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LOS HONGOS

Une expérience mystique en terre
mexicaine
Cela faisait
longtemps que je
connaissais Palenque, un site archéologique maya exceptionnel, enfoui
en partie
dans la forêt tropicale du Chiapas. L'endroit m'a toujours fasciné et
j'y étais
retourné plusieurs années de suite. Cependant, je n'avais jusqu'alors,
jamais
goûté les hongos, les fameux champignons
hallucinogènes. J'espérais
rencontrer un vrai chaman et faire cette expérience dans un cadre
cérémoniel.
Je pense que je n'y étais pas prêt non plus.
Le mercredi
10 février 1999,
je me suis rendu à Palenque en compagnie de mon ami David, dans
l'intention de
vivre cette expérience finalement sans chaman. Elle devait ouvrir ma
perception
sur de nouveaux horizons…
(I) LA QUÊTE DES HONGOS
Après avoir
voyagé une partie de la nuit depuis San Cristóbal de las Casas,
nous arrivons aux abords de la cité précolombienne[1]
de Palenque au petit
matin. Nous savons qu'il est assez facile d'acheter des champignons
pour peu
que l'on s'écarte un peu des sentiers battus. Aussi, nous demandons au
chauffeur du bus de nous laisser avant le site et empruntons divers
sentiers
sans succès. Est-il trop tôt? Nous poursuivons jusqu'à un camping d'où
nous
voyons sortir 3 jeunes hippies états-uniens. Nous les abordons et leur
demandons si par hasard, ils savent où on peut trouver des mushrooms.
Ils éclatent de rire en cœur et devant notre mine perplexe, nous
désignent un
taillis dans notre dos, à quelques mètres à peine du bord de la route.
Là à
notre grande surprise, nous voyons trois indiens se redressant en
brandissant
de petits sachets en plastique: "Hongos, hongos?"
Nous
remercions les amerloques
et rejoignons les indiens qui nous font aussitôt signe de nous
accroupir. Il ne
faut pas qu'on nous voie de la route, la vente de ces champignons est
illégale,
ceux-ci étant, pour leurs propriétés hallucinogènes, assimilés à une
drogue.
Nous leur en achetons pour 100 pesos. A voir leurs yeux explosés, on
comprend
tout de suite qu'ils ne font pas qu'en vendre!
Nous en
prenons aussitôt 4 ou
5 chacun et reprenons un bus, jusqu'au site archéologique cette fois. A
l'entrée je salue une états-unienne que j'ai croisé quelque fois à San
Cristóbal. Puis David et moi nous dirigeons vers un endroit tranquille,
quoique
que ne présentant aucun intérêt particulier. Déjà, David commence à
"partir", à rire sans motif, alors que je n'éprouve pour ma part…
qu'une grosse fatigue consécutive sans doute de la nuit blanche que je
viens de
passer. Je suis extrêmement déçu car j'espérais beaucoup de cette
expérience.
Je commence à
émettre des
doutes sur la fraîcheur de ces champignons, vu qu'il n'a pas plu depuis
plusieurs jours! De déception, je m'envoie tout le reste du paquet.
(II) LA PYRAMIDE DE LA CROIX
Nous décidons
de ne pas rester
là et nous acheminons vers la pyramide de la Croix. En chemin, on
recroise la petite
'ricaine qui se joint à nous. Nous montons au sommet du temple maya et
malgré
l'heure matinale, des perles de sueur roulent sur nos visages. Toujours
épuisé
je m'allonge sur la pierre, sur le côté de la pyramide qui fait face à
la
jungle où j'espère ne pas être trop emmerdé par les touristes qui
arpentent
déjà l'endroit. L'états-unienne me dit s'appeler Mayan, prénom qui,
s'il est
vrai, signifie maya en anglais, je ne peux m'empêcher de trouver la
coïncidence
étrange. Elle est petite, maigre, un peu disgracieuse, me fait un peu
penser à
un duende, un lutin. Elle aussi me dit avoir pris
des hongos,
mais beaucoup moins que moi. Nous discutons un peu. David me dira plus
tard
qu'elle me draguait.
La pyramide
de la Croix se
situe au pied d'une colline où commence la selva. C'est de ce côté-là
que je me
trouve être. Les arbres font donc face à l'édifice et perchés sur la
colline,
la dépassent, recouverts d'un enchevêtrement de lianes.
Tout en
parlant avec Mayan,
j'observe du coin de l'œil une feuille dans l'arbre tout proche qui va
bientôt
accaparer toute mon attention. Celle-ci est perforée de trous sans
doute causés
par un insecte. Or j'arrive à distinguer de plus en plus nettement
chaque rayon
de soleil, qui par les micro-perforations, la traverse; comme on peut
parfois
l'observer à une toute autre échelle lorsqu'un rayon seul perce à
travers les
nuages. La feuille me paraît de plus en plus brillante, je me retrouve
avec
sous les yeux une véritable dentelle de lumière, quelque chose de
féerique. Je
demande à Mayan si elle peut le voir. Elle me répond que oui, elle voit
bien la
feuille et les trous, «mais pas comme toi», ajoute-t'elle dans un
sourire. Les
mots de David, qui a déjà pris de ces champignons, me reviennent: «ton
acuité
visuelle est décuplée, tu vois tous les petits détails et c'est super
beau!»
