre
de la Législation d’Allah, et ne transgressez pas, car Allah n’aime pas
les transgresseurs.
Expliquez de la meilleure manière ce qu’est votre religion à qui veut
l’entendre, et que ce qui mène à la violence et la transgression n’est
pas la
foi, mais l’incompréhension, la frustration et l’absence de
considération.
Ce
qui précède n’engage pas l’ensemble des salafis, ce n’est que notre
(res)sentiment et celui de nombreux frères et sœurs qui nous font part
de leurs
réflexions et expériences.
Et Allah est
plus savant.
Source : salafs.com
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