Obama
remporte le Wyoming mais les démocrates sont sens dessus dessous

Le sénateur de
l’Ilinois a emporté haut la main le caucus
du Wyoming. Cette nouvelle victoire lui permet d’accroitre son avance
en nombre
de délégués. Mais la durée de la campagne pour les primaires pose de
nouveaux
problèmes au parti démocrate. Comment gérer la dureté des propos entre
les deux
candidats ? Faut-il rejouer les primaires de Floride et du
Michigan ?
Quel est le meilleur ticket pour gagner l’élection ?
Les caucus auront décidément bien réussi à Barack Obama. Il vient de
facilement
remporter les primaires du Wyoming, avec 61% des voix devant Hillary
Clinton.
L’épreuve de mardi prochain, dans le Mississipi , devrait également lui
être
favorable. Il creuser donc l’ecart avec l’ex First lady avec pour
l’instant
1.527 délégués, contre 1428 pour elle.
Ces primaires ont cependant suscité peu de commentaires, car les vrais
problèmes sont ailleurs.
Premièrement, la campagne pour l’investiture démocrate s’est durcie.
Les
candidats démocrates s’invectivent et leurs aides se lancent des noms
d’oiseaux. Une conseillère de Barack Obama a ainsi dû démissionner de
l’équipe
de campagne après avoir traité Hillary Clinton de “monstre”. Le camp
d’en face
n’est pas plus digne, faisant circuler une photo d’Obama en tenue
traditionnelle africaine, laissant entendre qu’Obama n’est pas tout à
fait
chrétien, etc...
Le ton est
tellement monté entre les deux camps avant les tests de
l’Ohio et du
Texas (remportés par Hillary Clinton) et immédiatement après, que les
caciques
du parti ont pris peur. Avec une campagne qui doit durer (au minimum)
au moins
encore six semaines, avant le test de la Pennsylvanie fixé au 22 Avril,
le
risque est grand de voir les deux candidats se déchirer mutuellement et
réduire
à néant les chances des démocrates de gagner la présidentielle. Plus
ils seront
agressifs, plus ils feront le lit de John McCain et des républicains.
Deuxièmement problème difficile pour le parti démocrate, que faire des
résultats de la Floride et du Michigan ? Parce que ces Etats
ont avancé
les dates de leurs primaires, contrairement aux règles du parti, les
voix de
leurs délégués ne seront pas pris en compte lors de la convention fin
août. Or,
plus d’un million de personnes ont voté et Hillary Clinton, qui l’a
emporté
dans les deux cas, a bien l’intention de faire compter ces voix. Les
leaders du
parti s’interrogent activement sur la meilleure façon de rejouer les
cartes de
ces deux Etats. Cela coûte cher et il faut revoter car le nom de Barack
Obama
n’était même pas sur les bulletins de vote dans le Michigan.
Troisième sujet de préoccupation, la vice-présidence. En fait, c’est
Hillary
Clinton qui a relancé le débat, laissant entendre cette semaine qu’elle
accepterait volontiers le candidat afro-américain comme vice-président.
Une
tactique comme une autre pour affirmer la légitimité de sa propre
ambition
présidentielle. Elle n’a pas été du goût de Barack Obama, qui a fait
savoir
qu’on ne le verrait pas candidat à la vice-présidence.
Plus que le Mississipi mardi prochain, c’est la Pennsylvanie qui
focalise
maintenant toutes les attentions. C’est un Etat dont la composition est
assez
proche de l’Ohio. Hillary Clinton a déjà gagné l’appui du gouverneur et
du
maire de Philadelphie, qui est noir. Il reste six semaines aux deux
candidats
pour remporter cet Etat, et peut-être, un avantage décisif pour obtenir
l’investiture.
Virginie Robert (à
New York)
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La
BBC s'inquiète du sort de la classe ouvrière blanche
Où est donc
passée la classe
ouvrière blanche britannique ? Avec l'écrasement de la grève des
mineurs par
Margaret Thatcher en 1985, l'irrésistible ascension de la classe
moyenne
"blairiste", l'avènement du multiculturalisme et l'immigration de
masse des pays de l'Est, les cols bleus de souche ont disparu du
paysage
politique et social, s'inquiète la BBC. Le retentissement de plusieurs
émissions
de la chaîne publique sur le thème de "la tribu oubliée" souligne
l'ampleur de cette cassure.