J'esquisse à mon tour un sourire: ça y'est, les hongos commencent
enfin
à faire leur effet.
(III) LA DANSE DE LA DIVINITE
HINDOUE
Seulement
très vite, cette
acuité visuelle fait place à des hallucinations étonnantes: le visage
de Mayan
se transforme à plusieurs reprise tantôt en celui d'une ex-petite amie,
tantôt
en celui d'une sorcière repoussante, telle qu'elle est généralement
représentée
dans l'imaginaire populaire. Il ne s'agit pas là d'une vague
impression, je
vois "vraiment" ces visages, je les vois se distordre et changer
d'apparence, même si au fond de moi je sais parfaitement que c'est
impossible
et que ce ne sont qu'hallucinations.
A un moment
passe un type
d'une quarantaine d'années, un touriste qui pourrait être français. Il
nous
regarde à peine, semble chercher quelque chose et finalement rebrousse
chemin.
J'interpelle David, amusé par l'idée saugrenue qui vient de me
traverser
l'esprit:
« T'as vu ce
type? Il n'était
pas vraiment là! C'était moi dans vingt ans en train de chercher
l'endroit où
j'aurai eu mon premier voyage!»
A ce moment
Mayan se lève et
elle doit remuer les bras car j'ai l'impression de voir une divinité
hindoue
avec ses six bras. Je le lui dis, elle s'en amuse à présent: elle danse
à la
mode orientale, faisant onduler ses bras. Je suis littéralement
subjugué,
emporté.
Mayan, elle,
sans doute lassée
de ce petit jeu, au bout d'un moment, s'éloigne. Bientôt, j'ai
l'impression -
mais est-ce vraiment une impression? - que mon visage est pris de
convulsions.
Même s'ils sont peu nombreux, je préfère cacher mon visage aux
touristes qui
pourraient éventuellement passer. Je le recouvre de mon bonnet de laine
beige,
acheté à une indienne sur le marché de Santo Domingo à San Cristóbal.
Ce qui va
découler de ce geste va être très puissant, je pourrais même dire
violent, mais
à aucun moment douloureux, ni même inquiétant curieusement.
(IV) L'UNIVERS DU BONNET
Le bonnet
laisse filtrer le
soleil entre les mailles de la laine. Je vois soudain ces dernières
s'élargir,
tourner en spirale, atteindre la dimension de fenêtres jusqu'à ce que
je sois
aspiré par l'une d'elle, devenue assez grande. Je suis propulsé dans un
univers
auquel je ne comprends rien. J'ai toujours la conscience de mon corps
allongé
mais sur lequel je n'ai plus aucune prise, les mains jointes, comme un
cadavre,
et en parallèle, des visions et des sons confondus défilent à une
vitesse
ahurissante devant mes yeux.
Je suis
projeté parmi ces
figures avec le sentiment vertigineux de ne plus rien contrôler, elles
aussi
semblent projetées sur moi; je les traverse les unes après les autres,
à une
cadence très rapide et régulière. Je me dis à ce moment que le pire est
que
plus tard j'essayerai de rationaliser cette expérience qui me semble
échapper à
toute rationalité et dont j'oublierai l'essentiel. Il y a des formes
géométriques très stylisées, des couleurs très vives. Ca ressemble par
moment à
certaines œuvres psychédéliques des années 70. J'en suis étonné car
jusqu'à
présent, j'ai toujours considéré que c'était juste une façon
conceptuelle de
représenter "autre chose" et voilà que je découvre que non, que
certaines visions sont comme ça.
J'ai en tous
cas la nette
impression, une fois pénétré dans " l'Univers du Bonnet ", que ces
visions ne me sont pas extérieures, apportées par les hongos,
mais que
je vis plutôt une plongée dans mon inconscient, dans les profondeurs de
mon
cerveau, peut-être au cœur d'un patrimoine commun à toute l'humanité,
voire au
monde du vivant. Peut-être est-ce le secret indéchiffrable, pour le
profane que
je suis, du mystère de nos origines, la vision des éléments essentiels,
des
structures qui fondent notre psychisme?
(V) LES LOIS DE LA MATIERE
ABOLIES
Les visions
se font moins
vives, je me reconcentre sur mon corps. Plus que jamais mon visage est
incontrôlable: rires, tremblements le secouent sous le bonnet. Je me
dis que je
dois faire attention : c'est comme si les lois de la matière
n'existaient plus.
J'ai l'impression que ma mâchoire ne retient plus mon menton lorsque
j'ouvre la
bouche. Je peux l'ouvrir démesurément sans ressentir aucun blocage et
même
sortir de l'axe de ma mâchoire pour partir à droite ou à gauche. Je me
dis
qu'il ne faut pas que j'aille trop loin car ça pourrait me poser des
problèmes
pour quand tout redeviendra normal. Je fais aussi attention à ne pas me
mordre
les lèvres. Je garde toujours à l'esprit que cette expérience est comme
un
voyage et que ce n'est que temporaire. C'est sans doute pour ça que je
ne
ressens pas de peur.
