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Pyepimanla
le Magazine Antillais
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Aux
Saintes-Maries, le peuple gitan pleure "Sara la noire"
Conservées
dans une crypte depuis des siècles, les reliques de la patronne des
gitans ont
été volées durant le week-end. L'émotion était immense hier dans les
rangs de
la communauté des gens du voyage. Et au-delà

C'est dans une crypte que les ossements de la patronne des gitans ont été
dérobés. Les
profanateurs ont fracturé le coffre en bois dans lequel
reposaient les
reliques.
"Les gitans ont le
coeur déchiré. Quelqu'un a touché à
ce que nous avons de plus sacré : Sainte-Sara, notre patronne, notre
famille,
notre sang... C'est comme si on avait profané la tombe de mes parents !
",
s'indignait hier, entre larmes de tristesse et de rage, Sébastien,
alias
"De Lanegra" chez les gens du voyage. C'est lui qui, dimanche matin,
a découvert le sacrilège : le reliquaire qui contenait les ossements de
Sainte-Sara a été fracturé et une partie des reliques,
datant du 1er
siècle, dérobées. Ce sont l'humerus et
l'omoplate de "Sara
la noire" qui ont disparu, mais il reste toujours une partie du crâne,
les
deux fémurs et quelques petits ossements.
" Comme tous les matins, je suis allé dans la crypte pour
nettoyer et
remplacer les cierges. J'ai vu que les reliques étaient toutes
chamboulées et
me suis aperçu qu'une partie avait disparu. C'est terrible ! On
a volé 2 000
ans d'histoire", se révolte Sébastien. Choquée et
un peu perdue
en l'absence du père De Vregille (en retraite cette semaine),
Marie-Laurence
Gouvernet, bénévole du presbytère, n'a déposé plainte qu'hier matin
pour vol
aggravé (car commis dans un édifice religieux). Elle signalait que la
paroisse
envisageait, depuis quelques temps, l'installation d'un système
de
vidéo-surveillance. Trop tard pour les faits qui se seraient
déroulés
samedi après-midi, pendant qu'un mariage était célébré.
La compagnie de gendarmerie d'Arles a confié l'enquête à la brigade de
recherches qui a dépêché un technicien de l'identification criminelle
de
Marseille pour les relevés d'empreintes digitales et ADN. Il semble
déjà
probable que le vol a été commis avec préméditation
car un outil a été
utilisé pour forcer l'arrière du reliquaire. La vitre qui se trouve en
front de
l'urne de bois aurait pourtant pu être facilement brisée. "C'est
un
sujet sensible", confiait le lieutenant Francis Gillet,
conscient de
l'émoi que cette nouvelle a généré dans la communauté gitane.
"Nous avons beaucoup de peine. Ce n'est pas de la
colère mais de la
douleur", assurait, derrière l'église, Nicole,
baptisée en
Camargue la "Reine des gitans". Elle insistait sur le fait que "ce
ne peut pas être un gitan qui a fait ça: nous sommes trop croyants et
respectons trop les morts. Sara nous protège, nous n'aurions même pas
pensé que
quelqu'un pourrait s'attaquer à elle". Au-delà de la douleur
des
gitans, c'est toute la population saintoise qui a été ébranlée par la
nouvelle.
"Je suis profondément choqué,
comme l'ensemble de mes
administrés, de ce vol qui porte atteinte à l'esprit même de notre
village,
lieu de foi et de pèlerinage. Un tel comportement est parfaitement
incompréhensible et intolérable. Nous espérons que les
auteurs de ce
forfait se repentiront afin que les reliques retrouvent leur place au
coeur de
la crypte de Sara", déclarait le maire Roland Chassain. Car
tous ont
ce même espoir : que le ou les voleurs prenne(nt) conscience de la
gravité de
ce geste impie et retourne(nt) les reliques au pied de la statue de
Sainte-Sara, où elles se trouvent depuis 1449.
Sébastien lance même un poignant appel: "Le peuple des gitans
saura
pardonner si ceux qui ont commis cet acte atroce
ramènent les reliques.
Ils peuvent les rapporter discrètement sur l'autel, bien à l'abri dans
un linge
et nous ne leur ferons pas de mal. Mais par pitié, qu'ils nous la
ramènent ! " Un miracle en somme...
Source
mardi 7
juillet 2009 à 07H55
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