"Notre
objectif est d'analyser ce qui est advenu de
cette classe sociale durant une période de changements dramatiques qui
a
bouleversé le pays. Sa voix est devenue inaudible",
explique Richard Klein, le producteur de "The White Season", une
série de reportages chocs consacrés à l'aliénation des petits Blancs
britanniques. Pour une raison ou une autre, les ouvriers, vivant
majoritairement à Londres et dans le nord du pays, attribuent à
l'immigration,
à la construction européenne, au multiculturalisme l'origine de leurs
problèmes.
La
révolte sourde des habitués du Wibsey Working Men's Club, un club
d'anciens
mineurs de Bradford, dans le Yorkshire, constitue un terreau fertile
aux thèses
du BNP, le British National Party, équivalent du FN français, très
actif à
l'échelle locale.
Son
programme met en évidence la colère, l'ignorance, les frustrations et
la peur
de l'avenir des Blancs "d'en bas" qui se déclarent trahis par le New
Labour au pouvoir depuis 1997. Sans parler du racisme, affiché et sans
complexes. Ainsi, à Barking, à l'est de la capitale, un vieux cockney
déclare
ne pas vouloir de voisins noirs tout en reconnaissant que son beau-fils
est
antillais...
L'écrivain
Michael Collins nuance le tableau. A lire l'auteur de The
Likes of Us : a
biography of the White Working Class, la majorité de la
classe ouvrière
blanche a profité de la formidable croissance économique de l'ère
Thatcher-Blair pour quitter ses quartiers de prédilection du
centre-ville. "Les
cols bleus ont recréé leurs institutions dans de nouveaux territoires,
dans les
confins des banlieues, le pub, le bingo, le foot", écrit-il.
Restent
les "perdants" blancs, les travailleurs les moins qualifiés et les
retraités : ils cohabitent aujourd'hui avec les minorités noires et
asiatiques
qui dominent désormais les zones populaires des grandes villes
anglaises.
Cet
exode blanc "à l'américaine" des villes inquiète le président de la
commission pour l'égalité raciale et les droits de l'homme, Trevor
Phillips,
qui redoute son impact sur des relations communautaires déjà très
fragiles.
Marc Roche
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Une école
axée sur la culture noire, contre le décrochage
scolaire
Toronto
devrait avoir l'an prochain une école axée sur la
culture noire, un projet controversé visant à remédier au taux élevé de
décrochage scolaire chez les jeunes noirs de la métropole économique
canadienne.
La commission
scolaire de Toronto a approuvé tard mardi
soir par 11 voix contre 9, un projet visant à ouvrir une école
afro-canadienne
d'ici 2009.
Selon ce projet, qui a fait l'objet de consultations publiques,
l'établissement
devra dispenser un enseignement avec un point de vue «afro-centrique»
mettant
l'accent sur la culture noire.
La commission scolaire a aussi approuvé une recommandation visant à
lancer dans
trois écoles existantes de la ville des programmes pilotes intégrant
dans leur
enseignement «l'histoire, la culture et les expériences» des Canadiens
d'origine africaine.
L'objectif du projet est de diminuer le décrochage scolaire chez les
jeunes
Noirs en leur fournissant un enseignement censé les concerner davantage
et de
leur donner de meilleures chances de réussite par la suite.
Selon une étude datant de 2006, 40% des jeunes Noirs de Toronto
n'achèvent pas
leur scolarité secondaire.
Des discussions doivent se poursuivre pour préciser les conditions dans
lesquelles l'école fonctionnera.
«Nous allons étudier les nombreuses propositions reçues de membres de
la
communauté, d'éducateurs et d'experts sur les moyens d'augmenter les
chances de
succès des étudiants noirs et nous soumettrons un plan au conseil en
mai», a
déclaré mercredi Gerry Connelly, directrice de l'éducation au Toronto
District
School Board (TDSB).
Les adversaires du projet y voient une forme de ségrégation raciale.
Ses
partisans soulignent qu'il s'agit d'essayer d'aider des jeunes à rester
à
l'école.
Les autorités de la province d'Ontario ont fait savoir qu'elles
n'étaient pas
favorables à ce projet, tout en soulignant que le Conseil scolaire
était dans
son droit en lançant cette initiative.
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