Par moments,
j'aspire
puissamment et mon bonnet doit venir se coller à mes lèvres. La
sensation que
j'éprouve est très surprenante: je sens le bonnet rentrer par ma bouche
et
envahir tout mon corps. Mais il n'a pas la substance de la laine, ça
ressemble
plutôt à quelque chose de vaporeux, une sensation très curieuse, mais
pas
désagréable.
Par ailleurs,
les sons sont
décuplés. J'entends tout avec un écho très clair qui se répète
plusieurs fois.
A un moment, j'entends des Allemands, un homme et une femme parler,
avec un grand
calme. J'enlève mon bonnet et rouvre les yeux. Il n'y a personne près
de moi,
je suis seul, face à la selva. Pourtant, je les entends encore plus
nettement
que s'ils étaient tout à côté de moi ! Ils ne doivent pas être très
loin malgré
tout. Ils parlent très tranquillement. Je me dis que cette langue se
marie très
bien avec l'endroit, un aspect cultivé et un peu sauvage à la fois,
guttural…
Mon esprit vagabonde et je songe à Alexander Von Humboldt, un jeune
Allemand du
siècle des lumières, grand voyageur, naturaliste et explorateur au
Mexique
notamment.
(VI) LA PENSEE DESTRUCTUREE
Après cela,
je veux appeler
David, un peu pour me prouver que je suis revenu sur le même plan, dans
la même
réalité. Il m'avouera plus tard que tout a été merveilleux pour lui
excepté le
moment où je l'ai appelé. Il a ressenti à ce moment une forte angoisse.
Ma voix
est peut-être inquiétante, il faut dire… Il arrive et très vite je me
rends
compte qu'on n’est pas du tout sur la même longueur d'onde. Il me
raconte entre
autres qu'il vient de voir un guerrier dans la pierre. J'essaye de lui
expliquer en quoi mon expérience a été différente, beaucoup plus
psychédélique
mais j'éprouve une difficulté terrible à parler. Mon idée est claire
dans son
concept mais même mentalement je ne parviens pas à la formuler sous
forme de
mots, de phrases. C'est comme si deux types de pensées s'étaient
dissociées
dans mon esprit: la pensée conceptuelle et la pensée disons
communicationnelle,
supposée structurer la première. Momentanément, l'une et l'autre ne
vont plus
ensemble.
David, quant
à lui, a une sale
mine, mais peut-être est-ce moi qui le vois ainsi sous l'effet des
champignons
: il est livide, les yeux dans le vide et semble comme suffoquer par
moments.
Pourtant, il est enthousiaste. Je me demande si je suis moi aussi dans
cet
état-là. C'est surprenant en tous cas comme le corps peut sembler aller
mal
alors que l'esprit atteint des hauteurs.
(VII) ETAT DE TRANSE
Je me
désintéresse de David et
reste un long moment à fixer le toit "à la Mansart" de la pyramide,
surmonté d'une crestería. J'ai l'impression
d'observer une pyramide
entière tant cela prend des proportions démesurées à mes yeux. Je me
redresse
et m'assied sur l'espèce de petite murette où j'étais allongé. Je
m'adosse au
mur et observe la selva. Dans un premier temps, cela m'apparaît comme
un
spectacle plutôt laid. Tout paraît artificiel, mi caoutchouc,
mi-plastique, une
sorte de vert sale.
Cette
impression désagréable
va peu à peu s'estomper. Jusque là, cette expérience avait eu peu à
voir avec
l'endroit. Il va prendre de plus en plus d'importance. Je reste un
moment à
contempler la symétrie des feuilles, des fougères. Après l'impression
de
violence, causée essentiellement par la vitesse de l'enchaînement de
mes
visions, j'ai l'impression de retrouver un grand calme, de me relier
tout
naturellement avec la beauté du site.
Mais soudain,
de la jungle
toute proche, de puissants hurlements déchirent le silence, comme des
cris de
fauve. Ce n'est pas une hallucination, ce sont des singes qui crient
comme ça.
Il m'est déjà arrivé de les entendre à Palenque. La première fois, très
intrigué, j'avais demandé à un gardien facétieux quelle sorte d'animal
pouvait
crier ainsi. Il m'avait répondu avec un petit sourire en coin: « es
un
jaguar encabronado », c'est un jaguar énervé.
La chose
était possible: il y
a bien des jaguars dans la selva chipanèque et le cri s'apparentait
effectivement à celui d'un félin. J'ai appris par la suite qu'il
s'était
gentiment moqué de moi et qu'il s'agissait de singes. Toutefois, les
autres
fois étaient loin de m'avoir fait autant d'effet !
Nous nous
regardons, David et
moi, comme interloqués. Le singe continue de hurler. Debout, je ressens
chaque
cri comme une vague, une onde de choc qui me secoue littéralement. Je
suis pris
de tremblement. Je rentre dans une sorte de transe. J'éprouve un
sentiment de
puissance, de liberté et d'exaltation peu descriptible, comme si chaque
cri
m'emplissait d'énergie animale. Les croyances indiennes veulent que
l'âme de
tout homme soit liée avec un animal en particulier (ce que les nahuas
du centre
du Mexique appellent le nahual, et que les mayas
appellent notamment ch'ulel.)
