Le
cocotier

Photographié au Morne
Pitault au
Lamentin, en Martinique, un
cocotier sous un
ciel effrontément
bleu, s’étire le long de son stipe pour atteindre les cieux.
L’arbre
majestueux, porte
ses ramures comme une couronne.
Le cocotier
empanaché, dont la
voilure barbeye sur
le morne, domine l’horizon.
A ses pieds, comme une
apostrophe, un manguier pustule ses panicules de fleurs jaunes et sous le ciel bleu aux
traînes ouateuses,
la nature s’offre à ses élans, le monde est d’une beauté !
Evariste
Zephyrin
La
cavalière
Le train
démarre et une femme s’assoie face à
moi. Je
devine qu’elle a un nom prestigieux, son posé, son maintien, tout
l'indique, c'est une cavalière revenant d’une cavalcade en
forêt.
Elle
était vêtue de velours, les cheveux d’un blond vénitien, le visage
allongé, émacié, racé d’une vieille
noblesse, elle portait des bottes montantes.
Cette
femme bien sous tout rapport, sentait le vieux. Une odeur entêtante
émanait
d’elle, elle sentait le vieux, elle me donnait à respirer la mort.
Evariste
Zephyrin
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Esthète ce corps,
elle danse

Danse de corps, danse ce
corps danse dense émotion, dense attitude, légèreté de corps. Passion exprimée, passion
respirée son corps
imprimé dans la gestuelle, elle danse.
Cabre ce corps inspiré, ce
corps exagéré, posture déliée et son corps danse, l’espace rétrécit
quand son
corps danse, corps outrancier, corps déformé, elle danse et elle
efface, de
face les glaces qui réfléchissent ses contorsions. Une
respiration de
ce corps formé, déformaté. Elle
danse de son corps.
Elle
danse les pieds à
plat, elle danse les pieds en dedans, elle danse pour être belle,
mouvements
anguleux de corps,
pousse sa tête en
arrière, danse de rotations de
hanche,
de trémoussements de bassin, elle s’agite sur la scène, elle trépigne
et fait
trembler son torse. Elle danse, la vibration parcourt son corps, elle
tape des
pieds, exécute une saltation moderne,
et la femme exalte, la femme exulte, elle danse, faisant ressortir la
beauté de ce corps
dense de ce corps
en délivrance qui catégorise la geste des évidences,
danse, jeu, le corps se réjouie, il est tout en joie
Elle ondule son corps,
contracte son corps, qu’elle relâche, elle s’allonge, puis s’élève en
verticalité, faisant
fie de
l’apesanteur, elle se balance dans les airs avec ses bras tendus et
retombe sur
le sol, elle reprend sa danse de mouvements anguleux,
courbe sa ligne, spirale le mouvement,
cristallise la
danse, amuse l’existence,
elle avance et cadence son corps, bouge.
Dans le soir, dans la
salle, les applaudissements éclairent son visage, elle tend les mains
vers les
cieux, allonge son corps embrasse le monde, lève les yeux à la
recherche du
ciel, car elle dansait pour les dieux.
Evariste Zephyrin
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