Peut-être nos destins se lient-ils en ce moment avec ce singe, qui peut
le
dire? En tout cas c'est extrêmement fort. Et moi qui trouvait que tout
redevenait tranquille!..
Il finit par
se taire, et je
recouvre mon calme. Je n'ai plus mon T-shirt. Je me rassied et et me
met à
tapoter sur mes genoux un rythme qui me passe par la tête. C'est sans
doute
très simple mais sur le moment, ça me paraît vraiment très beau.
(VIII) DU TEMPS DE CHAN
BALUM
Je décide de
regagner le
devant de la pyramide. Quoiqu'à deux pas, je mets du temps à y accéder.
J'ai
peur que si les touristes me voient, le charme ne s'évanouisse et puis
l'esplanade
de la pyramide me semble si lumineuse… Heureusement, il n'y a aucun
touriste en
haut. On en voit bien quelques uns en bas ou sur les pyramides du
soleil et de
la Croix Foliée. Ces deux pyramides font parties avec celle de la croix
où je
me trouve, d'un même ensemble, elles dessinent un triangle. Elles ont
toutes
trois été élevées entre 672 et 690 de notre ère, sous le règne de Chan
Balum,
fils de ce roi dont on retrouvé la tombe au fond de la pyramide des
Inscriptions, le roi Pakal. Chan Balum signifie Serpent Jaguar en maya.
Le temple sur
lequel je me
trouve m'apparaît éminemment sacré. J'ai l'impression que les anciens
mayas,
comme nous, sont passés par là et ont ressenti cette énergie. Je
m'imaginais qu’avec
les hongos dans cet endroit, que d'une certaine façon, je
m'identifierais avec
ces mayas del’époque classique, que je pourrais me prendre pour l’un
d’eux.
Mais cette fois je ne suis pas "comme", je "suis" moi-même,
sans le moindre besoin de m’identifier avec quiconque pour prendre
l’ampleur de
la sacralité du lieu, de son mystère profond et de l’harmonie qui s’en
dégage.
Je ressens que cette énergie, cette force, appartient à cette terre,
qu'elle
les a dépassés comme elle me dépasse. A ceci près qu'eux se sont
installés dans
cet endroit, que leurs grands prêtres ont sans doute dédié leur vie à
canaliser, contrôler et comprendre cette énergie. Quelle puissance
devait être
la leur, quelles connaissances, quelles compréhensions du monde ils
devaient
détenir…
(IX) HARMONIE
Je ressens à
présent une sérénité
et une puissance de concentration que jamais je n'ai éprouvées
auparavant. Je
m'assieds en tailleur, les mains sur mes cuisses, le pouce et le majeur
joints,
un peu à la bouddhiste. Je n'en puis plus douter: c'est endroit est
bien plus
qu'un site touristique, aussi magnifique soit-il. Il demeure un
sanctuaire pour
le "voyage" et la méditation. Je ressens une plénitude indicible mais
en même temps je m'interroge: qui suis-je pour connaître cet état,
méditer sur
cette pyramide que certainement seuls les rois et les grands prêtres
pouvaient
fouler? Heureusement, je chasse vite ces pensées de mon esprit.
Tout respire
l'harmonie. La
selva, assez loin devant, se révèle à moi dans une multitude de
détails, avec
l'impression que le relief est fortement accentué. Les quelques nuages
dans le
ciel d'un bleu intense m'apparaissent eux aussi tout en volume, très
expressifs
Au-dessus de
ma tête il y a
une voûte brisée que le bleu céleste semble poursuivre jusqu'à la
selva. Je me
sens comme à l'intérieur d'une sphère magique dont moi seul percevrait
soudain
l'unité oubliée par les âges, une sphère où se rejoignent terre et
ciel, pierre
taillée et forêt inextricable.
J'établis une
analogie entre
la position de mon corps et la pyramide. Assis en tailleur, je réalise
que j'en
suis la représentation humaine: une large assise, le cou légèrement
voûté; le
siège spirituel se trouvant en haut, le sommet de la pyramide pouvant
symboliquement se comparer à la tête. A cet instant, je prends
conscience de la
justesse de l'expression qui veut que le corps soit le temple de
l'esprit.
Torse nu et mon bonnet sur la tête, je reste là dans le soleil
mexicain, un
long moment. Je me sens naître des aspirations d'ascète: je serais prêt
à
passer des heures, des jours peut-être à méditer ainsi, sur cette voie,
dans le
jeûne.
(X) L'INTERVENTION DE KUKULKAN ?
De temps en
temps, l'heure
avançant, des touristes montent, arrivent tout essoufflés et
transpirant. Ils
me regardent en coin d'un air de dire, encore un 'ricain illuminé!
D'autres ont
à l'évidence abusé des champignons comme ce jeune Autrichien, avec
pourtant des
effets diamétralement opposés à ceux que je ressens moi-même: il arrive
rouge
comme une tomate, ne pouvant contenir un rire inextinguible. Entre deux
éclats,
il s'en excuse. David, qui m'a rejoint et moi lui répondons qu'il ne
s'en fasse
pas, que nous aussi on en a pris.
Vu qu'il
refuse de quitter le
soleil qui tape maintenant très fort, je me mets à l'ombre pour lui
prêter mon
bonnet. Mais très vite il me le rend et fait mine de vouloir
redescendre. Dans
son état, on lui recommande d'attendre un peu, car il pourrait très
facilement
se briser le cou s'il loupait une des très nombreuses marches, la
déclivité
étant vraiment impressionnante. Il rie bien fort de nos recommandations
et sous
notre regard effaré, redescend à toute allure et arrive en bas sans
tomber, on
ne sait trop par quel miracle[2]…
Il faut croire que les
dieux mayas ne désirent pas de sacrifice humain aujourd'hui. Peut-être
même que
le dieu Kukulkan, qui y était opposé, est intervenu en sa faveur.
(XI) NOUVELLE NAISSANCE
Les effets
des hongos
disparaissent peu à peu. Je réfléchis à tout ce par quoi je viens de
passer.
J'ai franchi les barrières de la matières, plongé dans les méandres de
mon
esprit, de l'inconscient primitif, des profondeurs de l'être, des
origines du
monde et de la vie. J'ai vu des figures essentielles, celles qui sont
éternelles,
celles qui nous forment. La première phase de cette aventure a consisté
en une
déstructuration nécessaire de la matière et de la pensée.
Je comprends
alors que ce qui
m'arrive à cet instant, c'est la restructuration de mon être dans
l'harmonie,
la beauté et le sacré. C'est comme une naissance nouvelle après un rite
initiatique.
A cet instant
où je remets les
pendules de ma vie à zéro, je regarde par inadvertance ma montre.
Stupéfaction:
il n'y a rien d'inscrit dessus. Me demandant s'il est possible que
j'hallucine
encore, j'interpelle David: «Qu'est-ce que tu vois? ». Il regarde ma
montre,
avant de répondre: « Rien, c'est tout noir. »
C'est un
signe! Je lui
explique que ça arrive juste au moment où je commence une nouvelle vie.
Il me
ramène à la raison en m'expliquant que depuis le temps que je suis sous
ce
soleil de plomb, il n'y a rien d'étonnant à ce que les cristaux
liquides de ma
montre réagissent comme ça. Je vais passer un peu de temps dans une des
deux
petites pièces sombres sous le toit de pierre, toujours au sommet de la
pyramide, et savoure ce moment de recueillement.
Lorsque j'en
ressors, force
est de constater qu'effectivement, ma montre réindique l'heure
normalement.
N'empêche, le symbole était fort !..
(XII) DURE REALITE
Le Retour
sera laborieux: on
se sent épuisés. On arrive en ville et allons manger dans un petit
resto où la
télé allumée, comme dans beaucoup de ces endroits, hélas, débite son
flot de
conneries habituelles. Il est loin le rêve de pureté et de jeûne…
Le soir, j'ai
un début de
migraine assez fort, sans doute dû au temps que j'ai passé sous le
soleil,
malgré le bonnet. Heureusement David a une aspirine et ça passe aussi
sec.
Trikess (FG)
[1] précolombienne:
Il est très ironique de constater que nous nommons un ensemble de très
grandes
civilisations (aztèque, maya, inca, etc.) avec le nom de celui qui a
provoqué
leur anéantissement, Colomb…
[2]
Il y a une tour sur le site de
Palenque au sommet de laquelle il est désormais interdit de monter. En
effet
certains, sous l'effet des hongos, ont cru qu'il
pouvait voler et se
sont élancés d'en haut. Il s’est avéré que sous l’effet des hongos, on
pouvait
effectivement voler. En revanche, tous ont également démontré qu’ils
maîtrisaient
très mal l’atterrissage, en se tuant en contrebas…C'est pour ce genre
de
déconvenues qu'il est préférable de ne jamais prendre des hongos
seul…
On raconte aussi que d’autres ne sont jamais revenus de leur "voyage"
et sont restés "bloqués" psychologiquement. Il est donc indispensable
d’être bien dans sa tête si l’on veut tenter cette expérience, qui est
loin
d’être anodine.
 |
Visitez
les blogs de Trikess (FG)
CHRONIQUES MEXICAINES Mon
deuxième blog: une incursion surprenante dans
l'univers carcéral mexicain, des chroniques pour comprendre le Mexique
depuis
le soulèvement zapatiste, le récit d'une expérience mystique, etc. Des
écrits
engagés qui éclairent.
CARNET
DE ROUTE BALKANS
: Mon troisième blog, créé dans la foulée de l'indépendance
du Kosovo. A
travers le récit de mon voyage dans ces contrées (Serbie, Kosovo,
Albanie, Monténégro,
Bosnie, etc) en 2007, un éclairage sur une région du monde tourmentée
mais
passionnante.éclairent.
BOURLINGUER
- errer humanum est
Mon autre
blog, plus poétique avec des photos du dernier
carnaval de Guadeloupe, des photos du Mexique, de Cuba, de République
Dominicaine, d'un pèlerinage vaudou en Haïti, du chemin de St Jacques
de
Compostelle, etc. Une grande bouffée d'air nomade.
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LOS HONGOS
(plan de rédaction)

Une expérience mystique en terre
mexicaine
TABLE
Introduction
et table des
matières
Prologue
I La quête
des hongos
II La
pyramide de la Croix
III La danse
de la divinité
hindoue
IV L'univers
du bonnet
V Les lois de la matière abolies
VI La
déstructuration de la
pensée
VII Etat de
transe
VIII Le temps
de Chan Balum
IX
Harmonie
X
L'intervention de Kukulkan?
XI Nouvelle
naissance
XII Dure
réalité
Antonin Artaud
dans Messages Révolutionnaires, extraits (1936)
«(
…) une culture
profonde n'a peur d'aucune géographie, même si la recherche des
continents
inexplorés de l'homme doit mener jusqu'à ce vertige où bout
l'immatérialité de
la vie.
La
vraie culture
aide à sonder la vie, et la jeunesse qui veut rétablir une idée
universelle de
la culture, pense qu'il y a deux lieux prédestinés pour faire jaillir
les
sources de vie et regarde à la fois vers le Tibet et vers le Mexique.
La
culture du Tibet ne vaut que pour ce que dans le livre des morts de
l'Egypte,
on appelle les cadavres, des Renversés. Au contraire, l'antique culture
du
Mexique vaut pour faire jaillir les sens intérieurs de leur barrière.
Elle fait
des ressuscités (…)
La
culture
rationaliste de l'Europe a fait faillite et je suis venu sur la terre
du
Mexique chercher les bases d'une culture magique qui peut encore
jaillir des
forces du sol indien. (…) Il y a là [dans le dessin de la croix à
Palenque],
inscrite dans la pierre, la représentation hiéroglyphique d'une énergie
unique
qui, à travers la croix de l'espace, c'est-à-dire en passant par les
quatre
points cardinaux, va de l'homme à
l'animal
et aux
plantes. »
Le
manioc figurait au menu des Mayas
Dans les
ruines d’un ancien
village maya du Salvador, des archéologues américains ont découvert un
ancien
champ de manioc dont l’organisation a été remarquablement bien
conservée sous
trois mètres de cendres volcaniques. Même si les spécialistes
supposaient que,
pour nourrir une population aussi importante, les Mayas connaissaient
et
consommaient la racine de manioc, aliment de base de nombreuses
populations
aujourd’hui en Amérique, ils n’en avaient jamais trouvé la preuve.
En juin dernier, l’équipe de Payson Sheets (University of Colorado at
Boulder,
USA) a combiné radars et forage pour sonder le sol du site de Joya de
Cerén.
Les archéologues ont ainsi mis en évidence les restes d’une plantation,
avec
les rangs et les trous où étaient plantés les tiges. Les cendres ayant
rempli
les espaces laissés par les plants en décomposition, les chercheurs ont
pu
réaliser des moulages et découvrir qu’il s’agissait de plants de
manioc,
inhumés de telle sorte que des feuilles puissent pousser à l’air libre
et que
plusieurs racines se développent sous terre. Ce champ de manioc vieux
de 1.400
ans venait d’être replanté lorsque le volcan est entré en éruption,
selon
Payson Sheets et ses collègues

Joya de Cerén est considéré comme le Pompéi de l’Amérique latine : vers
600 après
JC, l’éruption du volcan Lomo Caldera l’a recouvert d’une épaisse
couche de
cendres. Sous cette gangue, le village a été protégé et, depuis sa
découverte
en 1978, une douzaine de bâtiments a été mise au jour, ainsi que des
réserves
de grains, des tissus ou des toits de paille. En revanche, aucun reste
humain
n’a été découvert. Un tremblement de terre qui a précédé l’éruption
aurait
donné l’alerte et laissé le temps aux villageois de fuir, abandonnant
tout
derrière eux.
Cécile Dumas
Sciences et Avenir.com
Les
treize mystérieux crânes de cristal

Il
y a une légende maya et aztèque qui révèle la présence de treize
crânes de cristal répandus à travers le monde, qui détiennent des
pouvoirs de
divination, de guérison et médiumnique. La prophétie maya indique que
lorsque
les treize crânes de cristal seront réunis, les secrets de la vie
seront
révélés à l’humanité. Cela dit, ces crânes contiennent de grandes
informations
sur l’histoire des humains et des anciennes civilisations.
C’est en 1924 qu’un des crânes a été trouvé dans un temple maya au
Belize, par
une jeune fille du nom d’Anna Mitchell-Hedges. Ce crâne pesait environ
11
livres et représentait un crâne féminin ; il a été nommé le « crâne du
destin
». Selon la légende, ce crâne daterait de 3600 ans. D’autres crânes
furent
également trouvés dans le monde. Le « crâne Max » a été donné au peuple
du
Guatemala. Le « crâne de Paris » et le « crâne britannique » ont été
trouvés à
la fin du 19e siècle au Mexique. Le « crâne Maya » et le « crâne
Améthyste »
ont été trouvés au Guatemala. Il paraît qu’il ne reste que quelques
crânes à
trouver quelque part sur la terre, mais le nombre n’est pas exact,
puisqu’il
peut bien y avoir des découvertes cachées à l’humanité.
Le crâne du destin trouvé par Anna aurait été analysé par la compagnie
Hewlett-Packard vers la fin des années 70. Les résultats des analyses
ont
démontré des propriétés optiques intéressantes. Voici les
caractéristiques
tirées du site Arkadys :
La lumière peut jaillir par les orbites lorsqu’elle est éclairée
dessous.
Un faisceau lumineux intense peut jaillir des orbites, du nez et de la
bouche
lorsque le crâne est frappé par l’arrière par les rayons du soleil.
Le crâne est constitué d’un quartz naturel pur, du dioxyde de silicium
anisotrope.
On ne retrouve aucune trace d’instrument, ni de marque microscopique.
Étant donné que le cristal ne vieillit pas, il est impossible de dater
la
fabrication.
Avec la technologie moderne au diamant, il faudrait un an de travail
pour
obtenir l’aspect extérieur du crâne. Quant aux effets prismatiques, la
reproductibilité est encore plus difficile à reproduire.
La fabrication manuelle de ce crâne aurait requis plus de 300 années de
labeur.
D’après le résultat de ces analyses, on peut remarquer qu’il est
pratiquement
impossible de reproduire un tel objet sans utiliser les technologies
modernes,
étant donné que le cristal est très difficile à sculpter par sa dureté.
Comment
un tel objet aurait-il pu être fabriqué dans le passé ? Certaines
personnes
prétendent que les crânes auraient été fabriqués par des
extraterrestres et
qu’ils auraient été offerts à l’ancienne civilisation des Atlantes. Ces
crânes
contiendraient les secrets et les archives du monde perdu d’Atlantis.
Les crânes de cristal détiennent des pouvoirs magiques qui permettent
l’élévation spirituelle des humains, la production spontanée d’images
holographiques et des bruits sonores étranges. Cela dit, il paraît que
les
crânes de cristal peuvent parler ou chanter et certains auraient des
propriétés
de guérison et de clairvoyance.
Voici une canalisation (année 2000) tirée du site Ère Nouvelle ici
concernant un crâne qui n’a pas encore été retrouvé, d’où il parle pour
émettre
le message suivant :
« Sur terre, je représente ce que vous pourriez appeler toutes les lois
spirituelles, toutes les lois qui font que l'homme puisse vivre
pleinement sa
vie, pas simplement au côté de ses frères humains, mais dans la
conscience de
l'Unité parfaite avec toute vie sur ce monde et à l'extérieur de ce
monde. On
est sur le point de me trouver en Égypte, pays si cher au cœur de ce
canal qui
s'exprime. Le moment est venu, je vais me révéler en même temps que
tous ces
outils merveilleux qui ont été implantés sur ce monde, je vais révéler
ma
puissance aux êtres humains, à ceux qui seront à ce moment-là en mesure
non
seulement de me comprendre, mais aussi de mettre en application
l'immense
connaissance qui se trouve en moi... »
Seul l’avenir nous dira si le mystère des treize crânes de cristal sera
résolu
un jour et si le secret de notre monde sera révélé à l’humanité par
l’intermédiaire de ces crânes.
|
Les photographies de
Palenque
Trikess (FG)
LES
PEUPLES DU SOLEIL - MAYAS, LE MONDE PERDU
Elles
ont frappé l'imagination des conquérants espagnols par leur splendeur.
Les
civilisations disparues de l'Amérique précolombienne survivent
aujourd'hui à
travers les vestiges de leurs cités légendaires et les rites de leurs
descendants. Des Andes au Mexique, cette série offre un voyage dans le
monde
des Mayas, des Aztèques et des Incas.
Dans
les jungles mexicaines ou guatémaltèques et sur les contreforts andins,
les
ruines de leurs villes et de leurs temples témoignent de la richesse et
du
raffinement de leurs cultures.
En
des lieux ou des temps différents, ces peuples ont partagé le même
culte pour
le dieu Soleil.
L’arrivée
des Espagnols sur le continent américain au XVe siècle a accéléré leur
disparition et inscrit dans le sang la chute brutale de leurs empires.
Grâce
aux reconstitutions, aux images de synthèse et aux interventions
d’historiens,
cette série en trois volets entraîne le téléspectateur à la découverte
de ces
civilisations qui ont rayonné par leurs arts, leurs sciences et leur
niveau de
développement.
A
partir de 250 avant Jésus-Christ jusqu’au VIIIe siècle de notre ère,
les Mayas
sont les premiers à régner sur l’Amérique centrale. Le Yucatán et les
forêts du
Chiapas et du Petén abritent les cités qui symbolisent leur puissance.
Tikal
est sans doute celle qui impressionne le plus aujourd’hui par la
hauteur de ses
temples. Le culte sacré qui y est rendu aux rois jusqu’après leur mort
témoigne
de la croyance des Mayas en l’éternité. Les "enfants du maïs", grands
observateurs du ciel, connaissent bien les cycles du temps et
développent ainsi
leurs cultures agricoles. Pas suffisamment productrices cependant pour
faire
face à l’augmentation de la population et contrer la famine.
Les
rivalités croissantes et les guerres fratricides qui opposent ses 70
cités
mènent finalement l’Empire maya à sa perte. Au XIIIe siècle, des
nomades venus
du nord étendent leur influence sur les peuples du sud du Mexique.
Les
Aztèques sont de grands admirateurs des anciens Toltèques. Après avoir
découvert le site mystérieux de Teotihuacán, ils implantent leur
capitale à 2
200 mètres d’altitude, sur un lac : la cité de Tenochtitlán, à
l’emplacement de l’actuelle Mexico.
Lorsque
Hernán Cortés et ses hommes y pénètrent deux siècles plus tard, ils
vantent la
magnificence de l’une des plus grandes métropoles d’alors, dont le
système
original, et toujours en vigueur, de parcelles agricoles - chinampas -
assure
des rendements suffisants pour nourrir tous les habitants.
Les
rites des sacrifices humains, pratiqués pour la survie du dieu Soleil,
sont
poussés à l’extrême chez les Aztèques, et les victimes se comptent par
milliers. L’empereur règne par la terreur sur les nombreux peuples que
ses
troupes ont soumis et qui doivent lui payer un tribut. Les conquérants
espagnols utilisent ces tensions pour asservir l’Empire aztèque et se
livrer à
un véritable génocide.
Au
total, des millions de natifs sont exterminés. A la même époque,
l’Empire inca
s’étend sur un territoire cinq fois plus grand, de l’Equateur au Chili.
Il se
distingue par une structure administrative très efficace, qui permet à
l’Inca,
véritable dieu vivant, d’exercer son influence sur 500 peuples des
Andes. Le
développement du réseau routier dans un relief très accidenté tient un
rôle
très important dans les échanges économiques et pour l’unification de
l’empire.
Fonctionnaires
et messagers jouent ainsi les intermédiaires entre les chefs locaux et
l’Inca.
Le fonctionnement de la société repose sur un système de travail
collectif qui
impose aux différentes tribus des travaux forcés, l’agriculture
constituant le
pilier de l’économie. Les cultures en terrasse favorisent l’extension
des
surfaces cultivables.
L’or
et les richesses de l’Empire inca fascinent le conquérant Francisco
Pizarro qui
fait prisonnier Atahualpa, le dernier Inca. Celui-ci est finalement
condamné à
mort et ses sujets promis à une vie d’esclaves ou massacrés.
Aujourd’hui,
les sites impressionnants de Cuzco et du Machu Picchu demeurent les
témoins
d’un âge d’or disparu. Du Mexique au Pérou, cinq cents ans plus tard,
les
descendants des peuples du Soleil perpétuent, malgré tout, les
traditions
héritées de leurs ancêtres.
source
L'écriture
maya
Les premières
écritures
« Les
glyphes L'écriture des Mayas est un
système combiné de signes idéographiques et syllabiques. Chaque glyphe
est
composé d'un signe principal et d'affixes qui en complètent le sens.
Ces
glyphes peuvent être des noms, des verbes, et forment des phrases. Si
beaucoup
se rapportent à des actes ou désignent des chefs dynastiques, une part
importante correspond au découpage du temps.
Le calendrier
En mathématiques, les Mayas utilisent
trois signes: le point équivaut à un, la barre à cinq, et un coquillage
symbolise le zéro. Ils comptent de 20 en 20, et, avec le zéro,
utilisent
une numérotation de position. C'est sur ces bases que fut élaboré un
système de
division du temps, par cycles et depuis un jour origine. Lorsque nous
donnons
une date, par exemple le lundi 1er janvier 1993, nous
combinons plusieurs
cycles, l'un de 7 jours, le deuxième de 28 à 31 jours, le troisième de
12 mois;
et nous complétons par un nombre d'années écoulées à partir d'une année
origine. Le calendrier maya est similaire: un premier calendrier rituel
combine
13 chiffres et 20 noms de jours, soit 260 possibilités; un second
calendrier,
solaire, compte 18 mois de 20 jours, plus 5 jours néfastes, soit 365
jours. Avant
que le même jour ne revienne dans les deux systèmes simultanément, il
doit
s'écouler 18?980 jours (approximativement 52 ans). Le dernier élément
repose
sur le nombre de jours passés depuis une date initiale, soit le jour 4
Ahau
(calendrier rituel) 8 Cumku (calendrier solaire) de l'an 3113
avant J-C
Comme pour nos unités, dizaines et centaines, les Mayas utilisent des
subdivisions: le kin, ou jour, est l'unité de base; le uinal équivaut à
20
jours, le tun à 360, le katun à 7.200 et le baktun à 144.000. Les Mayas
érigeaient régulièrement des monuments datés et inscrivaient des dates
sur des
stèles et des vases, signe de leur hantise du temps. »
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